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[Taiwan] Une nouvelle politique nataliste

Vendredi 21 octobre 2005

Pour faire suite à l'article sur la politique de l'enfant unique en Chine RPC, voici un article qui vient de paraître concernant la politique nataliste en République de Chine, autrement dit à Taiwan.

Pas la même Chine ? En tout cas pas la même situation face au contrôle des naissances.

Devant la baisse du taux de natalité qui préoccupe sérieusement les autorités, une nouvelle politique a été mise en place prônant jusqu’à trois enfants par famille. Suivant le slogan « deux enfants, c’est bien, trois, c’est mieux ! », la campagne d’incitation contraste avec celle d’« un enfant par foyer » qui est en vigueur en Chine.

Florence Chang, vice-ministre de l’Intérieur, a souligné que les familles taiwanaises étaient aujourd’hui plutôt enclines à ne plus avoir qu’un seul enfant, un comportement qui est à l’origine d’une chute du taux de natalité ces dix dernières années.

Elle a précisé que le nombre de nouveau-nés dans une année est passé de 325 000 en 1996 à seulement 115 000 pour les 7 premiers mois de l’année, attribuant cette baisse à des facteurs économiques et des préoccupations liées à l’éducation des enfants.

Taiwan Info - 20/10/05
article en ligne

Politique de l’enfant unique, entre assouplissement et dérapages

Samedi 24 septembre 2005

Il y a quelques mois, alors que la population chinoise passait officiellement à 1,3 milliard d'habitants, les responsables gouvernementaux pouvaient se féliciter d’avoir pu retarder de 4 ans cet événements grâce au planning familial et notamment à la politique de l’enfant unique. Dernièrement pourtant, alors que la tendance du planning familial est à l’assouplissement, certains dérapages rappellent les heures les plus noires de la politique de contrôle des naissances.

Politique du contrôle des naissances : planning familial et enfant unique

Peu après la fondation de la République Populaire de Chine en 1949, tous les domaines ont donné lieu à une édification de grande ampleur. “Plus de bras, plus de force”, voilà quel était le slogan nataliste qui venait alors soutenir cette orientation, et plus qu’un slogan fréquemment entendu, il résumait la réalité de l’époque : dans les campagnes, une famille qui comprenait quatre ou cinq hommes était considérée comme la plus riche dans un village. Sous cette impulsion, la Chine connaît sa première vague démographique, notamment dans les années 60, quand sa population passe de 700 à 800 millions en 5 ans.

Face à cet emballement démographique, 1971 voit la mise en place par le gouvernement chinois du premier organe de contrôle des naissances : le planning familial.
A l’époque, il n’est pas encore question de politique de l’enfant unique. Le planning familial contient un ensemble de mesures, d’objectifs et de programmes visant à freiner l’explosion démographique, comme par exemple :

  • encourager le report des mariages et des naissances
  • encourager les couples à avoir un 2ème enfant à un intervalle de plus de 4 ans et à avoir moins d’enfants
Propagande pour l'enfant unique En 1978, Deng Xiaoping s’engage sur la voie des Quatre Modernisations pour améliorer le niveau de vie des Chinois, qui s’accompagnent de réformes définissant de nouveaux objectifs démographiques ambitieux : en 2000, la population ne devra pas dépasser 1,2 milliard d’habitants.

Aussi, quand en 1980 la population chinoise atteint le nombre inquiétant d’1 milliard d’habitants, le planning familial devient plus radical, “un couple, un enfant” devient le slogan de la politique de l’enfant unique, qui deviendra même partie intégrante de la Constitution en 1982.

Quelles méthodes d’application ?

Entre encouragements…

  • En ville, il est demandé aux couples de conclure un contrat par lequel ils s’engagent à n’avoir qu’un enfant. En échange, les couples dociles demeurent prioritaires pour l’attribution d’un logement, l’accès aux crèches ou aux soins médicaux gratuits, et de meilleures conditions de scolarisation pour leur enfant leur sont garanties.
  • Dans les centres de planning familial, les femmes se voient offrir une véritable information sur les moyens contraceptifs et la possibilité de choisir entre diverses méthodes.

… et contraintes

  • Les couples qui refusent de respecter les mesures restrictuves risquent au mieux une majoration de leurs taxes fiscales.
  • Il s’exposent à une perte de leurs avantages professionnels, au pire à la perte d’emploi. Et dans tous les cas ressentiront la “honte” sociale s’abattre sur eux.
  • Des mesures sont également imposées de force, telle que la révision à la hausse de l’âge du mariage.

Vers un assouplissement des mesures restrictives

  • La forte impopularité des mesures rencontrée dans les campagnes a conduit à un assouplissement rapide des mesures dans ces régions où le poids des traditions est accru.
    Dès 1984, les campagnes bénéficient d’un privilège par rapport aux villes : une deuxième naissance y est autorisée au cas où le premier enfant est une fille.
    De même, les minorités ethniques disposent très vite de “régime de faveur”. Les Ouïgoures du Xinjiang comme les Tibétaines restent autorisées à avoir jusqu’à 3, voire 4 enfants.
  • Fin des années 90, en ville, l’enfant unique reste la règle. Mais, face au vieillissement de la population, on note là aussi, un assouplissement des règles.
    A Shanghai, par exemple - 13 millions d’habitants à l’époque - , ainsi que dans certains quartiers de Pékin, une femme n’est plus tenue de demander une autorisation à son employeur ou à son comité de quartier avant d’entamer une première grossesse.
    En cas de seconde grossesse, elle ne se voit plus imposer un avortement ou une ligature des trompes.
    En 1997, les couples citadins formés de 2 enfants uniques obtiennent le droit d’avoir 2 enfants même si le premier est un garçon.
  • En 2002, l’Assemblée Nationale Populaire a voté une loi assouplissant le contrôle exercé par l’Etat sur la famille.
    Selon la nouvelle loi, les couples sont autorisés à avoir plusieurs enfants à condition de payer une  “taxe sociale de compensation”, s’élevant à 600 euros pour un nouvel enfant. Les paysans restent financièrement incapables de débourser une telle somme, qui peut constituer jusqu’à deux, trois ou même quatre fois leurs revenus mensuels.
  • Depuis 2004, le gouvernement verse environ 120 euros de pension annuelle aux couples qui ont une fille unique, en récompense pour avoir respecté le modèle de l’enfant unique, et comme incitation pour les plus jeunes.

On se dirigerait donc vers une politique de gratification davantage que de coercition.
Une idée qui commence d’ailleurs à faire son chemin dans les campagnes. Avec l’affluence des paysans dans les grandes villes et l’accélération de l’urbanisation, la conception des paysans sur la naissance a beaucoup changé. Les dépenses énormes requises pour l’éducation des enfants tend à modifier les comportements : les couples ne souhaitent plus avoir qu’un seul enfant pour limiter la charge financière qu’ils représentent.

Pour quels résultats ?

Pendant les 25 ans de mise en application de la politique de contrôle des naissances, les mesures ont certes permis de faire diminuer le taux de fécondité de 5,7 enfants par femme à 1,8, d’”éviter” environ 400 millions de naissance retardant ainsi de 4 ans le passage de la population mondiale à 6 milliards d’individus.

Néanmoins les débats restent loin d’être tranchés sur la réelle efficacité du planning familial chinois. Les responsables gouvernementaux hésitent encore aujourd’hui à réformer cet outil qu’ils jugent efficace bien qu’il n’ait obtenu de sensibles résultats que dans les villes.

Ils affirment d’ailleurs que la politique a aidé un développement économique rapide. Pourtant aujourd’hui les chercheurs exhortent la Chine à abandonner le modèle de l’enfant unique, jugé “obsolète” et “anachronique” face aux “libertés résultant de la richesse et de la mondialisation”.

Autres points qui légitiment la remise en cause de la politique sont ses effets pervers.

  • Des millions d’enfants non-déclarés. Ces enfants qui n’auraient pas dû naître seraient quelques 200 millions. « Enfants fantômes », sans existence légale, ils n’ont droit ni à l’éducation, ni aux soins gratuits, ni à une autorisation de mariage. Si l’on comptabilise ces parias de la société chinoise, la population atteindrait 1,5 milliard d’habitants. Un chiffre qui devrait s’élever à 2 milliards dès 2050.
  • La rigueur des mesures a engendré de nombreuses pratiques violentes à l’égard des couples ayant ignoré la réglementation (jusqu’à des exécutions et incendies de maisons d’après Amnesty International),  et en particulier à l’égard des femmes se voyant parfois contraintes à des stérilisations et des avortements forcés.
Par ailleurs, d’autres effets néfastes sont constatés sur le rapport de masculinité à la naissance : on compte aujourd’hui en Chine 117 garçons pour 100 filles ! (103 à 107 pour 100 dans le reste du monde)

En Chine, la préférence traditionnelle pour les garçons, ce “bâton pour la vieillesse”, est renforcée par l’absence de système généralisé de retraite qui oblige les parents à avoir au moins un fils pour les soutenir dans leurs vieux jours, puisque les filles, que le mariage fait sortir de la famille, ne peuvent tenir ce rôle.

Les couples sans fils sont alors conduits à diverses pratiques :

  • L’avortement sélectif des foetus féminins après identification de leur sexe au moyen de l’échographie, largement répandue en Chine.
  • L’infanticide des nouveau-nées, traditionnel en Chine.
  • Les abandons, majoritairement de filles, dont le nombre augmente rapidement au cours des années 80.
  • Traitements moins favorables réservés aux filles, entraînant une surmortalité des filles de moins de 5 ans.

Ces pratiques pourraient tendre à diminuer grâce à la publication en mars 2004 et à la mise en application d’un document officiel de la Commission d’Etat, selon lequel certains paysans, âgés de 60 ans révolus et qui n’ont pas enfreint le règlement et la politique de planning familial, peuvent toucher un montant d’au moins 50 yuans par mois.

Néanmoins, si actuellement on note un assouplissement officiel certain, “la politique de l’enfant unique [qui n'aura vraiment duré que le temps d'une génération] a dressé beaucoup de gens contre l’Etat. En cela, elle est loin d’avoir été une réussite”, comme l’expliquait en 2002 un consultant chinois collaborant avec la Commission du planning familial. On aura compris pourquoi au vu des pratiques reprises plus haut qui pourraient sembler d’un autre âge.

Pourtant, si j’ai eu aujourd’hui envie de me renseigner un peu sur le sujet et d’en reparler ici, c’est parce que ce matin, j’ai pu lire cet article (voir plus bas) du Monde qui montre qu’il reste beaucoup à faire pour que ces pratiques “obsolètes” disparaissent et qu’on arrive à des comportements plus humains.

Sources :

En Chine, le planning familial du Shandong a imposé une violente campagne de stérilisation et d’avortement


Entre mars et juillet, dans un canton reculé de la province du Shandong, dans l’est de la Chine, quelque 7 000 Chinoises ont été stérilisées de force par des agents de l’organisation du planning familial tandis que d’autres ont accouché de bébés mort-nés après avoir reçu des injections de poison. L’une des victimes a raconté que le cadavre de son enfant a été, dès l’accouchement, plongé par les infirmières dans une bassine d’eau pour bien s’assurer de son décès. Pronvince du Shandong en Chine

Pourquoi ? Simplement parce que les responsables de cette région de Linyi avaient été tancés pour n’avoir pas su empêcher un nombre trop important de naissances, contrevenant à la politique dite de l’enfant unique. Il leur fallait réagir pour rétablir l’équilibre…

Cette information, publiée par le magazine américain Time daté du 19 septembre, vient d’être confirmée avec une surprenante rapidité par les autorités de la Commission de la population nationale et du planning familial (NPFPC). Certes, la presse chinoise ne s’est pas fait l’écho du scandale, mais l’agence de presse Chine Nouvelle a publié des communiqués officiels à l’attention des étrangers dans son service en anglais.

Selon le porte-parole de la NPFPC, Yu Xuejun, l’enquête ouverte dans la province du Shandong a révélé que “les affirmations au sujet de cas d’avortements et de stérilisations forcées se sont avérées” . Le porte-parole a ajouté que “les coupables ont été démis de leurs fonctions. Certains sont l’objet d’une enquête, d’autres sont en détention” . Il a promis que des séances de sensibilisation “aux questions juridiques” vont être organisées pour le personnel des branches locales du planning familial afin d’empêcher que de tels abus ne se reproduisent.

Citant des avocats chinois, Time mentionne que des villageois du canton ont été battus à mort pour avoir essayé de protéger des membres de leurs familles qui se cachaient dans le but d’échapper à la stérilisation ou aux avortements forcés. La violence avec laquelle les officiels de Linyi ont voulu faire redescendre les courbes de la natalité rappelle les heures les plus noires de la mise en application de la politique de l’enfant unique, il y a vingt-cinq ans.

[...]

Certains pouvaient penser que les pratiques coercitives de fonctionnaires paniqués à l’idée de ne pas respecter les quotas réglementaires avaient vécu. L’exemple du Shandong vient de prouver le contraire.

Bruno Philip

Le Monde.fr - 23/09/05
voir l’article complet

Le Parlement chinois envisage de criminaliser le dépistage du sexe d’un foetus

Lundi 28 février 2005

PEKIN (AP) - Les députés chinois envisagent de criminaliser le dépistage du sexe d’un foetus pour raisons non médicales, afin de lutter contre les avortements sélectifs au détriment des filles, selon des informations publiées dimanche dans le quotidien “China Youth Daily”.

Le dépistage du sexe a déjà été interdit, mais les médecins qui le pratiquent risquent actuellement des sanctions administratives, et non pénales. “Malgré l’interdiction, ce dépistage est toujours pratiqué, entraînant un déséquilibre grave” entre les sexes, explique le journal, affirmant que la commission permanente du Parlement chinois va déposer une loi criminalisant ces actes.

Selon les statistiques officielles, il naît 117 garçons pour 100 filles en Chine, une différence imputée à la politique démographique visant à limiter le nombre d’enfants à un enfant par couple. Dans une société qui valorise les garçons, nombreux sont ceux qui préfèrent provoquer un avortement lorsqu’à la suite d’une échographie la future maman apprend qu’elle est enceinte d’une fille.

AP - 28/02/05

La Chine compte désormais 1,3 milliard d’habitants

Jeudi 6 janvier 2005

La Chine est toujours le pays le plus peuplé du monde, devant l’Inde, qui compte 1,08 milliard d’habitants. Mais la croissance démographique a fortement ralenti depuis la mise en place d’une politique de réduction des naissances il y a une trentaine d’années. Le vieillissement de la population qui en résulte pourrait poser de lourds défis dans les années à venir.

Un bébé de sexe masculin, né tôt, jeudi 6 janvier, à Pékin, a fait passer la population de la Chine continentale à 1,3 milliard d’habitants, a rapporté jeudi l’agence Chine nouvelle.

Le nouveau-né a reçu un certificat en ce sens des mains du ministre responsable de la population, Zhang Weiqing, en présence de plusieurs responsables gouvernementaux.

“Cet événement aurait pu arriver quatre ans plus tôt s’il n’y avait pas eu de politique de planning familial adoptée par le gouvernement il y a plus de trois décennies”, selon Chine nouvelle. Lan Hui, 31 ans, la mère du bébé, travaille pour Shell China et son père, Zhang Tong, 37 ans, pour Air China.

CHUTE DE LA NATALITÉ

[...] Cette croissance démographique, même ralentie, profite notamment aux grandes villes. Ainsi, la municipalité de Pékin compte désormais plus de 15 millions d’habitants, selon le dernier recensement publié jeudi par la presse. La population de la capitale chinoise s’élève à 15,2 millions dont 7 millions d’urbains. Quelque 4,5 millions vivent dans les zones rurales de la municipalité et 3,7 millions sont des migrants, installés en ville ou à la campagne. Le recensement de 2003 à Pékin faisait état d’une population totale de 14,5 millions.
Shanghaï, la plus grande ville du pays, compte plus de 17 millions d’habitants.
[...]


NOUVEAUX DÉFIS

(ND celine-en-chine : article précédent 1,3 milliard d’habitants cette semaine)


Avec AFP

LeMonde.fr - 06/01/05 9h05
voir article complet

1,3 milliard d’habitants cette semaine

Lundi 3 janvier 2005

PEKIN (AFP) - La population de la Chine continentale atteindra cette semaine 1,3 milliard d’habitants, selon des calculs du Bureau national des Statistiques (BNS) rapportés par l’agence Chine nouvelle.

Grâce à la politique de réduction du nombre des naissances mise en oeuvre par le gouvernement, le taux de natalité est tombé de 21,06 pour mille en 1990 à 12,41 pour mille en 2003. Dans le même temps, la croissance démographique a été réduite de 14,39 pour mille à 6,01 pour mille par an.

La très grande majorité des citadins, soit environ 40% de la population, ont aujourd’hui un seul enfant, voire pas du tout. Dans la plupart des régions, les paysans sont autorisés à avoir un deuxième enfant si le premier est une fille.

“La Chine a fait des efforts persistants pour réduire sa croissance démographique depuis 30 ans”, selon un responsable de la Commission nationale du planning familial cité par l’agence officielle. “Mais la Chine va être confrontée à des défis nouveaux et difficiles à relever”, a-t-il ajouté.

Avec l’allongement de l’espérance de vie, le vieillissement de la population est aujourd’hui très rapide et l’excédent de naissances de garçons par rapport aux naissances de filles pose un grave problème dû à la pratique, interdite mais largement répandue, des avortements sélectifs.

Alors que la grande majorité de la population rurale n’a pas de retraite, les paysans ont besoin d’une descendance masculine pour assurer leurs vieux jours, les filles partant selon la coutume vivre chez leurs beaux-parents une fois mariées.

03/01/2005 - 14h13