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Système législatif chinois : vers un Etat de Droit ? (2/2)

Vendredi 28 octobre 2005

Contenu de la 1ère partie :

Référentiel traditionnel et évolutions au cours du siècle dernier

(seconde partie)

Traditionnellement influencée par un confucianisme prônant le gouvernement par les hommes et méfiant à l’égard de la loi en tant que norme suprême pourtant défendue par les légalistes, la Chine est restée pendant des siècles dépourvue de tout véritable système législatif. Le premier ne verra le jour qu’avec la création de la République Populaire de Chine en 1949, qui, au gré des soubresauts de l’histoire de la Chine, restera inabouti jusqu’à l’ère des réformes sous Deng Xiaoping pendant les années 80 puis 90.
Quelles sont aujourd’hui les caractéristiques de ce système législatif et quelles en sont les insuffisances ?

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Système législatif chinois : vers un Etat de Droit ? (1/2)

Jeudi 27 octobre 2005

Hier soir, j’assistai à une présentation ShARE dont le sujet s’intitulait : “The Chinese Legal System : Towards the Rule of the Law?”. Comprenez : “Système législatif chinois : vers un Etat de Droit ?”.
Une petite conférence qui m’aura permis d’en apprendre un peu plus sur l’évolution du système législatif en Chine ainsi que sur ses autres organes du pouvoir.

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Des Chinois en orbite

Mercredi 12 octobre 2005

Quand les Chinois s’envolent, l’encre coule…

La Chine a envoyé avec succès
deux hommes dans l’espace

C’est un succès total (…), le monde entier a pu voir le succès du vol habité Shenzhou VI“, a déclaré le premier ministre chinois Wen Jiabao, mercredi, quelques minutes après que son pays eut envoyé et mis en orbite avec succès deux hommes dans l’espace, deux ans seulement après avoir réussi son premier vol spatial habité. Le décollage de la fusée Longue Marche 2F, retransmis en direct à la télévision nationale, a eu lieu à 9 heures (3 heures à Paris), de la base spatiale de Jiuquan, en Mongolie intérieure, à quelque 1 000 kilomètres à l’ouest de Pékin. C’est de cette base que Wen Jiabao a prononcé son discours, retransmis en direct à la télévision nationale, où il estime que “la réussite de ce vol habité entre à jamais dans l’histoire glorieuse du peuple chinois”.

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Politique de l’enfant unique, entre assouplissement et dérapages

Samedi 24 septembre 2005

Il y a quelques mois, alors que la population chinoise passait officiellement à 1,3 milliard d'habitants, les responsables gouvernementaux pouvaient se féliciter d’avoir pu retarder de 4 ans cet événements grâce au planning familial et notamment à la politique de l’enfant unique. Dernièrement pourtant, alors que la tendance du planning familial est à l’assouplissement, certains dérapages rappellent les heures les plus noires de la politique de contrôle des naissances.

Politique du contrôle des naissances : planning familial et enfant unique

Peu après la fondation de la République Populaire de Chine en 1949, tous les domaines ont donné lieu à une édification de grande ampleur. “Plus de bras, plus de force”, voilà quel était le slogan nataliste qui venait alors soutenir cette orientation, et plus qu’un slogan fréquemment entendu, il résumait la réalité de l’époque : dans les campagnes, une famille qui comprenait quatre ou cinq hommes était considérée comme la plus riche dans un village. Sous cette impulsion, la Chine connaît sa première vague démographique, notamment dans les années 60, quand sa population passe de 700 à 800 millions en 5 ans.

Face à cet emballement démographique, 1971 voit la mise en place par le gouvernement chinois du premier organe de contrôle des naissances : le planning familial.
A l’époque, il n’est pas encore question de politique de l’enfant unique. Le planning familial contient un ensemble de mesures, d’objectifs et de programmes visant à freiner l’explosion démographique, comme par exemple :

  • encourager le report des mariages et des naissances
  • encourager les couples à avoir un 2ème enfant à un intervalle de plus de 4 ans et à avoir moins d’enfants
Propagande pour l'enfant unique En 1978, Deng Xiaoping s’engage sur la voie des Quatre Modernisations pour améliorer le niveau de vie des Chinois, qui s’accompagnent de réformes définissant de nouveaux objectifs démographiques ambitieux : en 2000, la population ne devra pas dépasser 1,2 milliard d’habitants.

Aussi, quand en 1980 la population chinoise atteint le nombre inquiétant d’1 milliard d’habitants, le planning familial devient plus radical, “un couple, un enfant” devient le slogan de la politique de l’enfant unique, qui deviendra même partie intégrante de la Constitution en 1982.

Quelles méthodes d’application ?

Entre encouragements…

  • En ville, il est demandé aux couples de conclure un contrat par lequel ils s’engagent à n’avoir qu’un enfant. En échange, les couples dociles demeurent prioritaires pour l’attribution d’un logement, l’accès aux crèches ou aux soins médicaux gratuits, et de meilleures conditions de scolarisation pour leur enfant leur sont garanties.
  • Dans les centres de planning familial, les femmes se voient offrir une véritable information sur les moyens contraceptifs et la possibilité de choisir entre diverses méthodes.

… et contraintes

  • Les couples qui refusent de respecter les mesures restrictuves risquent au mieux une majoration de leurs taxes fiscales.
  • Il s’exposent à une perte de leurs avantages professionnels, au pire à la perte d’emploi. Et dans tous les cas ressentiront la “honte” sociale s’abattre sur eux.
  • Des mesures sont également imposées de force, telle que la révision à la hausse de l’âge du mariage.

Vers un assouplissement des mesures restrictives

  • La forte impopularité des mesures rencontrée dans les campagnes a conduit à un assouplissement rapide des mesures dans ces régions où le poids des traditions est accru.
    Dès 1984, les campagnes bénéficient d’un privilège par rapport aux villes : une deuxième naissance y est autorisée au cas où le premier enfant est une fille.
    De même, les minorités ethniques disposent très vite de “régime de faveur”. Les Ouïgoures du Xinjiang comme les Tibétaines restent autorisées à avoir jusqu’à 3, voire 4 enfants.
  • Fin des années 90, en ville, l’enfant unique reste la règle. Mais, face au vieillissement de la population, on note là aussi, un assouplissement des règles.
    A Shanghai, par exemple - 13 millions d’habitants à l’époque - , ainsi que dans certains quartiers de Pékin, une femme n’est plus tenue de demander une autorisation à son employeur ou à son comité de quartier avant d’entamer une première grossesse.
    En cas de seconde grossesse, elle ne se voit plus imposer un avortement ou une ligature des trompes.
    En 1997, les couples citadins formés de 2 enfants uniques obtiennent le droit d’avoir 2 enfants même si le premier est un garçon.
  • En 2002, l’Assemblée Nationale Populaire a voté une loi assouplissant le contrôle exercé par l’Etat sur la famille.
    Selon la nouvelle loi, les couples sont autorisés à avoir plusieurs enfants à condition de payer une  “taxe sociale de compensation”, s’élevant à 600 euros pour un nouvel enfant. Les paysans restent financièrement incapables de débourser une telle somme, qui peut constituer jusqu’à deux, trois ou même quatre fois leurs revenus mensuels.
  • Depuis 2004, le gouvernement verse environ 120 euros de pension annuelle aux couples qui ont une fille unique, en récompense pour avoir respecté le modèle de l’enfant unique, et comme incitation pour les plus jeunes.

On se dirigerait donc vers une politique de gratification davantage que de coercition.
Une idée qui commence d’ailleurs à faire son chemin dans les campagnes. Avec l’affluence des paysans dans les grandes villes et l’accélération de l’urbanisation, la conception des paysans sur la naissance a beaucoup changé. Les dépenses énormes requises pour l’éducation des enfants tend à modifier les comportements : les couples ne souhaitent plus avoir qu’un seul enfant pour limiter la charge financière qu’ils représentent.

Pour quels résultats ?

Pendant les 25 ans de mise en application de la politique de contrôle des naissances, les mesures ont certes permis de faire diminuer le taux de fécondité de 5,7 enfants par femme à 1,8, d’”éviter” environ 400 millions de naissance retardant ainsi de 4 ans le passage de la population mondiale à 6 milliards d’individus.

Néanmoins les débats restent loin d’être tranchés sur la réelle efficacité du planning familial chinois. Les responsables gouvernementaux hésitent encore aujourd’hui à réformer cet outil qu’ils jugent efficace bien qu’il n’ait obtenu de sensibles résultats que dans les villes.

Ils affirment d’ailleurs que la politique a aidé un développement économique rapide. Pourtant aujourd’hui les chercheurs exhortent la Chine à abandonner le modèle de l’enfant unique, jugé “obsolète” et “anachronique” face aux “libertés résultant de la richesse et de la mondialisation”.

Autres points qui légitiment la remise en cause de la politique sont ses effets pervers.

  • Des millions d’enfants non-déclarés. Ces enfants qui n’auraient pas dû naître seraient quelques 200 millions. « Enfants fantômes », sans existence légale, ils n’ont droit ni à l’éducation, ni aux soins gratuits, ni à une autorisation de mariage. Si l’on comptabilise ces parias de la société chinoise, la population atteindrait 1,5 milliard d’habitants. Un chiffre qui devrait s’élever à 2 milliards dès 2050.
  • La rigueur des mesures a engendré de nombreuses pratiques violentes à l’égard des couples ayant ignoré la réglementation (jusqu’à des exécutions et incendies de maisons d’après Amnesty International),  et en particulier à l’égard des femmes se voyant parfois contraintes à des stérilisations et des avortements forcés.
Par ailleurs, d’autres effets néfastes sont constatés sur le rapport de masculinité à la naissance : on compte aujourd’hui en Chine 117 garçons pour 100 filles ! (103 à 107 pour 100 dans le reste du monde)

En Chine, la préférence traditionnelle pour les garçons, ce “bâton pour la vieillesse”, est renforcée par l’absence de système généralisé de retraite qui oblige les parents à avoir au moins un fils pour les soutenir dans leurs vieux jours, puisque les filles, que le mariage fait sortir de la famille, ne peuvent tenir ce rôle.

Les couples sans fils sont alors conduits à diverses pratiques :

  • L’avortement sélectif des foetus féminins après identification de leur sexe au moyen de l’échographie, largement répandue en Chine.
  • L’infanticide des nouveau-nées, traditionnel en Chine.
  • Les abandons, majoritairement de filles, dont le nombre augmente rapidement au cours des années 80.
  • Traitements moins favorables réservés aux filles, entraînant une surmortalité des filles de moins de 5 ans.

Ces pratiques pourraient tendre à diminuer grâce à la publication en mars 2004 et à la mise en application d’un document officiel de la Commission d’Etat, selon lequel certains paysans, âgés de 60 ans révolus et qui n’ont pas enfreint le règlement et la politique de planning familial, peuvent toucher un montant d’au moins 50 yuans par mois.

Néanmoins, si actuellement on note un assouplissement officiel certain, “la politique de l’enfant unique [qui n'aura vraiment duré que le temps d'une génération] a dressé beaucoup de gens contre l’Etat. En cela, elle est loin d’avoir été une réussite”, comme l’expliquait en 2002 un consultant chinois collaborant avec la Commission du planning familial. On aura compris pourquoi au vu des pratiques reprises plus haut qui pourraient sembler d’un autre âge.

Pourtant, si j’ai eu aujourd’hui envie de me renseigner un peu sur le sujet et d’en reparler ici, c’est parce que ce matin, j’ai pu lire cet article (voir plus bas) du Monde qui montre qu’il reste beaucoup à faire pour que ces pratiques “obsolètes” disparaissent et qu’on arrive à des comportements plus humains.

Sources :

En Chine, le planning familial du Shandong a imposé une violente campagne de stérilisation et d’avortement


Entre mars et juillet, dans un canton reculé de la province du Shandong, dans l’est de la Chine, quelque 7 000 Chinoises ont été stérilisées de force par des agents de l’organisation du planning familial tandis que d’autres ont accouché de bébés mort-nés après avoir reçu des injections de poison. L’une des victimes a raconté que le cadavre de son enfant a été, dès l’accouchement, plongé par les infirmières dans une bassine d’eau pour bien s’assurer de son décès. Pronvince du Shandong en Chine

Pourquoi ? Simplement parce que les responsables de cette région de Linyi avaient été tancés pour n’avoir pas su empêcher un nombre trop important de naissances, contrevenant à la politique dite de l’enfant unique. Il leur fallait réagir pour rétablir l’équilibre…

Cette information, publiée par le magazine américain Time daté du 19 septembre, vient d’être confirmée avec une surprenante rapidité par les autorités de la Commission de la population nationale et du planning familial (NPFPC). Certes, la presse chinoise ne s’est pas fait l’écho du scandale, mais l’agence de presse Chine Nouvelle a publié des communiqués officiels à l’attention des étrangers dans son service en anglais.

Selon le porte-parole de la NPFPC, Yu Xuejun, l’enquête ouverte dans la province du Shandong a révélé que “les affirmations au sujet de cas d’avortements et de stérilisations forcées se sont avérées” . Le porte-parole a ajouté que “les coupables ont été démis de leurs fonctions. Certains sont l’objet d’une enquête, d’autres sont en détention” . Il a promis que des séances de sensibilisation “aux questions juridiques” vont être organisées pour le personnel des branches locales du planning familial afin d’empêcher que de tels abus ne se reproduisent.

Citant des avocats chinois, Time mentionne que des villageois du canton ont été battus à mort pour avoir essayé de protéger des membres de leurs familles qui se cachaient dans le but d’échapper à la stérilisation ou aux avortements forcés. La violence avec laquelle les officiels de Linyi ont voulu faire redescendre les courbes de la natalité rappelle les heures les plus noires de la mise en application de la politique de l’enfant unique, il y a vingt-cinq ans.

[...]

Certains pouvaient penser que les pratiques coercitives de fonctionnaires paniqués à l’idée de ne pas respecter les quotas réglementaires avaient vécu. L’exemple du Shandong vient de prouver le contraire.

Bruno Philip

Le Monde.fr - 23/09/05
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Disneyland ouvre à Hongkong, Pékin applaudit

Mardi 13 septembre 2005

Alors qu’hier certains luttaient pour leur rentrée, pendant ce temps-là, à Hong-Kong,



Le Disneyland de Hongkong a été inauguré sous les louanges de la classe politique, lundi 12 septembre au matin, et présenté comme un exemple de coopération exemplaire entre la société américaine et les autorités locales. “Je déclare Hongkong Disneyland officiellement ouvert”, a lancé le directeur général sortant de Walt Disney, Michael Eisner, en coupant à 12 h 15 locales (6 h 15 à Paris) un ruban multicolore faisant face au château de la Belle au Bois dormant. A ses côtés, son successeur, Robert Iger, qui prendra la tête de Disney le 1er octobre, a annoncé un “avenir éclatant” pour le parc, devant un millier de journalistes, venus essentiellement d’Asie.

“Je représente le gouvernement central (Pékin) pour me féliciter de la réussite de la coopération entre le gouvernement (local) de Hongkong et Walt Disney”, a lancé le vice-président chinois, Zeng Qinghong, également appelé à couper le ruban. Le responsable a conclu son discours par un “thank you very much”.

INVESTISSEMENT DU GOUVERNEMENT

[...]Les cérémonies, point culminant de trois jours de festivité, avaient débuté quelques minutes auparavant par un spectacle alliant la plus pure tradition Disney aux couleurs de l’Orient, exemplaire de la première implantation en Chine de la société américaine. Après une “danse du lion” interprétée par des acrobates chinois, des enfants ont chanté à l’unisson un hymne de bienvenue en japonais, cantonais, mandarin, anglais et français : les langues des parcs Disney dans le monde.

Le parc est le cinquième Disneyland dans le monde, après ceux de Californie, Floride, Paris et Tokyo. Ses responsables annoncent 5,6 millions de visiteurs la première année. Le Disneyland de Floride a attiré 15,1 millions de personnes en 2004, celui de Tokyo 13,2 et Paris 12,4.

Le Monde.fr - 12/09/05
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Magasin de maroquinerie Mickey Mouse dans la galerie Auchan-Minhang Shanghai
un secteur porteur ?

Mosaïque de la télévision chinoise

Dimanche 5 juin 2005

Hier soir, après les séries d’abdo et les 30 génouflexions avec un bout de chou de 35 kg sur les épaules (ils sont tarés ici !) au tkdo, je ne me sentais pas trop d’aller faire la fête en ville :]

Ca tombait bien, car c’était justement hier soir qu’avait lieu la finale dame de Roland Garros, j’allais sûrement trouver la retransmission sur CCTV-5, la chaîne sport du groupe CCTV.

Du coup un peu avant 22h, je me cale devant la chaîne, le journal du sport indique justement que le match va bientôt commencer, mais bon, en attendant je vais faire un tour sur les autres chaînes…

Et il y en a beaucoup des chaînes de télévision en Chine, à Shanghai en tout cas. Sur notre super télé Changhong, nous avons plus de 60 canaux qui sont attribués, certains en double mais relativement peu, et nous n’avons pas de dispositif câble/satellite particulier, ou alors nous ne sommes pas au courant ;)
Donc ci-dessous, petite mosaïque d’écrans télé de ce qu’on pouvait trouver hier soir vers 22h sur la télévision chinoise. Cliquez sur les écrans, vous en saurez plus !

Les CCTV

CCTV, c’est un peu le France Télévision chinois, mais dans la cours des grands… Pas moins de 16 chaînes CCTV, dont nombre de chaînes thématiques (voir plus bas).

Leur site web est très complet, et offre des versions anglaise et espagnole, pour le français on repassera…

Parmis les 16 chaînes, on trouve ainsi une chaîne d’information en continue (CCTV-xinwen), et une chaîne totalement anglophone (CCTV-9). On constate ainsi la place croissante de l’anglais au coeur de la vie des Chinois. Hier je suis tombée sur un journal télé avec une rubrique en anglais, puis tout le reste du journal en Chinois. Ce n’est pas demain la veille que nous verrons ça en France…
On trouve également une chaîne enfant (CCTV-shao’er) sorte de Disney Channel un peu plus manga mais pas seulement, une chaîne musicale (CCTV-yinyue) et il paraîtrait qu’il y a une chaîne franco-hispanophone (CCTV-E&F) mais je n’ai jamais vu celle-ci…
Et aussi :

CCTV-6 : la chaîne cinéma

Ci-contre, une émission cinéma où le décor mais aussi le présentateur sont virtuels.
Avec l’année de la France en Chine, un certain nombre de films français plus ou moins récents et doublés en chinois étaient diffusés, comme par exemple “Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain”.
Films chinois, films américains, etc… à toute heure de la journée.

CCTV-11 : la chaîne Opéra Chinois

Toujours dans les arts et spectacles, mais uniquement chinoise, et même essentiellement pékinoise, cette chaîne vous propose en continue des représentations de l'Opéra de Pékin, et d’autres style d’Opéra chinois. Une façon de diffuser la culture chinoise. Personnellement j’évite, l’Opéra chinois n’étant pas ce qu’il y a de plus reposant à écouter…

CCTV-5 : la chaîne sport

C’est la chaîne qui est diffusée en continu dans le réfectoire de l’université. Normal, aux environs de midi on y trouve le programme sur la NBA, il ne faudrait quand même pas manquer les exploits de Yao Ming… Beaucoup de football naturellement, les championnats européens sont largements couverts, et les sports typiques comme le tennis de table et le badminton. Les championnats de basket universitaires sont aussi diffusés, et puis tout récemment, on y trouvait le tennis aux Internationaux de Roland Garros ;)

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Les feuilletons

Les Chinois sont friands de feuilletons. Tous les magasins du quartiers, que ce soit les salons de coiffure, les petits restos, les épiceries, et mêmes les vendeurs de vélos, tous ont leur TV qui tourne en boucle pour ne pas louper l’épisode de leurs feuilletons favoris. Je me souviens même du gars qui réparait mon vélo, il tournait machinalement sa clé en regardant la scène pleine de suspens à la télé.

Du coup la TV chinoise est polluée de feuilleton qui de l’avis général des non-chinois sont dans l’ensemble très très niais.

Beaucoup de ces feuilletons se déroulent à l’époque des dynasties, l’occasion de voir les chinois avec des coiffures comme on n’en voit plus, et quelques uns plus contemporains, mais pas de meilleure qualité :)

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Le télé-achat

Le genre de programme qui est toujours présenté de la même façon, où que vous soyez dans le monde : le télé-achat. De même, ici, une chaîne de télé-achat en continu. On peut d’ailleurs comprendre le succès d’une telle chaîne quand on sait que les chinois raffolent de gadgets et de remèdes miracles en tous genres.

Ci-contre : en zappant j’étais étonnée de voir défiler à l’écran les images d’un bambin. Sans l’indication Sanyo, on aurait pu croire qu’il s’agissait d’acheter un enfant pour 2999 yuans au lieu de 3999 yuans. Heureusement, en patientant 5 bonnes minutes, on pouvait voir qu’il s’agissait effectivement d’un APN. Ouf :)

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Les émissions musicales

Les chinois sont des fans de musique, et ça se ressent dans leurs programmes télé. Ici ce n’est pas une ou deux fois par semaine un programme genre Star Ac’ en prime time, non, toute la journée on trouve des émissions de découvertes de talents et autres émissions de variétés chinoises. Les clips musicaux sont aussi très présents (ci-contre), sous-titrés naturellement, davantage pour l’aspect karaoké de la chose que pour la compréhension des paroles toujours autour du thème “L’amour c’est beau”…

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Les émissions francophiles


Et oui, c’est bien l’émission “C’est pas Sorcier” que j’ai trouvée par hasard. Présentée dans un programme jeunesse et doublée en chinois, normal. Mais y’avait pas la petite voix que je trouvais trop forte, ça perd tout de suite de son cachet du coup…

Egalement une émission culinaire franco-chinoise, ou comment faire le mille-feuille. Pas de doublage cette fois, juste la traduction en chinois avec les sous-titres. Les instructions sont mêmes écrites en français, et Le Nôtre viendra honorer l’émission de sa présence.

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Roland Garros, enfin !

Enfin, après avoir malmené la zapette, la finale Pi’ersi contre Haining (traduction pinyin de Pierce-Henin) s’apprêtait à commencer. J’ai ainsi pu voir la tenue rose de Mary Pierce en direct…

Pour une fois, je n’ai pas perdu mon après-midi à regarder Roland-Garros, vu qu’ici il faisait bien nuit :)
Et puis bon, le match fut court, très court…

Pendant le match au moins, les commentateurs chinois ne donnaient pas le nom de toutes les personnalités politiques ou du spectacle françaises à chaque fois qu’on s’arrêtait dessus.
Et truc marrant après les remerciements de Justine Henin, le commentateur chinois, qui visiblement ne devait pas comprendre beaucoup de français à part “Merci”, indique que le public a apprécié l’intervention de la Belge car elle s’était exprimée dans un français idiomatique, il est mignon… :)
Au passage elle venait de se faire huer pour le message publicitaire pour le sponsor du tournoi, et l’accueil du public avait été, je trouve, plutôt froid. Ils auront peut-être besoin de moi l’année prochaine pour les aider à commenter en chinois les trucs français qu’ils ne comprennent pas ;]

Le Gaokao, l’enjeu de leur vie

Samedi 4 juin 2005

Alors que le baccalauréat commence tout juste en France (Vas-y Romain !), en Chine la pression commence à monter sur les millions de lycéens qui s’apprêtent à passer l’examen de leur vie, le Gaokao.

Signe annonciateur de l’approche imminente de l’examen, les articles dans la presse se multiplient au sujet du fameux gaokao. Pas étonnant donc, maintenant que nos support de cours de chinois sont les articles de journaux, que nous soyons amenés à en parler avec nos professeurs Chinois. Justement hier matin c’était le cas, et en pensant à mon petit frère qui s’apprêtait à plancher sur son épreuve de SI (merci Romain pour l’erratum, je trouvais bien aussi que c’était tôt pour la philo ;] ) dans les heures qui allaient suivre, je n’ai pas pu m’empêcher de prolonger la discussion.


CRI

Le Gaokao, c’est le diminutif pour Pudong Gaodeng Xuexiao Zhaosheng Kaoshi, le Bac de notre Baccalauréat quoi.

Au même titre, il sanctionne les études de niveau secondaire pour permettre l’entrée dans les études supérieures.

Quelques différences malgré tout, probablement liée au gigantisme géographique et démographique du pays, ainsi qu’aux disparités profondes qui le caractérisent :

  • Les épreuves ne sont pas nationales : les sujets varient selon la province voir même la ville,
  • La forme même de l’examen peut différer d’une ville à l’autre : avec les réformes du système éducatif, le Gaokao subit lui aussi des mutations. Basé sur 3 épreuves fondamentales (Chinois, Mathématiques, Anglais), il évolue vers une forme 3+1, ou même 3+X, avec des épreuves de compositions dans une spécialisation, pouvant être notées sur des échelles différentes.
  • Dans certaines villes, les dates d’examen peuvent différer des 2 jours fixés (Cette année les 7 et 8 juin)
  • Les quotas de reçus dépendent de la province/ville d’origine du candidat. Dans les provinces plus défavorisées de Chine où la qualité de l’enseignement est moindre que dans les villes, il faudra d’autant plus de réussite aux candidats pour espérer entrer dans les meilleures universités.

De quoi rendre discutables les conditions d’équités. Mais ce qui est sûr, c’est qu’à quelques jours du Gaokao, peut-être plus que pour le Bac en France, c’est toute la Chine qui retient son souffle…

Les candidats tout d’abord

A la différence du baccalauréat, le Gaokao chinois est un concours bien plus qu’un examen.

Alors pour eux, la pression ne commence pas du tout à monter : ça fait bien un ou deux ans qu’ils ont ça en tête. Et aujourd’hui, à moins qu’ils ne bénéficient des systèmes de faveur de l’Etat (minorités ethniques, d’outre-mer, enfant de personnalité ayant oeuvré pour la patrie, san hao xuesheng = élève aux 3 hautes dispositions morales, intellectuelles et physiques, compétences particulières artistiques ou sportives) ou qu’ils ne fassent partie des lycéens d’élite directement recrutés, cette pression s’intensifie au plus haut point.

<- Le tableau rappelle qu’il reste 62 jours avant le Gaokao. (China Today)

Sans parler des cas particuliers de nos écoles françaises, l’entrée à l’université en Chine n’est pas subordonnée à la simple obtention de la moyenne aux épreuves. Non, en Chine, les universités sont soumises à un classement en 4 groupes. Les candidats doivent formuler 4 voeux d’université. Et selon ces voeux et surtout les notes obtenues au Gaokao, les universités du 1er groupe (les universités clés, les universités très renommées, etc…) vont choisir leur futurs étudiants en premier, puis viendra le tour des universités du 2e groupe, et ainsi de suite. Voilà qui rappelle nos Concours d’entrée aux Grandes Ecoles : ici en Chine, ils vivent cela en fin de lycée, et ils ne l’ont pas choisi.


China Today

Ainsi, ces lycéens jouent tout leur avenir sur les 2 jours d’épreuves du Gaokao, théâtre d’une compétition sévère pour briguer les places dans les meilleures universités, mais auss parce qu’un échec au Gaokao signifie l’exclusion du système éducatif conventionnel, et bouleverse les perspectives d’avenir d’un jeune Chinois.

Cette année, 8,67 millions d’inscrits, parmis lesquels 4,75 millions accèderont à l’enseignement supérieur, et seulement 2,30 millions à des formations universitaires de type Graduate (Bac +4), on est donc bien loin des 80% de reçus au baccalauréat…

Leurs parents peut-être davantage

En fait, il est possible de repasser le Gaokao en cas d’échec une première fois. Mais au pays de l’enfant unique, quand celui-ci passe le Gaokao, c’est tout l’honneur de sa famille qui est en jeu et la promesse de voir tous les espoirs de celle-ci se concrétiser. Ce sont ces jeunes lycéens également qui devront plus tard assumer leurs parents aujourd’hui plein d’espoir…

Et toute la Chine avec eux

L’importance de l’épreuve est telle que des dispositifs particuliers sont mis en oeuvre à l’occasion du Gaokao. Sans parler de la publicité suscitée - j’ai reçu sur mon mobile une publicité s’adressant aux parents d’enfant candidats au Gaokao leur proposant des solutions pour entrer dans des universités honorables en cas de mauvaise performance- les gouvernements des villes font le nécessaire pour que les étudiants puissent préparer et passer le Gaokao au mieux.
Ainsi j’ai appris que pour les candidats qui en avaient besoin et leur famille, un service de taxi gratuit leur permettait de pouvoir se rendre aux épreuves tranquillement.
Plus étonnant encore, pendant les 10 jours qui précèdent l’épreuve, le temps de travail des chantiers de construction autour des écoles est limité pour ne pas perturber la préparation (quand on sait qu’en temps normal c’est quasiment du 24/24 !), et pendant les 2 jours critiques, des milliers de policiers s’affairent autour des centres d’examen pour assurer qu’il n’y ait aucun bruit ou embouteillage qui vienne déranger la concentration des candidats !

Entrée principale SJTU-Minhang :
Quels nouveaux étudiants accueillera-t-elle ?

Un véritable phénomène national donc, et un système très différent du nôtre. Une culture de l’élitisme bien plus exacerbée qu’en France où l’on prône (et où l’on tente de faire appliquer) le principe de l’”Université pour tous”. En Chine, quand les droits d’inscriptions annuels peuvent représenter 3 à 5 fois le salaire mensuel moyen d’un Chinois, ce afin de financer le développement des universités en capacité d’accueil et en qualité d’enseignement, c’est plutôt l’”Université pour tous… ceux qui peuvent”…

Sources :