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Campus, Bâtiment 8. Nooon, pas le 1er étage !

9 septembre 2005

Ca y est, j’ai franchi le pas.
Déjà avant de rentrer en France nous avions pris la décision de quitter notre merveilleux appartement en dehors du campus pour réintégrer celui-ci à la rentrée. Et bien c’est chose faite, enfin presque…

La décision n’a pas forcément été facile à prendre. C’est qu’ils risquent de me manquer tous : eau potable courante, radio dans la cabine de douche, et dolby surrond, sans compter sur cet espace de liberté sans avoir d’autres comptes à rendre qu’une enveloppe de billets tous les 3 mois à son propriétaire. Oui mais voilà, cette liberté avait un prix que je ne peux plus assumer… snif ;(

Heureusement pour moi, j’ai pu me rappeler au bon souvenir de l’administration de l’université pour leur faire part de mon souhait de retrouver une chambre sur le campus au titre de la bourse dont je jouis.
J’ai sûrement eu le nez creux en envoyant ma requête par email courant août dans un chinois quasi-parfait (hum… hum…), car quand nous sommes arrivées à l’administration de l’université la semaine dernière (moi un peu stressée car n’ayant pas eu de réponse au superbe email…) on nous a dit qu’il n’y avait pas de problème, que nous allions bien avoir chacune une chambre (ouf !) dans le bâtiment 8 des étrangers (quoi ?!). Et oui, le bâtiment 10 réservés aux étudiants étrangers de niveau master qui nous était déjà refusé l’an dernier (étudiantes en chinois intensif, nous n’étions pas encore considérées comme des masters) ne dispose pas de chambres disponibles pour le moment (argh, peut-être aurais-je dû envoyer le superbe email courant juillet ?).

“Mais il s’agit d’une solution temporaire.” nous dit-on, “on vous avertira dès qu’une chambre sera disponible dans le bâtiment 10″. En attendant, nous aurons chacune une chambre dans le bâtiment 8, qui n’offre pourtant que des chambres doubles à notre connaissance. “Elles sont très spacieuses, vous verrez !”, bah oui on s’en doute… “Si, si, vous serez au premier étage” (= rez-de-chaussée en Chine, la numérotation commence à 1 au RDC), et là… c’est le drame…

AAAAAAAAAAARGH, non, PAS LE 1ER ETAGE !

Ceci est un conseil à toute personne aménageant en Chine : n ‘acceptez jamais d’appartement situé au 1er étage sans le visiter au préalable.
Vous allez comprendre pourquoi…

Depuis mardi dernier donc, je commence à déménager mes quelques affaires vers mon nouveau lieu de résidence.
Certes, outre le loyer que je ne sentirai plus passer tous les mois, vivre sur le campus, notamment en tant qu’étranger, présente quelques menus avantages.

Déjà relativement confortables pour 2 personnes, les chambres doubles sont plus que supportables à se partager pour soi tout seul !

C’en est presque à se sentir gêné vis-à-vis des étudiants chinois qui ne peuvent espérer obtenir une chambre individuelle qu’une fois en doctorat (4 par chambre en bachelor, 2 en master, 1 en doctorat).

Du coup, je me retrouve avec un double-lit (association ingénieuse de 2 lits dissociés de base) ce qui va me permettre de rentabiliser toute la surface des couettes que j’ai achetées l’an dernier, youhou :)

De même le bureau voit double !

Je vais donc pouvoir aménager un espace dédié à ma babasse flambant neuf tout en laissant un petit coin où je pourrai à l’occasion travailler un peu ;)

Idem pour les placards.
Ca tombe bien, depuis l’an dernier j’ai accumulé 2, 3 babioles…

Je pourrai profiter de la salle de bain privée autant de temps que je le voudrai, surtout que je ne paie pas l’eau ;)

Bon bien sûr il n’y a toujours qu’une TV , qu’un téléphone et qu’un frigo, mais même là je suis bien servie car j’ai mon mini-frigo Haier tout neuf !
D’autant plus qu’ils l’ont choisi économique en énergie consommée, ce qui est bien, d’abord pour la Planète, et pour mon porte-feuille car je paierai l’électricité au-delà d’une certaine consommation.

Ajoutons à cela le service de laverie juste sur mon palier, le petit jardin à l’entrée, le parking à vélos réservé au bâtiment, la navette gratuite du campus qui s’arrête juste à la porte, et la boîte aux lettres vivante qui vous appelle si vous avez du courrier, que des points positifs, n’est-ce pas ?

Logo Haier

Et bien non, justement, je n’oublie pas pourquoi j’avais fait le chemin en sens inverse en novembre dernier…

Logo Haier détourné ;) points négatifs

Tout d’abord, la permission de minuit…

Pour peu qu’on revienne du centre ville (mini 1 heure de trajet) d’une soirée sympa, on s’oppose au risque de trouver porte close après minuit. Pour réintégrer sa chambre, pas d’autre moyen que de sonner, ce qui réveillera la Ayi (nom donné aux femmes de services) de garde. Une fois passera, 2 fois passera, 3 fois… bonjour les dégâts !

Deuxièmement, la sécurité à la limite de la paranoïa…

Pas le droit d’héberger qui que ce soit, et tout visiteur devra montrer patte blanche à l’entrée.
Je me souviens encore des premiers congés que nous avions pris en octobre dernier : il nous avait fallu donner nos numéros de portable, notre destination et notre date de retour, à l’accueil du bâtiment, au moment même où nous en sortions affublées de nos sacs de voyage.

De même, les Ayi ne se gênaient pas pour aller voir où en était l’avancée de notre déménagement l’an dernier. “Ah au fait, vous regarderez, vous avez laissé quelque chose dans le tiroir en bas”, bah vous gênez pas pour fouiller dans mes affaires en plus !

Récemment, ils sont mêmes passés au cran supérieur en installant 2 caméras à chaque étage !

Il faut dire que jusque là, ça restait possible de déjouer la vigilance de nos gardiennes à l’aide de sourires mêmes pas forcés, d’opportunisme quand l’ayi est absorbée par une quelconque activité, ou de solides bras et jambes pour escalader la façade ;)

Enfin là pour le coup, avec les caméras, ça devient tendu…

Autant de points négatifs qui viennent largement contrebalancer les positifs. Au moins, à être dans le bâtiment 8, on gagne une heure de couvre-feu sur le 10 ce qui est déjà énorme :) Et oui, dans le 10, ce qui nous attend c’est le bâtiment pour filles, qui, à ce titre, ferme à 23h…

N’empêche, même si je dois ruser avec les ayi pour rentrer un peu plus tard, si je dois perdre mon lit kingsize et mon bureau présidentiel, je crois bien que dès qu’on me proposera le bâtiment 10, j’irai sans plus attendre ! Pourquoi ? Parce que tant que je serai au 1er étage du bâtiment 8, je vivrai tous les jours avec ça :

Il se trouve que dans quasiment tous les immeubles, le 1er étage (et parfois quelqu’uns au-dessus aussi) n’a que des fenêtres à barreaux comme celle-ci ! Géniale la vue au réveil :\

Je vous assure pourtant je n’ai rien fait de mal :(
Mais là je vous avoue que ces barreaux en plus du reste, il ne me manque plus que le pyjama rayé et je me crois définitivement en prison !

Je n’ai plus qu’à échaffauder des plans machiavéliques pour me défaire de cette surveillance un peu extrême. Le 1er c’était l’idéal pour pouvoir rentrer tard sans réveiller personne, mais avec les barreaux c’est fichu.
J’ai bien pensé à escalader jusqu’au 2e et redescendre en catimini, mais ça fait 4 caméras à maîtriser.
J’ai songé aussi à scier légèrement 1 ou 2 barreaux que je n’aurai plus qu’à escamoter pour entrer et sortir à ma guise.
A moins que la meilleure solution ne soit qu’on m’envoie des douceurs de France, chocolat Côte d’Or par exemple ;), afin que je puisse soudoyer les ayi contre un oubli malencontreux de fermeture de la porte de service.

Enfin, vous comprenez mon problème maintenant, et aussi le conseil que je vous donnais plus haut ;)
Sans compter que je ne pourrai probablement pas avoir l’ADSL dans ma chambre avant fin septembre !Privée comme je le serai de toute liberté physique et internetique, il est bien normal que je prenne mon temps pour déménager et que je profite de mes derniers instants dans notre appartement.

Bientôt je n’aurai plus pour me consoler que mon lit kingsize,… et le chocolat et les oranges que vous m’aurez envoyés ;)

Repas de fin d’année

27 mai 2005

Hier midi, notre prof Bai a invité toute notre classe de chinois (6 élèves) au restaurant. Une façon bien sympathique de passer un cours de chinois :]

Il nous l’avait annoncé avant le HSK, et il a parfaitement tenu sa parole !
Pour nous récompenser de tous nos efforts dépenser à apprendre le chinois notamment ces derniers mois, l’un de nos professeurs de chinois, prof Bai, a invité toute notre classe au restaurant ! N’étant pas du quartier, et nos autres camarades mangeant rarement à l’extérieur du campus, il s’en est remis à Marieke et moi pour le choix du restaurant.
Il voulait un endroit propre où l’on mange de la bonne cuisine ? Nul besoin d’hésiter plus longtemps, nous lui avons proposé le meilleur resto du coin (visiblement les boui-boui n’allaient pas convenir :] ), le restaurant “Rouge et Noir” comme nous l’appelons entre nous, et ça l’a fait :)

Bien sûr notre tablée était un peu particulière, chinois, boliviens, nords-coréens et françaises, autant vous dire que nos voisins nous dévisageaient, mais on finit par avoir l’habitude.

Mais nous avons fait un vrai repas à la chinoise, une tablée de 7 personnes, avec ce qu’il faut de plats au milieu où chacun peu se servir comme il veut, plusieurs bouteilles de Tsingtao demandées par prof Bai qui nous a appris toutes les façons de trinquer, sans oublier le thé nouveau, pour éviter que les esprits ne s’échauffe de trop…

Ce déjeuner était vraiment sympathique. Un vrai repas de fin d’année plein de bonne humeur et dans une ambiance détendue où l’on peut apprécier les beaux jours annonceurs de proches vacances. Nos appareils photos seront mis à rude épreuve, le repas sera mitraillé de long en large, pas question d’oublier ces supers moments. Avec Marieke on se met même à faire les kékos en  prenant la pose à la chinoise, en brandissant nos doigts en V… ambiance débridée !
L’occasion aussi de découvrir de nouveaux plats chinois et à défaut de retenir leur nom à tous, de les prendre en photo pour les prochaines fois ;] Nous avons même fait découvrir à notre prof notre plat préféré, des champignons sautés qu’il a trouvés absolument fameux.

Sur le coup on n’y pense pas, mais en y réfléchissant après, on se rend compte qu’on est en train de plaisanter et de faire des blagues à 2 balles en chinois. Et on réalise pourquoi notre professeur se dit si fier de sa classe. Nous n’avons pas encore eu nos résultats de HSK, mais pour lui peu importe, d’après lui ce que nous avons accompli est déjà impressionnant.

Le temps d’immortaliser le moment avec l’inévitable photo de groupe, notre prof court s’acheter un paquet de cigarettes, faut qu’il en profite, parce que sa femme ne le laisse pas fumer :), et nous aurons beau lui dire que nous sommes repus, il tient à poursuivre dans une maison de thé. Petit grignotage accompagnant le thé Longjin cueilli du mois dernier. Avec nos camarades de classe nous profitons de l’inattention de prof Bai pour organiser un pique-nique la semaine prochaine pour le remercier, lui ainsi que notre autre professeur de chinois.

Mais déjà le revoilà, et arrive le moment de se séparer, il trouvera quand même le temps de nous rappeler que l’année n’est pas finie, des petits exams nous attendent encore pour dans quelques semaines, alors c’est pas le moment de faire les fainéants… Ah prof Bai, on ne le changera pas :]

ENCORE MERCI PROF BAI !

Le HSK et moi (4) We did it !

16 mai 2005

Le jour s’est levé
Sur une étrange idée
Je crois que j’ai rêvé
Qu’le HSK était passé…

Mais non, bon sang, ce n’était pas un rêve !
C’est bien réel, le HSK, c’était hier !
 

Levées à 6h encore une fois un dimanche matin, pour nous rendre sur le campus de Xujiahui qui servait de centre d’examen.
Passeport et feuille de candidat pour s’identifier, 2 crayons à papiers pour la tranquillité, une gomme parce qu’on n’est pas parfait, la bouteille d’eau pour éviter de se déshydrater.
A 7h45 nous étions rendues, en attendant de pouvoir rentrer dans les salles à 8h30, début des hostilités prévu pour 9h.

Sur place nous retrouvons nos camarades de classe et notre prof Sheng, on fait mine de se détendre, de se rassurer, sourires un peu nerveux avec ce fichu mal au bide qui ne vous quitte pas depuis ce matin, et de petits yeux vu que vous n’avez pas dormi de la nuit :)

Voilà, nous rentrons dans les labos de langue qui seront nos salles d’examen, épreuve de compréhension orale oblige. Nous constatons que toute notre classe est regroupée dans la même salle, excepté nos camarades Nord-Coréens. Au début nous pensions qu’une distinction était faite entre Asiatiques et non-Asiatiques, mais ma voisine d’examen était bien Japonaise. Alors peut-être pour une question de formalité, nos camarades Nord-Coréens apparemment n’avaient pas de véritable passeport, ou bien…

11h45. Epreuve terminée !
Avec Marieke nous avons trouvé l’épreuve plutôt difficile et aurions aimé mieux faire. Mais de toute façon, maintenant c’est passé. Le temps de digérer la chose, nous nous laissons vite gagner par une sensation bien agréable après tout : Liberté : ]

Voilà…. c’est fini…
On a tant ressassé les mêmes règles de grammaire
On a tellement tiré chacun sur sa volonté
Que voilà… c’est fini.

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Le HSK et moi (3) même le dimanche matin…

8 mai 2005

Aujourd’hui nous sommes le 8 mai 2005, le dimanche 8 mai 2005…

Alors qu’en France on célèbre le 60ème anniversaire de la fin de la Seconde Guerre Mondiale, beaucoup là-bas doivent se plaindre des aléas du calendrier de cette année, 1er mai un dimanche, donc logiquement 8 mai aussi un dimanche, la loi des séries ou la loi de Murphy ont encore frappé :)
Cette année les petits français ne sont pas gâtés par les jours de congés…

Plaignez-vous… En ce 8 mai 2005 qui à double raison devrait être un jour férié, moi ce matin j’ai repris le chemin des cours ! Et oui, on rattrape les congés de la Golden Week passée (1er au 7 mai), ici le 8 mai c’est un jour comme les autres, donc on a cours comme un jour normal de la semaine, à 8h00…
Alors j’étais super contente de retrouver le tableau prof Sheng, la prof que plus elle a de place sur son tableau, plus elle le barbouille dans tous les sens en nous tournant le dos, rien que pour nous perdre… j’en suis sûre :]

(et encore là elle s’est retenue, et elle a pas utilisé la craie violette)

Non, en fait prof Sheng, elle est bien gentille. Tout ce qu’elle veut au fond c’est nous faire comprendre tout ce qu’on a encore à (re-)voir, avant le HSK… J -7… je pleure…

Le HSK et moi (2) Branle-bas de combat !

30 avril 2005

Hier je vous expliquais ce que c’était qu’un HSK. Aujourd’hui, à 15 jours de l’échéance fatidique, branle-bas de combat ! On s’organise pour ne pas relâcher ses efforts et être fin prêt pour le jour J…

Voici que les deniers jours d’avril sont arrivés. Ah la fin avril, synonyme d’examens de mi-semestre pour la plupart des étudiants en Chine, d’arrivée des premières chaleurs étouffantes, de remplissage des rayons des supermarchés de multitudes de ventilateurs, mais surtout synonyme de vacances nationales du 1er au 7 mai à l’occasion de la Fête du Travail ! Sauf que tout le monde ne va pas en profiter de la même façon de ses congés…

D’abord ça n’est même pas une vraie semaine… Nous l’avions déjà enduré à l’occasion des congés de la fête nationale (1er octobre) : quand les Chinois vous donnent 7 jours de congés, ils vous en reprennent au moins 2. Ca n’a pas loupé, ainsi nous avons eu cours aujourd’hui samedi après-midi et dimanche 8 mai prochain à 8h tapante nous devrons également répondre présent…
Ensuite, au lieu de penser farniente au soleil à l’ombre des saules sur les bords du lac, il nous faudra bûcher nos caractères et affiner notre oreille à chinois en vue de l’échéance du 15 mai prochain.

C’est la dernière ligne droite, celle qu’on ne peut pas attaquer sans un minimum de rigueur et de préparation, passage en revue de l’équipement :

1) Artillerie légère et diversifiée : les livres de cours que nous avons accumulés depuis septembre dernier, indispensable pour revoir et apprendre du vocabulaire et des expressions qu’on ne peut vraiment pas inventer mais qu’on peut essayer de comprendre.

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