Guizhou - Guangxi (5) tout ça pour le Caohaihu

20 janvier 2006

Après une nuit déjà écourtée par le bruit qui régna jusque tard dans la nuit autour de notre chambre de fortune, le lendemain nous n’avons pas tardé non plus à nous lever. 6h30 ready, on ne peut pas dire que ce soit le confort de nos lits ni l’hospitalité des lieux qui nous ont retenues, nous renonçons à la douche trop risquée, d’autant plus que nous pensions prendre un bus postal à 7h tapantes.

Les yeux encore perdus dans les brumes de la nuit, notre jeune hôtesse s’est levée comme convenu, et plutôt que de nous mener à ce fameux bus postal, descendit en pyjama dans la rue encore noire pour y arrêter un taxi qui devait nous mener à la gare routière de Shuicheng 水城, à 5 minutes de là. Entre temps je réalise avoir oublié un sous-vêtement sur place. Mais pas le temps de remonter, nous devons arriver au bus le plus vite possible, certes bon marché, il est réputé pour être très fréquenté, et pas question pour nous de moisir à Shuicheng. Si j’avais su…

Déjà parce qu’en fait de bus postal à 17 yuans au départ de la poste centrale à 7h00, nous nous sommes retrouvées avec un bus classique à 25 yuans au départ de la gare routière à 8h. Bon, de quoi prendre le temps d’engloutir un bol de nouilles en guise de petit déjeuner… pour tenir pendant les 3h30 de trajet houleux sur la route de Weining.

Car se jour-là, ou plutôt cette nuit-là, il avait neigé et gelé ! Mais qu’à cela ne tienne, allumé, casse-coup ou inconscient, le chauffeur du bus persiste à rouler sans chaînes sur les routes pentues. Sans compter qu’on n’y voyait pas à 3 mètres avec la purée de pois qui venait ajouter au décor. Enfin, habituée peut-être à la conduite disons “sportive” des taxis shanghaiens, je ne me fais pas trop de bile, ça ne m’aurait de toute façon pas servis à grand chose.

Un camion en travers de la route verglacéeEnfin… jusqu’à ce que nous croisions en chemin des véhicules moins heureux en route, ou pour qui tout était allé de travers… A chacun son lot de soucis, pour nous ce fut l’arrêt forcé à la montée d’une pente un peu verglacée. Les roues qui tournent dans le vide, alors on les met ou on les met pas ces chaînes. Les mettra, les mettra pas ? Vaste hésitation, mais au bout d’une demi-heure on se décide les mettre et à parcourir quelques kilomètres… avant de les enlever, et de finir par les remettre un peu plus loin… et ainsi de suite, avec les arrêts et les quarts d’heure d’hésitation que chaque changement implicait. D’une logique imparable nous en conviendrons.

Ca bouchonne...Pendant ce temps-là, on a le temps de penser. De se demander si on va bien finir par arriver, que purée on se les caille sévère et qu’ils feraient mieux de fermer la porte du bus chaque fois qu’ils hésitent à changer les chaînes, et que… “M…. ! J’ai oublié mes lunettes !” Aaaaaaaaaaaargh ! Non je ne me revois pas en train de ranger mes lunettes dans mon sac à dos, c’est sûr, je les ai laissées à Liupanshui, encore une journée qui commence bien !” En plus avec notre programme ric-rac niveau timing, pas question de repasser par notre “chambre d’hôtes”, je suis une gourde finie, à qui il ne reste plus que ces yeux, et ses lentilles de contact, pour pleurer ses lunettes regrettées…

11h30, Weining enfin. Nous voilà rendues à plus de 2000 mètres d’altitude, dans une ville absolument moche et boueuse, qui en plus n’offre aucune signalisation. Normal vous me direz, qui d’autre qu’un local voudrait venir se perdre ici ? Ben nous pardi, il paraît qu’il y un lac très intéressant avec des oiseaux migrateurs et que c’est la période idéale pour venir les observer. Non pas que nous soyons des expertes en ornithologie, mais c’est à peu près la salle attraction qui vaille le coup que nous ayons trouvée dans le secteur.

Nous ne perdons pas nos priorités de vue, nous commençons par nous rendre à la gare routière pour réserver notre bus retour vers Guiyang pour le soir même. Un bus couchette qui, Ô bonne surprise, partira à 17h30 et non 20h30, et pour 90 yuans le ticket au lieu de 100 ! Je crois bien que ce fut le seul cas de tarif à la baisse sur l’ensemble du voyage. En plus le guichetier est super gentil, d’abord il ne commence pas à m’agresser avec un anglais à 2 balles, et m’indique avec sourire la direction pour le Caohaihu 草海湖, le lac de la mer d’herbe, l’objet de notre venue.

2e mission : manger :) Pas évident de trouver un plat de riz, mais nous aurons notre chaofan à 5 yuans. En route pour le lac !

Une route qui se verra déviée par l’intervention d’un petit bout de femme d’un certain âge qui ramenait des provisiions de graines et autres denrées pour le nouvel an approchant. Elle nous a bien sûr repérées dans la rue, et nous a proposé de nous accompagner au lac où elle pourrait nous faire la balade en barque. Nous la suivons, mais d’abord, il va falloir passer chez elle, pour qu’elle dépose ses provisions.

Celui qui nous a mené en bateauNous passons alors par derrière les rues de la ville, et nous débouchons alors sur une sorte d’ensemble de fermes. Là, c’est la boue, les champs cultivés et les cris des cochons qu’on égorge. Notre guide nous fait entrer chez elle, et enfin nous nous retrouvons dans un endroit où il fait bon ! Nous sommes conviées à nous installer autour du poêle au milieu de la pièce très sombre, où nous faisons ici connaissance avec le mari, leur fille enceinte et un petit garçon.
Nous recevons chacune une mandarine que nous n’avons pas le temps de manger que déjà le mari est en route avec 2 coussins rouges sous le bras et un bâton. C’est lui qui mènera notre barque, et nous le suivons à présent sur le chemin gadoueux du lac, tandis que sa femme s’est empressée de prendre mon sac sur son dos.
En cours de route, nous négocions le prix de la balade. 100 yuans pour nous 2, au début j’ai un peu tiquer, mais devant sa mine, j’ai compris que je ne pourrais pas avoir un meilleur prix. Soit disant qu’officiellement, le prix est de 80 yuans par personne. Je veux bien la croire, tout dépend du nombre de A du site ;)

Sur le CaohaihuL’affaire conclue, une barque, 2 bancs, 2 coussins rouges, et vogue la barque !

L’endroit est très calme, ça fait du bien après les péripéties de bus et le bruit général qui règne dans le moindre village chinois. Des canards, des oiseaux que je ne saurai pas reconnaître, l’étendue d’eau à perte de vue, qui se confond avec le ciel grisâtre, et ces “herbes” deci-delà histoire de situer l’horizon, quelque part.

Sandrine embarquée ! Sur la Caohaihu
Sur la Caohaihu

Nous avons très vite froid. Mais moment de silence, nous approchons des stars du lac : les grues à couronne noire. Par moment notre bateleur siffle pour les faire s’envoler. Majesteux.

Les grues à couronne noire

L'envol

Les grues à couronne noire

Puis le froid gagnant nos corps, nous sommes contentes de pouvoir mettre pied à terre et marcher pour nous réchauffer. Nous payons l’homme qui nous appelle un taxi. La femme voulait nous inviter à manger, mais pas le temps, nous devons prendre notre bus à 17h30. Enfin là, il n’est que 14h30, alors nous demandons au taxi de nous mener jusqu’à une maison de thé, pour nous poser un peu, et nous réchauffer davantage.

Sur la CaohaihuOk nous fait le chauffeur, sauf que… il nous dépose devant un lieu apparemment désert. “Vous êtes sûr ?” “Oui, oui, au revoir !”. Super… Alors, partons explorer un peu. A côté on nous confirme qu’il s’agit d’une maison de thé, nous nous décidons alors à pénétrer dans l’endroit glauque et à monter l’escalier. Tout semble mort, mais il me parvient le son d’une télévision, donc nous entrons un peu plus, et nous découvrons une poignée de jeunes chinois installés sur une banquette, que nous dérangions visiblement :

- Qu’est-ce que vous voulez ?
- C’est bien une maison de thé ici ?
- Euuuh, oui.”, nous dira la plus âgée en allumant la lumière du comptoir, laissant apparaître les services à thé exposés derrière.

Elle nous tend une carte, nous choisissons notre thé et nous sommes menées vers une petite pièce, à part des réduits séparés par des rideaux sales et déchirés. A l’intérieur, tout est décrépit, la tapisserie tombe en lambeaux et les sièges manquent de se déboîter. Il gèle, alors nous demandons du chauffage, alors on nous apporte un de ces ventilo-radiateur, auprès duquel nous approchons vite nos mimines. On nous propose quelques trucs à grignoter, et cette fois on ne se fait pas avoir comme pour le thé à 35 yuans, on négocie un peu, car inutile de vous dire que nous étions les seules clientes, et probablement les premières depuis un bout de temps.

A peine réchauffées que nous devons déjà repartir pour prendre notre bus couchettes. Renseignements pris, le bus n’offre pas, comme le train, d’eau bouillante pour d’éventuelles nouilles instantanées, mais prévoit de s’arrêter 2 heures à Shuicheng pour dîner. Qu’ouïs-je ? Shuicheng ?! Mais je vais peut-être pouvoir récupérer mes lunettes !

Pleine d’espoir je commence à m’installer dans le bus. Couchettes étroites, fenêtres qui ferment mal, même pas la place de m’étendre complètement. Je m’arrange comme je peux. Pas de chauffage naturellement. Manteau, plaid, écharpe et couette mise à disposition par le bus me sont d’un grand secours, et je les serre encore un peu plus chaque fois que la porte avant du bus s’ouvre pour prendre un passager ou quelque affaire du chauffeur.
En route pas vraiment de jolis paysages, mais de temps à autre nous croisons des voitures à cheval conduisant une ou deux personnes au prochain village peut-être.

C’est alors que je suis recroquevillée sur ma couchette que je note mes souvenirs de nos dernières péripéties. A l’esprit je garde une impression de villes moches, de succession de chantiers de construction, et de froid. Je me demande comment font ces habitants pour vivre ici, et je suis impatiente de retrouver Guiyang, pour dire… Ah Guiyang, et les perspectives à venir d’un vrai hôtel et d’une bonne douche chaude…

Ca réchauffe les pieds !Mais pour le moment, je guette l’approche de Shuicheng en pensant rêveusement à mes lunettes qui m’attendent. Quand la pause dîner est enfin annoncée, c’est d’une unique heure dont nous disposerons au lieu de 2, et de toute façon, nous n’étions même pas à Shuicheng, mais dans la région.

Le dîner est le moment pour nous de nous réchauffer. D’abord en se rassasiant de plats chauds, même si je dois toujours lutter un peu pour réussir à obtenir nos chaofan, et surtout grâce à ces sortes de petits pots de charbon incandescent disposés à chaque table, et dont nos pieds se sont régalés !

Enfin, un peu ragaillardie, je tente un ultime assaut. Mais malgré mes supplications, le chauffeur n’allait pas changer ses plans pour moi (on pouvait toujours essayer, le charme d’une laowai ça peut agir des fois). Je remonte dans le bus, avec pour toute pensée le deuil de mes lunettes, et la musique sur mon lecteur MP3 pour me soulager de cette grande perte…

Nous arriverons comme ça à 3h du matin à Guiyang. Heureusement qu’on nous laissera “dormir” jusqu’au lever du soleil. Sur les coups de 7h30 nous nous décidons à quitter le car pour notre premier objectif de la journée qui sera ? Si vous avez bien suivi, pas besoin d’attendre le prochain article pour le savoir ;)

Sur la Caohaihu

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Un commentaire pour “Guizhou - Guangxi (5) tout ça pour le Caohaihu”

  1. Commentaire par BoBbY aKa TaiFenG :

    Oui!!! de retour!!! ouff lol

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