Un Lion en Chine

21 septembre 2005

Il ne s’agit pas d’une idée pour rebaptiser le blog, ni d’un avis de recherche publié par un zoo chinois, mais tout simplement d’un petit coup de projecteur sur un livre pour enfant pour lequel mes quelques photos de Chine ont pu servir l’illustration.
J’en attends un exemplaire dédicacé dans ma boîte aux lettres, alors je devais bien ce petit service à l’équipe d’ “Un Lion en Chine”, à paraître cette semaine en français et en espagnol !

Couverture : "Un Lion en Chine, carnet de voyage"

L’histoire

Grâce à leur ami Lion, Caméléon et Pintade découvrent la lointaine Chine.
Quel pays déroutant ! Et qui donc est ce grand cheval tout recousu ? Nos voyageurs, bousculés dans leurs habitudes, ont bien du mal à contrôler leurs réactions…
Joliment imaginé par une écolière de Vitrolles (Sud de la France), lors d’une action jeunesse du Mrap, ce récit est illustré par deux plasticiens, Eric TOURNAIRE, créateur de Lion, et Marie-France SOLER.
Une histoire symbolique à partager pour que vive l’amitié entre les peuples !

soit en espagnol…

histoire en espagnol

L’équipe

"Un Lion au Pôle Nord" et "un Lion en Chine" Cette histoire a été écrite par Camille, élève de l’école Victor Martin à Vitrolles (CM2 de Mme Suzan).
Elle a été illustrée par Marie-France Soler, plasticienne, qui vit et travaille à Trans-en-Provence.
La partie “carnet de voyage” a été réalisée par Léa Moscato, 9 ans et demi, et Eric Tournaire, les auteurs de la première histoire du lion, “Un Lion au Pôle Nord”, dont les dessins étaient inspirés par les toiles de Korhogo, Côte d’Ivoire, et les gravures des Inuits de Cape Dorset, Canada.

L'équipe d' "Un lion en Chine"

Comment se le procurer ?

Auprès de la section du MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples) de Vitrolles ou bien auprès d’Eric Tournaire - e.tournaire at free.fr  (supprimer les espaces et remplacer “at” par @).
Prix : environ 10€ plus frais de port.

soutien du MRAP Vitrolles, du FASILD et du CG 13

Remerciements

Les grandes écoles françaises à la conquête de la Chine

21 septembre 2005

Voilà qui me fait sentir un peu pionnère dans cette aventure d’étudiante française en Chine. Il faut dire que les étudiants sont présents depuis plusieurs années en France, et de plus en plus. Mais déjà, il ne leur est plus nécessaire de s’expatrier pour profiter des enseignements occidentaux et en particulier français, l’Education Française vient à eux.

Les grandes écoles à la conquête de la Chine

Aurélien – Wang Tairan de son vrai nom chinois –, 18 ans, porte-parole des étudiants de la toute nouvelle école d’ingénieurs Centrale de Pékin (lire ci-dessous), a déjà tout d’un ministre. D’une voix posée, il encourage ses «camarades» «à ne pas perdre un seul instant» : «Au travail, martèle-t-il, nous mettrons toute notre sueur pour gravir avec acharnement les sommets de la science et contribuer par tous les moyens à renforcer l’amitié de nos deux peuples français et chinois.» Bienvenue dans un pays dont les mentalités restent empreintes de communisme, mais sont avides de goûter aux joies du capitalisme occidental.

Rien d’étonnant, donc, à ce que les universités et les grandes écoles françaises se précipitent en Chine, où elles se livrent une concurrence vive.

Polytechnique, l’école des Mines de Paris, les Ponts et Chaussées, le groupe des Ecoles normales supérieures, Euromed Marseille, HEC, l’Essec, Audencia, Grenoble Ecole de management, l’Ecole supérieure de commerce (ESC) de Rennes, les universités de technologie de Compiègne (UTC), de Troyes (UTT), de Belfort-Montbéliard, entre autres, tous multiplient les accords de partenariat avec des universités chinoises, essentiellement à Pékin, Shanghai et Hongkong. Parfois dans tous les sens. Et au risque de se perdre parmi tant d’autres, sur d’immenses campus qui ne comptent généralement pas moins de 25 000 étudiants.

Proposant des échanges d’étudiants et de professeurs, des diplômes conjoints ou de courtes sessions de formation continue, rares sont les établissements à installer une structure pérenne, comme celle de Centrale à l’université Beihang (Pékin) ou, à un degré moindre, de l’école de commerce EM Lyon à l’université Fudan (Shanghaï). Peu importe, ils sont «là où il faut être», explique un diplomate de l’Ambassade de France.

Car c’est bien à la demande des entreprises de l’Hexagone que ces établissements supérieurs se ruent en Chine. Massivement implantée dans l’empire du Milieu, l’industrie française a désormais besoin d’employés formés à l’européenne. Mais employés chinois, salaires obligent.

«La Chine se développe à une vitesse vertigineuse, précise Mok Kwongweng, 50 ans, PDG d’Air liquide Chine et responsable pour l’Asie du Nord-Ouest (Chine, Taïwan et Corée). Les entreprises françaises ont besoin de cadres et d’ingénieurs pour réaliser leur développement, et recherchent massivement des diplômés chinois parlant français et formés à la méthode française, bon marché.» Basé à Shanghaï, il a lui-même fait ses études… à Paris. Exit donc l’ère glorieuse des expatriés, même pour les dirigeants : les groupes sinisent désormais l’ensemble de leur encadrement.

«Il y a tout à faire, tout à construire, explique José d’Antin, directeur de Supaéro, en déplacement à Pékin, afin de nouer des partenariats avec ses homologues locaux. La Chine a, par exemple, un immense besoin en ingénieurs capables de comprendre l’entreprise, en contrôleurs aériens, en ingénieurs de maintenance de haut niveau, en managers». Ce que, de l’avis de tous, les Français savent faire. «Outre contribuer au rayonnement international de la France, leur connaissance de notre société et de ses produits en fait surtout des consommateurs prescrip teurs», souligne par ailleurs José d’Antin.

Pour les autorités et les universités chinoises, le boom de ces exportations est une aubaine incontestable : d’excellents professeurs affluent sur les campus, l’exode des meilleurs étudiants chinois est ainsi jugulé, et les établissements leur reversent des royalties notamment pour la mise à disposition des locaux. Enfin, frottés aux équipes pédagogiques françaises, les enseignants chinois en profitent pour acquérir leur savoir-faire. A la chinoise.

Justine Ducharne

Le Figaro.fr - 21/09/05
article en ligne
Une façon aussi peut-être de leur montrer que la France ce n’est pas que la mode, la culture et la cuisine et le bon vin, mais aussi des savoir-faire techniques, industriels et de haute-technologie. Pas seulement un “pays romantique” mais un pays qui peut leur apporter de quoi passer à la prochaine étape que la Chine s’est fixée : devenir le laboratoire du monde.

Pour les jeunes Chinois, Centrale c’est Paris

Ji Jing s’est vêtue de sa plus belle robe. Comme le veut la tradition, cette femme de 22 ans, originaire de la province de Jiang Su, et les 108 élèves chinois à qui elle enseigne la langue de Molière depuis une semaine, se sont choisi un prénom français. Juliette, donc, s’apprête à traduire les discours d’inauguration de l’Ecole centrale de Pékin prononcés par le ministre de l’Education chinois Zhou Ji, le président du Sénat, Christian Poncelet, et par celui de l’université pékinoise de Beihang, Li Wei, partenaire du projet.

Une fierté non feinte pour la délégation française venue en masse assister à cet événement qu’elle a greffé sur les célébrations offcielles de clôture de l’année de la France en Chine : Centrale est la première grande école d’ingénieurs francophone à s’installer un établissement dans ce pays.

Désormais, le groupe des quatre écoles Centrale (Paris, Nantes, Lyon, Lille) formera chaque année quelque cent cinquante Chinois, sélectionnés aux quatre coins du pays en fonction de leurs résultats au «Gaokao» (baccalauréat). Un contingent insignifiant pour l’université de Beihang qui compte 26 000 étudiants et forme déjà l’élite de l’aéronautique et du spatial.

Après une année d’apprentissage du français, ils suivront deux années de «taupe» (classe préparatoire scientifique) dispensées par plusieurs professeurs du lycée parisien Louis-le-Grand, puis les trois années de formation d’ingénieur calquées sur le programme français. Le tout, en français et en anglais. Au terme des quatre premières années, les élèves pourront obtenir un «bachelor» de Beihang, et en fin de sixième année, le master de l’université et simultanément le diplôme d’ingénieur de Centrale Pékin.

Mais tous, citant spontanément la «Sorbonne», n’avaient jamais entendu parler de Centrale, ni d’aucune autre grande école. Car si certains de ces jeunes gens âgés de 17 à 19 ans (dont un tiers de filles) se disent avides «d’apprendre les sciences» et se dirigeront peut-être vers la recherche ou l’industrie, la majorité rêve par-dessus tout de «visiter la France». Comme s’ils avaient choisi l’école parce qu’ils admirent la Tour Eiffel et Notre-Dame de Paris. «Quel beau pays, résume Sunmuyao (Sarah), 18 ans, l’une des rares étudiantes originaires de Pékin. C’est le pays du Comte de Monte-Cristo, et j’aime Alexandre Dumas.»

Le budget (12 millions d’euros sur six ans) est financé pour moitié par les ministères de l’Education nationale et des Affaires étrangères, pour l’autre par des fonds privés. A terme, une dizaine de places seront ouvertes au concours national de Centrale pour des Français souhaitant étudier à Pékin. Il s’agit d’une part de transformer les futurs diplômés en «ambassadeurs efficaces de la francophonie», souligne Christian Poncelet, d’autre part, d’accroître le rayonnement international d’un modèle d’enseignement inconnu en dehors de l’Hexagone et de tenter de s’imposer face aux Etats-Unis, qui continuent d’attirer massivement les étudiants chinois.

Justine Ducharne

Le Figaro.fr - 21/09/05
article en ligne

Fête de la Mi-Automne, entre lune, gâteaux, amis et légendes

19 septembre 2005

Ce week-end, c’était la Fête de la Mi-Automne en Chine, et, à notre manière, nous aussi nous l’avons célébrée !

Danjie et moi, pose au claire du pleine lune, après le basketEt oui, alors qu’en France on ne se dit vraiment en automne que fin septembre, ici en Chine mi-septembre voit déjà annoncée la mi-automne. Il faut dire que les Chinois fêtent le printemps fin janvier - début février, ouh les tricheurs ;)

En fait, techniquement parlant, tout ça est lié au calendrier lunaire qui rythme les rites traditionnels de la Chine. Ainsi, la Fête de la Mi-Automne doit systématiquement être célébrée une nuit de pleine lune, le 15ème jour du 8ème mois lunaire. Car, selon les ancêtres chinois, l’automne s’étendrait sur les 7ème, 8ème et 9ème mois lunaires. Logique, non ?

Bref, cette année, le jour tant attendu tombait hier, le 18 septembre. Mais, paraîtrait-il que le meilleur jour pour admirer la lune, c’est la veille. Voilà pourquoi, Marieke, son amie Danjie et moi avons fait en sorte de nous retrouver ce jour-là pour passer ensemble ce jour de fête, qui bien sûr, pour nous, a commencé par un basket !

Lire la suite »

A quand le “moulti-pass” ?

18 septembre 2005

Suite (mais vraissemblablement pas la fin) de l’épisode “Rentrée chaotique à Jiaoda“, l’épreuve des cartes.

Les cartes en Chine, c’est du pouvoir en carton, plastique, à contact ou à puce. Plus vous en avez de surface, plus votre sphère de manoeuvre s’élargit.
Sans parler pour le moment des fameuses cartes de visite sans lesquelles on reste un anonyme et qui s’amassent en nombre dans les populaires porte-cartes, déjà l’université vous apprend combien il est important d’avoir un bon étui à cartes dans son portefeuille, si tant est que vous existez au yeux de l’institution.

Petit inventaire des cartes nécessaires pour la survie sur le campus.

La première que nous ayons reçue l’an dernier à notre arrivée sur le campus : la carte à puce de notre chambre universitaire.

Et oui c’est moderne les résidences universitaires chinoises, ou bien s’agit-il d’une autre forme de sécurité qui entoure ces mêmes résidences ?

Deuxième carte que nous ayons obtenue, et encore pas dès le premier jour : la carte des restaurants universitaires, qui accessoirement peut servir aussi pour tous les commerces hébergés sur le campus équipés de l’appareil de lecture adéquat.

LE truc indispensable pour se nourrir sur place, qu’on ne nous a donné qu’une bonne semaine après notre arrivée, nous forçant à nous restaurer auprès de la seule cantine du campus acceptant la monnaie : la cantine sichuanaise aux plats over-épicés !

Cette année, ces 2 cartes ne nous ont pas posé trop de problèmes. Dormir et manger, à Jiaoda ça se fait très bien.

Ce qui tombe beaucoup moins sous le sens dans cette université, tout du moins pour nous au vu des diffiicultés endurées pour obtenir les cartes correspondantes, c’est :

1) être étudiant

L’année dernière, comme apprenant seulement le chinois, nous ne faisions partie d’aucun département, il était tout à fait compréhensible que nous n’ayons qu’une carte lambda d’étudiant étranger. Attention avec photo et protégée par mot-de-passe tout de même !

A chaque semestre il faut la faire compléter par de nouvelles dates de validité. C’est que ça ne rigole pas à l’entrée des musées, car obtenir des réductions, c’est à peu prêt tout ce à quoi nous sert cette carte.

Cette année, rebelote.
Mais valable sur toute l’année, chouette pour les réduc pendant les vacances de février !
Enfin, nous on espérait avoir les mêmes cartes que les chinois. Mais c’eût été trop beau, pour nous les élèves-fantômes de Jiaoda.

2) suivre des cours

Autant pour la carte d’étudiant, ça a pu se régler entre bureaux au moyen d’un petit mot et d’un coup de gros tampon rouge, autant pour la carte de “master autorisé à suivre des cours”, ce fut bien plus marrant.

Pas moins de 2 allers-retours entre les 2 mêmes bureaux du campus de Xuhui, une belle lettre avec le même gros tampon, un formulaire de choix de cours, une petite discussion amicale autour d’une table pour nous inciter à choisir moins de cours parce que ça coûte cher les cours de PhD et

qu’on risquerait vraiment de rien comprendre aux cours en chinois, et une règle de derrière les fagots pour nous prouver que nous sommes limitées à 6 cours par semestre.

Mais au final, récompense suprême :
LA carte qui nous autorise à suivre et à passer les examens pour les 6 cours auxquels nous avons droit. Youpee ! Je vais enfin pouvoir aller en cours !

Entre temps, une autre carte qui nous a bien été utile pour les navettes entre les bureaux…

… celle du campus de Xuhui ;)

Cette énième aventure en rapport avec notre rentrée avait lieu mardi dernier.
Depuis j’ai effectivement pu assister à mon tout premier cours de Sécurité de l’Information, totalement en chinois, que j’ai presque totalement pas compris :\

Heureusement pour moi, le professeur très compréhensif m’a volontiers envoyé par email le PowerPoint de sa présentation que je vais pouvoir décrypter à ma guise, et devrait me fournir la semaine prochaine une référence de livre en anglais à me procurer en même temps que celle que j’ai en chinois.

Et pour tout ces gestes sympathiques, pas besoin de carte ni de la moindre formalité administrative, juste d’une légère dose de courage pour se présenter en chinois devant les autres élèves qui vous dévisagent avec des yeux de merlan fris et d’un petit sourire pour faire passer le tout ;)

Shanghai Baby

15 septembre 2005

Shanghai Baby
roman
(1999)

auteur :
Weihui

lu en :
français

je l’ai trouvé :
à la Fnac, en France. J’en avais entendu parler, et l’ai donc emporté dans mon stock de livres à ramener de France en Chine.
Prix : 7,13 €

Un petit mot sur l’auteur : Weihui

Zhou Weihui est née en 1973 à Shanghai. Diplômée de littérature de l’Université de Fudan à Shanghai, elle publie, à 27 ans à peine, Shanghai Baby qui lui vaudra les foudres du gouvernement chinois.
Faisant partie, avec Mian Mian auteur de Les bonbons chinois, de la génération des Belles Femmes Ecrivains (les Meinu Zoujia) qui ”n’hésite pas à aborder avec une grande liberté les sujets jadis tabous, notamment la sexualité”, elle vit aujourd’hui aux Etats-Unis.

Shanghai Baby, c’est le portrait ”semi-autobiographique” de Weihui qui se dessine sous les traits de Ni Ke, alias Coco en référence à son idole Coco Chanel, avec Henry Miler et Marguerite Duras.

Ce roman nous plonge dans le Shanghai des années 90, le Shanghai branché, le Shanghai de la “grisaille brumeuse, des rumeurs opressantes”, “Shanghai et le goût de ses nuits scintillantes”. J’y ai retrouvé nombre de références aux lieux que j’ai pu visiter et fréquenter dans la cité, un moyen de suivre les pas, les émotions de la romancière qui nous livre ”ses rencontres, ses questions, et par-dessus tout son désir de faire entendre sa voix, la lumière de son regard clair et franc sur le monde”.

Tiraillée entre son amour profond pour Tiantian, peintre fragile et impuissant, et sa passion physique pour Mark, l’amant allemand, elle ne peut s’empêcher comme elle le dit elle-même “de cacher les frissons, les douleurs et les passions qui [la] parcourent des pieds à la tête.”

Elle parle ainsi librement de l’univers déjanté dans lequel elle évolue, entre drogue et sexualité, sans pudeur et parfois même très crue, ce qui lui a valu d’être absolument censurée en Chine, “interdit, saisi et pilonné [...] comme au bon vieux temps de la Révolution Culturelle, bouscule hardiment les tabous et souffle un vent nouveau et provocateur sur la Chine”.

Voir aussi : sur Lire.fr, et Amazon.fr

Revenir à la bibliothèque