Le Palais d’été

11 février 2005

Après la visite de la Cité Interdite de la veille, on reste dans le gigantisme en ce 11 février bien frais que nous consacrons entièrement à la visite du Palais d’été, version hivernale !

Après notre première journée bien remplie, pour le 2ème jour de visite le réveil fut difficile. Au programme : visite du Palais d’été.
 

Dites 332

La première épreuve sera de s’y rendre.
Car le Palais d’été se trouve à 20 km au nord-ouest de Pékin. Pour nous, pas question de prendre le taxi. En vraies routardes que nous sommes, nous partons avec notre Guide du Routard (et quelques gâteaux) dans le sac pour y lire et suivre les indications nécessaire à notre trajet.

Pas de problème pour le métro, nous sortons en effet à la station de Xizhimen, la station la plus Nord-Ouest de Pékin, et nous espérons y trouver une station pour le bus n°335 pour nous rendre directement au Palais d’été.
Sauf que, à la sortie du métro, aucune indication pour une quelconque ligne de bus 335… Nous mettrons ça sur le dos de l’ancienneté relative (2002) du guide, et puis nous sommes toutes contentes de trouver une indication pour la ligne 332 qui était également annoncée par le guide mais en partance du zoo qui n’est pas vraiment dans le coin. Bon peut importe, nous nous mettons en quête de la fameuse station.

Et la quête fut longue. Premières tentatives de repérage une fois sorties du métro, aucune station de bus en vue, en nous renseignant auprès des passants nous finissons par en trouver mais évidemment aucune pour le 332, et bien sûr aucun plan de bus exploitable dans le coin. A l’intuition puis au hasard nous errons quelques temps avant de tomber sur une nouvelle séries de stations de bus. Enfin, désemparées, je finis par expliquer notre cas à une dame à l’une des stations, je veux aller au palais d’été… Et là d’autres chinoises qui m’écoutaient me disent que je peux prendre le 105 pour aller jusqu’au zoo et de là attraper un 332. Bon bah en route pour le zoo.

Arrivées au zoo, REBELOTE… Et il est où le 332 ??? Parmi les nombreuses stations à l’entrée du zoo, aucune ne fait mention de la ligne 332. Alors, toujours aussi désespérée, je ressors mon chinois pour demander à un groupe de policiers ou de gardiens, bref des messieurs en uniforme dirons-nous, OU QU’ELLE EST LA STATION DU 332 ?? On m’explique alors qu’il nous faut traverser le grand boulevard et que là je la trouverai. Et oui, nous l’avons trouvée, mais bon, encore nous as-t-il fallu nous apercevoir qu’il y avait une gare routière de ce côté (car bien sûr la station de bus habituelle ne voyait pas passer de 332 non plus) et là, rechercher le 332. Enfin nous y sommes installées. C’est qu’il se mérite le Palais d’Eté…

Quand nous finissons par y arriver, (autrement dit à l’autre bout de la ligne de bus 332), c’est déjà la mi-journée. Heureusement que nous avions prévu de quoi grignoter, car la journée va être longue :)
Ainsi, c’est avec nos billets en poche et un paquet de chips sous le bras que nous franchissons l’entrée, et nous sommes loin d’être les seules…


 
Un site immense

En effet le Palais d’été, classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco, voit défiler chaque année plus de 6 millions de visiteurs. Et si le Routard vous propose 3 heures de visite, dites-vous que vous n’aurez pas le temps de tout voir, ou alors au pas de course.

290 hectares, 3000 édifices, et 420 000 arbres, sans oublier la plus longue galerie couverte du monde (728 mètres) le tout entretenu par 1700 employés, ça peut prendre un peu de temps pour en faire le tour !

Le Palais d’Eté, comme il servait de résidence à l’impératrice Cixi, présente évidemment son lot de palais, mais chacun comprendra très vite qu’il s’agissait surtout d’un lieu d’agrément, aussi malgré le froid, nous l’avons découvert uniquement en extérieur.

Nos premiers pas nous mèneront vers ces enfilades de petites cours bien connues, ces édifices qui n’abritent en fait que les commerces touristiques. On reconnaît également les passages aux formes géométriques entre les différentes parties des jardins où Sandrine imitera l’homme de De Vinci…

 

 

Puis soudain, l’illumination, quand, alors que nous étions probablement en train de prendre des photos “artistiques” dirons-nous, nous apercevons par l’une des ouvertures des gens qui marchent sur l’eau… gelée du lac, un lac immense qui s’étend à perte de vue et qui nous éblouit.

Nous allons marcher un long moment pour contourner le lac et arriver au point où nous pourrons nous aussi nous essayer à la marche sur la glace du lac Kunming (officiellement interdite mais visiblement tolérée), youhou, attention ça glisse !

D’ici nous prenons alors la pleine mesure des dimensions des lieux… c’est clair on ne pourra pas en faire le tour aujourd’hui.

 

 

Après avoir essuyé nos semelles sur la glace, nous nous éloignons toujours plus de l’entrée en contournant le lac, pour nous rapprocher de l’île du Sud reliée à la terre ferme par le pont aux 17 arches. Nous voilà au beau milieu des 220 hectares du lac, et il nous reste encore tellement de choses à voir de l’autre côté ! Vite nous devons retourner sur nos pas pour découvrir ce que nous avions d’abord délaissé, et que nous avons maintenant pu voir de loin depuis cette île.

 

 

Nous faisons donc le chemin en sens inverse, et nous prolongeons ainsi notre route en longeant le fameuse galerie couverte, pour arriver devant un palais que nous espérions pouvoir visiter mais qui s’avère être fermé. Tout au moins cette station nous aura permis de reprendre quelques forces, on peut y trouver de quoi grignoter et se ravigoter après les longues marches autour du lac, surtout quand le soleil déjà bien pâle commence à décliner. Autant vous dire qu’à ce stade de la visite nous étions vraiment fatiguées, mais Sandrine et la pause grignotage auront réussi à me remotiver pour poursuivre la visite toujours en longeant le lac…

…pour découvrir le célèbre bateau de marbre. Un des caprices de l’impératrice Cixi, il s’agissait d’un salon de thé immobile bien sûr, suffisamment curieux pour valoir le coup d’oeil ;)

 

 

Notez déjà que de ce côté du site, les touristes sont moins nombreux à s’aventurer. Manque de temps ou d’énergie pour ceux qui ont rebrousser chemin trop tôt, le palais d’été retrouve ici son calme et sa magie quand le crépuscule s’annonce. Depuis le bateau de marbre, nous avons poursuivi notre tour, qui s’est transformé en ascension. D’édifice en édifice, on se retrouve seul à poser devant les murs rouges, à admirer le détail des toits ciselés, et à profiter du panorama au coucher du soleil… respirez…

 

 

Puis c’est la descente… On a l’impression de quitter le ciel et sa sérénité…

Pour retourner au monde des humains… avec son lot de problèmes dans les transports en commun. Vous ne serez en effet sûrement pas étonnés si je vous dis que pour notre retour, nous avions pris un bus 332 qui en réalité n’en était pas un… et qu’il m’a fallu, une fois le problème identifié, improviser un chemin de retour en bus vers le centre de Pékin dans le froid et la fatigue. La nuit de sommeil qui s’ensuivit fut la bienvenue !

11 février :  Pour le Palais d’été, dites 332.

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