L’Opéra de Pékin

12 février 2005

Découverte d’un art ancestral chinois, version abrégée… l’Opéra de Pékin, à Pékin :)

Au programme de la soirée du 12 février, après la visite du Temple du Ciel et d’un passage dans un magasin de la soie, nous sommes allées divertir et cultiver nos oreilles et nos yeux en assistant à une représentation d’Opéra de Pékin.

En réalité, nous avons un peu triché, je dois l’avouer…

Après plusieurs mois passés en Chine, j’avais évidemment entendu parler et entendu tout court de l’Opéra de Pékin.

Ses caractéristiques sont entres autres :

  • les costumes traditionnels, qui, tout comme les maquillages de visages, sont très codifiés pour représenter le statut, le rôle, le caractère d’un personnage ;
  • des décors très sommaires, le strict nécessaire ;
  • des acrobaties notamment lors des scènes de combat… mais surtout, surtout…
  • une musique très… particulière… en tout cas très éloignée de ce que nous connaissons
  • à noter aussi qu’habituellement, une représentation peut durer de 5 à 6 heures.

C’est pourquoi, quand nous avons réservé la séance auprès de notre hôtel, nous avons opté pour la formule courte d’une heure dans un théâtre affichant les sous-titres en anglais, histoire d’essayer de comprendre quelque chose, nous qui faisons partie du public “non averti”…

 

En ce samedi soir donc, nous étions les 2 seules personnes de l’hôtel à avoir réservé pour le spectacle. Nous y sommes menées en taxi avec la jeune fille du service de réservation : le théâtre Liyuan se situe en fait au rez-de-chaussée d’un hôtel du centre de Pékin. Le temps pour notre guide de récupérer nos billets et de nous donner l’argent pour le taxi de retour ainsi que la petite carte “Ramenez-moi à cette adresse, gnagnagna” (genre on est pas cap de se débrouiller toutes seules….), nous voici installées dans la salle de théâtre.

Les hôtesses tenteront de nous vendre plusieurs fois les systèmes audio pour suivre la représentation en anglais, mais nous refuserons, voulant profiter pleinement du spectacle.

- De mon côté en plus, j’avais l’immense joie d’avoir pour voisin un utilisateur de ces systèmes qui me faisait profiter de sa traduction tant le volume était élevé… donc un conseil si vous voulez une traduction simultanée, ne pas acheter mais demander à vos voisins de monter le son ;) -

Également avant le début de la représentation, nous avons pu assister à la séance de maquillage des artistes dans la pièce qui jouxtait la salle de théâtre.

On découvre alors la transformation qui s’opère sur les visages. Chacun se maquille lui-même devant un petit miroir de table, le pinceau à la main, un trait de rouge pour celui-ci, une tâche de blanc pour celui-là…

Les gestes semblent obéir à un rituel qu’on n’ose pas déranger, même si les artistes restent impassibles face au mitraillage photographique des touristes :)

De retour à nos places, plus que quelques minutes avant le lever de rideau. Nous remarquons juste devant nous une table type table de restaurant avec ce qu’il faut pour grignoter pendant le spectacle. Et oui, c’est une des habitudes chinoises, au théâtre, pendant les représentations (qui peuvent être longues ne l’oublions pas…) on mange ensemble autour d’une bonne table.

Ainsi au fur et à mesure que la salle se remplit, nous voyons différents groupes s’installer autour de ces tables et y faire connaissance. Plus convivial que le pop-corn tout seul devant un grand écran ;)

Mais déjà la salle s’assombrit, les écrans qui afficheront les sous-titres commencent à s’affoler de plus belle, c’est le moment, c’est l’instant, le rideau va s’ouvrir

… et nous commencerons par découvrir l’ensemble des musiciens, pas plus de 5 ou 6 d’après mes souvenirs, disposés en arc de cercle chacun occupé à son instrument typiquement chinois et pas de chef d’orchestre. Puis ils se déplaceront à une extrémité cachée de la scène où ils resteront jusqu’à la fin du spectacle.

La représentation en elle-même se décomposait en fait en plusieurs tableaux, indépendants les uns des autres, probablement pour permettre aux touristes venus ici pour une version condensée de voir un échantillon assez large de ce que l’Opéra de Pékin propose.

Le chant d’une déesse de la montagne, les combats en duel et les facéties d’un aubergiste passeront entre autre devant nos yeux. Nos oreilles supporteront assez difficilement les élans vocaux de la déesse de la montagne dont les mouvements de rubans colorés nous auront pourtant ravis, et nous serons époustouflées par les combats acrobatiques exécutés en cadence avec la musique saccadée et particulière de l’Opéra de Pékin.

De ce que les artistes chantaient… nous ne comprenions absolument rien…

Bien sûr les chants étaient en chinois, mais qui plus est, les sonorités étaient modulées comme elles peuvent l’être dans nos Opéras occidentaux, rendant impossible la distinction d’éventuels phonèmes que j’aurais pu reconnaître.

Certes nous avions les écrans pour les sous-titres. Mais nous les avons à peine utilisés, peut-être tout simplement parce que le visuel parlait de lui-même. Certes beaucoup de subtilités nous ont échappé, mais nous avons pu apprécier la représentation à notre manière…

Ainsi, ne serait-ce que par curiosité d’esprit ou par intérêt pour la culture chinoise, je pense que ça vaut le coup de voir au moins une fois (si on le peut bien sûr :) ) un Opéra de Pékin. Après, comme pour tout ce qui relève du suggestif et encore plus en matière d’art, on aime ou on n’aime pas.

Je n’étais pas fan de la musique, mais j’ai applaudi la performance acrobatique et scénique.

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