Cours de Chinois

Parler ou ne pas parler chinois, là est la question

3 décembre 2005

Je reçois régulièrement des courriers électroniques de lecteurs de ce blog me demandant mon avis sur la question : est-il nécessaire de savoir (bien) parler chinois pour se débrouiller en Chine, à Shanghai notamment ?

Naturellement je n’ai pas la science infuse et je ne peux parler que d’après mon expérience qui vaut ce qu’elle vaut. Mais pour en avoir encore parlé hier soir avec une amie fraîchement arrivée à Shanghai (et qui sait “se débrouiller” en Chinois), j’ai envie d’utiliser une anecdote qui vient de m’arriver et qui finalement illustre à merveille mon point de vue.

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Course au chinois

4 novembre 2005

Attrait d’opportunités qui ne se font plus assez nombreuses dans les pays de langues latines ou anglo-saxonnes ? Quand le monde se met à apprendre le chinois, par tous les moyens et le plus tôt possible.

Ce matin, j’ai été contactée sur Skype par un inconnu, avec le message suivant :

I’m french and i’m 40 years old. I wish to initiate me for chenese. I like this country and people. If you want, we can speak by webcam, write in english (or french of course) for the first contact. I want to know these people, country, culture, sport, …I sure the first contact it’ll very difficult, but we must to begin a day. No hesit to contact with me, we learn gradually language, french for you and chinese for me. I hope to speak with you quickly. Bye

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Le premier Institut Confucius en France est créé à l’Université de Poitiers

5 octobre 2005

Le gouvernement chinois a récemment décidé qu’une centaine d’instituts portant le nom du grand penseur Confucius (551-479 av J-C) seraient mis en place dans le monde afin de promouvoir la diffusion de la langue et de la culture chinoises.

L’Institut Confucius de Poitiers, premier habilité en France, sera inauguré le 3 octobre 2005 en présence de représentants de l’ambassade de Chine à Paris, du gouvernement de la province du Jiangxi, de l’université de Nanchang et du groupe ZTE. Les activités de l’Institut doivent commencer en janvier 2006. Ce dernier est en cours d’installation dans la Faculté des Lettres et Langues de l’Université de Poitiers mais un bâtiment spécifique pourrait lui être dédié à terme afin de mieux répondre aux besoins des utilisateurs.

Le premier Institut Confucius habilité en France
Le premier Institut Confucius a été créé à Séoul (Corée) en novembre 2004. Le premier en Europe a été inauguré à Stockholm en février 2005. Une cérémonie officielle organisée à Pékin le 20 juillet 2005, lors de la conférence mondiale sur la langue chinoise, a été l’occasion pour les autorités chinoises de remettre les plaques symbolisant les instituts Confucius à une douzaine d’universités dans le monde dont, pour la France, celle de Poitiers. Aujourd’hui, une trentaine d’instituts sont ainsi habilités par le gouvernement chinois (Berlin, Bruxelles, Liège, Manchester, Auckland, New-Delhi, Perth, Melbourne, Islamabad, Nairobi, Singapour, etc.).

Institut Confucius : promouvoir la diffusion de la langue et de la culture chinoises

Les objectifs des instituts Confucius sont plus particulièrement :

  • l’enseignement du chinois (y compris hors du cadre d’un diplôme),
  • la formation d’enseignants en chinois, la mise en place d’un test de niveau (compréhension orale, de grammaire et de lecture) - le HSK (Hanyu Shuiping Kaoshi) -,
  • la formation permanente,
  • et aussi la réalisation de documents pédagogiques, l’organisation de concours, la diffusion de documents culturels (films, …), la mise à disposition de documents d’informations.

Coordonnés à Pékin, par la Direction Nationale de l’Enseignement du Chinois aux Etrangers au Ministère de l’Education, les Instituts Confucius bénéficieront des programmes, des manuels, des logiciels, des documents de communication, ainsi que des enseignants chinois que les autorités chinoises mettront à leur disposition.

Gravure représentant Confucius

L’institut Confucius de Poitiers : un partenariat original
La création de l’Institut Confucius de Poitiers s’appuie sur la coopération qui existe depuis 1996 entre l’université de Nanchang (province du Jiangxi) et celle de Poitiers. Depuis cette date environ 1 200 étudiants de l’université de Nanchang ont été inscrits à l’université de Poitiers. Dans le cadre de cette coopération, un institut franco-chinois a été créé à l’université de Nanchang. Celui-ci reçoit des étudiants français qui désirent poursuivre leurs études en Chine et assure des formations en français aux étudiants qui désirent poursuivre leurs études à l’Université de Poitiers ainsi que des formations de master organisées par l’IAE de l’Université de Poitiers. Cependant l’originalité de l’institut Confucius de Poitiers est la participation d’un troisième partenaire : l’entreprise de télécommunication chinoise ZTE basée à Shenzhen (ville jumelée au Département de la Vienne). Cette dernière, intéressée par la formation dispensée par cet institut, fournira des équipements permettant des visioconférences et de l’enseignement à distance.

Nouveau logo de l'Institut Confucius

Communiqué de l’Université de Poitiers - 04/10/05
article en ligne

Repas de fin d’année

27 mai 2005

Hier midi, notre prof Bai a invité toute notre classe de chinois (6 élèves) au restaurant. Une façon bien sympathique de passer un cours de chinois :]

Il nous l’avait annoncé avant le HSK, et il a parfaitement tenu sa parole !
Pour nous récompenser de tous nos efforts dépenser à apprendre le chinois notamment ces derniers mois, l’un de nos professeurs de chinois, prof Bai, a invité toute notre classe au restaurant ! N’étant pas du quartier, et nos autres camarades mangeant rarement à l’extérieur du campus, il s’en est remis à Marieke et moi pour le choix du restaurant.
Il voulait un endroit propre où l’on mange de la bonne cuisine ? Nul besoin d’hésiter plus longtemps, nous lui avons proposé le meilleur resto du coin (visiblement les boui-boui n’allaient pas convenir :] ), le restaurant “Rouge et Noir” comme nous l’appelons entre nous, et ça l’a fait :)

Bien sûr notre tablée était un peu particulière, chinois, boliviens, nords-coréens et françaises, autant vous dire que nos voisins nous dévisageaient, mais on finit par avoir l’habitude.

Mais nous avons fait un vrai repas à la chinoise, une tablée de 7 personnes, avec ce qu’il faut de plats au milieu où chacun peu se servir comme il veut, plusieurs bouteilles de Tsingtao demandées par prof Bai qui nous a appris toutes les façons de trinquer, sans oublier le thé nouveau, pour éviter que les esprits ne s’échauffe de trop…

Ce déjeuner était vraiment sympathique. Un vrai repas de fin d’année plein de bonne humeur et dans une ambiance détendue où l’on peut apprécier les beaux jours annonceurs de proches vacances. Nos appareils photos seront mis à rude épreuve, le repas sera mitraillé de long en large, pas question d’oublier ces supers moments. Avec Marieke on se met même à faire les kékos en  prenant la pose à la chinoise, en brandissant nos doigts en V… ambiance débridée !
L’occasion aussi de découvrir de nouveaux plats chinois et à défaut de retenir leur nom à tous, de les prendre en photo pour les prochaines fois ;] Nous avons même fait découvrir à notre prof notre plat préféré, des champignons sautés qu’il a trouvés absolument fameux.

Sur le coup on n’y pense pas, mais en y réfléchissant après, on se rend compte qu’on est en train de plaisanter et de faire des blagues à 2 balles en chinois. Et on réalise pourquoi notre professeur se dit si fier de sa classe. Nous n’avons pas encore eu nos résultats de HSK, mais pour lui peu importe, d’après lui ce que nous avons accompli est déjà impressionnant.

Le temps d’immortaliser le moment avec l’inévitable photo de groupe, notre prof court s’acheter un paquet de cigarettes, faut qu’il en profite, parce que sa femme ne le laisse pas fumer :), et nous aurons beau lui dire que nous sommes repus, il tient à poursuivre dans une maison de thé. Petit grignotage accompagnant le thé Longjin cueilli du mois dernier. Avec nos camarades de classe nous profitons de l’inattention de prof Bai pour organiser un pique-nique la semaine prochaine pour le remercier, lui ainsi que notre autre professeur de chinois.

Mais déjà le revoilà, et arrive le moment de se séparer, il trouvera quand même le temps de nous rappeler que l’année n’est pas finie, des petits exams nous attendent encore pour dans quelques semaines, alors c’est pas le moment de faire les fainéants… Ah prof Bai, on ne le changera pas :]

ENCORE MERCI PROF BAI !

Au service de leur pays

25 mai 2005

Après notre petite semaine de repos post-HSK dûment méritée, nous avons repris le chemin des cours de chinois. Fini de bourriner comme des malades sur les règles de grammaires, les tournures d’écritures et les usages des mots, maintenant nos cours sont davantage axés sur la pratique de la langue orale et sa compréhension et sur la composition. Ainsi mardi dernier pour nos retrouvailles avec prof Bai, le plan du cours était le suivant : nous devions tous préparer pendant quelques minutes de quoi parler devant nos camarades de classe de l’égalité des statuts hommes-femmes dans nos pays d’origine respectifs.

Première réaction à chaud : arf, c’est bateau comme sujet. Naturellement, parler en cours des statuts hommes-femmes dans la société avec des personnes de la même société que vous ne présente pas forcément quelque chose de passionnant. Pour trouver le sujet, notre prof d’ailleurs n’a eu qu’à ouvrir le bouquin de cours pour se débarrasser du problème du sujet. Mais là où ça devient intéressant, c’est que toute jeune Française que vous êtes, vous vous trouvez à en parler avec un jeune Bolivien, 2 jeunes Nords-Coréens et 1 moins jeune, et votre prof Chinois.
Bien sûr de nombreux sujets abordés, j’aurai l’occasion d’y revenir dans d’autres billets, pour aujourd’hui je voulais m’attacher en particulier à l’un deux : le service militaire.

Nous nous sommes en effet posé la question de savoir si dans chacun de nos pays les femmes pouvaient entrer dans l’armée et y occuper des postes de haut niveau au même titre que les hommes. Ce à quoi la réponse était quasiment la même pour tous, à savoir que les femmes pouvaient entrer dans l’armée mais qu’elles étaient beaucoup moins nombreuses que les hommes, et qu’on pouvait trouver des femmes gradées… enfin en théorie du moins.
Mais sont-elles concernées par le service militaire obligatoire ? Là, nous avons laissé nos camarades Nord-Coréens pantois en leur annonçant qu’en France, il n’y avait plus de service militaire obligatoire du tout (on a zappé l’histoire des Journées Citoyennes, je rappelle que nous parlions de tout ça en chinois…), et que c’est une armée professionnelle. Forcément, chez eux la norme serait de 3 ans obligatoires. Puis comme la conversation était tout à fait informelle, c’est notre professeur qui nous a un peu parlé du service militaire en Chine.

Inscription sur le grand parvis de mon université SJTU - campus de Minhang, juste devant le drapeau rouge aux 5 étoiles. “Wo de cuguo” qui signifie littéralement “Ma patrie”, a été traduit en anglais par “We love China”…

Il nous apprendra alors que la conscription pour le service militaire reposait à la fois sur le volontariat et sur un système de réserve. Mais ce qui nous a beaucoup étonnées, c’est le fait que l’Armée de Libération Populaire (l’armée de la RPC) doive refuser beaucoup de volontaires en trop grand nombre !
Il faut dire que, toujours d’après notre prof Bai, enrôlé dans l’ALP, un soldat pourrait toucher en moyenne un salaire de 1000 RMB ce qui est bien plus que ne peuvent espérer les jeunes des campagnes par exemple. Sans compter qu’en quittant l’ALP avant l’âge de la retraite, celle-ci vous trouvera un emploi à rémunération équivalente.

Que faut-il de plus pour expliquer un tel élan à vouloir défendre son pays ? A moins que ce ne soit une attitude naturellement patriotique de la population chinoise, justifiant ainsi la présence dans la Constitution du pays :

“It is a sacred duty of every citizen of the People’s Republic of China to defend his or her motherland and resist invasion. It is an honoured obligation of the citizens of the People’s Republic of China to perform military service and to join the militia forces.”

source : China: CONCODOC 1998 Report

Il faut dire que nous nous étions déjà poser des questions sur le service militaire en Chine quand, à notre arrivée pour la rentrée de septembre dernier, nous voyions nombre de jeunes étudiants en treillis sur le campus. Une étudiante nous avait alors appris qu’il s’agissait d’étudiants qui revenaient de “l’entraînement militaire obligatoire” qui précède la rentrée, mais nous n’en savions pas plus.
Jusqu’à ce que je découvre récemment grâce à un article sur le blog de Sélim, professeur à Nankin, qu’il s’agirait d’ “une mesure gouvernementale établie par Pékin en septembre 1989 pour instaurer le dialogue et l’intercompréhension entre l’armée et les étudiants.” Voilà qui expliquerait donc les rangs ordonnés que vous pourrez y voir en photo.
Cela dit, avec la conversation que nous avons eu avec notre prof Bai, j’ai poussé la curiosité. Et oui septembre 1989, tout le monde a compris, c’est précisément la rentrée universitaire qui a suivi les événements de l’été à Tian’anmen.

En fait il s’avère qu’en septembre 1989, tous les première année des Universités de Pékin et de Fudan à Shanghai ont du subir un entraînement militaire d’un an, au titre d’une rééducation politique après les manifestations pour la démocratie de l’été précédent.
En 1990, cette mesure a été étendue à la plupart des autres universités. Alors, cet entraînement militaire était obligatoire pour ceux voulant entrer dans les meilleures formations universitaires, et l’on va même jusqu’à penser que ceux qui le refusaient étaient renvoyés de leur université. Cette mesure a d’ailleurs été largement critiquée par ces mêmes universités, certains étudiants préférant apparemment intégrer des établissements de niveau de formation inférieur à leur capacités, là où il ne seront pas contraints à subir l’entraînement militaire.
En conséquence, depuis 1993, la durée de cet entraînement obligatoire a été ramenée de 1 an à 1 mois.

source : China: CONCODOC 1998 Report

Sujet qui fut donc plus riche que ce qu’il pouvait promettre au départ. D’autres informations également sur le site de China’s Human Rights[anglais]
Il se pourrait donc que nos cours de chinois deviennent de plus en plus intéressants. Enfin bon pour demain je dois me préparer à parler de comment j’envisage mon avenir professionnel, dur dur de se projeter dans un futur poste dans un secteur technique qu’on a mis en parenthèse pendant un an pour apprendre le chinois à l’autre bout du monde…