Etudiante à Shanghai - Page 9 sur 14

L’Empire fleurit

10 avril 2005

Le 1er avril est passé… et le printemps est arrivé !

Depuis quelques jours il fait bon flâner dans les rues de Minhang et surtout dans les allées de l’université. On se met à penser qu’avec un tel soleil, les yeux bridés ça pourrait être pratique, on pense lunettes de soleil, chapeau, et on a déjà enlevé la 2ème couette si précieuse pour passer l’hiver…

On met bizarrement plus de temps à faire le trajet entre nos salles de cours et l’appartement. Pourquoi ? Bain de soleil et surtout bain de fleurs…
Quand la printemps arrive, la Chine fleurit, et l’expression l’Empire Fleuri prend alors tout son sens.

Ca ne ressemble pas à la Louisiane,

Ca ne ressemble pas à l’Italie,

Mais c’est vraiment joli…

Les beaux jours reviennent… et le basket aussi !

2 avril 2005

Notre professeur de chinois nous l’avait annoncé, les beaux jours à Shanghai reviennent avec le mois d’avril, et à SJTU, quand les beaux jours reviennent,… les ballons oranges fleurissent sur des terrains de basket bleus !

Déjà à la rentrée de septembre et jusqu’à fin novembre l’an dernier, avec Marieke nous avions pu écumer tous les terrains de basket de SJTU, et il y en a beaucoup, pour notre plus grand bonheur ;)

Car à SJTU Minhang, il y a le lot de vieux terrains de basket - au moins 5 terrains chacun avec leurs 6 paniers toujours plus ou moins en service…

Et il y a aussi le lot de terrains récents (au moins 4 terrains par là encore) où déjà on avait penché pour la couleur bleu, …

Et enfin le lot de terrains flambant neuf, où le bleu est définitivement dominant pour 4 terrains avec sol amortissant… mais que demande le peuple ? le service de boisson peut-être :)

Donc avec tout ça, forcément avec Marieke, on a souvent eu l’occasion de se faire remarquer par les hordes de basketteurs chinois qui se défoulaient à l’occasion quand il faisait beau l’automne dernier : nous étions les seules demoiselles à jouer sur les terrains, qui plus est bien évidemment étrangères, et à pas trop mal se débrouiller… plus de 12 et 15 ans de basket derrière soit, ça laisse des traces ;)
Du coup nous avions eu l’occasion de nous faire des potes chinois avec qui nous jouions régulièrement. D’ailleurs ici le plus drôle c’est le processus pour faire connaissance :

  • on joue plus d’une heure ou deux ensemble,
  • puis “waouh vous jouez bien, vous venez d’où ?”, ce à quoi la réponse surprend toujours. Non ne sommes ni Américaines, ni Russes, nous sommes Françaises, vous savez le pays super romantique…
  • puis “c’est quoi votre spécialité ?”, alors là, le “Sécurité de l’information, télécom, informatique” ça laisse souvent pantois :)
  • avant de nous demander notre nom, puis enfin le numéro de téléphone, avec parfois de bonnes surprises ;)

Mais quand l’hiver est arrivé, plus moyen d’utiliser tous ces terrains d’extérieur, et le gymnase était en travaux, alors pour garder une activité sportive nous avons dû nous réorienter, natation pour Marieke, tkdo pour moi.
Mais quand on est des vraies basketteuses comme nous, on reste frustrées tant qu’on tape pas la baballe…

Et là, pouf, fin mars le soleil refait surface !
Et, alors que nous avions déjà repris le chemin des terrain pour retrouver toutes nos sensations, voici qu’un beau jour on me contacte sur mon portable, numéro inconnu…

  • “Wei ? (Allo en chinois)
  • I’m a foreign student at SJTU
  • ok… (mais comment tu connais mon numéro toi ?)
  • I know you like to play basketball
  • Sure ! (ah ok, je comprends comment tu as eu mon numéro…)
  • would you be interested in joining our team and practice ?
  • Of course I would be !”

Bien sûr Marieke aura reçu le même genre de coup de fil, et c’est ainsi que nous avons été conviées à rejoindre l’entraînement des étudiants étrangers de SJTU, cool ! Mais pourquoi une équipe d’étudiants étrangers, c’est une constante ici, pour tous les sports, chaque département de l’université à son équipe exclusivement composée de Chinois, les étrangers doivent s’organiser entre eux, mais quand ceux-ci suivent les cours dans les mêmes départements que les Chinois… un peu dommage non ?

Bref nous nous rendons donc à l’entraînement, et nous comprenons que cet assaut téléphonique était dû à l’approche imminente du tournoi de printemps que l’université organise, chouette on va enfin jouer pour de vrai !
Bon l’entrainement était déjà des plus comiques. Notre fière équipe filles étrangères se composent de nous 2 françaises, d’une japonaise et de taïwanaises, donc logiquement langue internationale adoptée… LE CHINOIS, pourquoi toujours l’anglais non mais c’est vrai quoi ?!

Nous on aurait peut-être quand même préféré, parce que pour expliquer à nos coéquipières relativement débutantes les exercices que nous pensions faire, on a dû ressortir toute notre pédagogie basket, nos mains, nos pieds, et notre petit bagage de chinois pour tenter de ne pas craquer… ah le criss-cross expliqué en chinois, ça donne…
Enfin nous avons réussi à faire 2 ou 3 choses, parfois avec l’aide des garçons qui gèrent à la fois le basket ET le chinois.

Et il fallait bien qu’on se comprenne, car le lendemain, premier match du tournoi. Ici ce tournoi est super important, beaucoup plus que nous l’avions supposé. Les équipes s’entraînent toute l’année pour ça, et nous nous arrivons avec 1 entraînement en équipe pour le premier match, stressssss un peu quand même, car le public est là !

Le temps de s’échauffer, le tension monte, et le soleil tape. Toute l’équipe s’est rassemblée, et naturellement les garçons sont venus en nombre nous supporter, enfin peut-être surtout aussi parce qu’ils jouaient après ;)

On répète les mouvements qu’on aimerait bien pouvoir réaliser pendant le match qui va suivre, ah les adversaires arrivent, la tension monte d’un cran…
Et bizarrement nous découvrons pour la première fois ces Chinoises qui font du basket. Marieke et moi, nous étions toujours les seules filles sur les terrains. Bon ok, nous avons eu une fois un entraînement avec d’autres Chinoises, mais elles étaient une dizaines à tout casser censées représenter tout le campus, et là il y en avait 10 d’un même département, arborant fièrement leurs maillots rouges numérotés comme il se doit, quand nous avons dû faire les placards pour trouver un maillot foncé…

Autre détail vestimentaire, Marieke et moi sommes les 2 seules filles à porter… des shorts ! Je tiens à rappeler qu’il y avait un magnifique soleil, et sur un terrain de basket, logiquement sans ombre, il fait bien chaud, notamment quand on court un peu, et puis on est basketteuse ou on l’est pas !
Mais aucune autre fille n’aura de short, et je me demande si pour les jeunes filles asiatiques, il est bien décent de se montrer jambes découvertes…

Puis le match commence, et très vite le ton est donné. Nos adversaires savent courir et jouer ensemble, et sont très hargneuses… J’ai eu droit à mon premier coup de boule (involontaire heureusement) droit dans le nez dès la 2ème action, et Marieke aura eu l’immense chance d’être assaillie et d’avoir un statut “privilégié” par les arbitres… Un match loin d’être reposant se profile alors, surtout que nous imaginions jouer 30 minutes grand max, un tournoi quoi… Et bien non, quand nous pensons avoir atteint le mi-temps, il s’agissait en fait du quart-temps, un vrai match quoi, d’où l’intérêt porté par toute l’université. La condition physique pour jouer un match tout terrain à 6 filles, puis 5 (Marieke nous a été enlevée à mi-match), puis à 4 car une de mes co-équipières s’est sentie faible, re-5 une inconnue vertes nous rejoint… face à 10 filles remontées à bloc… bah c’était dur…
Je crois que les spectateurs ont dû m’entendre souffler plusieurs fois, c’est qu’il faut en donner de l’énergie pour coller au score dans de telles conditions ;)

Alors oui, je dois l’avouer on a perdu :(  - 26-30 score final.
Ce qui nous a dégoûté dans l’histoire, c’est quand on a appris que de toute façon, nous aurions beau faire notre maximum, les chinois ne laisseront jamais passer une équipe de basket non-chinoise. Apparemment, il existe une véritable hostilité complètement réciproque entre chinois et asiatiques non chinois. Ajouté à celà les 2 françaises qui se la jouent en short, ils nous attendaient au tournant comme on dit.
Malgré cette ambiance un peu mauvais esprit il faut l’avouer, au coup de sifflet final, à mon habitude, je suis allée serrer la main de mes adversaires, parce que je peux moi aussi être hargneuse sur un terrain, mais finalement, ça reste du sport.
Mes adversaires chinoises étaient pour le moins surprises, mais si ce geste peut faire un peu évoluer l’opinion de quelques personnes à notre égard (moi amie :) ), alors je n’aurais pas tout perdu cette journée.

PS : Merci, (Danke schön ! plutôt ;) ) à Nils pour toutes les super photos du match !

Un dimanche comme on les aime…

20 mars 2005

Le dimanche matin, c’est sacré… En général le dimanche matin on n’a pas cours, en général le dimanche matin on récupère d’un samedi soir qui s’est prolongé tard dans la nuit, donc en général le dimanche matin… ON DORT !

Et bien visiblement pas en Chine… ou tout du moins pas aujourd’hui, vous allez comprendre pourquoi…

Il est assez fréquent (je dirai un dimanche sur 2, 3 dans le meilleur des cas…) qu’on se fasse surprendre le dimanche matin sur les coups de 10 h : compteur de gaz, eau, électricité que sais-je encore…, à relever, et forcément le dimanche matin. Bien sûr en général on apprécie moyen, mais nous avons fini par nous y faire surtout que l’heure restait… disons raisonnable…

Mais aujourd’hui, on a battu tous les records !
Débuts des hostilités vers 7h30, enfouie sous les couettes je distingue l’écho d’un mégaphone qui devait circuler dans les allées de la résidence, qu’est-ce qui leur prend encore ce matin ?

La réponse n’allait pas tarder à se faire connaître…
7h45, on sonne à notre porte, le désormais habituel tidu..tidu..tidu… de la sonnerie électrique en standard dans tous les appartements de la résidence. Sauf que Marieke et moi, l’une comme l’autre avons préféré rester chacune au fond de notre lit, pour les compteurs, ils repasseront plus tard…
Que nous croyions… après les 5 minutes de sonnerie intempestives, 30 secondes de répit, et cette fois ils ont repris de plus belle en s’acharnant sur l’interphone à l’entrée du bâtiment… on ne bouge pas… on fait le mort, ils finiront bien par partir !

Encore perdu.
L’étape suivante : c’est notre porte qui en a le plus souffert. Nous avons en effet à déplorer l’aggresion sauvage de notre porte à coup de main de chinois matinal qui voulait absolument nous réveiller et auquel nous avons fini par ouvrir par souci de préserver notre porte d’entrée…

8h00 donc, nous ouvrons enfin, et pourquoi tout ce ramdam ? Pour venir coller des autocollants sur nos appareils à gaz, apparemment nous ne devons pas nous en servir, mais jusqu’à quand ??

8h45, et un petit déjeuner à maugréer après les chinois plus tard, deuxième réponse. On sonne à notre porte, encore… la pauvre elle a pris cher aujourd’hui. Un employé de la compagnie de gaz vient pour trafiquer notre chauffe-eau.

9h00, l’employé est toujours dans la cuisine bien occupé, cette fois c’est le téléphone qui sonne, tiens, on l’avait pas encore entendu ce matin ?!ok
C’est notre propriétaire qui souhaite savoir ce qui se trame, et qui veut venir se rendre compte par lui-même… Soit,  plus on est de fous plus on rit !

Donc 9h20, la porte est encore mise à contribution, arrivée du propriétaire, direction la cuisine pour manager l’employé du gaz toujours très affairé.
9h30, arrivée d’un autre fou, pour rigoler encore davantage, youhou… Un autre employé de la compagnie de gaz… mais c’est pas la même compagnie, donc on a droit à un autre employé, nous et notre porte qu’est-ce qu’on en a de la chance…

Et voilà comme on en vient à recueillir en pyjama chez soi, dans sa cuisine, 3 chinois qui parlent de gaz un dimanche à 9h30…

… et puis je ne vous parlerai pas de mes voisins du dessus qui depuis 10h sont en train ou bien de casser un mur ou bien de percer le plancher, parce que là je vais pleurer.

Quand on pense que dans nos petites villes de France, on nous interdit de tondre la pelouse le dimanche, mais le bruit d’une tondeuse à la campagne, c’est doux à côté de ce qu’on a eu ce matin… en tout cas, notre porte et nous, on aurait préféré :)

Sandrine à Shanghai !

5 février 2005

Voilà c’est le grand jour, c’est aujourd’hui que ma cousine Sandrine arrive à Shanghai !

Arrivée à l’aéroport international de Pudong PVG, à 17h25 heure locale, en provenance de Paris, et oui ma cousine c’est Sand from Paris :)
Je vais aller la chercher à l’aéroport. Ce sera mon premier retour sur les lieux où j’ai débarqué il y a plus de 5 mois maintenant, le 31 août dernier… ah 5 mois déjà et c’est moi qui vais servir de guide à présent. Encore qu’en 5 mois je n’ai pas eu l’occasion de voir tout ce qu’il y a à voir à Shanghai. Quand on vit dans une ville on se dit qu’on a le temps de visiter, ce n’est pas comme quand on y vient en touriste pour 1 semaine ou 2.

Du coup je suis bien contente que Sandrine arrive. Déjà parce que ça fait longtemps que je l’ai pas vue ma cousine, on va avoir plein de trucs à se raconter :)
Et puis parce que ça sera l’occasion pour moi de parfaire ma connaissance de Shanghai. Sans compter bien sûr qu’à l’occasion des festivités du Nouvel An Chinois, nous irons à Pékin pour quelques jours.

Quand je vivais à Paris pour mes études, avec Sandrine on se retrouvaient régulièrement pour arpenter les rues de la capitale, le long des quais de Seine et surtout du côté de la place de la Bastille pour déguster, grandes gourmandes que nous sommes, des super profiterolles…

Voilà, avant c’était Céline et Sandrine 2 cousines à Paris, à partir d’aujourd’hui et pour 3 semaines ce sera Céline et Sandrine 2 cousines en Chine !

Bon je vous laisse, faudrait pas la laisser toute seule à l’aéroport quand même :|

Le Simba Coffee, pour souffler à Minhang

4 février 2005

Aller au TKDO ça aide pas seulement à avoir des courbatures partout, ça permet aussi sur le chemin entre chez soi et la TKDO place de visiter un peu Minhang. Et y’a besoin de visiter souvent car Minhang (Minhang Development Zone pour être complet) change très vite. Ainsi c’est sur mon vélo, de retour du TKDO et toute transpirante que j’ai découvert le Simba Coffee.

Je dirais plutôt que c’est comme ça que je l’ai remarqué. Il faut dire qu’à Minhang, les lumières tamisées et l’ambiance chaleureuse qui se dégageait des vitrines joliement décorées tranchait un peu avec la lumière vive des restaurants ou du coiffeur juste à côté. Et oui aujourd’hui je vous présente un peu plus la rue Yongping qui jouxte ma résidence, après le salon de coiffure d’hier, ce café que nous avons testé mercredi dernier avec Nils et Marieke, et que nous avons trouvé génial.

Quand je disais que Minhang change très vite, en voici une illustration. Ci-dessous une photo que j’avais prise le 06 janvier dernier.

Et voici ce que c’est devenu aujourd’hui.

Sur le pas de porte on a disposé des plantes. On devine dans les vitrines des étagères garnies d’objets déco, petits vases, le lieu respire la tranquilité et la simplicité.

Quand nous rentrons nous sommes chaleureusement accueillis, mais ça c’est typiquement chinois, en tout cas pour les commerçants envers les étrangers.

A l’intérieur, comptoir et meubles tout en boiseries, musique jazzie, l’endroit est confortable et coloré, tout en nuances de jaune, orange et bleu.

On nous apporte très vite la carte, très sympa elle aussi, un peu à la façon des livres pour tout-petits, en carton épais recouvert d’une pellicule plastique. Ecrite en Chinois et en Anglais, incroyable à Minhang !

On y retrouve les cafés et autres cappucino, mais nous voyons sur la table derrière nous qu’ils servent également des plats de fruits.

Bien sûrs les prix sont plus élévés que la moyenne de Minhang (compter 25 yuans pour les boissons chaudes), mais nous sommes conquis par l’atmosphère du lieu, tellement inattendue et bienvenue !

Surtout que nous avons très vite repéré la console où étaient rangés les jeux de société ! Super, nous voici Marieke et moi qui apprenont à Nils comment jouer aux dominos, s’ensuit une série de parties de Mikado…

…alternées avec des parties de Jenga aux couleurs du lieu.

C’était tendu le Jenga, ….très tendu :]

J’ai aussi remarqué les dames chinoises, toujours dans l’esprit des couleurs, Marieke et Nils ne savaient pas y jouer, faudra bien qu’on y retourne pour que je leur apprenne ;)

Le moment venu de partir, conversation avec les employés du café, quand nous leur confirmons que nous sommes étudiants à Jiaoda (diminutif de Jiaotong Daxue), ils nous proposent la carte de fidélité pour les étudiants, moins 20% les prochaines fois, trop bien !

A en juger par le numéro, nous faisons partie des tout premiers clients.

Une employée nous fait faire le tour du propriétaire, nous découvrons l’arrière-salle avec de longues tables étroites entre de longs canapés, chaque ensemble séparé par une cloison. Elle nous apprend également qu’ils servent des pâtes italiennes, des pizzas. Bref un endroit calme, sympa, avec de la bonne musique, où l’on peut venir seul feuilleter l’un des nombreux magazines chinois ou livres anglais, ou entre amis discuter autour d’un délicieux cappucino, jouer aux dominos comme au Mah-jong, ou manger autre chose que de la nourriture chinoise, le bonheur quoi !

Le Simba Coffee
174, Yongping Lu
A 100 m en face de JiaoDa

Retenez-bien cette adresse si vous venez à Minhang, moi en tout cas je ne l’oublierai pas ;)