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La Fête des Lanternes

Lundi 14 mars 2005

Le dernier jour de la quinzaine de la Fête du Printemps, la Chine brille pour la Fête des Lanternes.

Ainsi le 23 février dernier, c’était la Fête des Lanternes.

Mais déjà quelques jours avant ça, la vieille ville de Shanghai avait été recouverte de mille et une lanternes, et, dès la tombée de la nuit, des tableaux de lumières pouvaient vous surprendre aux coins de ses petites rues piétonnes.

Un véritable enchantement…
Sauf pour une des installations lumineuses : une projection 3D animée d’un grand bonhomme qui braillait en boucle un truc incompréhensible…

Mais pourquoi cette Fête des Lanternes ?
D’après mes recherches, il s’agirait d’une coutume imposée par un empereur de la dynastie des Han (aux environs de -200 av JC) qui, ayant appris que les moines bouddhistes allumait traditionnellement des lampes pour saluer les génies le 15ème jour de chaque 1er mois lunaire, ordonna d’allumer le même jour des lanternes dans le palais impérial et les temple en signe de respect aux génies.
Voilà pour la petite histoire.

(c) S. Monthéard

Qu’en est-il aujourd’hui ? Une amie chinoise m’avait dit que je ne devais surtout pas manquer cette soirée dans les rues de Shanghai car je pourrai y voir les enfants trainer derrière des lanternes roulantes.
Nous avions donc monté une fine équipée, et voulant éviter la foule annoncée dans le jardin Yu de la vieille ville qui était spécialement décoré pour la cause, nous avons pensé aller sur les bords du Bund là où la grande jetée ne manquerait pas de voir pulluler les fameuses lanternes roulantes… manqué :(

Par contre, nous avons eu droit à un magnifique feu d’artifice tiré depuis les bateaux qui flottaient sur le Huangpu, et nous nous en sommes bien contentés.

Nous n’aurons même pas vu de vendeur des fameux “tangyuan”, ces boules de riz glutineux dont nos camarades de classe Nord-Coréens nous avaient vanté les mérites dans la matinée.

Bah nous ferons mieux l’an prochain :)

Le nouvel an chinois… en Chine

Samedi 12 mars 2005

Tout comme Noël dans nos terres occidentales, la Fête du Printemps (connue sous nos latitudes comme le nouvel an chinois) est la fête la plus importante de l’année.

Avant d’arriver à Shanghai, j’ai vécu 2 ans à Paris dans le 13ème arrondissement, à 500m du quartier chinois. J’avais alors pu découvrir les célèbres défilés et danses de dragons comme on les connaît de par le monde à l’occasion du nouvel an chinois.

Mais une Fête du Printemps en Chine n’a rien à voir avec ce qu’on peut en voir dans les Chinatown des métropoles. Ici j’ai pu sentir une réelle ferveur autour de l’événement, peut-être tout simplement parce que cette fois-ci j’étais au coeur des festivités, et non pas à côté.

La Fête du Printemps dure 15 jours, du 09 février au 23 février pour cette année (oui je sais il est temps de l’écrire cet article :] ), et déjà bien avant février on pouvait ressentir l’importance de la fête en préparation.

Impossible de se frayer un chemin dans les allées d’Auchan, les portes de mes voisins et des magasins se parent des traditionnelles devises  de bons voeux calligraphiées sur papier rouge, ou encore d’un losange rouge et doré avec en son centre le caractère “fu” synonyme de bonheur et d’abondance : j’ai d’ailleurs remarqué que très souvent le caractère était placé à l’envers, et, parce que quand même les chinois savent écrire à l’endroit, je me demandais quelle en était la raison… j’ai donc cherché un peu et appris que cela sert à matérialiser l’arrivée de la bonne fortune (homonymie entre “renversé” et “arrivé” !)

caractère fu à l'envers

Autre signe avant-coureur de l’approche imminente de nouvel an, les rues de Minhang sont désertes, Dongchuan lu, d’habitude si chargée de vie, est une rue fantôme où les restaurants ferment les uns après les autres, la seule activité remarquable étant les gros travaux entrepris ici et là pour ouvrir une nouvelle boulangerie “Christine” ou simplement rafraîchir le restaurant.

En effet l’ensemble de la population de Minhang semblait s’être donné rendez-vous au guichet de Humin lu pour y acheter des billets de train. Car c’est impératif, la veille du nouvel an, les chinois doivent se retrouver en famille autour d’un repas gargantuesque jusqu’au bout de la nuit. Il leur faut donc traverser le pays et cette période est ainsi synonyme de trafic intense qui m’a valu de patienter quelques heures quand j’ai voulu, juste à ce moment là préparer mon voyage à Pékin.


Réveillon du Nouvel an à Shanghai

Juste avant le début de la Fête du Printemps, j’étais encore à Shanghai, et avec Sandrine nous avons pu décrouvrir quelques unes des coutumes du nouvel an.

Le 7, nous sommes allées visiter le temple de Longhua (article à paraître… un jour…) et sur le chemin, nous avons activement participer à une coutume chinoise du nouvel an : lancer nos voeux pour la nouvelle année dans un “arbre à voeux du nouvel an” (nom de ma composition), et surtout faire en sorte qu’ils y restent accrocher :] car dans le cas contraire, vos voeux ne se réalisent pas !

Nous avons donc acheté un “lot voeux du nouvel an à accrocher dans l’arbre” (bis) pour 15 yuans, qui comportait 4 morceaux de “tissus à voeux du nouvel an” (ter) joliement peints et ornés de différents petits objets et une pochette rouge et dorée, dans laquelle nous devions mettre les “tissus à voeux du nouvel an” avant de la lancer dans l’arbre.

Auparavant Sandrine et moi nous sommes appliquées à écrire nos voeux sur 2 des morceaux (nous avons secrètement gardé les 2 autres en souvenirs ;) ), immersion  totale dans la culture chinoise oblige, j’y ai écrit en chinois.

Le centre ville aussi avait revêtu ses habits de lumière. Lors d’une balade sur la rue Nanjing Lu, nous avons pu soupeser les énormes décorations rouges qu’on s’apprêtait à accrocher tout au long de la rue.

Un passage par le quartier de Xujiahui : impossible d’oublier qu’on s’apprête à quitter l’année du singe pour passer dans l’année du coq tant le volatile est décliné sous toutes les formes dans ce quartier commerçant.

Partout ces gros ballons rouges aussi qui flottent dans le ciel, et nos oreilles non pas non plus été épargnées par le bruit incessant des pétards.

Je croyais savoir que ceux-ci avaient été interdits à Shanghai, tout comme les feux d’artifice, jugés trop dangereux. Peut-être l’interdiction ne concernait-elle que le centre ville, a-t-elle été levée, ou bien peut-on l’enfreindre sans trop de complications… ?  Toujours est-il que nous avons bien vu les pétards et feux d’artifice, en particulier le 8, soirée du réveillon ou il veut mieux ne pas trop compter dormir tôt : vos voisins se rappelleront à votre bon souvenir… :]

Le réveillon du nouvel an chinois est censé se passer autour d’un bon repas en famille ? Et bien c’est ce que j’ai fait, j’ai passé la soirée avec Sandrine ;) et nous avons pu les voir ces fameux feux d’artifice qui réveillaient tout Minhang à la nuit tombée.

Festivités à Pékin

(c) S.Monthéard

Nous y étions enfin dans l’année du coq. Et le lendemain, nous mettions le cap sur Pékin en espérant y voir d’autres coutumes pour les prochains jours de festivités.

Et nous avons été déçues dans l’ensemble. Pas de danse de dragons à l’horizon durant tout notre périple. En fait j’ai appris depuis que ces danses avaient lieu sur quelques jours particuliers de la quinzaine, et peut-être se déroulent-elles davantages dans les quartiers plus qu’aux abords des lieux touristiques.

Nous ne serons pas tout à fait bredouilles, à l’arrivée au Parc de Beihai, nous avons pu voir un groupe de danseurs accompagnés de tambours, toujours aussi coloré.

Par contre, à Pékin nous avons découvert un autre événement lié au festivités du nouvel an : le premier dimanche qui a suivi le nouvel an, nous étions au beau milieu d’une véritable fête foraine dans un des temples de la ville.

Alors que nous cherchions en fait le Temple des Lamas, nous avons été attirées par l’animation qui régnait près d’un lieu aux allures de temple.

Nous avions déjà remarqué les personnes déambulant dans la rue arborant fièrement des sortes de poupées-épouvantails ou encore d’autres parures étranges, et ceux-ci étaient encore plus nombreux.

Passée l’entrée, c’était une foule dense qui s’agitait de toute part. On entendait des chants de type karaoké venir de derrières les murailles et guidées par eux nous sommes tombées sur une véritable fête foraine, avec jeux et gros lots (des peluches plus énormes les unes que les autres) à la clé.

Puis nous avons continué notre petit tour, plus ou moins aux aléas des mouvements de foule, pour y trouver des allées de stands proposant les jouets kitchs qu’on pourrait trouver chez nous dans les tombolas de quartier, et à 12h oblige, une nuée noire attroupée devant les stands de nourriture bruyants, fumants et odorants.

C’était pas les danses de dragon, mais c’était décoiffant et épuisant ;)

Nous ne verrons rien de plus à Pékin, pour retrouver l’ambiance des fêtes il nous faudra attendre de revenir à Shanghai, fin prête pour le dernier jour de la Fête du Printemps : la Fête des Lanternes !

La Chine a célébré l’année du Coq

Vendredi 11 février 2005

Plus puissante que jamais sur la scène internationale, la Chine célèbrera mercredi l’avènement de l’année du Coq, signe de fierté mais aussi d’arrogance, alors que déséquilibres sociaux et risque de surchauffe de son économie demeurent toujours aussi importants.

Comme tous les ans, la plus grande migration humaine de la planète a lieu à l’occasion de cette fête traditionnellement passée en famille, avec 1,97 milliard de déplacements en bus, en train, en bateau ou en avion prévus par le gouvernement sur une période d’un mois.

Pour arriver chez eux avant mardi soir, les migrants qui travaillent parfois à des milliers de kilomètres de leur domicile effectuent souvent des périples longs de plusieurs jours dans des trains bondés ou des bus surchargés.

Pour chasser les mauvais esprits, des pétards retentiront tout au long de la nuit de mardi à mercredi. Les réunions de famille et les sorties dans les temples et dans les foires se succéderont ensuite.

Des grands repas seront organisés et plus de cent millions de messages de voeux échangés par téléphone portable.

Ces rites de passage seront d’autant plus importants que cette année du Coq ne comportera pas de “lichun”, jour du début du printemps dans le calendrier agricole qui tombe en 2005 le 4 février.

Selon la croyance populaire, “une année sans printemps” est “une année du veuvage”, si bien que de nombreux couples se sont dépêchés de se marier avant la fin de l’année du Singe, qui comptait deux “lichun”.

Sur le terrain économique, le tableau est plus positif mais les risques s’accumulent.

L’an dernier, la Chine aura réussi à maintenir une croissance très forte tout en évitant l’écueil de l’éclatement d’une bulle spéculative, grâce à une intervention musclée du gouvernement pour brider le crédit et l’investissement.

L’indiscipline inhérente au singe a été contenue, mais les problèmes structurels du pays n’ont pas été résolus pour autant.

“Beaucoup d’observateurs craignent que la bulle du marché immobilier éclate en 2005 et brise le fragile équilibre de l’économie chinoise”, rapporte dans sa dernière édition, avant la Fête du printemps, le magazine économique Caijing.

Dans les campagnes, l’abolition progressive de l’impôt agricole, nécessaire pour tenter de rééquilibrer des écarts en constante augmentation entre ruraux et citadins, risque de priver les gouvernements locaux de leur principale source de revenu.

Quant aux marchés boursiers de Shanghai (est) et de Shenzhen (sud), ils ont atteint la semaine dernière leur plus bas niveau en près de six ans et la confiance des investisseurs paraît durablement entamée.

A l’extérieur, le poids croissant de la Chine permet à son gouvernement de s’affirmer davantage sur la scène internationale. Mais il n’a pas su pour l’instant faire preuve de flexibilité alors que la puissance chinoise devient source de tensions.
Aux Etats-Unis, un groupe de sénateurs démocrates et républicains a menacé la semaine dernière Pékin de droits de douane punitifs si sa monnaie n’est pas réévaluée d’ici six mois.
Les relations avec Taïwan pourraient aussi s’envenimer davantage avec le vote prévu en mars d’une “loi anti-annexion” à laquelle Taipei menace de répondre par un referendum sur ses relations avec le régime communiste.

Durant l’année du Coq, “il est particulièrement important de faire preuve de tolérance”, rappelle Shelly Wu, une astrologue basée en Californie.

En Chine même, ses confrères s’interdisent de prédire l’avenir de la nation.

“Si vous publiez des commentaires sur des sujets sensibles il peut facilement arriver que votre site internet soit fermé” par les autorités, explique M. Chen, un géomancien basé dans le Guangdong (sud).

La Tribune de Genève - 11/02/05

Les superstitions en Chine se portent bien

Mardi 8 février 2005

PEKIN (AFP) - Des couples qui s’unissent à la va-vite pour éviter une année du coq peu propice, des nouveaux riches qui veulent être les premiers à faire sonner les cloches des temples, des files d’attente chez les astrologues: les superstitions se portent bien en Chine avant le Nouvel An lunaire.

“Tous les hôpitaux ont connu une augmentation de 20% du nombre de femmes enceintes cette année parce que l’année du singe est considérée comme de meilleur augure” que celle du coq, qui débute mercredi, explique Han Tianjun, directeur de l’Hôpital pour femmes et enfants de Canton (sud).
Pour s’assurer que leur progéniture voie le jour sous de bons auspices, certaines mères n’hésitent pas à recourir à des césariennes.
“Elles ne l’avoueront pas mais c’est la vraie raison. S’il s’agit d’avancer la date de trois ou quatre jours seulement, nous le ferons probablement”, explique l’infirmière Zhang Weizhu.

Pour les mariages également, les couples font la queue pour sceller leur union avant l’arrivée de la nouvelle année, selon les médias officiels, qui évoquent des salles de banquets toutes réservées, certaines voyant défiler trois noces par jour.

Vingt ans de réformes ont fait ressurgir les vieilles superstitions en Chine, qui n’ont pas de mal à s’adapter à la vie moderne. Les nouveaux riches du communisme n’hésitent pas à dépenser de fortes sommes pour “s’acheter” une bonne fortune.
L’homme d’affaires Gao Jie a déboursé 66.000 yuan (7.951 dollars) lors d’une récente vente aux enchères afin d’être le premier à allumer de l’encens et à prier le jour du Nouvel An dans le temple Tanze de Pékin.

Le Parti communiste regarde du coin de l’oeil cette poussée du superstitieux, craignant que cela mine son pouvoir. La radio et la télévision publiques ont récemment interdit toute publicité “qui fait l’éloge de la superstition”.

Mais les Chinois semblent en faire peu de cas : ils sont de plus en plus nombreux à se tourner vers les marchands de bonheur, y cherchant réponse à leurs doutes grandissants dans une société en mouvement où a disparu l’emploi à vie. Et, malgré l’interdiction officielle, de la publicité sur des services d’astrologie par téléphone est régulièrement diffusée sur les écrans télé.

“Les gens veulent aujourd’hui savoir quel chemin ils doivent prendre.
Ce n’est pas comme avant, où on décidait tout pour eux, de l’endroit où ils travaillaient à celui où ils devaient vivre”, explique Sherry Jin, 21 ans, qui a eu recours à un astrologue pour savoir si son père devait changer de métier.

La plupart des clients ont ce genre de questions à la bouche, selon le diseur de bonne aventure Wang Xin, voulant savoir si c’est le bon moment pour ouvrir un commerce ou réaliser tel ou tel investissement.

Beaucoup viennent également chercher conseil sur leur vie maritale.
“Un tiers de mes clients ont des aventures extra-conjugales mais ils ne veulent pas de divorce car ils ont des enfants”, explique-t-il. Il leur conseille alors de suivre les enseignements du livre antique de philosophie, le “I-Ching”, qui enseigne que vivre ensemble est mieux que de vivre séparément.

Quant à ceux qui veulent chasser l’amant de leur épouse, ils leur conseillera de placer deux figurines de coq près de l’armoire où elle range ses sous-vêtements. “Le bec d’un coq est très dur, il peut chasser le mal”, assure M. Wang.
Il y a trente ans, M. Wang aurait fini en prison mais aujourd’hui, “même les hauts responsables du gouvernement ont leur propre astrologue”, assure-t-il.

AFP - 08/02/05

Auchan Minhang Shanghai

Dimanche 6 février 2005

Pour la première journée de Sandrine à Shanghai, nous avons procédé à une immersion totale dans la vie chinoise. Après l’achat des billets de train retour de Pékin à Shanghai, nous sommes allées faire quelques courses à Auchan :)

Je vous vois sourire d’ici, allez faire ses courses à Auchan pour une française, dans le genre immersion totale dans la vie chinoise on fait mieux…

Et bien certes Auchan reste l’enseigne que nous connaissons, mais les produits vendus et l’atmosphère qui règne dans le Auchan de Minhang diffèrent légèrement de ce qu’on trouve en France.

Première étape, pour vous mettre dans l’ambiance, cliquez ici !
Et oui, quand on va y faire nos courses, on a cette chanson, très à la mode en ce moment, en boucle.

Remarquez en ce moment, à l’approche du Nouvel An Chinois on n’entend plus tellement la musique qui passe, pourtant à niveau sonore élevé, car si les rues de Minhang sont désertées et si les petits restos ferment les uns après les autres, ils semble que tous se retrouvent dans le supermarché, un air de fêtes de fin d’année dans les supermarchés en France…

Sandrine a pu tester les chaussons, et surtout le rayon bonbons :)