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M. Raffarin est passé par ici, il repassera par là

24 avril 2005

Hier samedi 23 avril, Monsieur Raffarin, Premier Ministre français est-il besoin de le rappeler…, faisait à Shanghai l’honneur de sa présence. Pour ne pas le rendre jaloux de Monsieur Chirac notre Président de la République, nous lui avons donc nous-mêmes fait l’honneur de la nôtre ;)

Année de la France en Chine oblige, et surtout essor économique chinois qui fait des intéressés…, les hommes politiques français se pressent en Chine et notamment à Shanghai.
Déjà le 11 octobre dernier, Marieke et moi avions été invitées en tant qu’étudiantes du PariTech en échange à Shanghai à l’intervention de M. Chirac à l’université de Tongji (qui soit dit en passant se trouvait à l’autre bout de Shanghai, 2h30 de trajet en métro pour y aller, idem pour en revenir), discours qui inaugurait l’année de la France en Chine, et que nous avions trouvé assez intéressant, d’autant plus qu’on était au 2ème rang, même si ça nous avait servi à rien vu qu’on ne pouvait pas prendre de photo…

Du coup, quand en avril, c’est M. Raffarin qui arrive à Shanghai, forcément nous sommes également conviées à son intervention, le Premier Ministre souhaitant rencontrer des étudiants français. Cette fois c’est le Consulat de France qui nous contacte par mail, tiens d’ailleurs, assez étrange… je n’ai pas encore eu l’occasion d’aller m’y enregistrer… ce sont les mystères des réseaux d’expats…
Bien sûr nous confirmons notre présence, nous n’allions quand même pas lui faire l’affront de ne pas venir :), et nous apprenons alors que nous serons également les bienvenues à la réception donnée dans un des salons de la Perl Tower, +1 pour M. Raffarin :)

Ainsi donc, hier matin, nous voici Marieke, Maxime (un autre français à Minhang) et moi en  route vers… l’université de Shanghai, dont je n’avais jamais entendu parler auparavant, et qui présente la même particularité que sa cousine Tongji, elle aussi se trouve dans un autre bout de Shanghai… bonheur… A quand les interventions des politiques français à Jiaotong Minhang ??

Nous devons y être avant 8h30, trop chaud pour y aller en métro, on opte pour l’option taxi, réservation sur la fil (n’est-ce pas Maxime ;) ) et hop, en 45 minutes nous y étions, soit … 1 heure avant…

Tant mieux, ça laissera le temps au chauffeur de montrer à Maxime comment nouer sa cravate :) … à moi de retrouver mon passeport dans ma poche de manteau, et à chacun de prendre la pose, une fois le stress passé, devant le panneau indiquant la venue du Premier Ministre… c’est bon, nous pouvons prendre notre temps pour découvrir l’Université de Shanghai, qui s’était elle aussi faite toute belle pour l’occasion…

Bien sûr nous avons trouvé la salle de conférence, mais comme la vie est tellement plus intéressante quand elle est compliquée, et bien on nous a gentiment demandé de retourner à l’entrée (que ça faisait 20 minutes qu’on marchait) parce que c’est là-bas qu’étaient nos billets d’entrée… hum, donc nous y retournons, -ah tiens, ils ont mis les jets d’eau maintenant- et montons dans le bus des étudiants français dans lequel nous patientons, jusqu’à l’arrivée des premières voitures qui ont l’air importantes.

Nous sommes ramenés à la salle de conférence, dans laquelle on nous fait asseoir au dernier rang (-1 pour M. Raffarin) et où on nous explique qu’au signal subtil, il nous faudra sortir les premiers pour nous poster derrière la porte par laquelle sortira le Premier Ministre, afin de pouvoir “l’interpeller en espérant qu’on ait des choses à lui raconter”… mouai, rencontrer les étudiants français hein…

Le discours ne commença bien évidemment pas à 9h comme indiqué sur les billets, mais à 9h45, c’est bien connu, les Français aiment se faire désirer…
Enfin bon, le discours, très orienté sur les relations sino-européennes plus que sino-françaises d’ailleurs et finalement assez plat, eu lieu. Nous avons attendu M. Raffarin derrière la porte comme il fallait, mais seul Maxime, ayant malicieusement glissé qu’il venait de la Rochelle, a eu l’occasion de lui serrer la main. Marieke et moi nous sommes contentées de voir des morceaux de Premier Ministre, qui était accaparé par un groupe d’autres étudiants à Shanghai depuis 10 jours…. dire que nous ça fait 8 mois, il ne sait pas ce qu’il a loupé ;)

Voilà qui illustre assez bien ce que j’ai pu voir du Premier Ministre ce samedi ;)
Un morceau de tête, des gens devant, des gens derrière… On le voit pas sur la photo, mais on se fait aussi bousculer par les photographes chinois surexcités.
(Merci Maxime pour la photo !)

Et en voici une autre, d’illustration de comment on voit M. Raffarin quand il fait un discours. Celui-ci c’était donc pour la réception du soir à la Perl Tower, bon pas dans la grosse boule du milieu, mais c’est quand même la classe, non ? ;)

Cette fois-ci donc, après retour en taxi vers Minhang, puis reprise de taxi à 17h pour être à la Perl Tower avant 18h30 (que de kilomètres parcourus en cette journée…), le discours ne s’adressait plus aux étudiants chinois pour leurs échanges avec l’Europe, mais bien aux Français qui devaient faire profiter à la France de l’opportunité chinoise, non plus pour un partenariat politique, mais bien sûr pour les échanges économiques (d’Airbus en particulier…). Une pensée pour l’Europe quand même : M. Raffarin nous rappellera notre devoir civique du 29 mai prochain.

Le Premier Ministre finira par un tour de la salle afin de serrer quelques poignées de main, nous n’aurons malheureusement pas eu “l’occasion de poursuivre la discussion [pas] engagée le matin même”, mais bon, nous nous sommes consolées avec le buffet énorme qui attendait.
Enfin moi j’ai pas pu manger grand chose… j’avais l’estomac noué, peut-être pas à l’aise dans ce genre de réception, où je me suis rendue compte que finalement je ne connaissais pas grand monde à qui faire des sourires forcés ou à qui m’intéresser en regardant ailleurs.

Petite anecdote quand même, Marieke et moi avons été reconnues par des personnes qui avaient visité nos blogs. On aurait pu s’y attendre, mais bon, on a quand même trouver ça énorme !

Finalement, nous voici contentes d’être sorties. La Perl Tower de nuit, nous l’avions déjà maintes fois prise en photo, mais on a pas pu résister encore une fois, d’autant plus que pour l’occasion, les couleurs avaient été soigneusement choisies ;) Et puis la Jinmao Tower aussi aura droit à sa photo sous le clair de lune. Finalement elles valent plus le coup d’être prises en photo elles…

A noter quand même : Alors que nous quittions la Perl Tower pour nous mettre en quête de notre taxi de retour, nous avons pu passer devant l’exposition de photographies de la Tour Eiffel jour après jour juste avant qu’elle ne soit démontée. M. Raffarin en avait brièvement parlé en effet dans son discours

J’ai trouvé celle-ci intéressante pour représenter la journée.
Suivant ce que l’homme crache, le sujet apparaît différemment. Mais pour ce que le feu brille, sur la photo certes il est éternel, mais dans la bouche de l’homme il est éphémère… Vous avez vu le feu ou  la Tour Eiffel en premier ?

Au final, beaucoup d’attente, de taxis, de français, de francophones, de francophiles ? M. Chirac vainqueur pour le discours, M Raffarin l’emporte sur les activités :)
La communauté française, dont malgré tout je fais partie finalement, s’est congratulée comme il le fallait, profitons-en, l’année de la France en Chine, ça se finit bientôt…

Pour l’heure, la Tour Eiffel est rangée comme le Premier Ministre est rentré en France…

… et moi je rentre me coucher à Shanghai Minhang : les VIP sont passés, les étudiants français à Shanghai vont rester… et comptent bien en profiter :)

Pékin propose de réparer les dégâts à l’ambassade du Japon

19 avril 2005

PEKIN (Reuters) - La Chine propose de réparer les dégâts causés à l’ambassade du Japon à Pékin lors de manifestations antijaponaises, mais maintient la pression sur Tokyo en voulant que l’Unesco classe au patrimoine mondial un site, en territoire chinois, où les Japonais mirent au point des armes biologiques et réalisèrent des expériences sur des êtres humains.

La Chine a connu trois semaines de violentes manifestations antijaponaises, nombre de participants aux rassemblements clamant leur colère contre un manuel d’histoire japonais qui nie les atrocités commises par l’armée impériale dans les années 1930/40.

Les autorités chinoises s’opposent d’autre part catégoriquement à ce que Tokyo obtienne un siège de membre permanent - et un droit de veto - au Conseil de sécurité.

En Corée du Sud, premier pays où des tensions sont apparues en raison des manuels d’histoire nippons, le ministère des Affaires étrangères s’est dit préoccupé par la détérioration des relations entre Pékin et Tokyo. Le 1er mars dernier, le président sud-coréen, Roh Moo-hyun, avait estimé que le Japon se devait de présenter de sincères excuses pour son passé colonial. L’irritation de Séoul envers Tokyo était alors exacerbée par un contentieux bilatéral sur des îles désertes revendiquées par les deux pays.
Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a pesé de son poids lui aussi, encourageant les dirigeants chinois et japonais à se rencontrer en marge d’un sommet international qui s’ouvre jeudi à Djakarta, et à tenter alors de résoudre de manière apaisée les tensions bilatérales.

Une vingtaine de fenêtres de l’ambassade du Japon en Chine ont été brisées le 9 avril par des manifestants, a dit mardi un porte-parole de l’ambassade du Japon qui a ajouté qu’une entreprise sous la responsabilité du ministère chinois des Affaires étrangères avait proposé de prendre en charge les réparations. Pékin n’a pas réagi à ces propos.

La résidence de l’ambassadeur du Japon, à quelques kilomètres de là, a elle aussi été la cible de manifestants, et des vitres et du “matériel de communication” ont été brisés.

Samedi dernier, des manifestants s’en sont pris au consulat du Japon à Shanghai, brisant des vitres et jetant des oeufs, des tomates et de la peinture.

DEMANDE DE LA CHINE A L’UNESCO

Un porte-parole de l’ambassade du Japon a déclaré que Tokyo attendait une réponse de la Chine à sa demande de dédommagement pour les dégâts subis par ses missions.

Tokyo attend en outre de Pékin des excuses officielles pour les violentes manifestations, ce qu’ont exclu les Chinois lors de la visite à Pékin, dimanche et lundi, du ministre japonais des Affaires étrangères, Nobutaka Machimura.

Au Japon, la police dit avoir recensé 25 cas de harcèlement ayant visé les intérêts chinois depuis le début des manifestations en Chine. Une école de langue chinoise à Tokyo et la résidence de l’ambassadeur de Chine dans la capitale nippone ont subi de légers dégâts.

“Si les Chinois recourent à la violence, les Japonais ne doivent pas suivre leur exemple”, a déclaré lors d’une conférence de presse le ministre japonais de l’Education, Nariaki Nakayama.

D’autre part, initiative qui risque de jeter de l’huile sur le feu, la Chine va demander à l’Unesco de classer au patrimoine mondial de l’humanité les vestiges d’un centre appelé “Unité 731″, utilisé par les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale pour mettre au point des armes biologiques, rapporte mardi l’agence de presse Chine nouvelle.

Située au sud de Harbin, capitale de la province du Heilongjiang dans le nord-est de la Chine, les laboratoires, prisons et fours crématoires de l’”Unité 731″ servaient à des expériences sur les humains destinées à la mise au point d’armes biologiques à base de peste bubonique, de typhoïde, d’anthrax et de choléra.

Au moins 3.000 personnes, dont des civils chinois, des Russes, des Mongols et des Coréens ont péri dans des expériences menées par les Japonais dans ce centre, de 1939 à 1945, écrit Chine nouvelle. En dehors de ce site, plus de 200.000 Chinois ont été tués par les armes biologiques produites par l’Unité 731, ajoute l’agence.

Par ailleurs, un groupe de députés japonais compte se rendre au sanctuaire shintoïste de Yasukuni, considéré par la Chine comme le symbole du militarisme passé de l’Empire du Soleil levant. Ce groupe doit aller s’incliner vendredi sur les tombes du sanctuaire, lors des fêtes du printemps. Un certain nombre de criminels de guerre japonais de la période de la Seconde Guerre mondiale sont inhumés dans ce sanctuaire, où s’est rendu plusieurs fois l’actuel Premier ministre japonais, Junichiro Koizumi, ce qui a, à chaque reprise, provoqué l’ire de Pékin et de Séoul.

Reuteurs - 19/04/05 - 10h57
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Une centaine de manifestants anti-japonais se rassemblent à Shanghai

16 avril 2005

On pouvait encore dire que Shanghai avait été épargnée, mais ce matin, quand je prenais mon petit déjeuner, voici ce qui se passait dans la même ville, à quelques dizaines de kilomètres de chez moi :

Une centaine de manifestants anti-japonais se sont rassemblés samedi matin à Shanghai aux cris de “A bas le Japon”, a constaté un journaliste de l’AFP sur place. Une forte présence policière entourait la manifestation qui s’est formée sur Renmin Guangchang (La place du peuple) mais les forces de l’ordre ne sont pas intervenues dans l’immédiat. La semaine dernière, plusieurs dizaines de milliers de personnes avaient défilé à Pékin et dans le sud de la Chine pour protester contre l’attitude du Japon face à son passé et la volonté de Toyko d’obtenir un siège permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU. Aucune manifestation n’avait alors eu lieu à Shanghai, la capitale économique du pays où les entreprises japonaises sont très implantées.

Dépêche LeMonde.fr
16/04/05 - 3h03 en France, 9h03 en Chine
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Bureau des pleurs et des coups à Pékin

10 mars 2005

Les victimes d’injustices tentent de venir se plaindre, mais tout est fait pour les dissuader.

C’est un rituel aussi ancien que l’empire. De tous les coins de l’immensité chinoise, les simples citoyens qui s’estiment victimes d’injustices se rendent dans la capitale dans l’espoir d’attirer l’attention des puissants sur ce qui se déroule à la base, «loin du ciel»… Le moment privilégié de cette complainte est la session annuelle de l’Assemblée nationale populaire (ANP), qui s’ouvre samedi au palais du Peuple, place Tiananmen. Le bureau de l’ANP chargé de recevoir les plaintes est situé dans la banlieue sud de Pékin, loin des regards. Ici se déverse toute la détresse des exclus du miracle chinois, paysans, ouvriers ou petit peuple des villes, victimes de l’arbitraire, de la corruption d’une bonne partie de l’appareil, et d’un système qui n’autorise aucun recours si on est ni riche ni puissant. Le nombre de plaintes augmente sans cesse : 10 millions pour la seule année 2003, selon un chercheur chinois.

Oreille complaisante. La venue d’un journaliste étranger provoque un attroupement. Des dizaines de personnes arrivent, certains s’accrochent à vos vêtements, vous glissent une pétition dans la poche ou vous supplient de les écouter. Ils savent qu’un étranger ne pourra rien pour eux, mais le seul fait de trouver une oreille complaisante leur apparaît miraculeux. Il y a ce paysan du Shaanxi dont les terres ont été confisquées pour laisser passer le gazoduc Ouest-Est jusqu’à Shanghai : les cadres locaux ont détourné l’argent des compensations et il se retrouve sans rien. Il y a cette mère dont la fille a été victime d’une erreur médicale dans un hôpital de Tianjin, près de Pékin, mais celui-ci refuse de l’admettre. Ou encore cet homme venu du Heilongjiang, dans le Nord, qui a vu sa maison détruite sans être indemnisé…

Tous se sont heurtés à des murs dans leurs provinces, certains pendant des années, et ont reporté leurs espoirs sur la capitale, arbitre des conflits locaux. Mais encore faut-il pouvoir s’y faire entendre. A l’entrée du bureau des plaintes, des dizaines d’hommes en noir forment une véritable barrière humaine : ce sont des cadres et policiers venus de toutes les provinces pour empêcher les plaignants de déposer leur plainte et ternir ainsi l’image de leur région auprès du pouvoir central. Tous les moyens sont bons pour les en dissuader, y compris la force : les plaignants peuvent être kidnappés et rapatriés dans l’une des voitures de police garées à proximité.[...]

Voeu pieux. Tout ça pour rien. Car, selon Yu Jianrong, chercheur de l’Académie des sciences sociales qui a dirigé une enquête sur le sujet, pas plus de 2 plaintes sur 1 000 aboutissent. Le chercheur suggère d’abolir ce système, qu’il juge en faillite, pour le remplacer par un véritable Etat de droit, dans lequel la loi et la justice seraient accessibles à tous. Mais le sujet est suffisamment sensible pour qu’il refuse une interview. «En ce moment, je ne pourrais parler que de ce qui va bien», a-t-il dit à Libération… Mais le gouvernement a choisi la direction opposée : il prévoit de réformer le système en mai, pour assurer un meilleur accès des plaignants. Un voeu pieux tant que le régime restera basé sur l’arbitraire. Pour les plaignants, venir à Pékin demeurera longtemps encore un immense espoir de justice, rapidement transformé en désillusion.

Pierre HASKI (voir blog)

Libération.fr - 05/03/05
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Quand le “petit peuple” chinois présente ses doléances…


“Tout ce que j’ai fait n’a servi à rien. La corruption du système est telle…”

Qing Sha Ping (Hebei, Chine)
Assis frileusement autour d’un poêle diffusant une chaleur parcimonieuse dans la pièce centrale de sa ferme, Wang Haiqun, 50 ans, détaille d’une voix posée les raisons de sa colère. Le 25 avril 2003, son fils Shenlei s’est suicidé en avalant de la mort-aux-rats après avoir été arrêté par la police qui l’aurait forcé à avouer un vol qu’il n’avait pas commis. Au soir de ce passage à tabac, le jeune homme, humilié, a préféré se donner la mort.

Shenlei avait pris le soin de laisser une lettre ainsi libellée à destination de la maréchaussée : “Chers policiers, écrivit-il, je vais mourir mais je veux vous le dire avant : les faits que vous me reprochez sont faux. J’ai décidé de partir en conservant ma dignité et je ne vous permettrai pas de m’accuser. Et mon âme me survivra…”

Depuis ce tragique 25 avril, M. Wang père ne décolère pas. Il est “monté” sept fois à Pékin, à quatre heures de train plus au nord, pour faire le siège d’administrations où il est permis au peuple de présenter ses doléances. Sans succès en ce qui le concerne…

Des milliers de plaignants viennent désormais de toute la Chine pour exprimer devant les officiels leur frustration, expliquer des cas litigieux ou exiger que justice leur soit rendue quand ils estiment avoir été victimes d’abus par les autorités locales. Ce phénomène illustre les changements en cours en Chine tout en démontrant comment le pouvoir pékinois dispose de petites soupapes de sécurité pour canaliser le mécontentement populaire alors que se multiplient ces derniers temps les poussées de fièvres sociales.

Mais ces plaignants ont souvent intérêt à ne pas trop se plaindre. A la veille de la session annuelle de l’Assemblée nationale populaire (ANP, le “Parlement” chinois) qui s’est ouverte samedi 5 mars, une centaine de ces protestataires ont été retenus par la police et une bonne partie d’entre eux ont été battus. Avant ces grand-messes politiques, les autorités veillent à anticiper pour éviter tout désordre potentiel.

JUGE ET PARTIE
“Tout ce que j’ai fait n’a servi à rien, se désole encore M. Wang, qui est “monté” une fois de plus à Pékin. Certes, les responsables du gouvernement d’aujourd’hui sont “plus à l’écoute” des gens que leurs prédécesseurs. C’est plus facile de contacter l’administration mais en même temps, souvent, ça ne donne aucun résultat.” “Vous savez, ajoute le paysan, moi je fais partie du petit peuple, alors on n’a pas d’autre solution que d’utiliser ces canaux-là. Mais la corruption du système est telle…”[...]

L’homme montre une feuille de papier dûment estampillée par les responsables du bourg de Jiangshui, dont dépend son village. Noir sur blanc, il y est écrit que le “bureau de police, en coordination avec le département des affaires sociales” propose, “considérant son chagrin”, d’offrir une “indemnisation de 5 000 yuans” (500 euros) au père de la victime si ce dernier s’engage à ne plus “monter à Pékin”. Bref, localement, on s’efforce d’étouffer une embarrassante affaire.[...]

Bruno Philip

Le Monde.fr - 09/03/05
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L’ancien dirigeant chinois Zhao Ziyang est mort

17 janvier 2005

PEKIN (AP) - Il avait sympathisé avec les manifestants de Tiananmen et l’avait payé au prix fort. L’ancien chef du Parti communiste chinois (PCC) Zhao Ziyang, écarté du pouvoir après les manifestations pro-démocratie de 1989, est décédé lundi matin dans un hôpital de la capitale chinoise, a rapporté l’agence officielle Chine nouvelle.

L’ancien dirigeant, qui était âgé de 85 ans, avait été hospitalisé pour des douleurs à un poumon et se trouvait dans un coma profond. Il est mort à 7h01 locales (23h01 GMT) à l’hôpital de Pékin, selon le militant des droits de l’homme Frank Lu, qui a été le premier à annoncer son décès. [...]

Deux heures après l’heure annoncée du décès, Chine nouvelle a confirmé l’information dans une brève dépêche intitulée “Le camarade Zhao Ziyang est décédé”. [...]

Sous la direction de Zhao Ziyang, Premier ministre de 1980 à 1987, la Chine avait conduit des réformes économiques qui lui avaient apporté la prospérité et ouvert les portes du marché mondial.
Autrefois protégé de Deng Xiaoping, ce spécialiste de l’agriculture était tombé en disgrâce aux yeux du dirigeant chinois après les manifestations estudiantines en faveur de la démocratie en 1989, deux ans après avoir été nommé secrétaire général du PCC. Accusé de “diviser le parti” pour avoir sympathisé avec le mouvement, il avait été victime des purges de l’après-”Printemps de Pékin” et vivait depuis plus de 15 ans en résidence surveillée. [...]

Né en 1919 dans la province du Henan et entré au PCC en 1938, Zhao Ziyang croyait fermement à la toute-puissance du parti, même s’il avait du socialisme une définition assez différente de celle officiellement donnée par le régime chinois.
“Bien sûr nous devons poursuivre sur la voie socialiste. Mais qu’est-ce que le socialisme?”, déclarait-il ainsi en 1979. “La marque du socialisme est la propriété collective des moyens de production et le principe du socialisme est ‘à chacun en fonction de son travail’”. [...]

Sa dernière apparition publique remonte au 19 mai 1989, soit une journée avant que la loi martiale ne soit déclarée à Pékin. Il avait alors rendu visite aux grévistes de la faim sur la place Tiananmen et leur avait présenté ses excuses. “J’arrive trop tard”, leur avait-il dit.

AP

Yahoo! Actualités - 17/01/05, 04h26
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