Shanghai - Page 22 sur 24

La France n’est pas si loin

5 janvier 2005

Hier mardi 4 janvier, à croire que tous se sont passé le mot, la France s’est rappelée à mon bon souvenir…

Et oui car dans la même journée,

1) j’ai reçu une lettre de mes grands-parents. Là où Internet n’est pas d’une grande utilité, rien ne vaut quelques mots couchés sur le papier pour sentir que quelque part là-bas quelqu’un pense à nous,

2) avec Marieke nous avons pu rencontrer Bixuan, un ami de Télécom Paris qui s’apprêtait à rentrer en France après ses quelques jours de vacances en Chine, échanges en Français sur la vie en Chine et la vie en France autour d’un vrai cappucino dans un café de Xujiahui (Sutsiaroui), pause…

coucou Bixuan :)

3) et surtout, et surtout, j’ai enfin reçu mon Nouël de la part de ma famille. Un super colis que je n’ai même pas eu besoin d’aller chercher dans une administration quelconque à pétaouchnok, ma voisine l’ayant gracieusement récupéré pour moi en mon absence, le bonheur !

Et bien sûr, tout a été préparé avec la plus grande attention, pas moins de 5 paquets cadeaux, dont un pour Marieke (et oui, parfait mon pôpa), sans oublier le petit mot de chacun, rien de tel pour mettre du baume au coeur…

Bref une journée kinaféchonokeur ! MERCI MILLE FOIS !

Les couleurs de Shanghai

2 janvier 2005

Lorsqu’on évoque Shanghai, on l’associe immédiatement à la modernité, à la face occidentale de la Chine et ses multiples grattes-ciel. On en oublierai presque qu’il s’agit d’une ville chinoise, qui concentre à elle seule tous les contrastes de la Chine.

La marque vivace de l’empreinte chinoise de Shanghai, ce sont ses marchés. Pas de grandes places qui accueillent 1 jour ou 2 par semaine les étals de marchands itinérants. Non, non, ici si vous voulez passer faire votre marché, il faut d’abord le trouver, ou bien comme c’est le plus probable, tomber dessus par hasard !
En efftet, coincés entre 2 boulevards, les marchés sont souvent des enfilades de petites rues aux maisons basses. Mais une fois que vous l’avez trouvé, rien ne vous empêche d’en profiter tous les jours et à toute heure ou presque. Car ici les marchés sont fixes, les marchands vivent dans leur commerce, derrière les étals qui se succèdent le long des rues.

Ces rues justement nous donnent une toute autre vision de Shanghai que l’image stéréotypée qu’on peut en avoir. On est bien loin des tours aseptisées et des architectures ahurissantes. Ici les cordes à linge remplacent les néons, pas d’agent de la circulation aux carrefours mais des tas de détritus odorants, et donc bien regarder avant de traverser pour éviter de se faire renverser par les vélos imprudents. De temps en temps au bout d’une rue on aperçoit les buildings qui nous rappellent comme des garde-fous que la ville n’est pas bien loin.

Mais moi je préfère m’y perdre dans ces marchés. Ces étals aux odeurs poignantes, tantôt délicieuses tantôt écoeurantes, ces couleurs tranchées, l’étal rouge de la bouchère, le vert du marchand de légumes, le marron du marchand de graines, la fumée qui se dégage des baozi tout chaud, les visages concentrés des commerçants à la tâche.

C’est un endroit qui vit d’une toute autre énergie que celle de l’avenue Nanjing Lu. Une foule incessante de chinois à vélo au milieu des rues, qui s’arrêtent de temps à autre devant l’un des étals, la lampe qui tourne sans fin au-dessus de l’étal du boucher et qui éclaire d’une lumière chaude la viande fraîchement coupée et présentée sur une simple table de bois à la portée de tous. Ne pas trop penser à l’hygiène non plus en passant devant les cuvettes de poisson tout frétillants déposées sur le sol. De toute façon on n’est pas là pour acheter à manger, on vient pour faire partie du grouillement, pour sentir cette atmosphère qu’on cherchait en venant ici, la Chine quoi…

Du paradis à l’enfer

31 décembre 2004

Hier 30 décembre 2004, fait à marquer dans les annales de la Perle de l’Orient : il a neigé à Shanghai !


A mon arrivée début septembre, on m’avait avertie qu’il peut faire très froid à Shanghai, surtout quand il pleut, mais qu’il ne fallait pas que je m’attende à voir de la neige, tant les chutes de neige par ici sont rarissimes.
Et bien pour mon premier hiver à Shanghai, j’ai eu de la neige, 2 fois jusqu’à aujourd’hui ! Il avait déjà neigé le 29, pas suffisamment pour que ça tienne, mais on trouvait déjà ça formidable étant donnée la région. Alors quel ne fut pas notre enchantement en voyant hier, le 30, de gros flocons tomber devant nos fenêtres pour finir en un épais tapis blanc.



Du coup, pour affronter le grand froid shanghaïen, nous avons sorti l’équipement de rigueur :]



Et oui, avec Marieke et Nils, nous sommes allés en ville entre autres pour voir la vue sur les toits de Shanghai depuis le nouvel appart de Timo. En effet, alors que la veille il faisait encore trop doux en ville pour que la neige fasse son apparition, hier elle est belle et bien venue recouvrir les toits du centre de Shanghai.



Bataille de boules de neiges, flocons et duvet blanc, tout ceci aurait pu être simplement idyllique, mais c’est sans compter sur :


- le froid, n’est ce pas Marieke la rouge :]

- la panique créée à Shanghaï !

Déjà qu’en temps normal, mieux vaut ne pas faire trop attention à la façon dont les chinois conduisent au risque de chopper une attaque cardiaque, je vous laisse imaginer la situation quand la température passe sous les 0°C, et que la route n’est plus qu’une piste verglacée !


Comme je vous le disais, la neige à Shanghaï c’est rare, beaucoup de neige : c’est impensable, alors rien n’est prévu pour gérer ce genre de situation. Penser déjà au (bip) que c’est à Paris, là où des dispositifs sont prévus quand il neige, alors imaginer ici… Quelques anecdotes pour mesurer l’ampleur du phénomène :


- Marieke et Nils quittent le centre ville à 21h : métro jusqu’à Xinzhuang pour y prendre un taxi jusqu’à Dongchuan car à cette heure il n’y a plus de métro dans cette direction. Petit problème : à Xinzhuang pas un seul taxi à cause du temps, ils reprennent donc un métro à Xinzhuang pour remonter à une autre station et y prennent un taxi. En ville tout est bloqué, des embouteillages à n’en plus finir, et le pire… des accidents de partout. Marieke aura relevé pas moins de 15 accidents de taxi sur la route. Arrivée pour eux à minuit : 3 heures de trajet quand il en faut en général 1h30.


- De mon côté, j’étais restée en ville et je parviens à prendre le dernier métro 1 vers Xinzhuang : il est 22h45. Timo m’avait conseillé de descendre à Xujiahui pour y prendre un bus (moins cher que le taxi depuis Xinzhuang) mais pour éviter de marcher ensuite dans le froid je préfère l’option taxi, au vu de l’expérience de Marieke et Nils j’ai bien fait. Je descends donc du métro à Xinzhuang. Sauf que de même pas un seul taxi, et pas moyen de remonter, je viens de descendre du dernier métro !

………. MOMENT DE SOLITUDE……………. MOMENT DE SOLITUDE……………


Il fait vraiment trèèèèèès froid, je suis complètement crevée, je suis toute seule, je ne connais personne qui aurait une voiture pour venir me chercher…
De temps en temps un taxi arrive, 20 personnes en mal de taxi se jettent dessus, je hasarde une question pour voir si les personnes n’iraient pas dans la même direction que moi mais en vain. Je prends mon mal en patience, à la recherche d’une solution, appeler quelqu’un pour qu’il m’envoit un taxi peut-être ?

Quand soudain, l’appel salvateur ! JiaoDa Minhang ! JiaoDa Minhang ! Je cours, je me précipite : un mini-bus qui peut me déposer ! Bien sûr c’est illégal, à situation de crise, mesures d’urgence et système D pour pallier aux failles du système établi… Mais c’est surtout très dangereux… A 17 (avec ce qu’il faut de sacs et de gros blousons) dans un véhicule prévu pour 12, sur des routes verglacées, je confie ma vie à un parfait inconnu dont je ne sais même pas s’il a le permis.

J’ai déjà eu de la chance d’avoir une vraie place sur un strapontin, 10 kuai le trajet par personne (pas de prix à la course mais à la tête d’où le remplissage…), avec bien sûr la dose de musique techno et de brouhaha en chinois. A vivre pour le croire !

Enfin j’arrive à 0h15, mes doigts de pieds sont des glaçons et je grelotte de partout. Pas sûr que pour le reveillon du lendemain j’aille en centre ville…
(les photos dans les albums Vie à Minhang et Shanghai J&N)


Epilogue :

Ce matin (31-12), j’ai mal au ventre car j’ai mal digéré ce que j’ai avalé hier à mon retour (j’avais pas mangé durant mon périple) toute stressée que j’étais, et la météo est géniale :

Je pense qu’ils auraient aussi pu mettre qu’il fera froid !

Un Noël sur la Terre (2/2)

30 décembre 2004

Mon Noël à Shanghai, 2ème partie. Pour moi, Noël ne s’arrête pas au réveillon : aînée d’une famille de 6 enfants, le vrai Noël c’est le 25 décembre au matin (ou au midi si le réveillon s’est prolongé tard dans la nuit !), et Shanghai ou pas, c’est le genre de tradition familiale à laquelle on a du mal à renoncer.

Alors, avec Marieke on a tout fait pour cela. Mon article précédent s’est achevé sur mon réveillon, de retour à 3h30, je ne me couche pas tout de suite. Et oui, en France on s’apprête seulement à réveillonner, peut-être y a-t-il quelq’un sur MSN à qui je pourrai souhaiter un bon Noël ? Tout juste, mon cher pôpa vient de finir sa journée de travail, il me guettait lui aussi sûrement sur MSN et, je lui accorde une petite faveur… me connecter quand il sera minuit en France pour souhaiter un Joyeux Noël à toute ma famille réunie par webcams interposées. Petite faveur oui, parce que minuit en France = 7h du matin à Shanghai, soit…argh! 4h de sommeil après un 24 décembre assez long, ah que ne ferait-on pour voir sa famille à Noël !
Alors je me suis réveillée, et devinez quoi ? la webcam côté France marchait pas ;-( Heureusement la mienne marchait, ma famille a pu constater de mon état de fraîcheur :) Puis mon portable sonne, c’est pôpa qui m’appelle avec derrière lui la famille réunie, séquence émotion ou chacun y va de son “Joyeux Noël”, inoubliable…

Puis n’ayant plus la force d’attendre que la webcam française daigne fonctionner, je me recouche… pour me réveiller 3, 4 heures plus tard et poursuivre ce Noël exceptionnel. Avec Marieke nous déposons les cadeaux au pied du sapin, et nous préparons la table du petit déjeuner de Noël. Enfin, brunch de Noël dirons-nous plutôt, regardez un peu :

Au menu :
- croissants et pains au chocolat
- brioches et petits pains
- gâteau au chocolat
- crêpes
- chocolat chaud
- fromage (Président !), yaourts
- confiture, miel, chocolat
- fraises, tomates cerises jaunes
- jus d’orange

… le bonheur !


Cette année aussi le Père Noël nous a gâtées, il suffit d’en juger par nos mines réjouies !

Encore aujourd’hui mon Noël n’est pas fini, j’ai eu un mot du Père Noël m’avertissant de l’arrivée imminente d’un cadeau par la poste… Cette année donc, un Noël étendu dans le temps et dans l’espace.
Merci au Père Noël pour les cadeaux, merci aux télécoms pour m’avoir permis de partager au mieux ce moment avec ma famille, merci à Auchan-Minhang pour ses rayons de pâtisserie et autres petits pains français, merci à Marieke, à pôpa et aux autres pour avoir fait de ce 25 décembre 2004 un vrai Noël !

Un Noël sur la Terre (1/2)

29 décembre 2004

Pour ce premier Noël à Shanghaï, que de choses à raconter ! Pour cette première partie, revenons en arrière de quelques jours,… le 24 décembre dernier c’est la veille de Noël…

Ou plutôt, encore une journée plus tôt, pour commencer. Et oui, cette année pour moi les festivités de Noël ont débuté un peu plus tôt. Mon université organise en effet tous les ans le 23 décembre un repas pour tous les élèves étrangers du campus de Minhang pour fêter Noël. Au menu, quelques numéros (plus ou moins réussis :) ) réalisés par des élèves et présentés devant un peu plus de 350 personnes : chant, lecture de poème, danse thaï et guitare, avec pour toute scène… un escalier, bon un bel escalier, mais un escalier…

Puis un très bon buffet chinois, plats chauds et froids à déguster entre amis de tous horizons. Chacun se verra même remettre en cadeau du chocolat (du bon !). Pour moi ce fut aussi l’occasion de prendre la pose avec mes camarades de classe de chinois. Ici, avec Marieke, nos 3 camarades Nord-Coréens, et une assistante chinoise avec son fils, la dream team quoi :]

Mais bien sûr, un buffet chinois comme repas de Noël, quand on vient de France, on ne s’en satisfait pas vraiment. Alors forcément, le lendemain, on a remis le couvert, mais à notre sauce cette fois ! Cette année, notre repas pour le réveillon, ce sera… une raclette bien de chez nous !
Comment avons nous fait ? Réunir les quatre français du campus, ajouter les petites copines des uns, l’amie venue de France pour les vacances de l’autre, remercier Maxime pour son appareil à raclette (on trouve pas ça à tous les coins de rue à Minhang) et Elisa pour le fromage à raclette qui a bien supporté les 10 heures d’avion et un séjour dans un frigo à Hong Kong, et le tour est joué ! Les images en exclu…


Qui croirait alors, entre 2 fous rires en français, qu’on est à Shanghai ? Certains trouveront le repas somme toute assez modeste pour un réveillon, mais qui dit réveillon ne dit-il pas repas exceptionnel ? Et quoi de plus exceptionnel qu’un repas de Noël entre francophones autour d’une raclette à Shanghai, dans la joie et la bonne humeur de rigueur ? Merci à tous c’était super !

Mais vous croyez que ça s’arrête là ? C’est sans compter sur toutes nos ressources :] Le repas terminé, direction réveillon à l’allemande chez nos voisins d’en face. Le thème de la soirée, Gluwein (pardonnez l’orthographe), concours de poèmes en anglais, ambiance internationale oblige, et échange de cadeaux… tout un programme !
Il y avait donc du monde ce soir là sur le balcon d’en face, un verre de vin chaud relevé de cannelle, de citron et d’orange à la main, les gants, l’écharpe, à chanter, chacun dans sa langue les classiques de Noël autour d’un barbecue aux charbons rougeoyants… délicieux…


Puis le concours de poèmes, des plus courts aux plus longs, bons mots et odes à Noël, certains y ont ajouté une touche particulière : tour de magie, excuses à la caméra pour non préparation de poème, voire composition à la guitare. Morceaux choisis…


Après quoi les dés nous ont permis de choisir chacun à notre tour l’un des petits cadeaux au pied du sapin (le nôtre que nous avons prêté pour la soirée mais que nous avons bien vite récupéré :] ), il y en a qui ont été déçus et d’autres ravis comme toujours avec ce jeu, mais qu’importe, il s’agissait surtout de passer un réveillon ensemble.

Je ne saurai pas vraiment dire où nous avons passé le nôtre, à Shanghai, en France, en Allemagne,… Certes sans la famille, mais avec les amis : c’était un Réveillon de Noël, quelque part sur la Terre…