Etudiante à Shanghai - Page 5 sur 14

Ma banque chinoise et moi

1 septembre 2005

A l’occasion de mon retour en France, beaucoup de personnes m’ont demandé comment je m’y prenais pour récupérer l’argent de mon compte français. Si jusqu’à présent je sortais banalement que j’arrivais à bien me débrouiller avec ma carte bancaire (merci ma VISA) au prix de commissions parfois grinçantes, je vais peut-être bientôt pouvoir me targuer de réussir à faire des virements de la France vers la Chine !
Mais avant que je vous explique ça, reprenons par le début…

Tout a commencé l’année dernière.

Au moment de mes démarches de renseignement sur le programme d’étude, j’avais été avisée que la bourse que j’allais recevoir tous les mois allait entre autres s’accompagner de l’ouverture d’un compte bancaire chinois par les soins de l’université. En septembre dernier, j’arrivai donc tranquille de ce côté, n’ayant eu aucune démarche particulière à entamer.

Naturellement, les éléments concernant l’ouverture de mon compte ne m’ont pas été donnés dès mon arrivée à l’université. Heureusement que j’avais pris les devants en arrivant avec quelques Traveler Cheques (que je déconseille car ils sont pris uniquement par la Bank of China d’après mon expérience) et un peu de liquide, et que l’université avait prévu de nous donner notre premier mois de bourse en liquide à notre inscription. Sans compter ma VISA qui, elle, est acceptée quasiment partout, au contraire de la MasterCard, refusée quasiment partout ! Malheureux détenteurs de MasterCard, pour vous point de salut ailleurs que dans les HSBC de Shanghai…
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Céline en Chine II, le retour de la revanche du supense

31 août 2005

31 août 2004, il y a un an jour pour jour je foulais pour la première fois le sol chinois. Depuis j’y ai usé quelques semelles, j’en suis partie le temps d’un été, et m’y voilà revenue pour encore un an ! Histoire de confirmer que je suis bien complètement atteinte, maso ou encore absolument inconsciente…

La Chine ce n’est pas la Lune, mon petit nom ce n’est pas Neil, mais Paris-Shanghai ce fut un pas de géant, juste pour moi d’accord, oui mais quand même :)

Certains préfèreront donc retenir la date du 21 juillet 1969, moi je retiendrai celle du 31 août 2004, au risque de paraître nombriliste ;)

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En transit… aérien

15 juillet 2005

Voilà, une semaine que je suis revenue au bercail, le temps des vacances.
J’ai théoriquement récupéré du décalage horaire : Ne dit-on pas qu’on récupère au rythme d’une heure par jour ? Sachant que la Chine compte 6 heures d’avance sur la France en été, 7 heures en hiver. Yep, il vaut mieux faire le voyage en été ;)

Et oui, jeudi 7 juillet dernier au soir en Chine, je retournai pour la 4ème fois à l’aéroport international de Shanghai-Pudong (PVG), mais c’était la première fois que j’y allais pour prendre l’avion, un avion qui allait me ramener en France !

Au moins je commençais à connaître l’aéroport, et peut-être aussi le fait d’à peine savoir ce qui se passait aux mêmes instants à Londres, tout ça m’a permis d’être finalement assez détendue, au point de me faire un nouvel ami Pakistanais au moment de passer la douane chinoise.

Car le passage de la douane chinoise, c’est long. D’abord on remplit un formulaire attestant qu’on ne fait pas sortir d’objet de valeur particulière nécessitant déclaration, mais bien sûr aussi, qu’on ne ramène rien dans ses photos, films, documents, qui soit classé “sensible” par l’Etat Chinois, naturellement…
Ensuite il aura fallu remplir une carte d’embarquement, sans laquelle si vous vous présentez comme moi une première fois au contrôle, on vous renverra poliement en remplir une, en vous indiquant cette fois où les trouver… avec en prime le droit de refaire la queue, avec maintenant, devant vous, les passagers les plus scrupuleusement contrôlés : les Chinois eux-mêmes…

La douane passée, je finis par abandonner mon nouvel ami qui au passage m’a prise en photo sur son téléphone. Alors si même les Pakistanais si mettent maintenant, pfff :]

Arrivée à la porte d’embarquement, bien sûr la plus éloignée, il ne me reste plus qu’à… attendre…

Heureusement il y a de grandes vitres à travers lesquelles on peut prendre en photo son avion, et surtout de super revues en chinois-tibétain-anglais, qu’il faut bien reposer dans le présentoir comme c’est indiqué sur l’étiquette.

Oui, j’ai bien vérifié, il s’agit bien de Tibétain. Je pense donc pouvoir me mettre au Tibétain, en m’y prenant  à la façon de Champollion et de sa Pierre de Rosette, maintenant que je suis (presque-)fluent en chinois comme en anglais ;]

Pendant le vol, j’ai eu pour voisin direct un Chinois-qui-parlait-pas-Français-ni-Anglais et à côté de lui un non-Français-qui-parlait-Anglais-et-Italien, tous les 2 d’une quarantaine d’années, pas facile facile de briser la glace pour taper la discute. Mais c’est sans compter l’intervention des plateaux repas et du choix délicat : porc ou poulet ?
Autant pour le non-Français-qui-parlait-Anglais-et-Italien il n’y a pas eu trop de problème, autant pour la compréhension entre le steward-Français-qui-parlait-pas-Chinois et le Chinois-qui-parlait-pas-Français-ni-Anglais c’était déjà plus tendu… heureusement super Cécé est arrivée-héhé, sans s’presser-héhé, pour s’improviser traductrice de menu…. -huhu ;)

Bon, en fait mon voisin voulait des nouilles, mais du coup j’ai eu quelqu’un à qui faire la causette, et j’ai appris que ce cher monsieur était en fait journaliste, qu’il s’apprêtait à faire une sorte de mini tour du monde avec toute une équipe de Chinois en allant prendre quelques photos dans 4 pays différents dont la France, Cuba et le Brésil (le 4ème j’ai pas compris…). Impressionnant quand on sait que les Chinois oridnaires ont beaucoup de mal à obtenir des visas pour sortir de leur pays, ne serait-ce que quelques jours en touriste…

Du coup je suis repartie avec sa carte de visite et une invitation à le contacter, des fois que je passerais dans le Nantong :]

Autre attraction possible quand on ne peut pas toujours déranger son voisin mais qu’on a la chance de se trouver à côté du hublot : on peut prendre de jolies photos !

Puis l’arrivée en France… Arrivée au vendredi 08 juillet, je n’a imême pas ressenti de renforcement des contrôles de sécurité, alors que j’allais apprendre dans les minutes suivantes que le plan vigipirate voyait rouge et ce qui s’était vraiment passé en Angleterre.

De retour chez moi, encore quelques vues aériennes mais d’un peu moins haut.
Je constate qu’une fête de village se prépare juste pour le soir de mon retour, non vraiment fallait pas ;]

Et je retrouve des toits que je n’avais plus coutume de voir :
Quelques heures auparavant, les toits de Shanghai…

Et maintenant ceux-là s’étendent devant moi…

C’est sûr je suis rentrée, c’est bien la France !

De Xujiahui à Minhang… en bus

5 juillet 2005

Le métro shanghaien est certes tout neuf, tout beau, bien signalisé tout ça tout ça, il n’en reste pas moins que le réseau est assez limité, et qu’il ferme relativement tôt… Heureusement, il y a le bus !

Quand on vit à Minhang, la question des moyens de transport est plus que cruciale. A Dongchuan Lu, nous avons la chance que, depuis un peu plus d’un an maintenant, le métro nous permette de rallier le centre ville en une heure environ. Enfin, ceci entre 7h et 20h30 sinon il faut avoir recours à d’autres moyens… Donc pour se rendre de Minhang vers le centre ville, on n’arrive à se débrouiller en général avec le métro, c’est pour le retour que ça se complique.
Bien sûr il y a le taxi, certes bon marché, mais compter au moins 100 yuans pour revenir au bercail, parfois avec quelques frayeurs au passage… Une fois de temps en temps, à 4 dans le taxi, ça passe, mais quand, comme ces derniers temps pour moi, on sort un peu plus en ville à des heures tardives et qu’on n’a pas plus de soussous que sa maigre bourse d’étudiant pour autant, on est bien content de trouver la Xumin xian 徐闵线 :]

La Xumin xian, c’est la ligne de bus qui relie Xujiahui à Minhang !
4 yuans entre Xujiahui et Dongchuan lu par exemple quand il s’agit d’un bus climatisé (signalé par le flocon de neige), 3 yuans sinon, même moins cher que le métro. Bon il faut dire que le trajet est moins confortable, mais cette ligne salvatrice a le bon goût de fonctionner toute la nuit, notamment lorsque le métro a fermé ses portes. La fréquence de ces bus est alors très importante, il y en a souvent plusieurs qui attendent au carrefour de Xujiahui en face du centre commercial à la grande boule de verre. Comme ça on peut même se débrouiller pour avoir une place assise, ce qui est loin d’être sûr dans le métro ;)

Si vous cherchez le bus, pas de panique. Il suffit de tendre l’oreille “Minhang, Minhang !” entendrez-vous incessament : c’est la poinçonneuse qui fait le raccollage client depuis son guichet, par la fenêtre entre-ouverte.

Une fois monté, pas la peine de se précipiter pour payer honnêtement son ticket. On s’installe, et quand le bus démarre, la poinçonneuse passe avec sa planchette à tickets de couleurs différentes suivant la distance et donc le prix. On peut naturellement payer avec la carte de transports urbain qui sera passée sur une machine énonçant le montant de votre trajet.

Durant tout le trajet la procédure sera la même, à chaque arrêt, ça monte, ça descend. Le chauffeur reste concentré sur sa conduite et la poinçonneuse se charge de faire payer à chacun son dû, elle est très forte car elle se rappelle précisément des passagers qui ont payé ou non, voire même elle se souvient de la station que vous lui avez indiquée à l’achat du ticket pour vous rappeler de descendre !

Remarquez, ça vaut mieux que le chauffeur se consacre uniquement à la conduite. Que dis-je de la conduite… du pilotage oui !

Grillage de feux rouges en série, course entre bus et doublage de taxis par la gauche, par la droite, et slalom entre les zones en travaux. Parfois on aimerait bien qu’il ralentisse parce qu’on craint pour les freins, mais bon jusque là je suis toujours arrivée à bon port en un seul morceau, donc amateurs de sensations fortes… à essayer !

Sur la trajet, justement on pourra observer les ouvriers à l’oeuvre sur les chantiers routiers. 23h, il fait moins chaud et on peut plus facilement gêner la circulation. Sous ces routes élevées, on pourra trouver aussi des hommes endormis, allongés en caleçon sur une paillasse…
Autre moment intéressant : la pause plein d’essence. Et oui, les passagers patientent un peu, il faut bien passer au stand pour ravitailler le bolide :]

Enfin, après une petite heure, quelques sursauts sur mon siège et quelques piquages de nez, me voilà arrivée à Dongchuan Lu, youhou !
Là j’ai le choix : ou bien je suis motivée (si si ça arrive !) et je marche mes 15 minutes à pied en chantonnant pour passer le temps, ou bien je suis naze et je prends le premier mini-cab (c’est quoi un mini-cab ? article à venir…) parmi tout ceux qui attendent justement à la station de bus, 5 yuans et un peu de conversation et me voilà de retour… pfff c’est pas trop tôt…

10 mois déjà…

3 juillet 2005

J’écris ce soir cet article, mais j’aurais dû le faire il y a 2 jours, parce que le 1er juillet dernier ça faisait exactement 10 mois que je débarquais à Shanghai !

En vacances depuis lundi, ces derniers jours j’ai accueilli Cécile et Sophie, 2 amies venues en touristes à Shanghai, j’ai passé des soirées entre amis eux aussi expatriés à Shanghai, et on se remet à penser et à raconter ce par quoi nous sommes passés depuis que nous sommes arrivés ici.
Et là on réalise, “Putain, ça fait 10 mois déjà !”. Désolée pour la familiarité, mais c’est comme ça que ça sort :] On n’a pas vu le temps passé, alors, parce qu’on n’a pas oublié, on se refait le film, mois après mois…

Ca sert à ça aussi le blog, à pouvoir se remémorer tout ce par quoi on est passé…

Septembre

Arrivée à Shanghai et installation, on découvre un nouveau pays, une nouvelle ville, un nouveau rythme de vie.

Fin septembre même, j’assiste pour la première fois à un GP de F1 (pour lequel j’avais prévu le tabouret), qui plus est, le tout premier de Shanghai !

Octobre

Avec le 1er octobre fête nationale chinoise, la première Golden Week. Impossible de partir à Pékin, du coup nous voilà sur Hangzhou pour notre première sortie en dehors de Shanghai !
Le 11, pour le lancement de l’année de la France en Chine, j’assiste au discours de M. Chirac à l’université de Tongji.
Fin octobre, nous quittons notre chambre universitaire pour un appart en coloc en face du campus, à nous la liberté !

Novembre

Juste après les exams de mi-semestre, voyage organisé par l'université à Suzhou et Wuxi.

Mon premier anniversaire sans le fêter avec ma famille, mais pas de prob quand les amis expats sont là !

Et fin novembre, tadaaa ! Un heureux événement : la naissance de Céline-en-Chine ;]

Décembre

On ne pense presque plus qu’à une chose : comment passer Noël ?

Noël dans les rues, dans les maisons, entre amis du monde entier, chez soi, et par courrier.

Janvier

Qu’est-ce qu’il a fait froid cet hiver ! L’hiver le plus rigoureux de ces 10 dernières années, à tel point que nous avons eu de la neige ! et plusieurs fois !

Mi-janvier, fin du premier semestre et des exams qui vont avec, et le début d’une longue période de 5 semaines de congés.

Fin janvier, parce que c’est plus possible de pratiquer le playground pour le basket, je me mets au taekwondo !

Février

Toujours les congés, j’en profite pour expérimenter le coiffeur chinois, oui il était temps…

Et ma cousine Sandrine qui débarque ! L’occasion de visiter et revisiter Shanghai, avant de mettre le cap sur Pékin pour 10 jours, le tout dans l’ambiance du Nouvel An Chinois et de la Fête des Lanternes

Puis une journée express à Suzhou, faut bien en profiter de ces congés d’hiver !

Mars

Il ne fait guère plus chaud, alors on fait se qu’on peut pour se réchauffer ;]

Et il a bien fallu se faire une raison et reprendre le chemin des cours. Grosse pression alors pour le HSK de la mi-mai !

Le mois de mars sera assez morne, si ce n’est une journée de la femme particulièrement marquée, et une rencontre mémorable avec Carlton mon pote à wam ;)

Avril

Le printemps de retour ! La Chine qui fleurit, on reprend le sport en extérieur, mais aussi en intérieur : ayé, je suis ceinture jaune !

Contexte politique un peu tendu avec les soulèvements anti-japonais, et puis M. Raffarin passera nous faire le bonjour…

Et pendant ce temps là, on continue de pougner pour le HSK

Mai

Un mois qui débutera avec la consécration d'un basketteur outre-atlantique comme travailleur modèle de l’année.

De pougnage en bûchage forcené, mi-mai : le HSK est passé !!

On continue les cours certes, mais c’est aussi le moment de prendre un peu de bon temps, comme une bonne glace bien méritée après un match de ping-pong acharné ;)

Juin

Toujours des cours de chinois, mais c’est bien cool, et on aborde des sujets de plus en plus intéressants.

C’est enfin l’occasion de s’évader dans et de Shanghai, déjà un week-end à Wuzhen et Xitang, mais aussi des pérégrinations dans la ville et à escalader les montagnes (que je raconterai très vite c’est promis :] )

Lundi dernier, j’apprends enfin le résultat tant attendu : j’obtiens un niveau 5 au HSK ! le 6 manqué de très peu mais je suis ravie :]
Je peux donc servir de guide à loisir pour mes amis dans Shanghai !

Juillet vient de commencer, et je profite à fond de ces jours qui me restent à passer à Shanghai avant le retour en France jeudi prochain pour l’été !

Ce n’est pas parce que je ne serai plus en Chine que je ne continuerai pas le blog, au contraire, je pourrai rattraper le retard comme ça :) Et repartir à jour pour la rentrée, back in Shanghai en septembre prochain avec un tout autre challenge : suivre mes cours de spécialité en Chinois… Mais chut ! pour le moment, je savoure mes vacances, ravie de ce que j’ai accompli jusqu’ici.

2004-2005, in Shanghai :