Voyage vers l’Ouest (1) Désorientée à Ürümqi

13 novembre 2011

Mon voyage vers l’ouest chinois commença naturellement par un vol en avion. Shanghai-Hongqiao - Ürümqi, c’est 5h30 de vol environ, la moitié d’un Shanghai - Paris pour une distance et un prix aller-retour légèrement inférieurs à leur moitié respective (3300km, compter entre 3000 et 3500 RMB sur China Eastern). Samedi 10 septembre, je partai donc à l’aventure, seule une fois de plus sur les routes de Chine, excitée comme une puce à l’idée de partir à l’autre opposé de la Chine, aux bords du Moyen-Orient.

On ne peut pas dire que mon transit se passa mal, mais il présagea des premières heures “décontenançantes” que j’allais passer au Xinjiang.

A peine arrivée à l’aéroport, que me voilà déjà avec un contre-temps sur les bras : mon sac ne passe pas le contrôle du check-in, je dois me rendre à la salle d’inspection, et je me vois déjà à devoir déballer toutes mes affaires. Ça commence mal, moi qui aime bien quand tout se passe vite et sans encombre à l’aéroport… Finalement ce n’est pas grande chose : pour une fois que je pensais à prendre une batterie d’appareil photo en rab, c’est elle qui m’a valu ce court désagrément car il est interdit de la mettre dans les bagages à soute, il faut la garder sur soi (et oui, dans l’appareil ça passe, mais en dehors non, allez comprendre pourquoi !)

Suite à cela, naturellement, 1 heure de retard au décollage de notre vol, pour cause de problème appareil. Première occasion qui suffit à me ravir d’avoir apporté mon iPad tout neuf et fraîchement équipé de la 3G, et qui a le bonheur de supporter mon VPN ! De quoi passer le temps, me permettre de me renseigner durant mon voyage, et surtout de pouvoir visionner toutes les photos qu’il me tarde de prendre : ) Sans pour autant s’encombrer d’un ordinateur portable. Ce fut un très bon compagnon de voyage !

Dans l’avion, il y avait très peu de passagers, et force était pour moi de constater que j’étais la seule étrangère. J’étais tout bonnement toute seule sur toute la rangée de 7 sièges : je commençai donc à croire à un voyage fort agréable et reposant. Mais dès les premières minutes en vol, je fus prise d’une sorte de malaise, moi qui ne suis jamais malade en avion : ( J’ai ressenti cela comme un problème de pression, toujours est-il que j’ai eu du mal à respirer pendant de longues minutes.

A l’approche d’Ürümqi, j’oubliai ce mauvais moment en découvrant par le hublot les montagnes du Xinjiang, dont les sommets étaient parfois enneigés. Magnifiques paysages, me voilà…

Montagnes aux abords du Xinjiang

Mais il me faudra encore du temps avant de pouvoir goûter leur charmes…

Arrivée vers 17h, je découvre avec douceur la chaleur sèche d’Ürümqi, tellement agréable comparée à la moiteur de Shanghai. Heureusement, car nous devons attendre très longtemps pour nos bagages et encore à nouveau pour prendre un taxi. Décidément Ürümqi se mérite…
Une fois dans la ville, il m’a fallu un peu de temps pour trouver l’auberge de jeunesse que j’avais réservée : le Maitian Youth Hostel. Située dans une contre-allée mal numérotée près d’un centre commercial avec un signe peu visible, disons que je commençais à être irritée en arrivant… Et je le fus d’autant plus par l’accueil décidément froid que je reçus. Déjà que j’avais dû réserver à mon regret faut de mieux à la dernière minute, contrainte à dormir dans un dortoir pour 1 nuit… mais quand une espèce de mégère chinoise me dit que la 2e nuit aussi et refuse de croire qu’on m’a annoncé une chambre pour la 2e nuit sans plus de discussion, vous imaginerez sans difficulté mon ébullition intérieure.

Dortoir Maitian Youth Hostel

Dépitée, je pose mon sac dans mon dortoir de 8 à 60 kuai la nuit. Je reprends mes esprits, en repensant à cette journée et en imaginant comment je pourrais organiser mon voyage d’ici. Mon auberge de jeunesse n’est pas très avenante. Pas de service de restauration, beaucoup trop de chinois, et finalement difficile de “rencontrer” qui que ce soit. Pas d’animation ni de programme d’excursion, les quelques “mots” au mur sont des annonces toutes en chinois. Les conditions n’y sont pas, mon cœur n’y est pas non plus.


Afficher Xinjiang 2011 sur une carte plus grande

Je décide donc de ne pas m’y attarder, et vais chercher l’inspiration en allant faire un tour. Je découvre très vite qu’Ürümqi est telle qu’on me l’avait annoncé : une grande ville chinoise de plus, sans charme, à 99% Han. Le quartier près de mon auberge de jeunesse est lacéré de grandes avenues qu’on ne traverse que par des ponts ou des souterrains. Bon sang je déteste cela, rien de tel pour rendre une ville inhumaine, quel frein à la découverte…

Je réussis à trouver un petit boui-boui de ban mian 半面 pour dîner vers 20h30 : incroyable mais vrai, à la tombée du jour  (ça fait presque un choc quand on vit à Shanghai et qu’on s’est habitué à ce qu’il fasse nuit noire à 19h, été comme hiver !).
Le temps de faire quelques petites courses pour le petit déjeuner du lendemain, je retourne à l’auberge, où je trouve difficilement une petite place pour potasser mes guides et réfléchir à ce que j’allais bien pouvoir faire les prochains jours.

Initialement, je voulais aller au Lac Tianchi au nord (ce qui devais justifier mon court séjour à Ürümqi), mais je lis que si le temps manque, mieux vaut faire l’impasse. Ce serait un site certes assez joli, mais envahi de touristes chinois lors des week-end de congés nationaux, ce que nous sommes justement : week-end du Mid-Autumn Festival. Dommage, j’aurais bien aimé tester la nuit en yourte, mais ce sera pour une autre fois.

J’en suis à peu près là de mes réflexions quand la fatigue m’emporte et me guide au lit un peu avant 23h… mais quelle idée m’est venue là !
J’oubliais que j’allais partager mon dortoir avec 7 autres chinoises, qui elles auront décider de faire le plus de bruit possible jusqu’à 1h du matin, soit à discuter, soit à chatter sur leur portable à renfort de sons électroniques… Un véritable cauchemar, qui ne me laissera que quelques heures de répit puisque je me ferait réveiller identiquement le lendemain vers 7h. Qu’à cela ne tienne, je reste couchée jusqu’à ce que la douche soit libre, mieux vaut que mes compagnes de chambrée évitent de croiser mon regard noir !

Seule, au calme et quelque peu délassée par une douche sommaire, je reprends mes guides, assise en tailleur sur mon lit et décide d’un plan d’action pour quitter au plus vite ce maudit endroit. Je fonde tous mes espoirs sur le train de nuit pour Hami qui devrait partir ce soir d’Ürümqi. Si tout ce passe bien selon mes plans, de Hami 哈密, je rejoindrai Shanshan 鄯善 puis Turpan 吐鲁番 avant de revenir à Ürümqi le jour de mon vol de retour à Shanghai, dans une semaine, le samedi 17.

Telle est ma résolution en ce dimanche matin : il va falloir se battre pour que ce voyage devienne des vacances et tienne toutes ses promesses !

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