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Soulagement en Chine : on voit bien la Grande Muraille depuis l’espace

4 mai 2005

Les Chinois peuvent pousser un soupir de soulagement : la Grande Muraille est bien visible, à l’œil nu, depuis l’espace. Une polémique avait en effet éclaté à l’automne 2003, après la première mission spatiale chinoise, quand le cosmonaute Yang Liwei, une fois redescendu sur Terre, avait énoncé cette frustrante affirmation au regard de l’orgueil national. “Vue de l’espace, la Terre est belle, avait-il dit, mais je n’ai pas vu notre Grande Muraille.”

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Une Chine retentissante

3 mai 2005

S’expatrier dans pays culturellement très éloigné du vôtre, c’est une expérience, ou plutôt des expériences.

Expérience personnelle d’ouverture, de recherche et de découverte,
Expérience humaine d’échanges avec d’autres personnes de tous horizons,
Expérience enfin sensorielle aussi, on en prend plein les yeux, on goûte à tout (ou presque..), on respire les fleurs inconnues et les rues embaumées (je vous dirai pas de quoi…), on manie à pleine main le fruit bizarre ou le serpent vivant pour certains (Marieke si tu me lis ;) ), et enfin, mon point du jour… on en prend plein les oreilles !

Récit d’une journée, d’après mes oreilles…

8h00
Lever. Pour une fois en douceur, personne pour martyriser ma porte, personne à crier sous mes fenêtres… Je n’ai pas eu droit aux petits oiseaux aujourd’hui, ça arrive des fois. Tout est calme, profitons-en pour une fois. Enfin, ça l’a été pour moi. Parce que Marieke, elle ça fait un bail qu’elle est réveillée. 6h45 pour elle aujourd’hui, et oui pas de chance pour Marieke, sa chambre donne tout juste sur le passage qu’utilise le camion du ramassage d’ordures, d’habitude ça dure 5 minutes, aujourd’hui 15, l’attaque fut fatale et le réveil pas terrible…

9h30 - 12h00
Travail journalier du chinois, préparation intensive pré-exam. C’est toujours quand on a besoin d’un peu de calme qu’on est dérangé. Les chinois ont ceci de très caractéristique qu’ils aiment fêter à grand bruit les événements joyeux qui animent leur vie. Aussi chaque anniversaire, mariage, déménagement, emménagement, ouverture de commerce, obtention de diplôme, fête traditionnelle, fête nationale, que sais-je encore augmentation ? départ en vacances ? bref tout est sujet à feux d’artifice de temps en temps, de salve de pétards TOUT - LE - TEMPS ! Je vous laisse donc imaginer (je n’ai pas encore de dictaphone pour enregistrer) ce que ça donne dans mon quartier de Minhang en plein développement économique où dans ma résidence de nouveaux appartements se remplissent encore, où une toute nouvelle résidence de plus de 50 immeubles vient de s’ouvrir juste à côté, où de nouveaux commerces 1- se construisent tous les jours 2- s’ouvrent aussi tous les jours parfois en remplacement des précédents…
Du mal à imaginer encore ? Et bien je pourrais encore vous raconter que pour ce matin, il ne se passait pas une demi-heure sans une de ces fameuses salves. Et oui, quand les chinois sont en vacances, ils en profitent pour remettre à neuf leur commerce, donc forcément quand le boulot est fait, il faut le faire savoir… Ensuite, une salve de pétards, c’est pas 2 ou 3 coups pour rigoler. Non non, c’est de la bonne salve. Typiquement un premier gros coup pour attirer l’attention, quelques secondes d’attente pour le suspens, suivies de 5 bonnes minutes sans s’arrêter, de la salve quoi…

12h15
Déjeuner. Sur le chemin nous ne faisons même plus attention maintenant aux raclages de gorge pré-crachat, là aussi bien sonores. Dans le restaurant où nous nous installons comme dans tous les autres, la télévision est allumée, et toute la salle va en profiter, quel que soit l’intérêt du programme diffusé… Quand nous avons commandé, l’employé lancera à l’autre employé installé dans la rue avec son barbecue “2 brochettes de mouton !”, peut-être n’a-t-il pas crié le nom de nos plats au cuisinier, comme ça arrive en général dans les autres boui-boui de la rue. Durant le repas bien entendu, nos voisins ne se gêneront pas pour aspirer “discrètement” leur nourriture, ambiance conviviale :)

13h00
Métro. Arrivée de la rame à la station de Dongchuan, nous aurons manqué la petite voix annonçant l’arrivée de la rame. Dans la voiture, ayant trouvé une place assise je tente de m’assoupir un peu, malgré les sempiternelles annonces “Nous sommes arrivés à la station X, faites attention aux portes coulissantes, pensez à vos bagages etc…” et “Prochain arrêt station Y” qu’on entend immanquablement à chaque station par les hauts-parleurs situés juste au-dessus des places assises… Enfin depuis septembre dernier j’ai fini par m’y habituée.
Mais là encore, point de répit. Une dame aura eu la bienveillance de faire fonctionner son téléphone portable en radio à 10 cm de mon oreille droite. Ah les chinois et leur téléphone portable, quand c’est pas pour montrer la dernière sonnerie qu’ils ont téléchargée ou pour faire profiter à tout le monde de leur conversation, ils se sentent obligés de mettre l’ambiance…

13h20
Arrivée à Xinzhuang, station d’interconnexion avec la prochaine ligne que nous allons prendre. Cette fois sur le quai, l’arrivée de la rame est d’abord annoncée par la musique émise via les écrans publicitaires/informatifs dont le volume est augmenté pour avertir les voyageurs.

On s’en contenterait bien, mais bien sûr, comme il faut discipliner un peu tous ces gens qui ne font pas bien la queue pour monter dans la rame, plusieurs gardiens vont se charger de mettre tout ça à peu près en ordre à l’aide de porte-voix.

14h00
Arrivée à People Square. La station, déjà très fréquentée en temps normal, est étonnament bondée. Ca siffle de partout, des gardiens à porte-voix à tous les coins de la station, sans omettre la montée de l’escalier en métal par les voyageurs pressés de sortir de là, justement on est bien content une fois dehors. Là bien sûr on retrouve la circulation secouée de klaxons institutionnalisés auxquels on ne fait même plus attention, nous piétons sommes davantage concernés par le bip-bip des passages protégés, que quand il s’arrête, c’est qu’il faut se grouiller de finir de traverser…

Encore qu’à People Square, le bruit automatique finit par se fondre dans le tohu-bohu général… il faut donc faire appel à la force de l’homme en uniforme muni du pouvoir implacable que lui fournit son sifflet, dont il ne manquera bien sûr aucune occasion d’utiliser…

14h00 - 17h00
Courses à People Square et retour à Minhang. Nous aurons tout eu. Les travaux, les hauts-parleurs des grands magasins, les panneaux publicitaires à hauts-parleurs intégrés… et rebelote dans le métro. Arrivée à 17h00 à Minhang… nous sommes complètement claquées.

18h30
Je commence à écrire cet article. Je laisse le son coupé sur mon ordinateur, pas de musique, juste le ronronnement du ventilo de l’ordi pour meubler, tiens pas même un coup de pétard ?

19h45
Pause… Je sors acheter les crêpes que nous mangerons vite fait avant le DVD de ce soir. A peine suis-je sortie, qu’un feu d’artifice retentit 200m plus loin… Ah je me disais bien aussi…

20h15
Article fini, sur ce je vous laisse… mon DVD m’attend, et sur système Dolby je vous prie, au moins ce bruit là, je l’ai choisi ;)

Heureusement les amis sont là…

2 mai 2005

Pas le temps aujourd’hui d’écrire un roman, alors juste un petit message :)

Hier c’était le 1er mai, journée internationalement reconnue comme la Fête du Travail, pas de bol pour la plupart, ça tombait un dimanche cette année…
Mais n’y a-t-il qu’en France que chaque 1er mai on s’offre traditionnellement un brin de muguet ?

En tout cas en Chine, ou du moins près de chez moi, il n’y avait pas de petit marchand de muguet au carrefour à interpeller les passants pour leur proposer le bouquet fraîchement cueilli la veille :(

Mais heureusement, dans la vie, il y a  les amis :)
Après avoir habilement fait comprendre qu’en Chine on ne trouve pas de muguet pour le 1er mai, ma boîte mail n’a pas tardé à recevoir son petit brin de muguet, petite consolation kiféchonokeur… Merci Seb !

Alors si vous non plus vous n’avez pas eu de brin de muguet hier, je veux bien partager le mien.

Il sent bon, hein ;)

Yao Ming, star du basket américain, travailleur modèle 2005 en Chine

1 mai 2005

C’est une tradition du 1er Mai de la Chine communiste. Tous les cinq ans, un peu moins de 3 000 travailleurs modèles sont désignés à l’échelle nationale pour leur contribution exemplaire à la construction socialiste. Le cru 2005 de ces laodong mofan est révélateur de bien des changements.

The Year of the Yao

Affiche du film dédié à l'aventure de Yao Ming en NBA, (c) The Year of the Yao

Le lauréat est en effet le basketteur Yao Ming, pivot vedette de l’équipe américaine des Houston Rockets, qu’il a rejoints en 2002. Il est le sportif le plus connu et le plus riche de Chine, puisqu’il pèse plusieurs dizaines de millions de dollars américains. “Yao Ming est trop riche, il ne peut pas être lao mo. Un travailleur modèle ne peut pas être riche !” , s’offense un internaute sur le site de sohu.com. “Il y a des pauvres gens qui travaillent toute leur vie et ne gagnent jamais rien, et en plus ne sont jamais travailleurs modèles” , vitupère un autre.

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