15 septembre 2005

Shanghai Baby

Shanghai Baby
roman
(1999)

auteur :
Weihui

lu en :
français

je l’ai trouvé :
à la Fnac, en France. J’en avais entendu parler, et l’ai donc emporté dans mon stock de livres à ramener de France en Chine.
Prix : 7,13 €

Un petit mot sur l’auteur : Weihui

Zhou Weihui est née en 1973 à Shanghai. Diplômée de littérature de l’Université de Fudan à Shanghai, elle publie, à 27 ans à peine, Shanghai Baby qui lui vaudra les foudres du gouvernement chinois.
Faisant partie, avec Mian Mian auteur de Les bonbons chinois, de la génération des Belles Femmes Ecrivains (les Meinu Zoujia) qui ”n’hésite pas à aborder avec une grande liberté les sujets jadis tabous, notamment la sexualité”, elle vit aujourd’hui aux Etats-Unis.

Shanghai Baby, c’est le portrait ”semi-autobiographique” de Weihui qui se dessine sous les traits de Ni Ke, alias Coco en référence à son idole Coco Chanel, avec Henry Miler et Marguerite Duras.

Ce roman nous plonge dans le Shanghai des années 90, le Shanghai branché, le Shanghai de la “grisaille brumeuse, des rumeurs opressantes”, “Shanghai et le goût de ses nuits scintillantes”. J’y ai retrouvé nombre de références aux lieux que j’ai pu visiter et fréquenter dans la cité, un moyen de suivre les pas, les émotions de la romancière qui nous livre ”ses rencontres, ses questions, et par-dessus tout son désir de faire entendre sa voix, la lumière de son regard clair et franc sur le monde”.

Tiraillée entre son amour profond pour Tiantian, peintre fragile et impuissant, et sa passion physique pour Mark, l’amant allemand, elle ne peut s’empêcher comme elle le dit elle-même “de cacher les frissons, les douleurs et les passions qui [la] parcourent des pieds à la tête.”

Elle parle ainsi librement de l’univers déjanté dans lequel elle évolue, entre drogue et sexualité, sans pudeur et parfois même très crue, ce qui lui a valu d’être absolument censurée en Chine, “interdit, saisi et pilonné [...] comme au bon vieux temps de la Révolution Culturelle, bouscule hardiment les tabous et souffle un vent nouveau et provocateur sur la Chine”.

Voir aussi : sur Lire.fr, et Amazon.fr

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13 septembre 2005

Disneyland ouvre à Hongkong, Pékin applaudit

Alors qu’hier certains luttaient pour leur rentrée, pendant ce temps-là, à Hong-Kong,



Le Disneyland de Hongkong a été inauguré sous les louanges de la classe politique, lundi 12 septembre au matin, et présenté comme un exemple de coopération exemplaire entre la société américaine et les autorités locales. “Je déclare Hongkong Disneyland officiellement ouvert”, a lancé le directeur général sortant de Walt Disney, Michael Eisner, en coupant à 12 h 15 locales (6 h 15 à Paris) un ruban multicolore faisant face au château de la Belle au Bois dormant. A ses côtés, son successeur, Robert Iger, qui prendra la tête de Disney le 1er octobre, a annoncé un “avenir éclatant” pour le parc, devant un millier de journalistes, venus essentiellement d’Asie.

“Je représente le gouvernement central (Pékin) pour me féliciter de la réussite de la coopération entre le gouvernement (local) de Hongkong et Walt Disney”, a lancé le vice-président chinois, Zeng Qinghong, également appelé à couper le ruban. Le responsable a conclu son discours par un “thank you very much”.

INVESTISSEMENT DU GOUVERNEMENT

[...]Les cérémonies, point culminant de trois jours de festivité, avaient débuté quelques minutes auparavant par un spectacle alliant la plus pure tradition Disney aux couleurs de l’Orient, exemplaire de la première implantation en Chine de la société américaine. Après une “danse du lion” interprétée par des acrobates chinois, des enfants ont chanté à l’unisson un hymne de bienvenue en japonais, cantonais, mandarin, anglais et français : les langues des parcs Disney dans le monde.

Le parc est le cinquième Disneyland dans le monde, après ceux de Californie, Floride, Paris et Tokyo. Ses responsables annoncent 5,6 millions de visiteurs la première année. Le Disneyland de Floride a attiré 15,1 millions de personnes en 2004, celui de Tokyo 13,2 et Paris 12,4.

Le Monde.fr - 12/09/05
voir l’article complet en ligne

Magasin de maroquinerie Mickey Mouse dans la galerie Auchan-Minhang Shanghai
un secteur porteur ?

12 septembre 2005

C’est la rentrée… mais il y a encore de l’espoir !

C’est la rentrée !
Après un an à ne faire que du Chinois, j’attendais ce moment avec impatience. Enfin je vais pouvoir reprendre les cours techniques. Bon certes ce sera en Chinois, ce ne sera pas facile mais j’ai vraiment trop hâte de revenir à mon domaine de prédilection.
Attention Céline, point trop de précipitation, faudrait pas croire que la rentrée à Jiaoda (SJTU) ce soit aussi facile que ça…

Tout d’abord, signe annonciatieur de rentrée : alors que les drapeaux (ou chiffons) colorés battent au vent sur le campus au rythme des valises des élèves qui viennent trouver ou retrouver leur chambre universitaire, à l’extérieur du campus c’est le vendeur de vélos en particulier qui fait le plein.

Les nouveaux élèves se pressent autour des cargaisons de vélos tout neufs qui occupent non seulement la devanture du vendeur, mais aussi tout le coin de la rue qui, comme de par hasard, fait juste face à l’entrée du campus…
Bien sûr, le marchand de vélos s’est vite fait rejoindre par le vendeur de lampes et multiprises.

Tous sont tellement affairés qu’ils en “oublient” de ramasser les papiers d’emballage qui s’amoncellent au milieu des pavés utilisés pour la rénovation du trottoir, pas facile de se frayer un chemin dans le grouillement général…

Mais pour nous, la rentrée, elle se prépare depuis déjà une bonne semaine.
Nous étions toutes contentes quand, dès le premier dimanche suivant notre retour, notre cher professeur GU du département international nous a donné par téléphone les noms de nos 2 professeurs supervisor qui seront chargés cette année de nous suivre notamment dans le choix de nos cours. Mais la joie fut de courte durée. De très courte durée.

Certes nous avions les noms de nos supervisors, et notre mission était de les contacter pour qu’ils nous aident à choisir nos cours. Sauf que, nous n’avions que les noms en pinyin en non pas en caractères chinois.
A moi donc les joies des recherches avec l’ami Google pour débusquer le bon professeur Yang S. de SJTU qui, fort heureusement pour moi, a publié un papier mentionné sur Internet et sur lequel figure son adresse email.

Ni une ni deux, me voici à envoyer, avec mon plus beau chinois, un mail de présentation de mon petit cas à mon futur guide dans les méandres de l’administration de Jiaoda.

Le lendemain matin, une réponse m’attends déjà. Nous sommes lundi 5 septembre, et je vais pouvoir rencontrer mon supervisor dès ce matin pour en savoir plus.

Entre temps, Marieke avait dégotté sur Internet le site du département d’Electrical Engineering avec la page comportant les noms de chaque professeur, en caractères chinois cette fois. Une simple correspondance sur les emails, et j’obtenais les coordonnées complètes de mon supervisor. On avance, on avance !

C’est une chose qui peut être utile à savoir : ici tous les départements ont chacun leur site en http://[nom-du-département].sjtu.edu.cn. Autant vous dire que nous n’avons pas mis longtemps avant de trouver celui du département de Sécurité de l’Information auquel nous “appartenons”, un sous-département de l’Electrical Engineering.

Justement, celui-ci présente une liste de cours pour les élèves en master (les shuoshi yanjiusheng) du département. J’ai juste le temps de parcourir cette liste encore un peu obscure…

… que déjà je dois partir pour retrouver mon supervisor. Avant cela j’ai repéré grosso modo dans quelle partie du campus se trouvait le bâtiment. Donc grosso modo, c’était… loin. Il faut dire qu’entre mon départ et mon retour de vacances, la taille du campus a doublée, et mon supervisor me donne rendez-vous ni plus ni moins que dans la partie du campus la plus éloignée, où je n’avais encore jamais mis les pieds.
Donc hop, je prends le parti de m’acheter un vélo, et en route à l’aventure !

Le temps de demander à 2 étudiants de passage où se trouve le bâtiment 1 du département, et me voilà… à poireauter… Coup de fil au supervisor qui m’a gentiment laissé son numéro de portable. Ah il arrive !
20 bonnes minutes plus tard, après un accueil des plus sympathiques, avec même petite présentation auprès des étudiants présents, je vais vite déchanter.
J’ai beau expliquer mon cas à ce professeur jovial qui a toute la meilleure volonté du monde, il ne comprend pas d’où je viens, ne connaît pas de professeur GU censé l’avoir appelé 2 mois plus tôt pour l’avertir de ma venue.
Pire, quand il appelle le bureau du département, il m’annonce que je n’existe pas pour eux, ni mon nom ni celui de Marieke ne figurent quelque part, à aucun moment n’est fait mention d’étudiants français dans le département.

Moment de solitude… Moment de solitude…

Nous faisons alors tout pour contacter les 2 ou 3 personnes que je connais au département international que mon supervisor semble découvrir (de mieux en mieux), mais loi de l’emmerdement maximal oblige, personne n’est là pour nous répondre.
Finalement je le quitte en promettant de contacter les bonnes personnes à la School of International Education (département international qui s’était chargé de nous lors de notre année de chinois).

Bien sûr, une fois rentrée et la déconvenue racontée à Marieke, plus qu’une idée en tête, ça va remuer dans les brancards ! Télécom Paris, le Paris Tech, professeur Gu, en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire par mail, tout le monde est mis au courant de la situation qui nous accable…
Dans la journée même, nous avons alors senti un regain d’intérêt envers nos petites personnes. Bien sûr côté français on nous a très vite répondu, mais plus étonnant, vers 19 heures Gu m’appelle sur mon portable pour me dire qu’il s’occupe de tout, puis à 20 heures c’est mon supervisor qui m’appelle.

Au final je ne suis pas plus avancée sur ce qu’on me demande pour cette année, mais j’ai pour objectif d’envoyer un nouvel email à mon supervisor lui précisant mon parcours jusqu’ici (histoire qu’il cadre le personnage) et les cours que je souhaiterais suivre, afin qu’il puisse m’aider à choisir en vue de mon inscription aux-dits cours le dimanche suivant.

On avance, on avance !

S’en ai suivi une période d’intense errance sur le net, à la recherche de cours qui à la fois m’intéresseraient et seraient effectivement programmés.

Repartant des listings imbuvables de cours du département, j’arrive tant bien que mal à obtenir la traduction de l’intitulé des cours grâce aux liens proposés menant vers…


http://www.gschool.sjtu.edu.cn/new/student/tplan/frame1.asp?sub=[code-cours]

… le descriptif du cours, qui la plupart du temps offre cette traduction.
Par contre pour l’abstract en anglais, il faudra repasser…

Pour les autres, il faudra se contenter d’un bon dictionnaire en ligne.

Tous les cours en fait sont référencés par un code, et il suffit d’aller à l’URL indiqué à gauche pour obtenir le descriptif du cours.

Ensuite la question est : mais ces cours sont-ils vraiment ouverts ?

Grâce à l’expérience de Maxime qui était passé par les mêmes étapes l’an dernier, je savais que lire le nom d’un cours marqué pour le semestre d’automne ne signifie pas pour autant que celui-ci est effectivement programmé.

Du coup, il faut aller sur un autre lien, remplir un formulaire avec le département, le niveau de l’étudiant et le campus, et on obtient cette fois les cours effectivement programmés, à quelles semaines, où et quand, et même le nom du prof !

On apprend alors beaucoup.
Que chaque département à un code identifiant à 3 chiffres, que certains départements ne proposent pas de cours ou que le vôtre en propose en tout et pour tout 5 sur un semestre. On découvre aussi des cours dont il n’était pas question sur la liste des cours proposés auparavant mais qui semblent pourtant proches du domaine.
Alors on se pose des questions, on doit rechercher des traductions, et il faut arriver à faire un emploi du temps qui se tient avec tout ça… bref on y passe un temps fou, sans pour autant être sûr que ce qu’on fait sert bien à quelque chose…

D’ailleurs justement, quand j’en ai eu fini de démêler les fils anglo-chinois et de rapporter le tout, calmement, à mon supervisor, je n’ai eu pour toute réponse qu’un autre appel de sa part sur mon portable dans la soirée du vendredi : il ne sera pas disponible avant 10 jours, il faut que j’aille m’inscrire aux cours dimanche 11 septembre, et j’en parlerai avec un autre prof si j’ai des questions, ah et puis, oui, il a bien reçu mon mail mais de toute façon pas la peine d’espérer le moindre cours en anglais.

…2ème moment de solitude…

Arrive dimanche 11 septembre.
AAAH, je vais enfin pouvoir m’inscrire dans des cours. Bon je sais pas encore combien, je sais pas encore lesquels parce que je doute fortement de l’authenticité des informations en ligne, mais finalement avec Marieke, nous nous motivons à bloc pour affronter ce dont nous avions eu un avant-goût l’an dernier, CA :

Tout ça pour au final retrouver professeur GU (encore lui…) qui nous dit que, vu que nous ne sommes pas là pour obtenir le diplôme, nos noms ne figurent nulle part, donc ça ne sert à rien de vouloir s’enregistrer, il n’y a rien à enregistrer.
“Demain, demain il faudra aller au bureau de votre département, au bâtiment 9″. Pour ceux qui suivent, c’est juste à côté de notre résidence étudiant au numéro 8… nous qui avions toujours cru que le bâtiment décrépi à côté était un autre dortoir, nous découvrons médusées qu’il s’agit de notre département.

…3ème moment de solitude…

Puis moment d’énervement… un peu quand même. Marre des dimanche matins à se lever à pas d’heure pour rien, marre de se faire trimballer du bureau A au bureau B avec des sourires qui ne vous avancent à rien, marre de devoir à chaque fois expliquer qui nous sommes, d’où on vient et pourquoi on n’est pas comme les autres. NOUS, ON VEUT DES COURS.
C’est quand même simple.

Mais bon, on avance, on avance.
On ne sait pas trop où, mais on avance.

Nous voilà donc ce matin. La nuit nous a remotivées.
Nous voici prêtes à affronter le verdict du bureau 101, bâtiment 9.
Entre temps, alors que nous étions au comble du désespoir en constatant la fermeture définitive de notre chère 'DVD place' (remplacée par un autre coiffeur au titre de la lutte contre le piratage, pfff) nous avons réussi à nous en procurer grâce à Danjie et ses bonnes adresses sur Xujiahui, et le typhon Khanun est passé (nous avons d’ailleurs évité la saucée de justesse) et nous y avons survécu, plus d’eau et de vent que de mal.

Alors comment ne pas reprendre espoir avec tout ça ?

Ce matin, la dernière épreuve consistait à franchir la rivière nouvellement formée pendant la nuit et à nous rendre gaiement vers le bâtiment 9.

Le bâtiment est un peu glauque, mais pas de doute, la traditionnelle plaque dorée l’indique, ici se tient le bureau le plus isolé du monde, celui du département de Sécurité de l’Information de Jiaoda.

Après l’attente et le blabla de présentation que nous connaissons maintenant par coeur, enfin notre sauveuse apparut sous les traits de Mme PENG, qui nous a remis à Marieke et moi, les fameux biaoke, comportant :

- la liste des cours du département

- et leurs programmations

Bon en fait, ça c’est celui du département d’électronique, parce qu’il nous a fallu faire la même démarche pour chacun des départements qui proposent des cours que nous souhaitons suivre.
Bref, une journée à se balader dans tout le campus, qu'il est grand le campus et que personne ne sait comment il est foutu…
Mais en fin de compte, nous y sommes arrivées, ce soir chacune de nous a pu faire son propre emploi du temps avec des informations un peu plus fiables que celle du net, même si pas tellement plus précises quant aux contenu des cours.

Maintenant, il ne nous restera plus qu’à expliquer à tous nos professeurs pourquoi nous venons à leur cours et comment ils doivent faire remonter nos notes à l’administration. Encore quelques moments de solitude en perspective, mais on tient le bon bout, enfin ! Merci d’ailleurs à Sébastien, notre grand pionnier, qui nous a rassurées : Ca se passe comme ça, à JiaoDa !

Comme quoi, c’est la rentrée… mais il y a de l’espoir ;)

Premier cours mercredi ??? (promis si je vous en parle l’article sera moins long :| )

9 septembre 2005

Campus, Bâtiment 8. Nooon, pas le 1er étage !

Ca y est, j’ai franchi le pas.
Déjà avant de rentrer en France nous avions pris la décision de quitter notre merveilleux appartement en dehors du campus pour réintégrer celui-ci à la rentrée. Et bien c’est chose faite, enfin presque…

La décision n’a pas forcément été facile à prendre. C’est qu’ils risquent de me manquer tous : eau potable courante, radio dans la cabine de douche, et dolby surrond, sans compter sur cet espace de liberté sans avoir d’autres comptes à rendre qu’une enveloppe de billets tous les 3 mois à son propriétaire. Oui mais voilà, cette liberté avait un prix que je ne peux plus assumer… snif ;(

Heureusement pour moi, j’ai pu me rappeler au bon souvenir de l’administration de l’université pour leur faire part de mon souhait de retrouver une chambre sur le campus au titre de la bourse dont je jouis.
J’ai sûrement eu le nez creux en envoyant ma requête par email courant août dans un chinois quasi-parfait (hum… hum…), car quand nous sommes arrivées à l’administration de l’université la semaine dernière (moi un peu stressée car n’ayant pas eu de réponse au superbe email…) on nous a dit qu’il n’y avait pas de problème, que nous allions bien avoir chacune une chambre (ouf !) dans le bâtiment 8 des étrangers (quoi ?!). Et oui, le bâtiment 10 réservés aux étudiants étrangers de niveau master qui nous était déjà refusé l’an dernier (étudiantes en chinois intensif, nous n’étions pas encore considérées comme des masters) ne dispose pas de chambres disponibles pour le moment (argh, peut-être aurais-je dû envoyer le superbe email courant juillet ?).

“Mais il s’agit d’une solution temporaire.” nous dit-on, “on vous avertira dès qu’une chambre sera disponible dans le bâtiment 10″. En attendant, nous aurons chacune une chambre dans le bâtiment 8, qui n’offre pourtant que des chambres doubles à notre connaissance. “Elles sont très spacieuses, vous verrez !”, bah oui on s’en doute… “Si, si, vous serez au premier étage” (= rez-de-chaussée en Chine, la numérotation commence à 1 au RDC), et là… c’est le drame…

AAAAAAAAAAARGH, non, PAS LE 1ER ETAGE !

Ceci est un conseil à toute personne aménageant en Chine : n ‘acceptez jamais d’appartement situé au 1er étage sans le visiter au préalable.
Vous allez comprendre pourquoi…

Depuis mardi dernier donc, je commence à déménager mes quelques affaires vers mon nouveau lieu de résidence.
Certes, outre le loyer que je ne sentirai plus passer tous les mois, vivre sur le campus, notamment en tant qu’étranger, présente quelques menus avantages.

Déjà relativement confortables pour 2 personnes, les chambres doubles sont plus que supportables à se partager pour soi tout seul !

C’en est presque à se sentir gêné vis-à-vis des étudiants chinois qui ne peuvent espérer obtenir une chambre individuelle qu’une fois en doctorat (4 par chambre en bachelor, 2 en master, 1 en doctorat).

Du coup, je me retrouve avec un double-lit (association ingénieuse de 2 lits dissociés de base) ce qui va me permettre de rentabiliser toute la surface des couettes que j’ai achetées l’an dernier, youhou :)

De même le bureau voit double !

Je vais donc pouvoir aménager un espace dédié à ma babasse flambant neuf tout en laissant un petit coin où je pourrai à l’occasion travailler un peu ;)

Idem pour les placards.
Ca tombe bien, depuis l’an dernier j’ai accumulé 2, 3 babioles…

Je pourrai profiter de la salle de bain privée autant de temps que je le voudrai, surtout que je ne paie pas l’eau ;)

Bon bien sûr il n’y a toujours qu’une TV , qu’un téléphone et qu’un frigo, mais même là je suis bien servie car j’ai mon mini-frigo Haier tout neuf !
D’autant plus qu’ils l’ont choisi économique en énergie consommée, ce qui est bien, d’abord pour la Planète, et pour mon porte-feuille car je paierai l’électricité au-delà d’une certaine consommation.

Ajoutons à cela le service de laverie juste sur mon palier, le petit jardin à l’entrée, le parking à vélos réservé au bâtiment, la navette gratuite du campus qui s’arrête juste à la porte, et la boîte aux lettres vivante qui vous appelle si vous avez du courrier, que des points positifs, n’est-ce pas ?

Logo Haier

Et bien non, justement, je n’oublie pas pourquoi j’avais fait le chemin en sens inverse en novembre dernier…

Logo Haier détourné ;) points négatifs

Tout d’abord, la permission de minuit…

Pour peu qu’on revienne du centre ville (mini 1 heure de trajet) d’une soirée sympa, on s’oppose au risque de trouver porte close après minuit. Pour réintégrer sa chambre, pas d’autre moyen que de sonner, ce qui réveillera la Ayi (nom donné aux femmes de services) de garde. Une fois passera, 2 fois passera, 3 fois… bonjour les dégâts !

Deuxièmement, la sécurité à la limite de la paranoïa…

Pas le droit d’héberger qui que ce soit, et tout visiteur devra montrer patte blanche à l’entrée.
Je me souviens encore des premiers congés que nous avions pris en octobre dernier : il nous avait fallu donner nos numéros de portable, notre destination et notre date de retour, à l’accueil du bâtiment, au moment même où nous en sortions affublées de nos sacs de voyage.

De même, les Ayi ne se gênaient pas pour aller voir où en était l’avancée de notre déménagement l’an dernier. “Ah au fait, vous regarderez, vous avez laissé quelque chose dans le tiroir en bas”, bah vous gênez pas pour fouiller dans mes affaires en plus !

Récemment, ils sont mêmes passés au cran supérieur en installant 2 caméras à chaque étage !

Il faut dire que jusque là, ça restait possible de déjouer la vigilance de nos gardiennes à l’aide de sourires mêmes pas forcés, d’opportunisme quand l’ayi est absorbée par une quelconque activité, ou de solides bras et jambes pour escalader la façade ;)

Enfin là pour le coup, avec les caméras, ça devient tendu…

Autant de points négatifs qui viennent largement contrebalancer les positifs. Au moins, à être dans le bâtiment 8, on gagne une heure de couvre-feu sur le 10 ce qui est déjà énorme :) Et oui, dans le 10, ce qui nous attend c’est le bâtiment pour filles, qui, à ce titre, ferme à 23h…

N’empêche, même si je dois ruser avec les ayi pour rentrer un peu plus tard, si je dois perdre mon lit kingsize et mon bureau présidentiel, je crois bien que dès qu’on me proposera le bâtiment 10, j’irai sans plus attendre ! Pourquoi ? Parce que tant que je serai au 1er étage du bâtiment 8, je vivrai tous les jours avec ça :

Il se trouve que dans quasiment tous les immeubles, le 1er étage (et parfois quelqu’uns au-dessus aussi) n’a que des fenêtres à barreaux comme celle-ci ! Géniale la vue au réveil :\

Je vous assure pourtant je n’ai rien fait de mal :(
Mais là je vous avoue que ces barreaux en plus du reste, il ne me manque plus que le pyjama rayé et je me crois définitivement en prison !

Je n’ai plus qu’à échaffauder des plans machiavéliques pour me défaire de cette surveillance un peu extrême. Le 1er c’était l’idéal pour pouvoir rentrer tard sans réveiller personne, mais avec les barreaux c’est fichu.
J’ai bien pensé à escalader jusqu’au 2e et redescendre en catimini, mais ça fait 4 caméras à maîtriser.
J’ai songé aussi à scier légèrement 1 ou 2 barreaux que je n’aurai plus qu’à escamoter pour entrer et sortir à ma guise.
A moins que la meilleure solution ne soit qu’on m’envoie des douceurs de France, chocolat Côte d’Or par exemple ;), afin que je puisse soudoyer les ayi contre un oubli malencontreux de fermeture de la porte de service.

Enfin, vous comprenez mon problème maintenant, et aussi le conseil que je vous donnais plus haut ;)
Sans compter que je ne pourrai probablement pas avoir l’ADSL dans ma chambre avant fin septembre !Privée comme je le serai de toute liberté physique et internetique, il est bien normal que je prenne mon temps pour déménager et que je profite de mes derniers instants dans notre appartement.

Bientôt je n’aurai plus pour me consoler que mon lit kingsize,… et le chocolat et les oranges que vous m’aurez envoyés ;)

5 septembre 2005

Chine et UE ont signé un accord sur les importations de textiles

Le commissaire européen, Peter Mandelson, et son homologue chinois, le ministre du commerce Bo Xilai, ont officiellement signé, lundi 5 septembre à Pékin, l’accord qui doit mettre fin au blocage dans les ports européens des textiles chinois, depuis qu’ils ont dépassé les quotas d’importation. Si la Commission européenne a déjà qualifié cet accord d’”équitable”, il lui reste à obtenir l’approbation des pays membres de l’Union européenne.

De source diplomatique, l’accord prévoit que la moitié des quelque 80 millions de pièces sans licence entrera sur le territoire européen et que l’autre moitié sera décomptée des quotas accordés à la Chine pour 2006, par l’accord signé à Shanghaï en juin. Autre point de l’accord : décompter des quotas 2006 une partie des quantités commandées, avec licences, par les distributeurs européens, en excès des quotas 2005. Enfin, il est prévu de transférer une partie des produits en excédents sur le quota d’une catégorie pour laquelle le plafond de 2005 n’a pas été atteint. Ce nouvel accord se fera dans le cadre de celui du 10 juin qui limitait la hausse des exportations de dix catégories de produits textiles à une fourchette entre 8 % et 12,5 %.

“SE PRÉPARER À UNE LIBÉRALISATION TOTALE”

Le déblocage des millions de vêtements chinois dans les ports européens ne règle cependant que provisoirement la “dynamique chaotique” dans ce domaine, juge Emmanuelle Butaud, directrice des affaires internationales à l’Union des industries textiles, qui souligne que “le scénario de la libéralisation du marché textile, prévu depuis dix ans, a été perturbé par l’accession de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC)” en décembre 2001. [...]

“PARTENARIAT PLUS PROFOND”

Après l’échec d’une nouvelle série de pourparlers jeudi dernier à Pékin, Washington a imposé des quotas sur les importations de deux nouvelles catégories de textiles en provenance de Chine.”Le textile est un problème mondial. Compte tenu des différences d’approches bilatérales entre l’Europe et les Etats-Unis vis-à-vis de la Chine, il faut l’aborder de manière multilatérale au sein de l’OMC“, estime Mme Butaud. [...]

Le Monde.fr - 05/09/05 - 19h35

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Aux abords du marché aux tissus de Dongjiadu Lu à Shanghai...