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Les couleurs de Shanghai

2 janvier 2005

Lorsqu’on évoque Shanghai, on l’associe immédiatement à la modernité, à la face occidentale de la Chine et ses multiples grattes-ciel. On en oublierai presque qu’il s’agit d’une ville chinoise, qui concentre à elle seule tous les contrastes de la Chine.

La marque vivace de l’empreinte chinoise de Shanghai, ce sont ses marchés. Pas de grandes places qui accueillent 1 jour ou 2 par semaine les étals de marchands itinérants. Non, non, ici si vous voulez passer faire votre marché, il faut d’abord le trouver, ou bien comme c’est le plus probable, tomber dessus par hasard !
En efftet, coincés entre 2 boulevards, les marchés sont souvent des enfilades de petites rues aux maisons basses. Mais une fois que vous l’avez trouvé, rien ne vous empêche d’en profiter tous les jours et à toute heure ou presque. Car ici les marchés sont fixes, les marchands vivent dans leur commerce, derrière les étals qui se succèdent le long des rues.

Ces rues justement nous donnent une toute autre vision de Shanghai que l’image stéréotypée qu’on peut en avoir. On est bien loin des tours aseptisées et des architectures ahurissantes. Ici les cordes à linge remplacent les néons, pas d’agent de la circulation aux carrefours mais des tas de détritus odorants, et donc bien regarder avant de traverser pour éviter de se faire renverser par les vélos imprudents. De temps en temps au bout d’une rue on aperçoit les buildings qui nous rappellent comme des garde-fous que la ville n’est pas bien loin.

Mais moi je préfère m’y perdre dans ces marchés. Ces étals aux odeurs poignantes, tantôt délicieuses tantôt écoeurantes, ces couleurs tranchées, l’étal rouge de la bouchère, le vert du marchand de légumes, le marron du marchand de graines, la fumée qui se dégage des baozi tout chaud, les visages concentrés des commerçants à la tâche.

C’est un endroit qui vit d’une toute autre énergie que celle de l’avenue Nanjing Lu. Une foule incessante de chinois à vélo au milieu des rues, qui s’arrêtent de temps à autre devant l’un des étals, la lampe qui tourne sans fin au-dessus de l’étal du boucher et qui éclaire d’une lumière chaude la viande fraîchement coupée et présentée sur une simple table de bois à la portée de tous. Ne pas trop penser à l’hygiène non plus en passant devant les cuvettes de poisson tout frétillants déposées sur le sol. De toute façon on n’est pas là pour acheter à manger, on vient pour faire partie du grouillement, pour sentir cette atmosphère qu’on cherchait en venant ici, la Chine quoi…

Du paradis à l’enfer

31 décembre 2004

Hier 30 décembre 2004, fait à marquer dans les annales de la Perle de l’Orient : il a neigé à Shanghai !


A mon arrivée début septembre, on m’avait avertie qu’il peut faire très froid à Shanghai, surtout quand il pleut, mais qu’il ne fallait pas que je m’attende à voir de la neige, tant les chutes de neige par ici sont rarissimes.
Et bien pour mon premier hiver à Shanghai, j’ai eu de la neige, 2 fois jusqu’à aujourd’hui ! Il avait déjà neigé le 29, pas suffisamment pour que ça tienne, mais on trouvait déjà ça formidable étant donnée la région. Alors quel ne fut pas notre enchantement en voyant hier, le 30, de gros flocons tomber devant nos fenêtres pour finir en un épais tapis blanc.



Du coup, pour affronter le grand froid shanghaïen, nous avons sorti l’équipement de rigueur :]



Et oui, avec Marieke et Nils, nous sommes allés en ville entre autres pour voir la vue sur les toits de Shanghai depuis le nouvel appart de Timo. En effet, alors que la veille il faisait encore trop doux en ville pour que la neige fasse son apparition, hier elle est belle et bien venue recouvrir les toits du centre de Shanghai.



Bataille de boules de neiges, flocons et duvet blanc, tout ceci aurait pu être simplement idyllique, mais c’est sans compter sur :


- le froid, n’est ce pas Marieke la rouge :]

- la panique créée à Shanghaï !

Déjà qu’en temps normal, mieux vaut ne pas faire trop attention à la façon dont les chinois conduisent au risque de chopper une attaque cardiaque, je vous laisse imaginer la situation quand la température passe sous les 0°C, et que la route n’est plus qu’une piste verglacée !


Comme je vous le disais, la neige à Shanghaï c’est rare, beaucoup de neige : c’est impensable, alors rien n’est prévu pour gérer ce genre de situation. Penser déjà au (bip) que c’est à Paris, là où des dispositifs sont prévus quand il neige, alors imaginer ici… Quelques anecdotes pour mesurer l’ampleur du phénomène :


- Marieke et Nils quittent le centre ville à 21h : métro jusqu’à Xinzhuang pour y prendre un taxi jusqu’à Dongchuan car à cette heure il n’y a plus de métro dans cette direction. Petit problème : à Xinzhuang pas un seul taxi à cause du temps, ils reprennent donc un métro à Xinzhuang pour remonter à une autre station et y prennent un taxi. En ville tout est bloqué, des embouteillages à n’en plus finir, et le pire… des accidents de partout. Marieke aura relevé pas moins de 15 accidents de taxi sur la route. Arrivée pour eux à minuit : 3 heures de trajet quand il en faut en général 1h30.


- De mon côté, j’étais restée en ville et je parviens à prendre le dernier métro 1 vers Xinzhuang : il est 22h45. Timo m’avait conseillé de descendre à Xujiahui pour y prendre un bus (moins cher que le taxi depuis Xinzhuang) mais pour éviter de marcher ensuite dans le froid je préfère l’option taxi, au vu de l’expérience de Marieke et Nils j’ai bien fait. Je descends donc du métro à Xinzhuang. Sauf que de même pas un seul taxi, et pas moyen de remonter, je viens de descendre du dernier métro !

………. MOMENT DE SOLITUDE……………. MOMENT DE SOLITUDE……………


Il fait vraiment trèèèèèès froid, je suis complètement crevée, je suis toute seule, je ne connais personne qui aurait une voiture pour venir me chercher…
De temps en temps un taxi arrive, 20 personnes en mal de taxi se jettent dessus, je hasarde une question pour voir si les personnes n’iraient pas dans la même direction que moi mais en vain. Je prends mon mal en patience, à la recherche d’une solution, appeler quelqu’un pour qu’il m’envoit un taxi peut-être ?

Quand soudain, l’appel salvateur ! JiaoDa Minhang ! JiaoDa Minhang ! Je cours, je me précipite : un mini-bus qui peut me déposer ! Bien sûr c’est illégal, à situation de crise, mesures d’urgence et système D pour pallier aux failles du système établi… Mais c’est surtout très dangereux… A 17 (avec ce qu’il faut de sacs et de gros blousons) dans un véhicule prévu pour 12, sur des routes verglacées, je confie ma vie à un parfait inconnu dont je ne sais même pas s’il a le permis.

J’ai déjà eu de la chance d’avoir une vraie place sur un strapontin, 10 kuai le trajet par personne (pas de prix à la course mais à la tête d’où le remplissage…), avec bien sûr la dose de musique techno et de brouhaha en chinois. A vivre pour le croire !

Enfin j’arrive à 0h15, mes doigts de pieds sont des glaçons et je grelotte de partout. Pas sûr que pour le reveillon du lendemain j’aille en centre ville…
(les photos dans les albums Vie à Minhang et Shanghai J&N)


Epilogue :

Ce matin (31-12), j’ai mal au ventre car j’ai mal digéré ce que j’ai avalé hier à mon retour (j’avais pas mangé durant mon périple) toute stressée que j’étais, et la météo est géniale :

Je pense qu’ils auraient aussi pu mettre qu’il fera froid !

Chinatown in Shanghai City

21 décembre 2004

Y a pas qu’à Paris ou à New York qu’on peut trouver un quartier Chinatown, à Shanghai aussi !
 

 


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Et oui, au beau milieu des gratte-ciel aux architectures audacieuses, entre le boulevards Renmin Lu et Zhonghua Lu, se trouve Chinatown, la vieille ville de Shanghaï. A quelques encablures du Bund et du fleuve Huangpu, on tombe sur un grand quartier de maisons basses fidèles au style traditionnel chinois, le contraste est saisissant !
 
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Shanghai brille pour Noël

17 décembre 2004

Pour vous j’ai testé… Chercher la magie de Noël dans Shanghaï.

A Minhang, j’ai déjà cherché, question magie de Noël… copie à revoir, certes maintenant nous avons un super sapin tout beau dans notre salon, mais dans les rues, c’est une autre histoire… Quelques “Merry Christmas” fleurissent deci-delà, mais rien de bien enchanteur.

Alors j’ai pris les choses en mains : je suis allée traquer Noël là où il se trouvait, au coeur même de Shanghaï. Et vous savez quoi ? Je l’ai trouvé, entre Huaihai Road et la vieille ville, je vous rapporte ici un peu de ce qu’est pour moi la magie de Noël.

A la nuit tombée (17h à Shanghaï), toutes ces petites lumières s’animent, éclairent les rues d’une lueur nouvelle et nous font oublier les néons froids. Alors il fait bon marcher dans les rues de Shanghaï, les mains cachées au fond des poches, son sac sur le dos et le nez dans son écharpe en laine, la tête en l’air et les yeux grands ouverts comme pour capter chacune de ces petites perles qui nous sont si précieuses par leur rareté et par ce qu’elles rappellent en nous.

JOYEUX NOEL !

Le mariage fait planer les Shanghaïennes

16 décembre 2004

Clin d’oeil du jour.. Du mariage à Shanghai.

Je ne sais pas si le phénomène est aussi développé dans les autres régions chinoises, toujours est-il qu’à Shanghaï, le mariage semble être… à la mode. Des rues entières où se succèdent boutiques de robes de mariée, instituts de beauté spécialisés en préparation de mariages, et autres services dédiés à concocter les cérémonies les plus “délicieuses”.

Un aperçu ici des boutiques de la rue du Peuple (Renmin Lu) que j’arpentais aujourd’hui même : il semble que les chinoises aiment de plus en plus se parer de blanc à l’occidentale, mais la couleur et les traditions résistent encore un peu.

Sur la Rue du Peuple comme ailleurs, on dirait donc que le mariage… a le vent en poupe, la preuve en images :)