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Ma banque chinoise et moi

Jeudi 1 septembre 2005

A l’occasion de mon retour en France, beaucoup de personnes m’ont demandé comment je m’y prenais pour récupérer l’argent de mon compte français. Si jusqu’à présent je sortais banalement que j’arrivais à bien me débrouiller avec ma carte bancaire (merci ma VISA) au prix de commissions parfois grinçantes, je vais peut-être bientôt pouvoir me targuer de réussir à faire des virements de la France vers la Chine !
Mais avant que je vous explique ça, reprenons par le début…

Tout a commencé l’année dernière.

Au moment de mes démarches de renseignement sur le programme d’étude, j’avais été avisée que la bourse que j’allais recevoir tous les mois allait entre autres s’accompagner de l’ouverture d’un compte bancaire chinois par les soins de l’université. En septembre dernier, j’arrivai donc tranquille de ce côté, n’ayant eu aucune démarche particulière à entamer.

Naturellement, les éléments concernant l’ouverture de mon compte ne m’ont pas été donnés dès mon arrivée à l’université. Heureusement que j’avais pris les devants en arrivant avec quelques Traveler Cheques (que je déconseille car ils sont pris uniquement par la Bank of China d’après mon expérience) et un peu de liquide, et que l’université avait prévu de nous donner notre premier mois de bourse en liquide à notre inscription. Sans compter ma VISA, qui elle est acceptée quasiment partout, au contraire de la MasterCard, qui elle est refusée quasiment partout ! : Malheureux détenteurs de MasterCard, pour vous point de salut ailleurs que dans les HSBC de Shanghai…

Finalement, quelques jours après ma rentrée, j’ai enfin reçu mon précieux livret rouge de la banque ICBC (Industrial and Commercial Bank of China) - et non pas de Mao Zedong ;) - ainsi qu’une carte de retrait Moneylink censée m’éviter de faire la queue au guichet des agences pour me permettre de retirer ma bourse dans tous les distributeurs ATM du réseau.

Waouh, trop bien !
Surtout que, comme de par hasard, la seule agence bancaire du campus est une ICBC, qu’elle est donc très fortement utilisée par les étudiants du campus, le personnel, mais aussi les habitants et commerçants alentours.

Alors toute contente, j’ai voulu étrenner ma carte dès le mois d’octobre. Et là grosse déception : ça marchait pas !
Du coup attente au guichet, “ah bah oui votre carte est abîmée, il va falloir aller à Xujiahui pour la faire changer. En attendant vous pouvez retirer au guichet”. Donc vu qu’il ne m’a donné aucune adresse, que Xujiahui est à 1 heure en métro, que je peux retirer sur place et que je suis un poil fainéante, bah j’ai jamais fait changer ma carte, du coup à moi les files d’attentes qui n’en finissent pas au guichet de Minhang.

Remarquez, parfois celles aux distributeurs ne sont pas mal non plus…

L’inconvénient malgré tout, c’est que lorsque la banque est fermée ou bien si j’ai besoin de l’argent ailleurs qu’à Shanghai, et bien je l’ai un peu dans le baba.
Autre point négatif : quand on m’a remis mon livret et ma carte, je me souviens à peine avoir signer un listing comme accusé de réception, mais surtout je n’ai reçu aucun identifiant de compte me permettant de faire des virements sur ce compte. Certes j’ai pu me débrouiller avec ma VISA pour récupérer mon argent de France, mais c’était loin d’être l’idéal.

J’ai pu survivre cependant pour la première année, mais en revenant de France, après avoir échoué à convaincre mon banquier de faire diminuer le montant des commissions prélevées à chaque retrait, j’étais bien décidée à trouver ces fameux identifiants qui me permettraient de virer mon maigre pactole à moindre coût.
Et là, coup de bol. En rencontrant par hasard un ami de Marieke qui visiblement avait été plus prévoyant ou plus entreprenant que nous, nous avons appris qu’il avait obtenu ces identifiants (relativement difficilement d’ailleurs). Etant à la même banque que nous car lui aussi boursier à SJTU, il nous communiquait ce matin même les coordonnées bancaires de notre agence. Super ! Moi qui m’attendait à un parcours du combattant car j’avais lu que les virements d’argents avec la Chine étaient très complexes, me voilà avec une épine en moins ! Merci Vincent !

Je tiens donc à partager cette heureuse nouvelle. Si toi aussi tu as un compte ouvert à la ICBC par SJTU, alors tu pourras annoncer fièrement à ton banquier :

- Nom de la Banque : Industrial and Commercial Bank of China - Shanghai branch (et Xuhui sub-branch au besoin)
- SWIFT : ICBKCNBJSHI
- N° de compte : le numéro à 19 chiffres imprimé sur ton livret rouge (qui commence probablement par 1001….)

et même que si tu veux enore plus te la péter tu pourras lui envoyer ça :]

Coordonnées de l’agence qui héberge le compte et horaires d’ouvertures

En fait, avec Marieke, on a pu retrouver toutes ces informations en faisant une simple recherche sur Google.

Comme quoi c’était pas si difficile, et les banques chinoises ne sont pas si désorganisées que cela. Donc pour plus de renseignements, allez jeter un oeil sur www.icbc.com.cn pour les sinophiles (ou bien sur la partie en anglais pour les autres ;) ), le site est très complet.

C’est mon banquier qui va être tout content de recevoir des fax de Chine, et moi avec tout ça je vais en profiter pour faire changer ma carte et m’affranchir, enfin, des files d’attente au guichet !

Prochaine étape, trouver comment faire des virements de la Chine vers la France. Si quelqu’un a tuyau, les commentaires sont là pour ça !

Céline en Chine II, le retour de la revanche du supense

Mercredi 31 août 2005

31 août 2004, il y a un an jour pour jour je foulais pour la première fois le sol chinois. Depuis j’y ai usé quelques semelles, j’en suis partie le temps d’un été, et m’y voilà revenue pour encore un an ! Histoire de confirmer que je suis bien complètement atteinte, maso ou encore absolument inconsciente…

La Chine ce n’est pas la Lune, mon petit nom ce n’est pas Neil, mais Paris-Shanghai ce fut un pas de géant, juste pour moi d’accord, oui mais quand même :)
Certains préfèreront donc retenir la date du 21 juillet 1969, moi je retiendrai celle du 31 août 2004, au risque de paraître nombriliste ;)

A cette époque l’idée ô combien lumineuse de raconter mes péripéties sur un bout de toile n’avait pas encore surgit dans ma petite tête, et je n’avais donc pas pu vous en parler.
Mais à revivre la chose une seconde fois, je ne peux m’empêcher de revivre cette première journée à Shanghai. Les sentiments étaient assez comparables à ceux de Bill Murray dans Lost in Translation à son arrivée à Tokyo, à peu de choses près.
Pour quitter l’aéroport et nous rendre à notre première destination, nous n’allons pas prendre le taxi, nous aurions peut-être dû…

Notre mission était de rejoindre l’appartement de ceux qui allaient devenir nos amis, Bruno et Raymond. Et pour cela nous devions monter dans une navette pour nous mener dans le centre ville d’où nous devions ensuite prendre un taxi jusqu’à l’adresse préalablement imprimée en caractères chinois.

Pour la navette pas de soucis, 20 yuans, quelques sursauts sur la route, et nos mines ébahies au fur et à mesure que nous arrivions vers le centre. Moi aussi j’aurai aimé sortir la tête par la fenêtre, mais dans les bus on peut pas :(

Arrivés à destination, là ça c’est compliqué, pour la simple raison qu’il s’est mis à… pleuvoir… beaucoup !
Du coup malgré tout notre courage, notre bonne volonté, et l’espoir dans la vie que notre débarquement à Shanghai nous insufflait, nous avons pris notre première leçon de vie locale dès les premières heures : Quand il pleut à Shanghai, trouver un taxi c’est mission impossible ! Notamment quand on est 2, avec chacune au moins 30 kg de bagages, pour une course qui n’excède pas 15 minutes…

Heureusement, non pas Zorro mais le bon samaritain chinois est arrivé à notre secours, spontanément, et en parlant anglais :) Guère plus efficace que nous dans l’arrêt limite suicidaire de taxi, le bon samaritain possédait néanmoins l’arme infaillible sauf quand elle n’a plus de batterie : le téléphone portable.

Le temps d’appeler nos hôtes et de localiser (laborieusement) le quartier de notre destination, et nous voilà tout 3 partis dans le métro shanghaïen.

Deuxième arme infaillible de notre bon samaritain : des bras solides, capables de traîner ma plus grosse valise à traver l’interconnexion de People Square ! Mais qu’est-ce qu’il veut ce bon samaritain ? :|

Sortis du métro, second appel, notre bon samaritain attendra 20 bonne minutes, à l’air humide, que Bruno et Raymond viennent nous chercher, eux aussi équipés en armes infaillibles : des parapluies.
Au moment de nous séparer, nous voulons le remercier, mais il refuse tout dédommagement. Nous qui étions presque prête à lui faire la bise (presque je dis bien ;) ), il est reparti l’air content vers le métro.

Encore 10 minutes d’une vraie partie de plaisir avec tonnes de bagages et parapluies tourmentés, à marcher vers le lieu de notre première soirée à Shanghai. Mais quelle ne fut pas notre récompense : après un délicieux dîner d’accueil, nous avons passé notre première nuit dans un super appartement décoré dans le style chinois, mais équipé et meublé pour des occidentaux ;) (ceux qui ont vu Lost in Translation comprendront).

Rien de tel pour se remettre de ces premières émotions fortes, annonciatrices d’une longue série !

Cette année, bien sûr l’arrivée fut un petit peu différente.
Nous avons d’abord pris le taxi dès notre sortie de l’aéroport, et il ne pleuvait pas (quoique l’atmosphère était un peu moite) :) Certes pas de bon samaritain ni de bon souper dans un appart super amménagé, mais rien de plus que notre appartement, notre home sweet home shanghaien qui nous attendait :)… et une légère odeur de renfermé :|

Nous voilà revenues, prêtes à affronter cette nouvelle année qui commence un peu plus en douceur, mais qui promet encore son lot de galères et de découvertes !

Chaud et humide

Lundi 1 août 2005

C’est la réponse que je donne ces derniers temps quand on me demande comment est le climat du moment à Shanghai, c’est vrai qu’actuellement je n’y suis pas, mais j’ai quand même eu le temps début juillet d’y goûter…

Chaud ?

35°C, c’est ce qu’affichait mon climatiseur lorsque je l’ai mis en route par une belle nuit de début juillet, aux environs de 22h…

On comprend bien pourquoi tous les logements ou presque sont équipés de climatiseurs et combien il est vital de s'assurer de leur bon fonctionnement !

Heureusement, la plupart du temps ces chaleurs sont synonymes de soleil. Alors on patiente en évitant autant que possible de sortir entre 11h et 16h, en transpirant rien qu’à l’idée d’aller se servir un verre ou toute autre substance rafraîchissante.
17-18h, enfin ça devient respirable, on peut sortir pour vaquer à ces occupations en extérieur ! Et parfois, on tombe même sur des petits bonheurs :

Oui mais…

Humide ?

Cécile et Sophie pourraient vous le confirmer, elles ont pu expérimenter lors de leur premier jour en Chine les averses estivales que réserve Shanghai à ses hôtes…

Pas une de ces averses juste pour embêter ou pour rafraîchir l’atmosphère, où l’on peut rester au sec 10 minutes à l’abri d’une cabine téléphonique (n’est-ce pas Cécile…).
Non non, une averse à la shanghaïenne, où quand vous êtes bien trempée et gelée et que vous en avez marre de voir les taxis vous filer sous le nez, vous finissez par crier “banzaï !” pour courir chez le marchand de l’autre côté du carrefour pour acheter 2 parapluies dont le prix vient justement de doubler, et pour faire monter la fine équipée mouillée dans un taxi qu’on aura arrêté, limite en se jetant sous ses roues. :\

Tout ça pour dire que les pluies shanghaïennes, c’est mieux quand on y est préparé !

Du coup, face à ceux qui m’en demandent davantage sur le type de climat, j’ai fait une petite recherche qui me permettra, d’après mes sources, d’affirmer que :

“Shanghai se trouve dans une zone subtropicale du nord exposée aux moussons, où les quatre saisons sont bien distinctes, l’ensoleillement suffisant et les précipitations abondantes. Shanghai a un climat doux et humide ; le printemps et l’automne sont relativement courts, tandis que l’hiver et l’été sont relativement longs.
Plus de la moitié des précipitations annuelles tombent dans la saison des pluies, c’est-à-dire entre mai et septembre. La saison des pluies se divise en trois périodes : pluies printanières, pluies « des prunes » et pluies automnales.”

Et bien, nous sommes en pleine saison des prunes !
Ajoutons que, outre les fortes chaleurs et précipitations, le climat estival de Shanghai apporte d’autres inconvénients, comme les invasions de libellules par exemple (non, les petits points noirs, ce n’est pas la photo qui est sale).

Ceci étant dit,
je pars demain en vacances dans la région d’Avignon…

Et pendant ce temps-là, à Shanghai…

Alors oui, je suis bien contente d’être en France pour l’été, en tout cas pas à Shanghai ;]

Vélo-poubelle

Dimanche 24 juillet 2005

Au beau milieu de la nuit, sur la route, j’ai vu un nuage qui roulait…

… enfin, un nuage d’emballages à recycler transporté sur 2 vélos par un Chinois qui pédalait difficilement.

En transit… aérien

Vendredi 15 juillet 2005

Voilà, une semaine que je suis revenue au bercail, le temps des vacances.
J’ai théoriquement récupéré du décalage horaire : Ne dit-on pas qu’on récupère au rythme d’une heure par jour ? Sachant que la Chine compte 6 heures d’avance sur la France en été, 7 heures en hiver. Yep, il vaut mieux faire le voyage en été ;)

Et oui, jeudi 7 juillet dernier au soir en Chine, je retournai pour la 4ème fois à l’aéroport international de Shanghai-Pudong (PVG), mais c’était la première fois que j’y allais pour prendre l’avion, un avion qui allait me ramener en France !

Au moins je commençais à connaître l’aéroport, et peut-être aussi le fait d’à peine savoir ce qui se passait aux mêmes instants à Londres, tout ça m’a permis d’être finalement assez détendue, au point de me faire un nouvel ami Pakistanais au moment de passer la douane chinoise.

Car le passage de la douane chinoise, c’est long. D’abord on remplit un formulaire attestant qu’on ne fait pas sortir d’objet de valeur particulière nécessitant déclaration, mais bien sûr aussi, qu’on ne ramène rien dans ses photos, films, documents, qui soit classé “sensible” par l’Etat Chinois, naturellement…
Ensuite il aura fallu remplir une carte d’embarquement, sans laquelle si vous vous présentez comme moi une première fois au contrôle, on vous renverra poliement en remplir une, en vous indiquant cette fois où les trouver… avec en prime le droit de refaire la queue, avec maintenant, devant vous, les passagers les plus scrupuleusement contrôlés : les Chinois eux-mêmes…

La douane passée, je finis par abandonner mon nouvel ami qui au passage m’a prise en photo sur son téléphone. Alors si même les Pakistanais si mettent maintenant, pfff :]

Arrivée à la porte d’embarquement, bien sûr la plus éloignée, il ne me reste plus qu’à… attendre…

Heureusement il y a de grandes vitres à travers lesquelles on peut prendre en photo son avion, et surtout de super revues en chinois-tibétain-anglais, qu’il faut bien reposer dans le présentoir comme c’est indiqué sur l’étiquette.

Oui, j’ai bien vérifié, il s’agit bien de Tibétain. Je pense donc pouvoir me mettre au Tibétain, en m’y prenant  à la façon de Champollion et de sa Pierre de Rosette, maintenant que je suis (presque-)fluent en chinois comme en anglais ;]

Pendant le vol, j’ai eu pour voisin direct un Chinois-qui-parlait-pas-Français-ni-Anglais et à côté de lui un non-Français-qui-parlait-Anglais-et-Italien, tous les 2 d’une quarantaine d’années, pas facile facile de briser la glace pour taper la discute. Mais c’est sans compter l’intervention des plateaux repas et du choix délicat : porc ou poulet ?
Autant pour le non-Français-qui-parlait-Anglais-et-Italien il n’y a pas eu trop de problème, autant pour la compréhension entre le steward-Français-qui-parlait-pas-Chinois et le Chinois-qui-parlait-pas-Français-ni-Anglais c’était déjà plus tendu… heureusement super Cécé est arrivée-héhé, sans s’presser-héhé, pour s’improviser traductrice de menu…. -huhu ;)

Bon, en fait mon voisin voulait des nouilles, mais du coup j’ai eu quelqu’un à qui faire la causette, et j’ai appris que ce cher monsieur était en fait journaliste, qu’il s’apprêtait à faire une sorte de mini tour du monde avec toute une équipe de Chinois en allant prendre quelques photos dans 4 pays différents dont la France, Cuba et le Brésil (le 4ème j’ai pas compris…). Impressionnant quand on sait que les Chinois oridnaires ont beaucoup de mal à obtenir des visas pour sortir de leur pays, ne serait-ce que quelques jours en touriste…

Du coup je suis repartie avec sa carte de visite et une invitation à le contacter, des fois que je passerais dans le Nantong :]

Autre attraction possible quand on ne peut pas toujours déranger son voisin mais qu’on a la chance de se trouver à côté du hublot : on peut prendre de jolies photos !

Puis l’arrivée en France… Arrivée au vendredi 08 juillet, je n’a imême pas ressenti de renforcement des contrôles de sécurité, alors que j’allais apprendre dans les minutes suivantes que le plan vigipirate voyait rouge et ce qui s’était vraiment passé en Angleterre.

De retour chez moi, encore quelques vues aériennes mais d’un peu moins haut.
Je constate qu’une fête de village se prépare juste pour le soir de mon retour, non vraiment fallait pas ;]

Et je retrouve des toits que je n’avais plus coutume de voir :
Quelques heures auparavant, les toits de Shanghai…

Et maintenant ceux-là s’étendent devant moi…

C’est sûr je suis rentrée, c’est bien la France !