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Shanghai - Pékin, via le Z8

9 février 2005

1ère étape du voyage à Pékin, le train.

Et oui, il faut bien commencer par se rendre dans la fameuse capitale et avec les dimensions de la Chine, ce n’est pas une mince affaire :]

J’avais donc choisi de prendre le train pour nous rendre de Shanghai à Pékin. Légèrement meilleur marché que l’avion, notamment dans le sens Shanghai-Pékin, le chemin de fer constitue aussi en Chine une expérience à part entière.

Celle-ci avait déjà commencé lors de l’achat des billets.
Après les galères n°1, n°2 et n°3, nous avons donc réussi le 06 février dernier à acheter au guichet de Minhang nos 2 billets de retour en couchettes molles.

En fait, comme notre aller devait déjà se dérouler en couchettes molles, je voulais profiter du retour pour expérimenter les couchettes dures, dont on dit que le confort est identique à leurs cousines molles, l’intimité en moins (compartiments partagés à 6 et non à 4, et pas de porte), et qui sont sensiblement moins onéreuses.
Cependant on m’a fait comprendre qu’il était impossible pour moi d’obtenir à ce moment là de telles places. Je m’estimais déjà heureuse d’avoir 2 places retour dans le sens Pékin-Shanghai, quand on sait qu’en général on ne peut acheter des billets de train qu’en partance de la ville où on se trouve, je n’insistai donc pas…

Une petite remarque malgré tout, Pékin-Shanghai nous a couté 50 RMB de plus par billet que Shanghai-Pékin pour une même catégorie de confort et de train, question de date, de sens ? Je ne me l’explique pas encore…

Enfin bon, ça y est, nous sommes prêtes.

- 2 billets de train Shanghai-Pékin :   -> OK

- Adresse et confirmation de réservation de l’hôtel -> OK

- 2 billets de train Pékin-Shanghai :   -> OK

Nous sommes le 09 février 2005, 1er jour de l’année lunaire, autrement dit c’est le jour de l’an chinois, notre train partira à 19h28.

17h15, nous quittons l’appartement, et on se dit qu’on va pas devoir traîner si on veut avoir le temps d’aller jusqu’à la gare de Shanghai qui se trouve de l’autre côté de la ville, en perspective : si on a de la chance un petit cab à 5 kuai jusqu’à la station de métro Dongchuan, puis la ligne 5 jusqu’à Xinzhuang, et enfin la ligne 1 jusqu’à la gare, au bas mot 1h40 de transport…

Quand nous sortons, il pleut évidemment… et tout est mort, nouvel an oblige, pas de petit cab à l’horizon… les 15 minutes de marche à pied sous la pluie jusqu’à la station avec nos bagages ne nous ravissent guère…
Par bonheur, un vrai taxi de la zone de Minhang se profile à l’horizon. C’est inespéré, et c’est encore mieux qu’un petit cab, il va nous déposer à la station de Xinzhuang directement, un peu de stress en moins :)

Enfin, un peu plus d’une heure de transport en commun plus tard, nous arrivons à la gare. Très vite nous repérons la salle d’attente destinée à notre train, le Z8 de 19h28. Des rangées de fauteuils en “cuir” sur lesquelles des familles entières patientent en grignotant autour de tables basses, plus confortable que les halls communs de la SNCF et surtout il y fait chaud ! bonheur :)

Un peu avant 19h, l’écran signale le début du compostage des billets pour notre ligne. Nous allons pouvoir accéder au quai, et embarquer !
Le temps d’immortaliser le moment avec Sandrine

et quelques erreurs d’aiguillage extérieur- puis intérieur- voiture plus tard, nous oublions la pluie battante de Shanghai pour découvrir notre compartiment et nous y installer.

Le compartiment est exigu mais confortable. 4 couchettes, 2 par 2, chacune disposant de 2 oreillers et d’une couette, une petite table avec eau chaude dans une thermos, petite poubelle, chaussons de voyage et kit brosse à dent, et chauffage ! (bonheur bis !!). Un espace en hauteur pour entreposer ses bagages et contrôle avancé des lumières, de la radio, etc. Sans oublier les toilettes, au choix à la turque ou à l’occidentale (pur bonheur). Dans le couloir, des strapontins permettent de se poser pour découvrir ses voisins.

Je m’étais rendue compte que le billet coûtait plus cher pour la couchette du dessous, explication plausible : la couchette du dessous est un chouilla plus spacieuse en hauteur, on a un accès direct à la table, on peut voir à travers la fenêtre (super de nuit…) et surtout on a pas à escalader le marche-pied amovible pour grimper sur sa couchette, on en oublierai presque que les chinois sont de très bons acrobates :]

Mine de rien ça a du bon le confort :]

Ce qui nous plaît moins, c’est de découvrir que nos camarades de chambrée ne sont rien moins qu’un jeune couple … et leur bébé…
Et oui, quand on sait que l’on s’apprête à passer 12 heures en train, avec en gros 95% du voyage de nuit, on pense pouvoir dormir… ERREUR.

Si nous avons été agréablement surprises de recevoir gratuitement (compris dans le billet bien sûr, bah nous garderons nos nouilles instantanées pour plus tard) notre “plateau repas” constitué d’une soupe, d’un plat chaud, de pain et d’un dessert, la nuit, elle, fut beaucoup moins agréable.

Mais bon, cela ne nous a pas empêchées d’arriver un peu avant 7h30 à Pékin, et d’être saisies dès notre sortie de la voiture par l’air frais caractéristique de cette période de l’année, mais surtout ravies de découvrir au-dessus de nos têtes un ciel bleu sans nuages et le soleil, le soleil !

Toutes ragaillardies, nous nous empressons de sortir de la gare de Pékin, sur le parvis l’activité de la ville nous invite, instant d’immortalisation bis, Pékin tu nous tends les bras, … alors NOUS VOILA !

Le métro shanghaien

23 janvier 2005

Il est tout neuf, il est tout beau,

Pas encore top au niveau réseau,

Viens voir Shanghai et son métro !

Mémo :

Shanghai Paris
Superficie : 6 200 km²

Population centre-ville : 7,5 millions d’hab.

Population totale : 17 millions d’hab.

Superficie intra-muros : 105 km²

Superficie IDF : 12 000 km²

Population intra-muros : 3 millions d’hab.

Population IDF : 12 millions d’hab.

nb lignes de métro/LRT : 3 +1 nb lignes de métro/RER : 14 + 5

Le métro de Shanghai est tout récent, il date des années 90, ce qui explique le petit nombre de ses lignes, et surtout sa modernité.

Il y a encore un an, il n’y avait que 3 lignes qui ne desservaient que le centre de Shanghai. Depuis la ligne n°5 est entrée en service (oui c’est ça la logique, seulement 4 lignes et déjà une ligne n°5…), qui, elle, relie Xinzhuang (extrême sud-ouest de Shanghai-centre) au district de Minhang, la première donc à intégrer “les banlieues proches” au réseau métro. Ca tombe bien pour moi :)

Mais le métro shanghaien se développe, des stations poussent de partout et de nouvelles lignes vont voir le jour, depuis 3 semaines par exemple, la ligne n°1 qui traverse le centre du Nord au Sud vient d’être prolongée au Nord au delà de la gare de plusieurs stations, cool, ça m’évite 30 minutes de marche à pied pour aller à mon cours de guitare !

Il y a moins d’un mois… Aujourd’hui… Bientôt…

Cliquer sur les cartes pour les agrandir

Ce sont donc 9 lignes qui devraient voir le jour d’ici peu, la 5ème (qui portera le n°4) d’ici la fin de l’année ?? Voilà qui devrait étoffer un peu le réseau et rendre les déplacements en ville un peu plus efficaces, notamment en vue de l’Exposition Universelle Shanghai 2010.

A noter aussi une distinction métro/LRT, comparable à métro/RER pour Paris : les LRT sont des métro aériens, métro et LRT sont gérés par 2 compagnies différentes.

La preuve au niveau pratique ?

  • Comme à Paris : tant que vous restez sur le réseau métro, vous pouvez changer de ligne sans avoir à repointer. Par contre un changement métro/LRT implique une sortie/entrée.
  • Pas comme à Paris : Sur l’ensemble du réseau métro/LRT (et pour tous les transports publics à Shanghai) il est possible d’utiliser une carte prépayée (20 yuans de caution et rechargeable à l’infini) qui fonctionne alors à la manière d’une carte Imagin’R, par contre les tickets unitaires (cartes magnétiques) du réseau métro ne sont pas valables sur le réseau LRT (coupon papier).

Et alors, combien qu’on paye ??

Le métro est très bon marché.

On paye à la distance, de 2 à 4 yuans maximum sur chaque ligne.

edit 10/2005 : tous les tarifs ont augmenté d’1 yuan par trajet.

Si vous avez la carte prépayée, à votre entrée un affichage digital vous annonce le montant restant avant entrée, et à votre sortie un même affichage digital vous annonce le montant restant après votre trajet sur l’ensemble du réseau, c’est-à-dire déduit du cumul de votre dernier voyage.

Luxe, calme et volupté ?

Les trajets sont assez rapides, le tout bien signalisé. A l’intérieur tout est écrit en caractères chinois et en anglais.

Quand vous êtes sur le quai, ne pas vous mettre n’importe où : des surveillants vous rappellent à l’ordre si d’aventure vous vous teniez hors des zones d’attente marquées au sol, ou bien si le bout de votre pied franchissait la ligne de sécurité. Bref sur le quai, tout se veut bien ordonné et très propre. Pas très chinois d’ailleurs si on y réfléchit.

Une voix enregistrée ou du Yann Tiersen (BO du Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, incroyable) pour annoncer l’arrivée de la rame, des écrans qui annoncent les délais d’attente pour les 6 prochaines rames à venir et qui passent en boucle certes de la pub, mais aussi les consignes de sécurité et de comportement à avoir aux abords du quai, dans les escalators, etc

Modernité, brouhaha et individualisme !

De quoi rire… :) Il faut le voir pour le croire, les chinois qui rentrent dans une rame de métro c’est épique ! Tous en ligne dans les files jusqu’à l’arrivée de la rame, une fois la rame stationnée la file devient un entonnoir autour de l’espace des portes (sortir de la rame relève alors du combat de gladiateurs), et quand les portes s’ouvrent alors là… un engouffrement éclair : objectif trouver une place assise, ils vont même jusqu’à se battre pour ça ! Autant dire que les premières fois on est légèrement décontenancé, après on apprend à lutter pour sa survie : la courtoisie n’est pas une valeur ici, c’est chacun pour sa pomme ou bien prendre son mal en patience.

Sans oublier que dans le métro, on ne parle pas dans son portable, on crie ! et les heures de pointe… qui n’existent pas en fait puisque c’est toujours bondé : 3 lignes en ville pour 10 millions de personnes et seulement 2 interconnexions opérationnelles…

Mais bon, on s’habitue à tout, et mine de rien il promet d’être vraiment bien d’ici quelques temps, certes il n’a pas le charme du métropolitain parisien (ni certaines odeurs, un sacré bon point :) ) alors, on ne crache pas dessus… pas comme les chinois qui crachent partout :]

Sources pour les plans du métro, d’autres photos et articles (en anglais) :