Du paradis à l’enfer

31 décembre 2004

Hier 30 décembre 2004, fait à marquer dans les annales de la Perle de l’Orient : il a neigé à Shanghai !


A mon arrivée début septembre, on m’avait avertie qu’il peut faire très froid à Shanghai, surtout quand il pleut, mais qu’il ne fallait pas que je m’attende à voir de la neige, tant les chutes de neige par ici sont rarissimes.
Et bien pour mon premier hiver à Shanghai, j’ai eu de la neige, 2 fois jusqu’à aujourd’hui ! Il avait déjà neigé le 29, pas suffisamment pour que ça tienne, mais on trouvait déjà ça formidable étant donnée la région. Alors quel ne fut pas notre enchantement en voyant hier, le 30, de gros flocons tomber devant nos fenêtres pour finir en un épais tapis blanc.



Du coup, pour affronter le grand froid shanghaïen, nous avons sorti l’équipement de rigueur :]



Et oui, avec Marieke et Nils, nous sommes allés en ville entre autres pour voir la vue sur les toits de Shanghai depuis le nouvel appart de Timo. En effet, alors que la veille il faisait encore trop doux en ville pour que la neige fasse son apparition, hier elle est belle et bien venue recouvrir les toits du centre de Shanghai.



Bataille de boules de neiges, flocons et duvet blanc, tout ceci aurait pu être simplement idyllique, mais c’est sans compter sur :


- le froid, n’est ce pas Marieke la rouge :]

- la panique créée à Shanghaï !

Déjà qu’en temps normal, mieux vaut ne pas faire trop attention à la façon dont les chinois conduisent au risque de chopper une attaque cardiaque, je vous laisse imaginer la situation quand la température passe sous les 0°C, et que la route n’est plus qu’une piste verglacée !


Comme je vous le disais, la neige à Shanghaï c’est rare, beaucoup de neige : c’est impensable, alors rien n’est prévu pour gérer ce genre de situation. Penser déjà au (bip) que c’est à Paris, là où des dispositifs sont prévus quand il neige, alors imaginer ici… Quelques anecdotes pour mesurer l’ampleur du phénomène :


- Marieke et Nils quittent le centre ville à 21h : métro jusqu’à Xinzhuang pour y prendre un taxi jusqu’à Dongchuan car à cette heure il n’y a plus de métro dans cette direction. Petit problème : à Xinzhuang pas un seul taxi à cause du temps, ils reprennent donc un métro à Xinzhuang pour remonter à une autre station et y prennent un taxi. En ville tout est bloqué, des embouteillages à n’en plus finir, et le pire… des accidents de partout. Marieke aura relevé pas moins de 15 accidents de taxi sur la route. Arrivée pour eux à minuit : 3 heures de trajet quand il en faut en général 1h30.


- De mon côté, j’étais restée en ville et je parviens à prendre le dernier métro 1 vers Xinzhuang : il est 22h45. Timo m’avait conseillé de descendre à Xujiahui pour y prendre un bus (moins cher que le taxi depuis Xinzhuang) mais pour éviter de marcher ensuite dans le froid je préfère l’option taxi, au vu de l’expérience de Marieke et Nils j’ai bien fait. Je descends donc du métro à Xinzhuang. Sauf que de même pas un seul taxi, et pas moyen de remonter, je viens de descendre du dernier métro !

………. MOMENT DE SOLITUDE……………. MOMENT DE SOLITUDE……………


Il fait vraiment trèèèèèès froid, je suis complètement crevée, je suis toute seule, je ne connais personne qui aurait une voiture pour venir me chercher…
De temps en temps un taxi arrive, 20 personnes en mal de taxi se jettent dessus, je hasarde une question pour voir si les personnes n’iraient pas dans la même direction que moi mais en vain. Je prends mon mal en patience, à la recherche d’une solution, appeler quelqu’un pour qu’il m’envoit un taxi peut-être ?

Quand soudain, l’appel salvateur ! JiaoDa Minhang ! JiaoDa Minhang ! Je cours, je me précipite : un mini-bus qui peut me déposer ! Bien sûr c’est illégal, à situation de crise, mesures d’urgence et système D pour pallier aux failles du système établi… Mais c’est surtout très dangereux… A 17 (avec ce qu’il faut de sacs et de gros blousons) dans un véhicule prévu pour 12, sur des routes verglacées, je confie ma vie à un parfait inconnu dont je ne sais même pas s’il a le permis.

J’ai déjà eu de la chance d’avoir une vraie place sur un strapontin, 10 kuai le trajet par personne (pas de prix à la course mais à la tête d’où le remplissage…), avec bien sûr la dose de musique techno et de brouhaha en chinois. A vivre pour le croire !

Enfin j’arrive à 0h15, mes doigts de pieds sont des glaçons et je grelotte de partout. Pas sûr que pour le reveillon du lendemain j’aille en centre ville…
(les photos dans les albums Vie à Minhang et Shanghai J&N)


Epilogue :

Ce matin (31-12), j’ai mal au ventre car j’ai mal digéré ce que j’ai avalé hier à mon retour (j’avais pas mangé durant mon périple) toute stressée que j’étais, et la météo est géniale :

Je pense qu’ils auraient aussi pu mettre qu’il fera froid !

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Un commentaire pour “Du paradis à l’enfer”

  1. Commentaire par Gia :

    Bonjour Céline !!
    Quelle chance de tomber sur ton blog. Moi aussi, j’ai passé mon Nouvel An à Shanghaï. Ca faisait plus de cinq ans que je n’y avais pas mis les pieds. Je suis arrivée le 31 décembre au matin, après avoir passé 18 heures dans un bus, pour un voyage qui devait en durer 6. La neige, le gel, le froid, les accidents, je me rappelle de tout ça. Quand dans la rue, un shanghaïen m’a dit qu’il n’avait pas fait aussi froid dans sa ville depuis 10 ans, je ne le croyais qu’à moitié. Apparemment, c’était un jour de l’an exceptionnel que nous avons vécu :)

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