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Shanghai, nouvelle vitrine de la mode

15 décembre 2004

La capitale économique de la Chine attire les grandes griffes occidentales et de jeunes créateurs qui réinterprètent les vêtements traditionnels.

Shanghaï de notre envoyée spéciale (Le Monde).

C’est dans le parc Fuxing, au coeur de l’ancienne concession française de Shanghaï, que Jean Paul Gaultier a présenté son premier défilé en Chine, où il possède aujourd’hui trois boutiques. Sous le chapiteau installé pour l’occasion, les officiels de la mairie en costumes bleu marine et les fashion victims aux cheveux peroxydés affichaient le même étonnement devant les talons aiguilles pour homme, les combinaisons en trompe-l’oeil et autres corsets à seins coniques.

Cette rétrospective a inauguré une semaine de défilés - scénographiée par l’agence parisienne La Mode en images - qui a réuni, entre le 24 et le 27 octobre, de jeunes créateurs chinois et des griffes françaises comme Sonia Rykiel, Paco Rabanne, Nina Ricci ou Lagerfeld Gallery, parties à la conquête de l’empire du Milieu.

Le 20 novembre, c’est Didier Grumbach, président de la Fédération de la couture parisienne, qui s’est déplacé à Pékin pour un défilé auquel ont participé des créateurs comme Gaspard Yurkievich, Anne Valérie Hash, Lutz ou Stéphanie Coudert. “Nous avons choisi des marques qui se positionnent déjà sur des marchés d’exportation comme le Japon ou les Etats-Unis”, explique Didier Grumbach. Si Pékin est la première ville à avoir été investie par les grands noms du luxe international dès le milieu des années 1990, c’est vers Shanghaï que se tournent aujourd’hui tous les regards.

Dans cette mégapole de 13 millions d’habitants en chantier permanent, le paradis des marques s’appelle Plaza 66. De Chanel à Prada en passant par Hermès, Tod’s ou Dior, les plus prestigieuses ont élu domicile dans ce centre commercial aseptisé de Nanjing Road. C’est ici que Vuitton a inauguré en septembre le plus grand magasin de luxe jamais ouvert en Chine, avec 900 m2 de surface de vente. Dans les rayons de cette boutique à la façade “damier” - la onzième de Vuitton en Chine continentale -, on croise aussi bien des hommes d’affaires que des couples d’étudiants branchés, symboles upper class de la première génération d’enfants uniques.

Autre griffe du groupe LVMH, Dior ouvrira en décembre une seconde boutique dans le Plaza 66, dédiée cette fois à l’homme. “Dans une dizaine d’années, il n’est pas impossible que la taille du marché chinois atteigne celle du Japon”, prévoit Sydney Tolédano. Pour le président de Christian Dior, “Shanghaï est une sorte de New York qui pousse en temps réel, dopée par l’explosion d’une classe d’entrepreneurs à très fort pouvoir d’achat”.

Si les boutiques du Plaza 66 sont loin de faire le plein, à voir les allées plutôt désertes en fin d’après-midi, les marques profitent de cette vitrine pour se faire connaître d’un public enclin à voyager et à consommer à l’étranger (16,6 millions de sorties en 2002). “Aujourd’hui, rares sont les marques de luxe qui gagnent de l’argent, tempère une analyste, il faut arrêter de rêver, la Chine, c’est un marché complexe qui demande beaucoup d’énergie. Les Chinois sont des consommateurs infidèles et très exigeants.”

Les clientes de Dior et du Plaza 66 sont des jeunes femmes comme Tiffany Hua, élue par le magazine Tatler “la fille qui sort le plus de Shanghaï”. A 23 ans, la petite amie du professeur de yoga de Madonna possède environ soixante-dix paires de chaussures griffées. Rencontrée à la terrasse de Face - un restaurant en vue, installé dans une maison de la concession française -, Tiffany Hua n’achète que des noms étrangers, à l’exception des robes de Shanghaï Tang, les fameuses qi pao sublimées par Maggie Cheung dans In the Mood for Love, et que l’on retrouve dans les échoppes chics de Maoming Lu. Ses parents tiennent le restaurant Maxim’s de Pierre Cardin, le pionnier français parti à la conquête de la Chine dans les années 1970 et dont le nom est connu jusque dans les campagnes.

Autre point stratégique dans la géographie marchande de la ville, le Bund - artère emblématique de l’architecture triomphante du Shanghaï des années 1920 face au fleuve Huangpu - est devenu en quelques mois une vitrine de la mode et de la gastronomie occidentale. L’un des artisans de ce développement est Handel Lee, cofondateur de Three on the Bund, qui abrite depuis avril, dans un immeuble de 1916 - acheté 48 millions de dollars en 1999 -, un spa Evian, une galerie d’art contemporain, une boutique multimarque diffusant des créateurs comme Marni ou Vanessa Bruno et le très chic restaurant Jean Georges, tenu par le chef alsacien installé à New York Jean-Georges Vongerichten. “Aujourd’hui, les Chinois s’intéressent à la marque plus qu’au contenu créatif des produits”, reconnaît Handel Lee, ancien avocat sino-américain de 43 ans qui va transposer son concept Three on the Bund à Pékin en 2006. Au rez-de-chaussée, on retrouve le décor épuré des boutiques Giorgio et Emporio Armani, nouvelles adresses du créateur italien, déjà à la tête d’une vingtaine de magasins en Chine.

A quelques numéros, au “Bund 18″, les travaux ne sont pas encore achevés. Le joaillier Cartier et la griffe de mode masculine Zegna s’apprêtent à ouvrir leurs boutiques dans ce bâtiment qui abritera le Jardin des sens des frères Pourcel de Montpellier.

Distribuée par Three on the Bund, Vivienne Tam a choisi, pour le premier magasin à son nom, le quartier de Xin Tian Di, sorte de Bercy Village version chinoise avec ses allées faussement rétro. Installée à New York, cette native de Canton élevée à Hongkong multiplie les voyages à Shanghaï depuis les années 1980 pour faire des recherches de matières. “A l’époque, les usines ne pratiquaient plus les techniques traditionnelles et ne juraient que par le polyester”, se souvient la créatrice de 48 ans. Avec son concept “East meets West” vendu de New York à Tokyo, elle tente de changer les idées reçues sur le made in China. “Avant, il fallait faire de gros volumes ; maintenant, tout est possible, même en petite quantité”, assure Vivienne Tam, qui espère ouvrir dix boutiques en Chine d’ici à 2007.

Fondatrice de Shanghaï Trio, une marque de vêtements et de linge de maison haut de gamme, Virginie Fournier a été confrontée aux mêmes difficultés. “J’avais envie de retrouver des savoir-faire oubliés”, explique cette Française arrivée en Chine en 1995. Pour la créatrice, qui a aussi installé sa griffe à Xin Tian Di, “on voit des gens qui savent utiliser la Chine d’une manière nouvelle, en sortant du regard sur l’Occident”.

A 28 ans, Jiang Qiong Er incarne à la perfection cette nouvelle génération. Ancienne étudiante de l’Ecole des arts décoratifs à Paris, la jeune femme, peintre, photographe, décoratrice, créatrice de meubles et de bijoux, présente les différentes facettes de son talent dans sa galerie de 1 000 m2 au bord de la rivière Suzhou, nouveau quartier d’artistes qui abritait au XIXe siècle des usines de textile. En janvier 2005, elle exposera au Salon du meuble, à Paris.

“Notre génération retrouve la vraie beauté de ses origines”, assure Wang Yiyang, 24 ans, le créateur le plus remarqué de la semaine de défilés, qui dessine les collections XucXuj et Chagang en s’inspirant des coupes à plat du vêtement traditionnel chinois. Adepte des soirées mondaines, l’ambitieux Lu Kun essaye de “capter le glamour du Shanghaï des années 1930″ avec ses robes du soir sur mesure. Et la future génération de se préparer, avec près de deux cents universités qui proposent une spécialité mode.

Anne-Laure Quilleriet

LeMonde.fr - 26/11/2004
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Incroyable ! des fraises !

14 décembre 2004

Et oui, aussi incroyable que cela puisse paraître, à Shanghai, en décembre on peut manger des fraises !


Au rayon fruits et légumes du Auchan à 5 min en vélo de chez moi, les barquettes de fraises n’attendaient que moi. Alors à 3,20 RMB (env. 0,32 €) la barquette de 200g de fraises bien rouges, je n’allais quand même pas les décevoir :)


Donc par hasard j’ai trouvé, par curiosité j’ai acheté, et par envie j’ai goûté !


Et bien aucun regret, et je dirais même une bonne surprise : de bonnes fraises parfumées et savoureuses, peut-être même meilleures que celles qu’on trouve en France en pleine saison…

Les prochaines que j’achèterai, ce ne sera pas un hasard si elles se trouvent sur mon chemin :)

Shanghai sur mesure

13 décembre 2004

J’ai un problème…

Je chausse plus grand que du 38, et ma taille de pantalon dépasse le 40, croyez-moi à Shanghai, c’est un problème.

Mais comme on dit, tout problème à une solution, et pour la trouver, parle de ton problème autour de toi. Encore une fois, cette astuce m’a bien aidée, c’est ma prof de chinois (pas terrible comme prof mais une vraie perle pour dépanner en cas de besoin) qui m’a trouvé 2 adresses : une pour les chaussures, une pour le pantalon :)

Et voilà comment on s’occupe toute une après-midi à arpenter les rues du quartier de Xujiahui (1 heure en métro depuis chez moi) à la recherche du magasin qui va vous proposer 5 modèles de souliers à votre pointure de géant, dans le plus pur style chinois (c’est-à-dire camelote kitchissime). Bref j’en repars avec une paire relativement passe-partout, 5,5 €, c’est pas la ruine, on verra si ça passera les fêtes…

2ème mission, trouver le tailleur… Moment de profonde solitude quand on se trouve tout con avec son papier sur laquelle figure une adresse qu’on peine à déchiffrer et que les gens autour de vous ne connaissent pas l’endroit en question. Qu’à celà ne tienne, je suis venue pour me faire faire un pantalon, je vais m’en faire faire un. Je prends ma carte de Shanghai écrite en caractères chinois et en pinyin, et je cherche… et je cherche… et je ah non c’est pas celle là, c’est pas le bon caractère… je recherche… et je trouve… youhou :)
Bon bah on est pas à côté, mais on est motivé ! Enfin le grââl est en vue, j’explique un peu mon cas, je patiente un peu vu que le patron échange “quelques mots” avec une cliente… Bon ça a pris le temps, mais j’ai passé commande, 17,4 € et je dois récupérer mon pantalon dans 5 jours !

Affaire à suivre donc :)

Schumi à Shanghai !

12 décembre 2004

C’était les 24, 25 et surtout 26 septembre derniers, c’était une première mondiale et ça a fait beaucoup de bruit à Shanghai…

Le premier Grand Prix de F1 à Shanghai, et accessoirement mon premier Grand Prix F1 à moins de 100 mètres du circuit !

Fille d’amateur de F1, je suis un peu les courses de F1 et ce qui tourne autour, mais en arrivant à Shanghai le 31 août, je ne savais pas que moins d’un mois après se tiendrait, ici même, la première course de F1 à Shanghai, puisque justement il n’y avait pas de circuit auparavant.

Et en effet, à Shanghai c’était la folie ! Partout des affichages géants pour annoncer la course, je ne vous cacherai pas que la plupart des affichages étaient bien rouges, il faut dire qu’ici Ferrari et surtout Schumi ont plus d’un fan :)

Et moi je me dis alors qu’il est trop tard, à moins d’un mois de la course toutes les places sont vendues, ou alors celles qui restent sont hors de prix, et je me résigne déjà à regarder la course devant mon poste de télé… Cependant, j’en entends parler autour de moi, alors j’applique un bon truc à faire quand on souhaite quelque chose : le dire au plus de gens possibles.

Et ça marche ! Un chinois de mon université me dit qu’il peut me trouver ça sur le forum de l’école, j’y crois pas… mais un peu quand même… Et surtout je saute partout quand il me ramène un soir (une semaine avant la course!) la fameuse place valable pour 3 jours, certes pas dans les gradins mais sur la pelouse, mais on s’en fout… je vais voir Schumi !!

La première étape est passée, j’ai mon sésame. Sauf que le circuit, il est très loin de chez moi. Donc deuxième étape : trouver des billets pour la navette qui m’y emmènera. Et là, arme-toi de patience pour dénicher 2 ou 3 infos sur le net, utilise tes 3 mots de chinois pour comprendre où se vendent les tickets, et le reste se fait tout seul, moyennant 1 heure de métro à l’aller comme au retour pour se procurer les places de navette.

Arrive le week-end tant attendu ! On prépare tout, et surtout les précieuses boules kiès, indispensables si vous tenez à vos oreilles :) Il m’a fallu 3 heures de la porte à la pelouse, entre vélo, métro, navette et marche à pied, mais quelle excitation une fois sur la pelouse, avec l’odeur de la piste et le bruit des premiers moteurs qui tournent. C’est la première journée d’essais.

On découvre un public couleurs locales, tous assis comme moi au niveau de l’épingle gauche du Shang de Shanghai. Et oui on est mégalo ou on l’est pas, la forme du circuit reprend celle du caractère chinois 上 (shang) de 上海 (Shanghai)…

Le jour de la course, je suis arrivée beaucoup plus tôt pour faire un tour du côté des stands commerciaux, là au moins on voit des voitures de près, et des personnages connus :)


Puis la course bien sûr. Je n’ai pas pu bien suivre ce qui se passait au niveau du classement, les commentaires étaient en Chinois et en Anglais et puis… avec des boules kiès…, mais par contre j’ai assisté aux super dépassements de maître schumi, à 1 ou 2 sorties de routes, l’endroit était génial, rien ne vaut une bonne épingle ! Je vous laisse en juger par vous-même sw:)


Au bilan, Shumi n’a pas gagné certes, mais on a eu le spectacle. Je suis rentrée, j’en avais plein les oreilles et plein les pattes, rougie de coups de soleil !, mais aussi avec de super images dans la têtes, encore une de ces expériences que je n’aurais pas pu vivre en France, MERCI SHANGHAI !


Xintiandi, quartier in

2 décembre 2004

Shanghai est connue pour être la ville la plus occidentalisée de Chine.

Ce penchant occidental est loin d’être récent, la cité portuaire depuis bien longtemps intéresse les occidentaux, qui y ont envoyé très tôt leurs dignes représentants, et c’est tout naturellement qu’on y retrouve aujourd’hui des influences européennes dans les différentes places de Shanghai. Bon fini pour aujourd’hui le cours d’histoire :)

Pourquoi je vous ai fait ce blabla ? Tout simplement pour vous introduire un quartier qui vaut le coup d’oeil à Shanghai : Xintiandi (prononcez Sin’tien’ti). Qu’on y aille exprès, qu’on y soit par pure curiosité, ou tout simplement parce qu’on s’est perdu :) c’est un endroit qui séduit par son atmosphère particulière.

Au beau milieu de la tumultueuse Shanghai des gratte-ciel, une place commerçante et un ensemble de petites rues jalonnées de restaurants et de bars, un peu à la “Bercy Village” pour les Parisiens :) Les murs sont peu élevés, faits de briquettes sombres. Le goudron laisse la place aux pavés. Est-on encore à Shanghai ?

De jour l’endroit est calme, caché derrière des parois qui ne laisse rien deviner de ce qui se passe par derrière, il faut passer sous l’un des portiques pour accéder aux ruelles : on se demande si on peut entrer ici, tant le style diffère de ce qu’on peut voir à Shanghai, puis on ose… et on ne regrette pas !

L’endroit est idéal pour s’isoler du bruit de la ville et se poser devant un café. Et oui, ici c’est l’endroit occidentalisé par excellence (d’où l’intro rébarbative).

Si vous êtes en mal de visages familiers, c’est là qu’il faut aller :)

De nuit, c’est une autre ambiance.

Le café laisse place au cocktail et le calme à la musique des clubs. L’on vient s’y montrer, voire faire sa publicité, c’est le Shanghai des branchés.

Mais moi ce que j’aime surtout alors ce sont les lumières qui donnent aux ruelles un petit goût du Paris dans lequel j’aimais tant me balader à des heures impossibles…