Guizhou - Guangxi (3) Xiangzhigou ?

18 janvier 2006

Suite à notre mésaventure de la veille, nous avons dû nous concocter en express un petit programme de visites dans le Guizhou de sorte à être revenues à Guiyang pour le 21 janvier. Le seconde partie de notre séjour ira vers le sud-est  ? Alors pour ces 3 jours, nous allons mettre le cap sur les environs de Guiyang et sur l’ouest du Guizhou !

Au programme pour la journée du 18 : une bonne grasse mat’ d’abord ! La fin de semestre à l’université et les péripéties pré-voyage ont laissé quelques marques sur mon rythme de sommeil et sous mes yeux, nous commençons donc par profiter pleinement de notre hôtel :]

Mais pas trop quand même, le temps d’observer la vue depuis notre chambre et d’engloutir notre petit déjeuner acheté sur les étals la veille au soir, nous sortons vers midi avec en tête l’idée de mettre le cap sur Xiangzhigou, une destination indiquée par le Guide Bleu, au nord-est de Guiyang, dans une région mystérieusement laissée vide dans mon Lonely. A priori il s’agit d’un petit endroit sympa, qui promettait paysages naturels et balade à cheval, à environ 1h15 en bus, l’idéal pour passer l’après-midi et se changer de la cité polluée de Guiyang.

Vue sur Guiyang depuis notre hôtel

Renseignements soigneusement notés d’après le guide, nous nous dirigeons vers le terminus du bus n°2 situé juste devant notre hôtel, pour nous rendre vers une autre gare routière de Guiyang, d’où nous devrions pouvoir prendre le bus qui nous mènerait à Xiangzhigou.

Plan de Guiyang - garesMais la chose allait s’annoncer plus ardue que prévu…

1 yuan pour le ticket de bus, quelque soit la distance, jusque là pas de soucis. J’indique au chauffeur où nous souhaitons descendre, ce serait quand même bête de louper l’arrêt. Quelques minutes plus tard, nous étions rendues à la gare routière signalée par le Guide Bleu, celle de Yan’an Xilu, la Guiyang Ke Chezhan 贵阳客车站.

Direction le guichet, un regard rapide au tableau des destinations… je ne vois rien qui pourrait se prononcer Xiangzhigou… bon on va demander à la petite dame derrière son comptoir d’informations. C’est là que c’est devenu marrant… (C pour Céline, D pour la Dame)
(C) - Y a-t-il bien un bus pour Xiangzhigou ?
(D) - Pour aller où ?
(C) - Xiang-zhi-gou
(D) - ????
(C) - [longue description de l'endroit]
(D) - ???? Y’en a pas, y’en a pas
(C) - Mais si, y’a forcément, Xiang-zhi-gou voyons…

Et oui, si je n’ai pas écrit le pinyin pour le lieu ni même les caractères chinois, c’est tout simplement parce que je ne les avais pas à ce moment là. C’est une des grandes caractéristiques du Guide Bleu que de ne donner les nom des lieux sans pinyin ni idéogrammes, super pratique en soi pour voyager par ses propres moyens, sûrement un guide plus adapté pour ceux qui voyagent accompagné d’un… guide, vivant celui-ci.
Du coup, après avoir essayé en vain plusieurs combinaisons de prononciations possibles pour les 3 syllabes, nous commencions à hésiter à changer de programme. J’ai beau scanner et rescanner minutieusement le tableau des destinations programmées, rien qui puisse s’apparenter à ça, peut-être qu’il n’y en a pas effectivement.

Localisation de XiangzhigouQuand d’un coup, l’éclair de bon sens, plus que de génie parce que j’aurais dû y penser plus tôt : “Je peux vous acheter une carte détaillée du Guizhou ?” Pas de problème, quelques yuans, quelques secondes et… oh victoire ! Je localise Xiangzhigou en caractères sur la carte et l’exhibe fièrement à la madame, 香纸沟 mais c’est bien sûr !

“Ah c’est celui-là, Xiangzhigou ! Oui je connais” me dit-elle. C’est pas comme si ça faisait 3 heures que je m’évertuais à lui dire, les joies des tons en mandarin…
Entre-temps un Chinois, voyant notre état de lutte complète face à notre agente de renseignement, s’était porté à notre rescousse croyant nos sauver grâce à son anglais. De base ce n’est pas ça qui nous a beaucoup aidées, mais quand il a fallu nous expliquer comment nous rendre à l’autre gare routière, qui elle avait des bus à destination de Xiangzhigou, son mandarin fut utile pour nous traduire le dialecte de la dame. Il nous fallait donc reprendre le bus 2 sur quelques stations, jusqu’à l’arrêt du parc de Qianling, et revenir sur nos pas sur environs 20 mètres, sur la rue Beijing Lu.

Bon bah, merci le Guide Bleu pour l’information précise : Heureusement que nous avions pris un peu de marge sur l’heure de départ annoncée de 14 h, sinon nous allions faire chou blanc.
Enfin nous finissons par trouver la 3e gare routière de Guiyang avec laquelle nous faisons connaissance dans la journée. Les billets s’achètent dans le bus situé dans une cour intérieure derrière le guichet, il part bien à 14h. Nous avons juste le temps de nous acheter un 蛋炒饭 (dan chaofan) à emporter, plat de riz avec de l’oeuf cuit et quelques herbes en petits morceaux, que nous allons manger dans le bus en attendant le départ. 12 yuans le billet. Renseignement pris, le dernier bus à partir de Xiangzhigou est à 16h30. Bon on aura pas énormément de temps, mais on pourra faire un tour quoi.

Enfin c’était présumé de la véracité des infos du Guide Bleu, dont nous aurions dû logiquement nous méfier…
Parce qu’au lieu d’1h15 de trajet, c’est bien 2h30 qu’il nous a fallu ! Arrêts tous les kilomètres ou presque pour embarquer ou débarquer des gens au milieu de nulle part, route dans un état déplorable, naturellement pas goudronnée mais surtout glissante et jalonnée de trous. De quoi passer 2 bonnes heures et demi à faire du tape-cul, avec successivement un film loufoque et une soap historique en bruit de fond, et un mini-bus qui se remplit à craquer de gens qui s’en servent pour transporter toutes sortes de produits et de matériaux jusque sur le toit du bus. Les autres voyageurs ont l’air d’être des habitués, et visiblement certains font tourner les livraisons de leur commerce par l’intermédiaire de cette ligne de bus.

Quelques frayeurs au passage, mais notre chauffeur gère bien manifestement. Heureusement que pour passer le temps nous pouvons voir un peu ce qui se passe par la fenêtre certes embuée. Tout au long de la route des constructions à n’en plus finir. Route, bâtiment, système de canalisation et terrassement de terrain, mais quand même entre 2 chantiers, de chouettes paysages de champs de rizières qui laissent présager de bonnes choses pour notre visite.

Sauf qu’à mesure que le temps passe, il nous semble que la visite va être très réduite. Et pour cause, quand nous arrivons finalement à Xiangzhigou, il est 16h20. Nous avons donc 10 minutes en tout et pour tout pour faire le tour.
Sorties du bus dans un petit village, un local s’empresse de venir nous saluer, et notamment de nous proposer une chambre d’hôte. Naturellement il croit que nous allons passer la nuit. Sauf que c’est impossible pour nous, déjà nous n’avons rien sur nous, et puis nous devons repartir très tôt de Guiyang le lendemain matin si nous voulons accomplir dans les temps notre parcours de l’ouest du Guizhou. Sandrine aura juste eu le temps de tester les toilettes rustiques mais charmantes, le temps ensuite de nous faire inviter chez l’homme en question à prendre un thé chaud autour du poêle.
Nous voyons bien où il veut en venir, mais pas question pour nous de manquer le bus retour. J’insiste pour que nous sortions, nous avons juste le temps de prendre quelques photos de ce village de campagne qui promettait de belles balades, que revoilà notre chauffeur, naturellement mort de rire à nous voir prêtes à remonter.

Bon oui, sur ce coup, on ne pourra pas dire qu’on a assuré. Mais bon, on ne peut pas dire qu’on ait été aidées non plus. Nous remontons donc déçues d’avoir tant lutté pour ne rien voir finalement, surtout qu’en chemin sur le retour nous avons un aperçu de ce qui nous attendait… dégoûtées !

Ce que nous avons vu de Xiangzhigou…

Village de Xiangzhigou Vue de Xiangzhigou

Ce que nous aurions pu voir…

Annonce touristique de Xiangzhigou

Et c’est reparti dans l’autre sens !
Le retour ne prendra pas beaucoup moins de temps. Certes la ligne est moins fréquentée en fin de journée, mais être heurté par un camion qui vous raye une partie du toit et vous oblige à vous arrêter, ça n’aide pas à aller plus vite ! Ce sont les joies du tout-terrain en bus. Ca ne durera pas trop longtemps heureusement.

De mon côté, tellement déçue de ne pas avoir pu faire mon premier plein de clichés de paysages enchanteurs, j’essaie de mitrailler un peu ce qui se présente de l’autre côté de ma fenêtre. Ces mêmes paysages de cultures terrassées s’étendent sous nos yeux, et c’est vraiment dommage qu’on ne puisse s’arrêter pour les immortalisés de quelques millions de pixels. Qu’à cela ne tienne, je profite du moindre arrêt ou ralentissement du bus pour dégainer le numérique. Il en résulte une série de photos floues, souvent de travers, avec cette pellicule de buée typique de celles qu’on trouve sur les vitres d’autocar, qui ajoute un certain charm :). Sur la quantité malgré tout, quelques uns de récupérables. Je vous propose ici un petit panorama de ces cultures, le premier de ma série “La Chine par la vitre d’un bus“, qui, vous le verrez, sera vite alimentée par nos différentes excursions lors de ce voyage !

Cultures en terrasses sur la route Guiyang - Xiangzhigou

De retour à Guiyang, la nuit est tombée, nous renonçons donc à visiter le parc de Qianling pourtant juste à côté. Il faut ajouter que nous sommes frigorifiées d’être restées toute l’après-midi assises dans un bus non chauffé. La journée de demain s’annonce autrement plus longue, nous préférons donc rentrer, nous rassasier au marché de nuit, trouver notre vendeur de petits pains savoureureux comme la veille, un tour au cybercafé, et au lit !  Sans le suppo, mais avec une bonne leçon qui nous sera fort utile pour la suite du voyage :

Ne jamais faire confiance aux informations pratiques (horaires, prix, temps de trajet, etc) données dans les guides de voyage pour la Chine s’il ne s’agit pas d’une mise à jour récente, surtout si c’est un Guide Bleu, et à plus forte raison en période de Fête du Printemps !

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2 commentaires pour “Guizhou - Guangxi (3) Xiangzhigou ?”

  1. Commentaire par Lionel :

    Eh ben! Que de malchance pour visiter ce “ravin du papier pafumé”. Alors la prononciation des tons est primordiale au point de ne pas être compris? Merci de nous faire partager tes péripéties. J’attends la suite avec impatience : )

  2. Commentaire par Aixue :

    Et ben, quelle aventure !

    Je suis entrain de lire l’intégrale de vos vacances ;D

    L’avantage, c’est que si le voyage avait été sans encombre et que c’était beau, t’aurais juste pu écrire “c’était beau”, “c’était vraiment magnifique et typique” en bordant bien. Alors que là… T’as un article !!!

    Ben oui, faut voir la bouteille a moitié pleine, hein… ;D

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