2005 juillet

Ca vous fait penser à quoi ?

30 juillet 2005

Pas besoin de se balader longtemps en Chine pour le remarquer, les Chinois adoptent une position bien particulière quand ils désirent faire une pause à un endroit donné.

Cette position accroupie est pour le moins suggestive, et si chacun aura pu esquisser un sourire en croisant l’un ou l’autre tranquillement installé, il en est qui n’ont pas hésité à donner un nom à la position : la position dite “de la crotte” ((c) julien.delerue.fr ;) ).

Bien pratique quand il n’y a pas de quoi s’asseoir à proprement parler dans les parages, plutôt que de rester debout, hop, on s’accroupit !

Quelle est l’origine de cette position qui semblerait si incongrue dans nos contrées remplies de bancs, je n’en ai pas la moindre idée. Toujours est-il qu’elle est aussi populaire chez les jeunes que chez les moins jeunes, j’ai même vu une sculpture représentant une scène de vie chinoise incluant un homme dans ladite position.

Plus facile à dire qu’à faire pour certains, car il semblerait que les Chinois (entre autres) soient naturellement prédisposés à adopter une telle position, qui techniquement doit être prise en gardant les talons collés au sol, attention.

Or, j’ai pu tester que bon nombre d’occidentaux n’en sont tous simplement pas capables, question de morphologie peut-être, personnellement c’est mon cas et de toute façon je ne trouve pas ça particulièrement reposant ;)

Et vous ? vous avez essayé ?

Le Marché aux Tissus de Dongjiadu Lu

27 juillet 2005

Situé au sud-est de la Vieille Ville de Shanghai, se trouve une rue grouillante essentiellement connue des locaux mais de plus en plus fréquentée par les occidentaux : le marché aux tissus de Dongjiadu Lu, le plus grand marché aux tissus de Shanghai.

Si j’en avais entendu parler par des amis auparavant, je n’avais pas eu l’occasion d’y aller avant le passage à Shanghai de Cécile et Sophie.
A ma décharge, la difficulté d’accéder au fameux marché : pour les plus motivés, métro jusqu’à Huangpi nanlu puis compter au moins 30 minutes de marche à pied, sinon un taxi vous y emmenera de bon gré. Autant certains chauffeurs ne connaissent pas le site très touristique du jardin Yu situé à quelques encablures, autant “Dongjiadu lu” et “mai yifu de difang” (endroit pour acheter des vêtements”) seront immédiatement compris !

D’ailleurs on ne s’y trompera pas : le taxi vous dépose au bout de la rue là où ces prédecesseurs repartent en sens inverse. La rue grouille de clients, essentiellement des femmes, et pas seulement des chinoises, on va comprendre pourquoi…
Lire la suite »

Vélo-poubelle

24 juillet 2005

Au beau milieu de la nuit, sur la route, j’ai vu un nuage qui roulait…

… enfin, un nuage d’emballages à recycler transporté sur 2 vélos par un Chinois qui pédalait difficilement.

Les montagnes Huangshan (2) du souffle

22 juillet 2005

2ème jour de notre périple dans les Montagnes Jaunes : nous le consacrons à monter beaucoup et descendre aussi pas mal la montagne Huangshan proprement dite, sur la partie ouest du site.

Comme la veille, notre transport est organisé par l’hôtel, mais à la différence près, que cette fois-ci, nous sommes menés une bonne fois pour toute sur un site unique pour la journée et, surtout, que nous nous retrouvons mêlés à un car entier de touristes chinois arborant des casquettes rouges !
ARRGH ! NON pas les voyages organisés chinois, ces gangs reconnaissables à ce qu’ils portent tous un accessoire coloré, généralement pas beau et pas discret, et qui suivent mécaniquement et sans écouter, leur guide qui s’égosille dans un mégaphone en portant un drapeau de ralliement du gang !
Justement en entendant la guide lancée dans ses explications de la visite alors que nous étions à peine montés dans le bus, nous craignons fort de ne pouvoir nous déplacer à notre guise dans le site : pas question de se retrouver coincés sans pouvoir apprécier les paysages promis !

Heureusement, arrivés à l’entrée, nous expliquons que nous souhaitons nous débrouiller seuls. Pas de problème ? Génial, à nous la montagne !
Nous laissons au pied des marches le gros du groupe et la guide courant faire la queue pour prendre un téléphérique qui leur fera grimper en 8 minutes ce que nous nous apprêtons à monter en 2 heures environ…

Ouf, rien que d’y penser, ça nous a donné faim :] Bon, et puis on n’avait pas encore petit déjeuné, donc nous abandonnons les quelques “casquettes rouges” courageuses qui, comme nous, ne se sont pas laissées effrayées par les milliers de marches qui les attendaient. Le temps de se requinquer au beau milieu de la nature, paisiblement installés sur de gros rochers, et nous voilà parés à monter monter monter monter… tient un peu de plat ça fait du bien… monter monter monter monter monter…  attends-là je me pose un peu… monter monter monter monter monter… tiens, revoilà les casquettes rouges, doublées !… monter monter monter monter… c’est encore loin ? … monter monter monter monter… dernière ligne droite, je vais y arriver, je vais y arriver… j’y suis arrivée !!

Pour dire à quel point cette première ascension est loin d’être une partie de plaisir ! Mais l’ambiance était bon enfant, et chacun de se motiver à coup de “Jia you !” (”Mets de l’huile !” littéralement, “Allez !” quoi). Et quand on prenait le temps de se poser avant d’arriver tout en haut, on pouvait souffler un peu en regardant des paysages comme ceux-ci…

Quoi de mieux pour se motiver à monter encore plus haut ? Ces monts verdoyants dont certains se cachent encore derrière le voile de brume matinale me fascinaient. Paysage de Chine comme j’en rêvais, clac ! je prends la photo, je remets la bouteille dans le sac, j’oublie mes vêtements trempés par la transpiration et la moiteur ambiante ainsi que les cuisses qui tirent, et je repars enchaîner les marches, avide de découvrir ce qui m’attend tout là-haut, au sommet…

Au sommet, justement, ce qui nous attend ce sont des hordes de touristes fraîchement descendus du téléphérique. Mais le temps de nous expliquer avec la guide qui pensait nous attendre et de faire le point sur notre carte, nous les fuyons promptement pour nous diriger vers les points de vue qu’on nous avait recommandés la veille. Et nous n’avons pas été déçus ! Voici un tout tout petit échantillon de ce que nous avons pu admirer.

De pics accidentés en rocs lissés, en passant par les coulées verdoyantes dévalant les versants de la montagne et les lacs paisibles qui apportent d’autres nuances de vert turquoise, on voudrait tout voir, tout escalader…

… si ce n’était nos jambes :)
Et incroyable mais vrai, sur la montagne, il est possible de jouer au basket sur un vrai playground !
Mes 3 compagnons de route s’y sont naturellement adonnés, mais pour ma part, la sagesse de vouloir préserver mes gambettes pour la 2ème moitié du périple m’a incitée à rester sur le côté… Au moins j’ai pris des photos ;)

A ce moment-là, nous finissions tout juste notre pique-nique nouilles instantanées,-que l’eau chaude, elle coûte plus cher que les nouilles…- et si nous avions pu vérifier que les hôtels sur place étaient en effet de grand standing, néamoins notre fournisseur en eau chaude nous proposa de passer la nuit dans un dortoir par derrière les commerces, certes très spartiates mais bien moins cher que notre hôtel.
Peut-être n’aurions nous donc pas dû écouter notre premier chauffeur de taxi, mais qui sait, il se pourrait bien que le soir venu, nous apprécions un minimum de confort…


Et nous voilà repartis.

Depuis la fin de la première grosse ascension, les montées et descentes sont plus douces. On pense moins à l’effort et on se prend à reconnaître dans les pierres qui nous entourent des personnages inquiétants…

Puis vient le moment de penser redescendre de la montagne, et de son nuage !

La descente s’annonce longue, vraiment très longue…
Mais pas question de prendre le téléphérique là non plus, nous sommes une bande de petits jeunes bien braves… ou complètement tarés, au choix ;)

Nous croiserons d’ailleurs très peu de personnes alors, si ce n’est l’un de ces porteurs qui remontaient péniblement le long des marches que nous avions déjà du mal à dévaler, sur leurs épaules un bambou avec à chaque extrémité un lourd chargement de boisson, linge sale, électroménager, etc, pour le service des hôtels de luxe, inaccessibles autrement que par ces marches interminables…

Après une première longue phase de descente, nous avons eu très peur en découvrant ceci :

Face à nous, une montée interminable qui nous rappelait l’épreuve du matin.

Heureusement nous avons pu la contourner, mais ça ne nous a pas empêché de nous payer une ou deux bonnes scènes de craquage-fou rire !

Nous nous sommes décidés un peu trop tard à vouloir compter les marches, et puis zut, il y en a eu beaucoup, mais vraiment beaucoup. Mais ça valait aussi le coup, mais vraiment le coup !

Fin d’après-midi, nous arrivons finalement à la sortie, sur l’aire de taxi. Trop impatients de pouvoir nous asseoir et nous reposer, nous laissons en plan ce chauffeur de taxi indécrottable qui n’a pas voulu baisser son tarif et nous finissons dans le bus qui nous ramènera à l’hôtel que nous avons bien apprécié.

Le lendemain matin, lever à la fraîche. Pour le retour, nous avons opté pour un trajet en bus jusqu’à Wuhu, puis de là nous prendrons le train direction Shanghai. Aux dires de Marieke, le trajet en bus fut épique, enfin moi j’ai rien vu car j’ai bien du dormir pendant les cinq heures, et il valait peut-être mieux pour s’éviter des frayeurs… A Wuhu, ne cherchez pas, il n’y a rien à voir. Heureusement pour nous, nous avons trouvé un petit “resto en extérieur”, 2 grandes tables avec parasol quoi, où nous avons pu manger et surtout jouer aux cartes un bon moment de l’après-midi. Ah si, autre moment intense, une petite course garçons-filles dans les rues de Wuhu, chaque groupe à bord d’une sorte de tricycle à moteur pétaradant, pour se rendre à tout hasard dans un parc sans grand intérêt.
Le temps de refaire le plein pour le retour dans le train, chic chic chic des nouilles instantanées ! Allez, je tente un nouveau parfum :) Au moins à Wuhu, les courses c’est pas cher. Ça et la plateforme ferroviaire, c’est à peu près tout ce qu’on peut en retenir…

Dimanche, fin de soirée, nous revoilà en bas de notre immeuble. Et avant de pouvoir se congratuler de ce magnifique voyage qui nous laissera de belles images dans la tête en allant s’étaler sur nos lits, devinez quoi… allez, 3 petits étages à monter à pied :]

Enfin bon, quand même, Merci Marieke de m’avoir permis de venir ! Je te revaudrai ça ;)

Toutes les photos de Huangshan

Tous mes voyages en Chine

La Chine se résout à réévaluer sa monnaie

21 juillet 2005

Pour la première fois depuis 1997, la Chine a réévalué, jeudi 21 juillet, de 2 % le yuan, sa monnaie nationale, en fixant un nouveau taux de change indicatif de 8,11 pour 1 dollar américain et en la liant à un panier de devises, dont la composition n’a pas été dévoilée mais qui tiendra compte du poids des principaux partenaires économiques de la Chine. La parité était jusqu’ici de 8,28 yuan pour 1 dollar.

Le gouvernement chinois a ainsi fait un geste à l’adresse de ses principaux partenaires commerciaux, les Etats-Unis et l’Europe, dont les responsables se sont tour à tour félicités de cette décision. [...] Certains observateurs voient cependant dans cette réévaluation un geste avant tout politique, avant une visite du président chinois Hu Jintao en septembre aux Etats-Unis.

Les appels à une réévaluation du yuan se multipliaient depuis plusieurs mois, tant de la part des chefs d’Etat et de gouvernement des grandes puissances que des grands patrons des banques centrales ou des institutions financières internationales comme le Fonds monétaire international. Mais régulièrement, la Chine rappelait qu’elle ne prendrait pas de décision sur sa monnaie sous la pression internationale, tout en soulignant se préparer à un assouplissement de son système de change.

Sous l’impulsion des grands patrons, les Etats-Unis ont sonné la charge. Pour les industriels, la sous-évaluation du yuan de l’ordre de 40 % face au dollar augmente mécaniquement le prix des marchandises américaines, qui s’exportent de plus en plus difficilement en Chine et, à l’inverse, baisse d’autant le prix des produits chinois qui inondent les marchés occidentaux. Face à la grogne des entreprises, des élus américains à la Chambre ont récemment déposé un projet de loi visant à sanctionner cet avantage compétitif, par exemple, en imposant des barrières douanières.[...]

UN GESTE À PORTÉE LIMITÉE

Le dollar a fortement chuté, jeudi, face à plusieurs devises asiatiques, dont le yen et les dollars hongkongais et singapourien, sur le marché des changes, après l’annonce de la réévaluation du yuan.

Les analystes financiers ont, eux, souligné la portée limitée d’un geste qui ne devrait pas avoir beaucoup d’impact sur les échanges commerciaux de la Chine. “Cela ne va pas changer les prix pour les consommateurs américains et, à l’évidence, cela n’aura qu’un impact minime sur le commerce”, selon Andy Xie, de la banque Morgan Stanley à Hongkong. Cet expert a toutefois souligné qu’étant donné les faibles marges des producteurs chinois, 2 % de réévaluation vont réduire de 20 % les profits des exportateurs. “Cela montre que la Chine ne pouvait pas se permettre un geste plus fort”, a expliqué M. Xie.

“C’est beaucoup moins que les 5 % à 10 % que nous attendions”, a réagi pour sa part Tim Condon, de la banque ING Barings.”Il y aura probablement des pressions pour un nouveau geste sur la monnaie”, a-t-il ajouté.

LeMonde.fr - 21/07/2005
voir article complet