Chroniques de Chine - Page 7 sur 12

Mosaïque de la télévision chinoise

5 juin 2005

Hier soir, après les séries d’abdo et les 30 génouflexions avec un bout de chou de 35 kg sur les épaules (ils sont tarés ici !) au tkdo, je ne me sentais pas trop d’aller faire la fête en ville :]

Ca tombait bien, car c’était justement hier soir qu’avait lieu la finale dame de Roland Garros, j’allais sûrement trouver la retransmission sur CCTV-5, la chaîne sport du groupe CCTV.

Du coup un peu avant 22h, je me cale devant la chaîne, le journal du sport indique justement que le match va bientôt commencer, mais bon, en attendant je vais faire un tour sur les autres chaînes…

Et il y en a beaucoup des chaînes de télévision en Chine, à Shanghai en tout cas. Sur notre super télé Changhong, nous avons plus de 60 canaux qui sont attribués, certains en double mais relativement peu, et nous n’avons pas de dispositif câble/satellite particulier, ou alors nous ne sommes pas au courant ;)
Donc ci-dessous, petite mosaïque d’écrans télé de ce qu’on pouvait trouver hier soir vers 22h sur la télévision chinoise. Cliquez sur les écrans, vous en saurez plus !

Les CCTV

CCTV, c’est un peu le France Télévision chinois, mais dans la cours des grands… Pas moins de 16 chaînes CCTV, dont nombre de chaînes thématiques (voir plus bas).

Leur site web est très complet, et offre des versions anglaise et espagnole, pour le français on repassera…

Parmis les 16 chaînes, on trouve ainsi une chaîne d’information en continue (CCTV-xinwen), et une chaîne totalement anglophone (CCTV-9). On constate ainsi la place croissante de l’anglais au coeur de la vie des Chinois. Hier je suis tombée sur un journal télé avec une rubrique en anglais, puis tout le reste du journal en Chinois. Ce n’est pas demain la veille que nous verrons ça en France…
On trouve également une chaîne enfant (CCTV-shao’er) sorte de Disney Channel un peu plus manga mais pas seulement, une chaîne musicale (CCTV-yinyue) et il paraîtrait qu’il y a une chaîne franco-hispanophone (CCTV-E&F) mais je n’ai jamais vu celle-ci…
Et aussi :

CCTV-6 : la chaîne cinéma

Ci-contre, une émission cinéma où le décor mais aussi le présentateur sont virtuels.
Avec l’année de la France en Chine, un certain nombre de films français plus ou moins récents et doublés en chinois étaient diffusés, comme par exemple “Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain”.
Films chinois, films américains, etc… à toute heure de la journée.

CCTV-11 : la chaîne Opéra Chinois

Toujours dans les arts et spectacles, mais uniquement chinoise, et même essentiellement pékinoise, cette chaîne vous propose en continue des représentations de l'Opéra de Pékin, et d’autres style d’Opéra chinois. Une façon de diffuser la culture chinoise. Personnellement j’évite, l’Opéra chinois n’étant pas ce qu’il y a de plus reposant à écouter…

CCTV-5 : la chaîne sport

C’est la chaîne qui est diffusée en continu dans le réfectoire de l’université. Normal, aux environs de midi on y trouve le programme sur la NBA, il ne faudrait quand même pas manquer les exploits de Yao Ming… Beaucoup de football naturellement, les championnats européens sont largements couverts, et les sports typiques comme le tennis de table et le badminton. Les championnats de basket universitaires sont aussi diffusés, et puis tout récemment, on y trouvait le tennis aux Internationaux de Roland Garros ;)

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Les feuilletons

Les Chinois sont friands de feuilletons. Tous les magasins du quartiers, que ce soit les salons de coiffure, les petits restos, les épiceries, et mêmes les vendeurs de vélos, tous ont leur TV qui tourne en boucle pour ne pas louper l’épisode de leurs feuilletons favoris. Je me souviens même du gars qui réparait mon vélo, il tournait machinalement sa clé en regardant la scène pleine de suspens à la télé.

Du coup la TV chinoise est polluée de feuilleton qui de l’avis général des non-chinois sont dans l’ensemble très très niais.

Beaucoup de ces feuilletons se déroulent à l’époque des dynasties, l’occasion de voir les chinois avec des coiffures comme on n’en voit plus, et quelques uns plus contemporains, mais pas de meilleure qualité :)

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Le télé-achat

Le genre de programme qui est toujours présenté de la même façon, où que vous soyez dans le monde : le télé-achat. De même, ici, une chaîne de télé-achat en continu. On peut d’ailleurs comprendre le succès d’une telle chaîne quand on sait que les chinois raffolent de gadgets et de remèdes miracles en tous genres.

Ci-contre : en zappant j’étais étonnée de voir défiler à l’écran les images d’un bambin. Sans l’indication Sanyo, on aurait pu croire qu’il s’agissait d’acheter un enfant pour 2999 yuans au lieu de 3999 yuans. Heureusement, en patientant 5 bonnes minutes, on pouvait voir qu’il s’agissait effectivement d’un APN. Ouf :)

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Les émissions musicales

Les chinois sont des fans de musique, et ça se ressent dans leurs programmes télé. Ici ce n’est pas une ou deux fois par semaine un programme genre Star Ac’ en prime time, non, toute la journée on trouve des émissions de découvertes de talents et autres émissions de variétés chinoises. Les clips musicaux sont aussi très présents (ci-contre), sous-titrés naturellement, davantage pour l’aspect karaoké de la chose que pour la compréhension des paroles toujours autour du thème “L’amour c’est beau”…

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Les émissions francophiles


Et oui, c’est bien l’émission “C’est pas Sorcier” que j’ai trouvée par hasard. Présentée dans un programme jeunesse et doublée en chinois, normal. Mais y’avait pas la petite voix que je trouvais trop forte, ça perd tout de suite de son cachet du coup…

Egalement une émission culinaire franco-chinoise, ou comment faire le mille-feuille. Pas de doublage cette fois, juste la traduction en chinois avec les sous-titres. Les instructions sont mêmes écrites en français, et Le Nôtre viendra honorer l’émission de sa présence.

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Roland Garros, enfin !

Enfin, après avoir malmené la zapette, la finale Pi’ersi contre Haining (traduction pinyin de Pierce-Henin) s’apprêtait à commencer. J’ai ainsi pu voir la tenue rose de Mary Pierce en direct…

Pour une fois, je n’ai pas perdu mon après-midi à regarder Roland-Garros, vu qu’ici il faisait bien nuit :)
Et puis bon, le match fut court, très court…

Pendant le match au moins, les commentateurs chinois ne donnaient pas le nom de toutes les personnalités politiques ou du spectacle françaises à chaque fois qu’on s’arrêtait dessus.
Et truc marrant après les remerciements de Justine Henin, le commentateur chinois, qui visiblement ne devait pas comprendre beaucoup de français à part “Merci”, indique que le public a apprécié l’intervention de la Belge car elle s’était exprimée dans un français idiomatique, il est mignon… :)
Au passage elle venait de se faire huer pour le message publicitaire pour le sponsor du tournoi, et l’accueil du public avait été, je trouve, plutôt froid. Ils auront peut-être besoin de moi l’année prochaine pour les aider à commenter en chinois les trucs français qu’ils ne comprennent pas ;]

Le Gaokao, l’enjeu de leur vie

4 juin 2005

Alors que le baccalauréat commence tout juste en France (Vas-y Romain !), en Chine la pression commence à monter sur les millions de lycéens qui s’apprêtent à passer l’examen de leur vie, le Gaokao.

Signe annonciateur de l’approche imminente de l’examen, les articles dans la presse se multiplient au sujet du fameux gaokao. Pas étonnant donc, maintenant que nos support de cours de chinois sont les articles de journaux, que nous soyons amenés à en parler avec nos professeurs Chinois. Justement hier matin c’était le cas, et en pensant à mon petit frère qui s’apprêtait à plancher sur son épreuve de SI (merci Romain pour l’erratum, je trouvais bien aussi que c’était tôt pour la philo ;] ) dans les heures qui allaient suivre, je n’ai pas pu m’empêcher de prolonger la discussion.


CRI

Le Gaokao, c’est le diminutif pour Pudong Gaodeng Xuexiao Zhaosheng Kaoshi, le Bac de notre Baccalauréat quoi.

Au même titre, il sanctionne les études de niveau secondaire pour permettre l’entrée dans les études supérieures.

Quelques différences malgré tout, probablement liée au gigantisme géographique et démographique du pays, ainsi qu’aux disparités profondes qui le caractérisent :

  • Les épreuves ne sont pas nationales : les sujets varient selon la province voir même la ville,
  • La forme même de l’examen peut différer d’une ville à l’autre : avec les réformes du système éducatif, le Gaokao subit lui aussi des mutations. Basé sur 3 épreuves fondamentales (Chinois, Mathématiques, Anglais), il évolue vers une forme 3+1, ou même 3+X, avec des épreuves de compositions dans une spécialisation, pouvant être notées sur des échelles différentes.
  • Dans certaines villes, les dates d’examen peuvent différer des 2 jours fixés (Cette année les 7 et 8 juin)
  • Les quotas de reçus dépendent de la province/ville d’origine du candidat. Dans les provinces plus défavorisées de Chine où la qualité de l’enseignement est moindre que dans les villes, il faudra d’autant plus de réussite aux candidats pour espérer entrer dans les meilleures universités.

De quoi rendre discutables les conditions d’équités. Mais ce qui est sûr, c’est qu’à quelques jours du Gaokao, peut-être plus que pour le Bac en France, c’est toute la Chine qui retient son souffle…

Les candidats tout d’abord

A la différence du baccalauréat, le Gaokao chinois est un concours bien plus qu’un examen.

Alors pour eux, la pression ne commence pas du tout à monter : ça fait bien un ou deux ans qu’ils ont ça en tête. Et aujourd’hui, à moins qu’ils ne bénéficient des systèmes de faveur de l’Etat (minorités ethniques, d’outre-mer, enfant de personnalité ayant oeuvré pour la patrie, san hao xuesheng = élève aux 3 hautes dispositions morales, intellectuelles et physiques, compétences particulières artistiques ou sportives) ou qu’ils ne fassent partie des lycéens d’élite directement recrutés, cette pression s’intensifie au plus haut point.

<- Le tableau rappelle qu’il reste 62 jours avant le Gaokao. (China Today)

Sans parler des cas particuliers de nos écoles françaises, l’entrée à l’université en Chine n’est pas subordonnée à la simple obtention de la moyenne aux épreuves. Non, en Chine, les universités sont soumises à un classement en 4 groupes. Les candidats doivent formuler 4 voeux d’université. Et selon ces voeux et surtout les notes obtenues au Gaokao, les universités du 1er groupe (les universités clés, les universités très renommées, etc…) vont choisir leur futurs étudiants en premier, puis viendra le tour des universités du 2e groupe, et ainsi de suite. Voilà qui rappelle nos Concours d’entrée aux Grandes Ecoles : ici en Chine, ils vivent cela en fin de lycée, et ils ne l’ont pas choisi.


China Today

Ainsi, ces lycéens jouent tout leur avenir sur les 2 jours d’épreuves du Gaokao, théâtre d’une compétition sévère pour briguer les places dans les meilleures universités, mais auss parce qu’un échec au Gaokao signifie l’exclusion du système éducatif conventionnel, et bouleverse les perspectives d’avenir d’un jeune Chinois.

Cette année, 8,67 millions d’inscrits, parmis lesquels 4,75 millions accèderont à l’enseignement supérieur, et seulement 2,30 millions à des formations universitaires de type Graduate (Bac +4), on est donc bien loin des 80% de reçus au baccalauréat…

Leurs parents peut-être davantage

En fait, il est possible de repasser le Gaokao en cas d’échec une première fois. Mais au pays de l’enfant unique, quand celui-ci passe le Gaokao, c’est tout l’honneur de sa famille qui est en jeu et la promesse de voir tous les espoirs de celle-ci se concrétiser. Ce sont ces jeunes lycéens également qui devront plus tard assumer leurs parents aujourd’hui plein d’espoir…

Et toute la Chine avec eux

L’importance de l’épreuve est telle que des dispositifs particuliers sont mis en oeuvre à l’occasion du Gaokao. Sans parler de la publicité suscitée - j’ai reçu sur mon mobile une publicité s’adressant aux parents d’enfant candidats au Gaokao leur proposant des solutions pour entrer dans des universités honorables en cas de mauvaise performance- les gouvernements des villes font le nécessaire pour que les étudiants puissent préparer et passer le Gaokao au mieux.
Ainsi j’ai appris que pour les candidats qui en avaient besoin et leur famille, un service de taxi gratuit leur permettait de pouvoir se rendre aux épreuves tranquillement.
Plus étonnant encore, pendant les 10 jours qui précèdent l’épreuve, le temps de travail des chantiers de construction autour des écoles est limité pour ne pas perturber la préparation (quand on sait qu’en temps normal c’est quasiment du 24/24 !), et pendant les 2 jours critiques, des milliers de policiers s’affairent autour des centres d’examen pour assurer qu’il n’y ait aucun bruit ou embouteillage qui vienne déranger la concentration des candidats !

Entrée principale SJTU-Minhang :
Quels nouveaux étudiants accueillera-t-elle ?

Un véritable phénomène national donc, et un système très différent du nôtre. Une culture de l’élitisme bien plus exacerbée qu’en France où l’on prône (et où l’on tente de faire appliquer) le principe de l’”Université pour tous”. En Chine, quand les droits d’inscriptions annuels peuvent représenter 3 à 5 fois le salaire mensuel moyen d’un Chinois, ce afin de financer le développement des universités en capacité d’accueil et en qualité d’enseignement, c’est plutôt l’”Université pour tous… ceux qui peuvent”…

Sources :

Au service de leur pays

25 mai 2005

Après notre petite semaine de repos post-HSK dûment méritée, nous avons repris le chemin des cours de chinois. Fini de bourriner comme des malades sur les règles de grammaires, les tournures d’écritures et les usages des mots, maintenant nos cours sont davantage axés sur la pratique de la langue orale et sa compréhension et sur la composition. Ainsi mardi dernier pour nos retrouvailles avec prof Bai, le plan du cours était le suivant : nous devions tous préparer pendant quelques minutes de quoi parler devant nos camarades de classe de l’égalité des statuts hommes-femmes dans nos pays d’origine respectifs.

Première réaction à chaud : arf, c’est bateau comme sujet. Naturellement, parler en cours des statuts hommes-femmes dans la société avec des personnes de la même société que vous ne présente pas forcément quelque chose de passionnant. Pour trouver le sujet, notre prof d’ailleurs n’a eu qu’à ouvrir le bouquin de cours pour se débarrasser du problème du sujet. Mais là où ça devient intéressant, c’est que toute jeune Française que vous êtes, vous vous trouvez à en parler avec un jeune Bolivien, 2 jeunes Nords-Coréens et 1 moins jeune, et votre prof Chinois.
Bien sûr de nombreux sujets abordés, j’aurai l’occasion d’y revenir dans d’autres billets, pour aujourd’hui je voulais m’attacher en particulier à l’un deux : le service militaire.

Nous nous sommes en effet posé la question de savoir si dans chacun de nos pays les femmes pouvaient entrer dans l’armée et y occuper des postes de haut niveau au même titre que les hommes. Ce à quoi la réponse était quasiment la même pour tous, à savoir que les femmes pouvaient entrer dans l’armée mais qu’elles étaient beaucoup moins nombreuses que les hommes, et qu’on pouvait trouver des femmes gradées… enfin en théorie du moins.
Mais sont-elles concernées par le service militaire obligatoire ? Là, nous avons laissé nos camarades Nord-Coréens pantois en leur annonçant qu’en France, il n’y avait plus de service militaire obligatoire du tout (on a zappé l’histoire des Journées Citoyennes, je rappelle que nous parlions de tout ça en chinois…), et que c’est une armée professionnelle. Forcément, chez eux la norme serait de 3 ans obligatoires. Puis comme la conversation était tout à fait informelle, c’est notre professeur qui nous a un peu parlé du service militaire en Chine.

Inscription sur le grand parvis de mon université SJTU - campus de Minhang, juste devant le drapeau rouge aux 5 étoiles. “Wo de cuguo” qui signifie littéralement “Ma patrie”, a été traduit en anglais par “We love China”…

Il nous apprendra alors que la conscription pour le service militaire reposait à la fois sur le volontariat et sur un système de réserve. Mais ce qui nous a beaucoup étonnées, c’est le fait que l’Armée de Libération Populaire (l’armée de la RPC) doive refuser beaucoup de volontaires en trop grand nombre !
Il faut dire que, toujours d’après notre prof Bai, enrôlé dans l’ALP, un soldat pourrait toucher en moyenne un salaire de 1000 RMB ce qui est bien plus que ne peuvent espérer les jeunes des campagnes par exemple. Sans compter qu’en quittant l’ALP avant l’âge de la retraite, celle-ci vous trouvera un emploi à rémunération équivalente.

Que faut-il de plus pour expliquer un tel élan à vouloir défendre son pays ? A moins que ce ne soit une attitude naturellement patriotique de la population chinoise, justifiant ainsi la présence dans la Constitution du pays :

“It is a sacred duty of every citizen of the People’s Republic of China to defend his or her motherland and resist invasion. It is an honoured obligation of the citizens of the People’s Republic of China to perform military service and to join the militia forces.”

source : China: CONCODOC 1998 Report

Il faut dire que nous nous étions déjà poser des questions sur le service militaire en Chine quand, à notre arrivée pour la rentrée de septembre dernier, nous voyions nombre de jeunes étudiants en treillis sur le campus. Une étudiante nous avait alors appris qu’il s’agissait d’étudiants qui revenaient de “l’entraînement militaire obligatoire” qui précède la rentrée, mais nous n’en savions pas plus.
Jusqu’à ce que je découvre récemment grâce à un article sur le blog de Sélim, professeur à Nankin, qu’il s’agirait d’ “une mesure gouvernementale établie par Pékin en septembre 1989 pour instaurer le dialogue et l’intercompréhension entre l’armée et les étudiants.” Voilà qui expliquerait donc les rangs ordonnés que vous pourrez y voir en photo.
Cela dit, avec la conversation que nous avons eu avec notre prof Bai, j’ai poussé la curiosité. Et oui septembre 1989, tout le monde a compris, c’est précisément la rentrée universitaire qui a suivi les événements de l’été à Tian’anmen.

En fait il s’avère qu’en septembre 1989, tous les première année des Universités de Pékin et de Fudan à Shanghai ont du subir un entraînement militaire d’un an, au titre d’une rééducation politique après les manifestations pour la démocratie de l’été précédent.
En 1990, cette mesure a été étendue à la plupart des autres universités. Alors, cet entraînement militaire était obligatoire pour ceux voulant entrer dans les meilleures formations universitaires, et l’on va même jusqu’à penser que ceux qui le refusaient étaient renvoyés de leur université. Cette mesure a d’ailleurs été largement critiquée par ces mêmes universités, certains étudiants préférant apparemment intégrer des établissements de niveau de formation inférieur à leur capacités, là où il ne seront pas contraints à subir l’entraînement militaire.
En conséquence, depuis 1993, la durée de cet entraînement obligatoire a été ramenée de 1 an à 1 mois.

source : China: CONCODOC 1998 Report

Sujet qui fut donc plus riche que ce qu’il pouvait promettre au départ. D’autres informations également sur le site de China’s Human Rights[anglais]
Il se pourrait donc que nos cours de chinois deviennent de plus en plus intéressants. Enfin bon pour demain je dois me préparer à parler de comment j’envisage mon avenir professionnel, dur dur de se projeter dans un futur poste dans un secteur technique qu’on a mis en parenthèse pendant un an pour apprendre le chinois à l’autre bout du monde…

Il faut la suivre

22 mai 2005

L’actualité de la Chine fut particulièrement chargée cette semaine, difficile à suivre en temps réel et surtout au vu du nombre de domaines touchés. Petit panorama de ce qui a pu retenir l’attention.


Mardi 17 : Le textile chinois tracasse Bruxelles

Tout le monde en parle en ce moment, les Etats-Unis et l’Union Européenne n’entendent pas laisser déferler le textile chinois sur leur territoire. Débat plus complexe que “les chinois sont exploités alors forcément ils sont plus compétitifs.”, question de marges des fabricants et revendeurs, de qualité, des taxes d’importation et de contournement des règles de jeu de l’OMC, en tout cas Bruxelles annonce la couleur.

Bruxelles veut endiguer l’afflux des textiles chinois

Mardi 17 mai, à Bruxelles, Peter Mandelson, le commissaire européen au commerce extérieur, a dévoilé son intention d’ouvrir “immédiatement” des consultations formelles avec la Chine, afin de la contraindre à limiter, d’ici fin juin, ses exportations de tee-shirts et de fil de lin, deux catégories parmi les plus exposées. [...]

De janvier à avril 2005, depuis la suppression des derniers quotas, les importations de tee-shirts et de fil de lin ont progressé respectivement de 187 % et de 56 % par rapport à la même période en 2004. Les prix des tee-shirts importés de Chine ont baissé de 36 %. Surtout, les experts de la Commission ont constaté que la production a reculé dans le même temps de 12 % en Grèce, de 30 % à 50 % au Portugal, et de 8 % en Slovénie.

Sur l’ensemble de l’Union, la fabrication de fil de lin aurait, elle, chuté de 25 %, et l’emploi de 13 % en un an, en touchant particulièrement, selon M. Mandelson, la France et l’Italie. Dans cette catégorie, la part de marché de la Chine a presque doublé pour atteindre les 45 %. La hausse des importations en provenance de l’empire du Milieu s’est faite au détriment d’autres fournisseurs traditionnels de l’Union (Pakistan, Sri Lanka, Bangladesh, Inde et Maroc).[...]

Philippe Ricard

Le Monde.fr - 18/05/05
voir article complet et la suite du dossier très détaillé en ligne


Mercredi 18 : Où ça de la contrefaçon en Chine ?

Patrick Devedjian fait une descente dans le marché de la soie à Pékin : radar à contrefaçon en opération…
En plus, c’était encore relativement soft. S’il était venu au Fake Market (Marché du Faux, c’est son nom…) de Shanghai, il se serait peut-être vu proposé “DVD, DVD ! Sex, Sex !” par quelques Chinois hagards…

Visite ministérielle à Pékin d’un haut lieu de la contrefaçon

Le ministre délégué de l’industrie, Patrick Devedjian, n’a pas fait beaucoup d’affaires, mercredi 18 mai, au marché de la soie, haut lieu de la contrefaçon à Pékin : un polo Lacoste acheté 150 yuans (14,35 euros), une chemise Ralph Lauren marchandée pour 125 yuans.[...]

Tous les propriétaires n’ont pas été prévenus de cette visite et certains dissimulent en catastrophe les produits français sous le comptoir à l’approche du ministre et des caméras des chaînes françaises. Les rabatteurs habitués à ouvrir les catalogues des grands noms du luxe sous le nez du chaland ont déserté les rayons. M. Devedjian monte à l’étage des bijoux et des montres, examine une Breitling qu’il pourrait emporter pour 50 yuans, jette un oeil sur les Swatch et les Bulgari, cherche en vain de fausses Rolex. Quelques vitrines ont été recouvertes d’un tissu blanc. Le ministre descend au rayon maroquinerie, en quête d’un sac Louis Vuitton, qu’il déniche au fond d’une échoppe. “Ça a l’odeur du Vuitton, l’aspect du Vuitton, mais ce n’est pas du Vuitton”, ironise-il.[...]

M. Devedjian veut croire à la “bonne foi” de Pékin, qui a durci la répression contre ce phénomène. Mais dès que l’importun a tourné les talons, les modèles disparus réapparaissent et les affaires reprennent.”

Jean-Michel Bezat

Le Monde.fr - 18/05/05
voir article complet


Jeudi 19 : Libertés Internet

Force est de constater que sans “astuce” on ne peut pas accéder à toute la toile depuis la Chine. Des plateformes entières de blogs coupées (Skyblog, BlogSpirit, etc…), les sites “sensibles” traitant de sujets politiques, pornographiques, polémiques, ou même de technologies des réseaux informatiques. La Chine trouvera-t-elle une opposition suffisante pour que les choses bougent ou du moins n’empirent pas… ?

Censure, made in Pékin

Suite à l’annonce faite par Google de l’ouverture prochaine d’un bureau en Chine, Reporters sans frontières a écrit aux deux fondateurs de l’entreprise, Larry Page et Sergey Brin, pour leur demander de répondre clairement à cette question : “Accepterez-vous de censurer votre moteur de recherche si cela vous est demandé par Pékin ?”

Contacté par Reporters sans frontières, le service des relations presse de Google a précisé que leur bureau en Chine n’aurait, dans un premier temps, qu’un rôle d’étude, afin de “mieux comprendre ce marché complexe”.[...]

Jusqu’à récemment, Google avait toujours refusé de se plier à la volonté du gouvernement chinois en la matière. Mais des décisions récentes nous font craindre que votre engagement à respecter la liberté d’expression ne cède face à des logiques commerciales. Tout d’abord, nous avons été étonnés d’apprendre que vous avez investi, en juillet 2004, dans un moteur chinois concurrent, Baidu, qui filtre ses résultats de recherche. Nous comprenons mal que vous deveniez aujourd’hui partenaire d’un site vers lequel les autorités redirigeaient vos utilisateurs, en 2002, lorsque Google était interdit en Chine. Plus inquiétant, en novembre dernier, vous avez accepté de retirer de la version chinoise de votre moteur d’actualité les publications jugées “subversives” par Pékin.

Nous vous demandons simplement de refuser l’autocensure. Si les autorités chinoises souhaitent bloquer l’accès à certains sites Internet, elles doivent le faire elles-mêmes ; elles ne s’en privent d’ailleurs pas. En revanche, nous trouverions extrêmement inquiétant que vous participiez vous-même à la politique de répression de la liberté d’expression engagée par le gouvernement chinois. Certes, votre principal concurrent dans le pays, Yahoo !, a décidé de se plier aux exigences de la Chine dans ce domaine. Mais nous attendons de Google, qui affiche depuis sa création une volonté de respecter certains principes éthiques, une position plus courageuse.[...]

Lettre signée par Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

Zataz Mag.com
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Samedi 21 : Le cinéma chinois récompensé à Cannes

Une note moins dramatique pour cette semaine : le cinéma chinois a son lauréat à Cannes cette année ! “Shanghai Dreams” du réalisateur WANG Xiaoshuai a reçu le Grand Prix du Jury.

Je ne l’ai pas encore vu donc j’aurai du mal à vous en parler, mais vous pouvez déjà retrouver la fiche du film sur le site du Festival de Cannes, ainsi qu’une critique du film ici.

Dimanche 22 : La grippe aviaire, encore
J’apprends ce soir qu’une nouvelle épidémie de grippe aviaire s’est déclarée, cette fois dans une région occidentale de la Chine, ouf j’en suis loin. Remarquez, de toute façon, pour nous ça ne change rien à notre quotidien, nous n’avons pas encore l’habitude de nous promener dans les marchés de volailles. Mais bon pour rassurer tout le monde, c’est promis je ferai attention…

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur cette énième foyer d’épidémie, suivez le lien.

Voilà donc pour la semaine info. Je n’ai pas parlé des élections de Taiwan pour son indépendance (14/05/05) qui l’auraient sûrement mérité, mais je vous laisse lire l’article de Marieke à ce sujet. J’en ai peut-être loupé d’autres. Comme par exemple il paraîtrait que le chinois est la 2ème langue de contenu de page web (derrière l’anglais bien sûr) pour une part de 13%, bon le français 6ème avec 4% (mais 2ème langue des blogs ahah).

C’était une habile tentative de diversifier mes sources, parce que les liens précédents étaient un peu mono-source si vous avez bien tout cliqué ;) Si vous en avez d’autres à suggérer, je suis preneuse, c’est que ça prend du temps de fouiller le web.

Soulagement en Chine : on voit bien la Grande Muraille depuis l’espace

4 mai 2005

Les Chinois peuvent pousser un soupir de soulagement : la Grande Muraille est bien visible, à l’œil nu, depuis l’espace. Une polémique avait en effet éclaté à l’automne 2003, après la première mission spatiale chinoise, quand le cosmonaute Yang Liwei, une fois redescendu sur Terre, avait énoncé cette frustrante affirmation au regard de l’orgueil national. “Vue de l’espace, la Terre est belle, avait-il dit, mais je n’ai pas vu notre Grande Muraille.”

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