Politique

Tiananmen 1989 - 2009, ou l’art d’étouffer les bougies d’anniversaire

7 juin 2009

Le 4 juin dernier marquait le triste 20e anniversaire des événements de Tiananmen. Le monde entier commémore, la Chine quant à elle continue d’étouffer comme toujours. Les sites d’échanges d’information internationaux comme chinois sont bâillonnés. Sans surprise Youtube est toujours bloqué (depuis l’anniversaire du soulèvement au Tibet de l’an passé en fait, doublé cette année du 50e anniversaire de l’insurrection de 1949 de la même région), Twitter est passé dans la liste noire également pour ce 4 juin, et les sites d’échanges chinois auraient également été fermés ou très fortement contrôlés, ce qui rendaient leurs utilisateurs plus confus qu’autre chose car les jeunes chinois savent à peine ce que le 4 juin 2009 peut bien signifier. L’acharnement au contrôle susciterait davantage d’interrogation que l’indifférence, ironique non…?

En tout cas, il est appréciable de pouvoir continuer à lire les articles des journaux français en ligne qui parlent du sujet. Ce matin j’écoutais ce très intéressant reportage, retraçant sous différents angles la perception des événements de l’époque.

En espérant pouvoir continuer à lire mon blog depuis Shanghai dans les jours à venir !

Système législatif chinois : vers un Etat de Droit ? (2/2)

28 octobre 2005

Contenu de la 1ère partie :

Référentiel traditionnel et évolutions au cours du siècle dernier

(seconde partie)

Traditionnellement influencée par un confucianisme prônant le gouvernement par les hommes et méfiant à l’égard de la loi en tant que norme suprême pourtant défendue par les légalistes, la Chine est restée pendant des siècles dépourvue de tout véritable système législatif. Le premier ne verra le jour qu’avec la création de la République Populaire de Chine en 1949, qui, au gré des soubresauts de l’histoire de la Chine, restera inabouti jusqu’à l’ère des réformes sous Deng Xiaoping pendant les années 80 puis 90.
Quelles sont aujourd’hui les caractéristiques de ce système législatif et quelles en sont les insuffisances ?

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Système législatif chinois : vers un Etat de Droit ? (1/2)

27 octobre 2005

Hier soir, j’assistai à une présentation ShARE dont le sujet s’intitulait : “The Chinese Legal System : Towards the Rule of the Law?”. Comprenez : “Système législatif chinois : vers un Etat de Droit ?”.
Une petite conférence qui m’aura permis d’en apprendre un peu plus sur l’évolution du système législatif en Chine ainsi que sur ses autres organes du pouvoir.

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Oui… mais non

30 mai 2005

Quand on vit de manière prolongée à l’étranger, pas toujours évident de suivre l’actualité de son pays. Pourtant il est des sujets qu’il est difficile de manquer, mieux vaut même s’y intéresser de près : le dernier en date, tout le monde l’aura compris, concerne le référendum qui vient de se solder sur un NON retentissant.

C’est par la petite fenêtre de mon ordinateur que j’ai pu suivre autant que possible le débat qui animait la France ces derniers temps autour du référendum concernant la ratification de la Constitution Européenne. Comptant que la Chine compte 6 heures de décalage avec Paris, je n’ai naturellement pas attendu les premières estimations (4h du mat chez moi quand même…), et ce matin, peut-être encore plus vite que d’habitude je me suis préciptée sur mon ordi à mon réveil (comment ça un peu geekette sur les bords ?). La journée commença mal…

Loin de vouloir me lancer dans un débat politique qui ne changerait rien, le fait de vivre à l’étranger au milieu d’une population très éloignée de l’Europe pas seulement géographiquement, nous fait réaliser la nécessité de l’existence d’une “force européenne” cohérente, qui aurait pu naître de cette Constitution Européenne.
Déjà pour nous ressortissants de l’Europe, ce n’est pas toujours chose aisée que de faire le clair entre l’espace Shengen, la Zone Euro, l’Europe des 15 qui passe à 25 et bientôt combien ? Alors pour des Chinois…
Nombre de sujets d’envergure internationale émergent aujourd’hui, au sujet desquels la Chine exprime sa voix face aux Etats-Unis, mais peine à entendre celle d’une Europe indécise, qui pourrait pourtant avoir quelque chose d’intéressant à ajouter. Quels rôles peuvent bien jouer seules la France et sa culture, l’Allemagne et ses voitures, tel ou tel autre pays isolé dans ces luttes de géants ?

Ce sont ces questions qui nous font regretter l’issue du référendum d’hier, l’idée que le débat se plaçait au-delà des guéguerres politiques internes à la France, ou des implications socio-économiques engendrées. Certes tout n’est pas fini, une nouvelle Constitution pourra être proposée, mais dans combien de temps ? Impression qu’on vient de manquer le coche, c’est maintenant que les choses bougent, y contribuerons-nous significativement ?

Je me permettais de parler au nom des expatriés en Chine. Force est de constatée que selon qu’on se trouvait en France ou pas, l’opinion était différente. De ce que j’ai pu lire sur le blog de Pierre Haski, en Chine, le OUI l’a emporté à 90% ! Je vous laisse lire sur son billet le détail des résultats et son avis sur la question.

Bien sûr nous en avions discuté auparavant avec nos amis Allemands. Quand nous leur parlions de la fervente opposition menée en France, ils étaient des plus étonnés. Dans leur pays la ratification sera votée par leurs représentants et non par référendum, a priori aucun doute sur l’issue favorable qui devrait en découler. Intéressant de voir les différentes attitudes dans nos 2 pays bâtisseurs de l’Europe.

Ci-dessus une photo que j’avais prise lors du discours de M. Raffarin (alors) Premier Ministre lors de sa venue à Shanghai en avril dernier. L’on y voyait le drapeau français disposé tout près du drapeau européen, beaucoup de choses auront vraissemblablement changé lors de la prochaine intervention française en Chine…

Au service de leur pays

25 mai 2005

Après notre petite semaine de repos post-HSK dûment méritée, nous avons repris le chemin des cours de chinois. Fini de bourriner comme des malades sur les règles de grammaires, les tournures d’écritures et les usages des mots, maintenant nos cours sont davantage axés sur la pratique de la langue orale et sa compréhension et sur la composition. Ainsi mardi dernier pour nos retrouvailles avec prof Bai, le plan du cours était le suivant : nous devions tous préparer pendant quelques minutes de quoi parler devant nos camarades de classe de l’égalité des statuts hommes-femmes dans nos pays d’origine respectifs.

Première réaction à chaud : arf, c’est bateau comme sujet. Naturellement, parler en cours des statuts hommes-femmes dans la société avec des personnes de la même société que vous ne présente pas forcément quelque chose de passionnant. Pour trouver le sujet, notre prof d’ailleurs n’a eu qu’à ouvrir le bouquin de cours pour se débarrasser du problème du sujet. Mais là où ça devient intéressant, c’est que toute jeune Française que vous êtes, vous vous trouvez à en parler avec un jeune Bolivien, 2 jeunes Nords-Coréens et 1 moins jeune, et votre prof Chinois.
Bien sûr de nombreux sujets abordés, j’aurai l’occasion d’y revenir dans d’autres billets, pour aujourd’hui je voulais m’attacher en particulier à l’un deux : le service militaire.

Nous nous sommes en effet posé la question de savoir si dans chacun de nos pays les femmes pouvaient entrer dans l’armée et y occuper des postes de haut niveau au même titre que les hommes. Ce à quoi la réponse était quasiment la même pour tous, à savoir que les femmes pouvaient entrer dans l’armée mais qu’elles étaient beaucoup moins nombreuses que les hommes, et qu’on pouvait trouver des femmes gradées… enfin en théorie du moins.
Mais sont-elles concernées par le service militaire obligatoire ? Là, nous avons laissé nos camarades Nord-Coréens pantois en leur annonçant qu’en France, il n’y avait plus de service militaire obligatoire du tout (on a zappé l’histoire des Journées Citoyennes, je rappelle que nous parlions de tout ça en chinois…), et que c’est une armée professionnelle. Forcément, chez eux la norme serait de 3 ans obligatoires. Puis comme la conversation était tout à fait informelle, c’est notre professeur qui nous a un peu parlé du service militaire en Chine.

Inscription sur le grand parvis de mon université SJTU - campus de Minhang, juste devant le drapeau rouge aux 5 étoiles. “Wo de cuguo” qui signifie littéralement “Ma patrie”, a été traduit en anglais par “We love China”…

Il nous apprendra alors que la conscription pour le service militaire reposait à la fois sur le volontariat et sur un système de réserve. Mais ce qui nous a beaucoup étonnées, c’est le fait que l’Armée de Libération Populaire (l’armée de la RPC) doive refuser beaucoup de volontaires en trop grand nombre !
Il faut dire que, toujours d’après notre prof Bai, enrôlé dans l’ALP, un soldat pourrait toucher en moyenne un salaire de 1000 RMB ce qui est bien plus que ne peuvent espérer les jeunes des campagnes par exemple. Sans compter qu’en quittant l’ALP avant l’âge de la retraite, celle-ci vous trouvera un emploi à rémunération équivalente.

Que faut-il de plus pour expliquer un tel élan à vouloir défendre son pays ? A moins que ce ne soit une attitude naturellement patriotique de la population chinoise, justifiant ainsi la présence dans la Constitution du pays :

“It is a sacred duty of every citizen of the People’s Republic of China to defend his or her motherland and resist invasion. It is an honoured obligation of the citizens of the People’s Republic of China to perform military service and to join the militia forces.”

source : China: CONCODOC 1998 Report

Il faut dire que nous nous étions déjà poser des questions sur le service militaire en Chine quand, à notre arrivée pour la rentrée de septembre dernier, nous voyions nombre de jeunes étudiants en treillis sur le campus. Une étudiante nous avait alors appris qu’il s’agissait d’étudiants qui revenaient de “l’entraînement militaire obligatoire” qui précède la rentrée, mais nous n’en savions pas plus.
Jusqu’à ce que je découvre récemment grâce à un article sur le blog de Sélim, professeur à Nankin, qu’il s’agirait d’ “une mesure gouvernementale établie par Pékin en septembre 1989 pour instaurer le dialogue et l’intercompréhension entre l’armée et les étudiants.” Voilà qui expliquerait donc les rangs ordonnés que vous pourrez y voir en photo.
Cela dit, avec la conversation que nous avons eu avec notre prof Bai, j’ai poussé la curiosité. Et oui septembre 1989, tout le monde a compris, c’est précisément la rentrée universitaire qui a suivi les événements de l’été à Tian’anmen.

En fait il s’avère qu’en septembre 1989, tous les première année des Universités de Pékin et de Fudan à Shanghai ont du subir un entraînement militaire d’un an, au titre d’une rééducation politique après les manifestations pour la démocratie de l’été précédent.
En 1990, cette mesure a été étendue à la plupart des autres universités. Alors, cet entraînement militaire était obligatoire pour ceux voulant entrer dans les meilleures formations universitaires, et l’on va même jusqu’à penser que ceux qui le refusaient étaient renvoyés de leur université. Cette mesure a d’ailleurs été largement critiquée par ces mêmes universités, certains étudiants préférant apparemment intégrer des établissements de niveau de formation inférieur à leur capacités, là où il ne seront pas contraints à subir l’entraînement militaire.
En conséquence, depuis 1993, la durée de cet entraînement obligatoire a été ramenée de 1 an à 1 mois.

source : China: CONCODOC 1998 Report

Sujet qui fut donc plus riche que ce qu’il pouvait promettre au départ. D’autres informations également sur le site de China’s Human Rights[anglais]
Il se pourrait donc que nos cours de chinois deviennent de plus en plus intéressants. Enfin bon pour demain je dois me préparer à parler de comment j’envisage mon avenir professionnel, dur dur de se projeter dans un futur poste dans un secteur technique qu’on a mis en parenthèse pendant un an pour apprendre le chinois à l’autre bout du monde…