Vie Quotidienne - Page 7 sur 10

Pour se rafraîchir à Shanghai

1 juin 2005

Décidément, la météo n’est visiblement pas le point fort de Shanghai. Quand il ne pleut pas averse, il fait trop chaud ! Heureusement, là aussi parce que le chinois est malin et débrouillard, il y a des tas de façons de se rafraîchir où que l’on soit.

Pour se rafraîchir, en Chine comme ailleurs, il suffit bien souvent de prendre une boisson fraîche. Ce n’est pas ce qui manque ici, tous les sodas possibles et imaginables sont en vente à tous les coins de rue, le plus difficile finalement c’est souvent de débusquer les bouteilles d’eau plate au beau milieu de toutes les autres…
Donc ça, c’était pour la méthode liquide. Mais il ne faut pas non plus oublier la méthode solide, qui vous met quelque chose sous la dent quoi. Là encore, 2 possibilités : la façon diététique, et la façon pas diététique du tout, mais l’une comme l’autre sont délicieuses :)

La méthode diététique : les fruits frais

La pastèque et autres melons de la même famille, à cette époque de l’année, c’est l’idéal ! En vente bien sûr dans les grandes surfaces et dans les magasins de proximité, on les trouve partout dans la rue toujours grâce aux fameux vendeurs ambulants qui les transportent par dizaines de kilo dans leur vélo à remorque, et les pèsent devant vous : attention en Chine les prix s’entendent en livres et non en kg ;]
Autre merveille des marchands ambulants : l’ananas prêt-à-déguster en bâton. C’est frais, juteux et sucré juste ce qu’il faut, un vrai régal !

La méthode pas diététique du tout, mais qu’est-ce qu’on s’en fiche parce que c’est trop bon : les glaces !

Si vous êtes un adepte des glaces, vous serez comblé !
S’agit-il d’un des effets de l’incitation à la consommation de produit laitiers ? la glace est la snack estival par excellence. Elles ont en effet un goût prononcé en lait, on en trouve même au parfum “Vanille - Fromage”…, et les chinois en raffolent. Ils en mangent partout, et à n’importe quelle heure : pas plus tard que ce matin je voyais nombre d’étudiants se rendre à leur cours de 10h une glace à la main.
La petite supérette en bas de notre lotissement dispose de 3 bacs à glaces remplis à ras bord, et vous pourrez repartir avec votre Cornetto à 2,5 yuans ou votre boîte de 6 Magnum à environ de 10 yuans (=1 euro !)

Ceux qui ont d’ailleurs bien compris le phénomène ce sont les fast-food. Partout dans le centre ville vous croiserez les Chinois avec leur petit cornet de glace MacDo. La chaîne dispose d’ailleurs dans chacun de ses restaurants d’un point “station pour produits sucrés” (littéralement) indiqué comme sur la photo ci-contre.

Vous n’avez plus qu’à faire votre choix :]

Bienvenue à Kitchouilleland !

20 mai 2005

Amis de Winnie l’Ourson, Mickey, Garfield, Hello Kitty et de tous leurs cousins, la Chine est faite pour vous !

A vrai dire j’ignore s’il s’agit d’un phénomène propre à Shanghai et Beijing ou davantage généralisé, mais c’est un fait, la Chine, c’est Kitch :]

Nous en prendrons pour preuve le nombre ahurissant de boutiques entièrement dédiées aux articles de fantaisie.
Sur Dongchuan Lu, en l’espace de 500m on peut en compter un minimum de 5. Même le campus possède sa boutique ès kitchouille-attitude (photo ci-dessous) !

Et la clientèle visée est loin de se limiter aux plus jeunes.
Lire la suite »

Une jidan baobing, ça vous dit ?

17 mai 2005

Pour se régaler en Chine, pas besoin de chercher le meilleur restaurant de la ville, le bonheur est au coin de la rue…

Sur Dongchuan Lu, la rue où j’habite, et tout autour, on trouve un nombre incroyable de petits restaurants ouverts quasiment à toute heure pour vous servir en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire des plats de tous les coins de la Chine.

Mais à la tombée du jour, ceux-ci vont très vite être concurrencés par des envahisseurs qui vont venir occuper les trottoirs, devant leur pas de porte.

Ces envahisseurs, c’est une poignée de marchands ambulants, qui arrivent chargés de leur stand roulant pour s’installer jusque tard dans la nuit et vendre aux passants fruits et légumes, brochettes en tout genre, soupes de nouilles personnalisées, etc.

Pour les trouver, il suffit donc de sortir au coin de la rue, en espérant qu’il ne pleuve pas, et que les autorités du coin n’est pas décidé de se poster momentanément là. Et oui, forcément, ce type de commerce n’est pas très légal… ni très hygiénique d’ailleurs…

les monceaux de détritus s’accumulent tout autour des stands, on vous sert à mains nues pas très propres… donc mieux vaut se méfier avant de choisir n’importe quoi au hasard et de se retrouver clouer au lit l’estomac tout retourné ;)

Le mieux, c’est donc de préférer les denrées cuites sous vos yeux. Pour ça, il en est une que nous avons testée (sur les conseils avisés de camarades-cobayes ;) ), et que nous adorons : la jidan baobing.

Jidan baobing, c’est l’équivalent chinois de nos bonnes vieilles crêpes, avec une recette légèrement revisitée :)

Sur leur chariot de fortune repliable en une minute en cas d’approche des forces de l’ordre, les couples ont installé une plaque chauffante pour y faire cuire les crêpes et ont disposé tout autour les éléments nécessaires à leur préparation.

Quand la pâte très épaisse est étalée à l’aide d’un ustensile en bois, elle sera alors recouverte de quelques herbes et d’un oeuf tout d’abord.

Puis suivant que vous êtes un amateur de sensations fortes ou non, vous demanderez une baobing “la” ou bien “bu la”, comprendre avec ou sans épices. Pendant que monsieur étalera une sauce légèrement relevée pour donner un peu de goût, madame saupoudrera un autre condiment. Puis le clou de la jidan baobing, c’est l’ajout dans la crêpe repliée d’une sorte de gaufre frite bien croustillante. On replie la crêpe par dessus, on vous met le tout dans un petit sac plastique parce que c’est super chaud quand même :) … en échange de quoi vous tendez vos 2 yuans.

Humm, c’est trop bon ;)

Rien de tel pour se caler ! Le restaurant de l’université en sert aussi, mais avouez que la préparation d’une jidan baobing derrière une vitre par un cuisinier en blouse blanche c’est quand même beaucoup moins savoureux qu’avec les odeurs de la rue ;]

Nous on en prend très régulièrement quand on revient du tkdo, ou bien quand on préfère manger vite fait devant son ordi ou un dvd : “Tiens, ça te dit une jidan baobing ?”, pratique, limite gratuit, nutritif et délicieux, c’est l’idéal :]

A tel point qu’on a même nos couples habitués pour les crêpes. Du coup c’est plus facile pour les prendre en photos, ils font d’abord les timides mais en insistant un peu avec le sourire, ils acceptent volontier. Qui sais peut-être qu’un jour ils me montreront même comme les faire :)

Ouai… bon en attendant… ça vous dit une jidan baobing ?

Quand la Chine fait son trou…

12 mai 2005

… faites attention où vous mettez les pieds !

S’il y a bien une chose qui est vraiment appréciable en Chine, c’est le sentiment de sécurité qui règne dans les rues des villes. On peut se balader à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, sans avoir à craindre pour son portefeuille ou pour soi. On se laisse gagner par une véritable insouciance, très précieuse quand on a déjà expérimenté la vie dans des villes comme Paris pour ne citer qu’elle…

Donc quand on se balade de nuit à Shanghai, pas besoin de se retourner tous les 10 mètres des fois que des types louches vous aient pris en chasse. Non, là où il faut faire particulièrement attention, c’est à l’endroit où vous mettez vos pieds !

Illustration…

Est-ce le printemps qui fait monter chez les chinois des envies de forage ?
Toujours est-il qu’entre l’université et les rues de mon quartier, c’est l’effervescence, on creuse, on déblaie, on rebouche de partout !

Ca n’est sûrement pas plus mal, au moins, c’est une façon de remettre à niveau les installations.
Sauf que, faire des trous c’est bien, mais encore faut-il les sécuriser un peu… Certains de ces trous, volontaires comme celui-ci, sont à peine signalé par des barrières jaunes clairsemées côté route, et côté trottoir, bah rien… pourquoi ? C’est pas comme si des enfants habitaient dans le coin…

D’autres de ces trous eux ont l’air bien involontaires…
Celui-ci juste à côté du terrain de basket de l’université, là où les étudiants parquent leur vélo.

A voir la tête du trou, on se demande d’ailleurs si quelque chose ou quelqu’un n’est pas déjà passé au travers…
Aucune protection bien entendu, alors que des dizaines d’agents d’entretien parcourent les allées à toute heure. Dire qu’en repassant tout à l’heure, j’ai pu voir qu’un morceau de dalle était encore tombé, moi je trouve ça limite irresponsable.

Là où par contre c’est même plus limite mais complètement irresponsable, si ce n’est inconscient, c’est ce qui se trouve depuis ce matin dans une allée très passante de l’université :

Un fossé qui surgit de nulle part, aucun panneau pour l’annoncer, et qui traverse la voie sur toute sa longueur. Le piège étant que ces derniers jours tout ce qu’il y avait ici c’était une ligne de caillasses qu’on pouvait traverser tranquillement à vélo ou en voiture, donc aujourd’hui la première rangée de caillasse n’inquiètait personne.
Sauf que ce matin, en arrivant dessus, mieux valait être réveillé pour le freinage, sinon on courait à la catastrophe. Pour les cyclistes ça pouvait encore se maîtriser, mais pour les voitures qui ont l’habitude de débouler à toute vitesse dans ces allées, c’était nettement moins évident, sans parler des demi-tours forcés pour des chinois qui peinent à faire une marche arrière…

D’où le conseil du jour :
En Chine, dans la rue… ne tourne pas la tête… baisse-là !

Mon campus (2) A bicyclette

11 mai 2005

La Chine c’est le paradis du vélo, et sur [p2p type="id" value="352" text="un campus aux dimensions pharaoniques” attributes=”target=’_self’”, mieux vaut avoir son deux-roues : ça, tous les étudiants l’ont bien compris !

Des marchands de vélos à tous les coins de rue, des vélo standards à partir de 250 yuans (25 euros), des pistes cyclables de chaque côté des rues et aussi larges que les voies pour automobiles, des chinois à vélo qui pullulent de partout… aucun doute, ici la petite reine a trouvé son royaume !

Rien d’étonnant à celà : quand on connaît la superficie d’une ville telle que Shanghai (6200 km², la moitié de l’IDF), qu’on sait que la plupart des chinois n’ont vraissemblablement pas les moyens de s’offrir une voiture (ou tout simplement n’ont pas envie de risquer leur vie… autre sujet…), et que ces mêmes chinois cherchent à tout faire le plus vite possible, alors quoi de plus naturel de voir déambuler tous ces vélos dans le centre ville comme en périphérie.

Aussi, à notre arrivée sur le campus en septembre dernier, nous avions bien compris que pour ne pas perdre trop de temps dans les 190 ha de notre campus, nous devions nous procurer au plus vite un vélo, à Rome fait comme les Romains, n’est-ce pas ;)
Ni une ni deux, à peine 2 jours à Shanghai et nous avions chacune notre 2-roues. Sur les conseils de nos amis, nous pensions en trouver d’occasion pour ne pas trop susciter l’envie…, mais quand nous avons évoquer l’idée, on nous a gentiment ri au nez, “autant en acheter un neuf” nous a-t-on suggéré. Depuis ce jour, Marieke et moi en sommes chacune à notre 4ème vélo pour des raisons diverses de vol, qualité douteuse, etc…

Le vélo standard est en général un vélo de route, quoique les VTT ici bas ne sont pas si rares, et est équipé :

  • de l’indispensable panier pour y mettre les courses et un peu de tout,
  • du porte-bagage pour transporter ses amis parce que c’est quand même plus confortable que le garde-boue,
  • de la béquille sinon ça tient pas debout,
  • de l’antivol type mâchoire sur la roue arrière, que si tu le mets pas et que tu pars 5 minutes, y’a plus de vélo du tout
  • de l’antivol supplémentaire, à mettre en sus du premier dès que le vélo sort d’un endroit sûr (campus, résidence), facilement escamotable, il ne sert à rien du tout, si ce n’est à décourager les filous
  • de la sonnette, que les chinois utilisent sans modération, en chinois “dring dring” ça signifie “attention, j’arrive barrez-vous !”

Pour les marques, les téméraires trouveront des Giant (et prendront un 3ème antivol), les autres trouveront l’immanquable Forever, dont on aimerait justement qu’il dure forever - je sais je l’ai déjà faite, mais elle est trop bonne ;)

Voilà donc ce que quasi tous les étudiants utilisent quotidiennement pour se déplacer dans le campus (sauf les sud-coréens qui eux s’offrent un scooter, ouh les fainéants :) ). Et mine de rien, dans un campus comme SJTU, il y en a beaucoup des étudiants, et ça fait beaucoup de vélos !

Allez je vous emmène faire un tour sur le porte-bagage de mon dernier Forever en date, restez bien accrochés, ça se bouscule dans les allées de mon campus !

Premier passage obligé pour faire un tour à vélo dans le campus : passer l’entrée principale.

Depuis février dernier, des gardiens sont postés de chaque côté de l’entrée et contrôlent scrupuleusement toute personne qui entre ou sort du campus. On comprendra donc qu’ils fassent stopper les véhicules à moteur, mais figurez-vous qu’ils prennent aussi un malin plaisir à faire descendre chaque cycliste juste pour le moment où celu-ci doit franchir la ligne d’entrée/sortie.

Autrement dit, on descend 5 mètres avant la ligne et on remonte 5 mètres après, le jeu consistant à savoir profiter de l’inattention momentanée des gardiens assoupis sous leur parasol pour filer sans demander son reste, et en évitant de se poser des questions sur l’utilité d’une telle mesure…

Pas de chance, il nous a vus… Vous êtes bien réinstallés ? Bon alors on continue :)

Dans le campus, il y a vraiment des vélos partout ! Des vélos qui roulent bien sûr dans les allées, mais aussi des vélos parqués deci delà près de tous les lieux de vie de l’université. Ci-contre l’un des nombreux parcs à vélo des résidences étudiantes…

Et quand tout ça se retrouve dans les allées aux heures de pointe, mieux vaut être cramponné et garder son sang froid ! Ca tombe bien, vous êtes en sécurité, je suis une pro du slalom d’urgence :)

Il faut dire qu’ici il y a de quoi pratiquer… les règles de circulation sont quasi-inexistantes et les chinoises surtout sont de vrais dangers publics…
Dites-moi si vous repérez une chinoise sur un vélo : en cas de panique, tout ce qu’on peut en attendre c’est… qu’elle panique… elle va foncer droit dans l’obstacle = moi, sans freiner (bon faut dire que son vélo n’a plus de frein…) ni même dévier (c’est trop lui en demander).

Ouf c’était moins une, mais on a réussi à éviter le pire, merci de l’alerte ;)

Nous voilà donc au bâtiment de cours qui nous concerne, il nous a fallu 10 minutes pour y arriver, sachant qu’on est parti d’en face de l’entrée…

Là, attention. Si vous voulez éviter de vous faire appeler Liu (oui bon Léon ça n’existe pas en chinois) par l’agent de service dédié au parking à vélos, vous avez intérêt à bien le ranger comme il faut, bien aligné surtout, et pas question de créer de nouvelle rangée tant que la première n’est pas complétée…

Antivol mâchoire bouclé ? Ok, je vous laisse un peu j’ai cours là, allez faire un tour, le campus est grand :)

Voici ce que vous pourrez voir justement en faisant un tour dans le campus.
Une station service vélos :)

L’indispensable tuyau de gonflage naturellement, mais également un véritable atelier en plein air pour réparer tous les bobos que votre cher bicyclette peut attraper. Pas cher et pratique, il y en a plusieurs comme ça dans le campus à débusqer, de quoi s’occuper pendant que je suis en cours ;)

Fini les cours, je vous retrouve, et mon vélo avec vous :)

Oui enfin… il faut quand même que je trouve où ils ont encore bien pu déplacer mon vélo… avec leur satanée manie de toujours vouloir tout aligner, ils les déplacent et on les retouvent plus…

Ah enfin ! le voilà…  en sandwich entre une sorte de croisement de vélo et de scooter (probablement un de ces nouveaux vélos à moteur) et un VTT.

Oui, en sandwich, c’est le mot.

Mon vélo est tellement serré à l’avant et à l’arrière que je ne peux même plus y accéder ! Et toute la rangée est comme ça !

Encore heureux que le mien est au bout de la rangée, aux grands mots les grands remèdes : on va soulever le vélo d’à côté pour prendre le mien ! Vous m’aidez ? ;)

Voilà on est repartis ! Vous avez pu avoir un aperçu de la vie de vélo sur le campus de SJTU. Remarquez qu’en période de cours comme aujourd’hui, les vélos ont l’occasion de bouger un peu, de se faire déplacer, de rouler, se faire coucounner. Mais quand c’est les vacances ou le week-end, tous les étudiants quittent le campus pour rejoindre leur famille, et laissent leur vélo tout près de l’entrée du campus, ce sont alors des centaines de vélos qui s’entassent, bien alignés forcément, inanimés, en attente du retour de leur propriétaire…

Parking à vélos à l'universitéParking à vélos à l’université
Pin It Parking à vélos à l’université

Yess ! On l’a eu cette fois, le gardien ne nous a pas vu venir tout occupé qu’il était avec le car qui arrive. On vient de lui filer sous le nez !
J’espère que le porte-bagage n’était pas trop désagréable. Enfin bon, je vous ai déjà épargné de porter l’ombrelle au-dessus de ma tête pour me protéger du soleil comme font les chinoises. A Rome comme les Romains, mais pas pour tout quand même, le soleil c’est quand même bien agréable, comme ça en s’en allant de bon matin, en s’en allant sur les chemins, à bicyclèèèèèèèteuh  ;)