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Les montagnes Huangshan (1) plurielles

18 juillet 2005

C’était un de mes derniers week-end en Chine, mais probablement l’un des plus inoubliables, car c’est à l’occasion de celui-ci que j’ai pu enfin découvrir ces paysages de Chine qu’on croit ne pouvoir admirer que sur carte postale…

Et oui, jusqu’alors, j’avais pu voir différents sites chinois, mais que ce soit Shanghai, Beijing, Suzhou, Hangzhou, ou encore Wuzhen & Xitang, tous sont des sites plutôt voire carrément urbain. Et même si j’ai encore un an devant moi pour continuer à explorer la Chine, je crois que je me serais sentie frustrée si je n’étais pas rentrée au bout de cette première période sans quelques photos de ces montagnes de Chine qui laissent rêveur.

Alors quand Marieke m’a parlé de son souhait d’aller grimper dans les Montagnes Jaunes, qu’on appelle ici Huangshan, j’ai immédiatement été séduite !

Et voilà que nous étions 4 gais lurons, Emilio, Nicolas, Marieke et moi à faire nos sacs pour un petit séjour tout là-haut dans la montagne. Un voyage de 3 jours, il faut bien compter ça, car c’est au moins 10 heures de train qu’il faut prévoir entre Shanghai et Huangshan.

Un trajet en train que nous effectuerons en couchettes dures… un peu malgré nous, qui pensions nous retrouver en couchettes molles à 4 bien au calme dans un box fermé et qui nous retrouvons à 6 dans un box ouvert. Alors certes on se contorsionne un peu plus pour s’affairer autour de son sac, mais c’est l’occasion rêvée de tester ces fameuses couchettes dures qu’on dit aussi confortables que les molles :)
Et puis sans cette mini-mésaventure, nous n’aurions pas fait la connaissance de Bob, un petit chinois de 6 ans qui, certes un peu poussé par papa, nous a fait la conversation dans un Anglais assez épatant.

Nous avons fini par dormir. Enfin nous avons essayé… Le seul qui se sentait reposé au matin ce fut Nicolas, le seul qui avait un sac de couchage en plus, peut-être la solution miracle :]

Arrivés vendredi en milieu de matinée à la gare de Huangshan, il faut bien retrouver ses esprits. Comme à toute sortie de gare d’une ville chinoise un tant soit peu touristique, on se fait sauter dessus par les locaux qui nous proposent leur services de transport et d’hébergement. Si c’est un bon moyen quand on ne connaît pas les lieux, mieux vaut garder l’esprit clair pour négocier les prix comme on peut.
Nous finirons par prendre un taxi, 30 yuans à 4 pour nous mener jusqu’à Tunxi. Nous n’étions pas vraiment satisfait de notre négociation, mais nous étions loin de nous douter que notre trajet aller durer près de 45 minutes. Une façon de prendre connaissance en douceur des paysages que nous allons côtoyer, l’avant-goût sera de très bon augure…

Ce qui l’a moins été, ce furent les explications du chauffeur au sujet des hôtels. Nous qui envisagions de passer la nuit dans la montagne pour avoir la chance d’y admirer le lever du soleil, nous apprenons que dans la montagne tout est hors de prix, et nous sommes menés, et peut-être un peu floués, par ce chauffeur vers un hôtel tout confort au pied de la montagne. Heureusement Marieke et Emilio ont réussi à négocier les chambres à moitié prix car nous étions arrivés avant l’affluence des touristes du week-end et que nous “promettions” de rester 2 nuits.

Encore une fois suivant les conseils de notre chauffeur, nous avons décidé de dédier notre première journée à la visite de la partie située à l’est de Huangshan. Là encore, l’hôtel prévoit tout : nous nous sommes donc retrouvés dans un mini-bus typique chinois pour nous emmener sur le lieu de notre visite.

Sur LES lieux de nos visites devrais-je dire. Car cette partie est se compose de plusieurs sites, et nous constatons que nous allons devoir faire avec les horaires imposés par notre chauffeur pour visiter l’ensemble des sites dans la journée que nous avons.

Allez qu’importe, maintenant nous y sommes ! Et puis, force sera pour nous de le constater, il nous aurait été impossible de rallier tous les sites à pied sans nous faire un peu balader dans ce petit bolide des lacets de Huangshan ;)
C’eût vraiment été dommage, et vous allez comprendre pourquoi…

Huangshan a beau être la Montagne Jaune, peut-être la première chose qui m’a frappée, ce sont les couleurs intenses qui allumaient le paysage. Que ce soit dans les eaux vives ou stagnantes, dans les roches, les feuillages ou les inscriptions qu’on pouvait lire ici et là, une véritable palette s’étalait devant mes yeux !

Plusieurs particularités aussi dans les Montagnes Jaunes.

Qui a dit que les Chinois n’étaient pas superstitieux ? Dans le même esprit que celui du caractère ai peint en rouge (cf un peu plus haut) qui signifie “aimer”, partout dans ces montagnes les amoureux pourront sceller leurs sentiments, que dis-je sceller… cadenasser leur amour !

A en croire les files de cadenas porte-bonheur solidement attachés tout au long du site, les couples sont nombreux à venir fouler les marches de Huangshan ;)

… ou bien à s’être fait transporter par une des nombreuses chaises à porteurs qu’on peut rencontrer partout, notamment aux moments critiques des montées comme des descentes :]

Ce qui peut être pratique pour des personnes à mobilité réduite n’en reste pas moins très cher, et encore faut-il avoir le cœur à faire suer 2 personnes à se faire porter au fil de la multitude des marches sous un soleil de plomb.

Les porteurs ont d’ailleurs en général peu de clients, même si nous avons pu en voir sur des pentes très abruptes. La plupart du temps, ils peuvent au moins profiter de leur chaise :)

Bon après bien-sûr, si le cœur vous en dit, vous pouvez aussi descendre en rappel, avec plus ou moins de sécurité…

Curieusement, là, ce ne sont ni le prix ni la morale qui nous ont fait renoncer !

Nous savions que nous allions consacrer la journée du lendemain à parcourir la montagne Huangshan en elle-même, sur la partie ouest du site. Un petit vendeur nous ayant expliqué certains aspects de la montagne nous avait d’ailleurs déjà balisé notre carte avec les sites que nous devions absolument voir. Mais déjà cette première journée fut un superbe avant-goût de la journée qui nous attendait.

Des paysages à vous couper le souffle devant lesquels on se sent tout petit petit,…

… et des marches ;)

A suivre...

Toutes les photos de Huangshan

Tous mes voyages en Chine

En transit… aérien

15 juillet 2005

Voilà, une semaine que je suis revenue au bercail, le temps des vacances.
J’ai théoriquement récupéré du décalage horaire : Ne dit-on pas qu’on récupère au rythme d’une heure par jour ? Sachant que la Chine compte 6 heures d’avance sur la France en été, 7 heures en hiver. Yep, il vaut mieux faire le voyage en été ;)

Et oui, jeudi 7 juillet dernier au soir en Chine, je retournai pour la 4ème fois à l’aéroport international de Shanghai-Pudong (PVG), mais c’était la première fois que j’y allais pour prendre l’avion, un avion qui allait me ramener en France !

Au moins je commençais à connaître l’aéroport, et peut-être aussi le fait d’à peine savoir ce qui se passait aux mêmes instants à Londres, tout ça m’a permis d’être finalement assez détendue, au point de me faire un nouvel ami Pakistanais au moment de passer la douane chinoise.

Car le passage de la douane chinoise, c’est long. D’abord on remplit un formulaire attestant qu’on ne fait pas sortir d’objet de valeur particulière nécessitant déclaration, mais bien sûr aussi, qu’on ne ramène rien dans ses photos, films, documents, qui soit classé “sensible” par l’Etat Chinois, naturellement…
Ensuite il aura fallu remplir une carte d’embarquement, sans laquelle si vous vous présentez comme moi une première fois au contrôle, on vous renverra poliement en remplir une, en vous indiquant cette fois où les trouver… avec en prime le droit de refaire la queue, avec maintenant, devant vous, les passagers les plus scrupuleusement contrôlés : les Chinois eux-mêmes…

La douane passée, je finis par abandonner mon nouvel ami qui au passage m’a prise en photo sur son téléphone. Alors si même les Pakistanais si mettent maintenant, pfff :]

Arrivée à la porte d’embarquement, bien sûr la plus éloignée, il ne me reste plus qu’à… attendre…

Heureusement il y a de grandes vitres à travers lesquelles on peut prendre en photo son avion, et surtout de super revues en chinois-tibétain-anglais, qu’il faut bien reposer dans le présentoir comme c’est indiqué sur l’étiquette.

Oui, j’ai bien vérifié, il s’agit bien de Tibétain. Je pense donc pouvoir me mettre au Tibétain, en m’y prenant  à la façon de Champollion et de sa Pierre de Rosette, maintenant que je suis (presque-)fluent en chinois comme en anglais ;]

Pendant le vol, j’ai eu pour voisin direct un Chinois-qui-parlait-pas-Français-ni-Anglais et à côté de lui un non-Français-qui-parlait-Anglais-et-Italien, tous les 2 d’une quarantaine d’années, pas facile facile de briser la glace pour taper la discute. Mais c’est sans compter l’intervention des plateaux repas et du choix délicat : porc ou poulet ?
Autant pour le non-Français-qui-parlait-Anglais-et-Italien il n’y a pas eu trop de problème, autant pour la compréhension entre le steward-Français-qui-parlait-pas-Chinois et le Chinois-qui-parlait-pas-Français-ni-Anglais c’était déjà plus tendu… heureusement super Cécé est arrivée-héhé, sans s’presser-héhé, pour s’improviser traductrice de menu…. -huhu ;)

Bon, en fait mon voisin voulait des nouilles, mais du coup j’ai eu quelqu’un à qui faire la causette, et j’ai appris que ce cher monsieur était en fait journaliste, qu’il s’apprêtait à faire une sorte de mini tour du monde avec toute une équipe de Chinois en allant prendre quelques photos dans 4 pays différents dont la France, Cuba et le Brésil (le 4ème j’ai pas compris…). Impressionnant quand on sait que les Chinois oridnaires ont beaucoup de mal à obtenir des visas pour sortir de leur pays, ne serait-ce que quelques jours en touriste…

Du coup je suis repartie avec sa carte de visite et une invitation à le contacter, des fois que je passerais dans le Nantong :]

Autre attraction possible quand on ne peut pas toujours déranger son voisin mais qu’on a la chance de se trouver à côté du hublot : on peut prendre de jolies photos !

Puis l’arrivée en France… Arrivée au vendredi 08 juillet, je n’a imême pas ressenti de renforcement des contrôles de sécurité, alors que j’allais apprendre dans les minutes suivantes que le plan vigipirate voyait rouge et ce qui s’était vraiment passé en Angleterre.

De retour chez moi, encore quelques vues aériennes mais d’un peu moins haut.
Je constate qu’une fête de village se prépare juste pour le soir de mon retour, non vraiment fallait pas ;]

Et je retrouve des toits que je n’avais plus coutume de voir :
Quelques heures auparavant, les toits de Shanghai…

Et maintenant ceux-là s’étendent devant moi…

C’est sûr je suis rentrée, c’est bien la France !

Si la Chine m’était contée… sur du papier

12 juillet 2005

Parce ce qu’on ne peut pas toujours tout découvrir soi-même au cours de ses voyages ou des expériences de la vie quotidienne, les livres sont également un moyen formidable d’en apprendre chaque jour un peu plus sur la culture, l’histoire, la vie contemporaine mais aussi la langue chinoise.

Petite bibliothèque trilingue des ouvrages ayant trait de près ou de loin à la Chine, que j’ai pu lire…

… en Français


Passagère du silence - Fabienne Verdier


Le juge Ti à l'oeuvre - Robert Van Gulik


Mort d'une héroïne rouge - Qiu Xiaoling

*
Dix auteurs modernes

*
Shanghai Baby - Weihui

*
Le maître de Fengshui perd le nord - Nury Vittachi

Le livre d'un homme seul - Gao Xingjian

*
L'éternité n'est pas de trop - François Cheng

*
Le Voyage de Shanghai - Serge Bramly

… en Anglais,

*
The good women of China - Xinran

*
Sky Burial - Xinran

The Art of War - Sun Tzu

… en Chinois,

*
Garfield - Jiafei Mao

Contes d'Andersen - Andesheng tonghua

Hongloumeng

Un clic sur les images avec un astérisque * pour en savoir plus !

Si vous avez des suggestions, n’hésitez pas, les commentaires sont là pour ça !

Demain la France !

7 juillet 2005

Ca y est ! Les sacs sont faits, le taxi réservé, ma présence sur le vol confirmée, la coupe de cheveux fraîchement arrangée :) Je suis parée pour m’envoler ce soir, et retrouver demain matin la France, la famille, les amis que je n’ai pas retrouvés depuis un peu plus de 10 mois.

Voilà, j’y retourne enfin. Pendant ces 2 mois de vacances je vais retrouver un peu mes origines. Non pas que je sois en manque grave, mais le fait de savoir que j’y serai très bientôt me donne de plus en plus envie d’y être au fur et à mesure que l’échéance approche…

Certes je ne serai temporairement plus en Chine (j’y reviens en septembre à Shanghai, pour de nouvelles aventures !) mais ça me laissera un peu de temps pour faire quelques bafouilles sur ce que je n’ai pas encore le temps de raconter avant de repartir du bon pied ;)

Par ailleurs, ma perception de la France sera sûrement particulière. Comment vais-je me réadapter à la vie à la française ? tout me paraîtra-t-il calme, silencieux, civilisé, propre, ou vieux :) ?
Mais peut-être aussi cette expérience de vie prolongée dans un pays radicalement différent me fera porter un regard différent, neuf, sur mon propre pays ?

Réponse dans quelques heures ! J’ai trop hâte d’y être !
L’avion décolle dans 5 heures, spartiiiiiiiii :)

Céline, bientôt-presque-plus-en-Chine, mais très vite de retour !

The Good Women of China

6 juillet 2005

The Good Women of China
titre français : Chinoises
(2002)

auteur :
Xinran

lu en :
anglais

je l’ai trouvé :
Chaudement recommandé par Marieke à qui je l’ai emprunté, elle l’avait acheté à la “Cité des livres de Shanghai” de Fuzhou Lu, librairie gigantesque étendue sur 6 étages.
Prix ?

Un petit mot sur l’auteur : Xinran

Xinran est née en 1958 à Pékin. Journaliste accomplie, elle présentera à Nankin pendant 8 ans une émission de radio durant laquelle, chaque soir, elle invitait des femmes à parler d’elles-mêmes. “Words of the Night Breeze” est devenue célèbre à travers toute la Chine, Xinran a pu rencontrer certaines des femmes qui voulaient se confier à elle. après son départ en 1997 pour Londres où elle compila dans The Good Women of China les destins qui lui ont été racontés, Xinran a permis de faire connaître leur sort bien au-delà des frontières chinoises, dans le monde entier.

De Xinran :

The Good Women of China (2002)
Sky Burial (2004)

The Good Women of China dresse ainsi, au fur et à mesure des chapitres, une série de portraits de femmes dans la Chine moderne. Autant de destins que de femmes, mais toujours on retrouve la cassure, la douleur, l’indiscible voire l’horrible dans le sort de ces chinoises éduquées depuis des siècles dans l’obéissance à leur père, mari, fils, et emportées dans les tourments politiques de la Chine. Avec Xinran, elles découvrent le sentiment de s’ouvrir en pouvant parler librement.
Réussissant à négocier les interdits imposés par une administration et une censure chinoises plus que contrariantes, Xinran, en recueillant les paroles de l’étudiante, de celle qui collecte les ordures, de la femme homosexuelle, de la femme “branchée” ou encore de la jeune fille violée, en entendant leurs mots sur ce qu’on ne peut à peine soupçonner, apprend elle aussi énormément sur ce que signifie “être une femme dans la Chine moderne”, au point de changer à jamais sa propre compréhension de la Chine.

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