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Nankin express (3) Zhonghua Men

Dimanche 16 octobre 2005

Après la visite du Mémorial du Massacre de Nankin, poursuite de ma journée à Nankin avec la porte Zhonghua, Zhonghua Men, histoire de remonter près de 600 ans en arrière, au temps de la Chine des dynasties, et notamment pour Nankin, au temps de la dynastie Ming.

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Soulagement en Chine : on voit bien la Grande Muraille depuis l’espace

Mercredi 4 mai 2005

Les Chinois peuvent pousser un soupir de soulagement : la Grande Muraille est bien visible, à l’œil nu, depuis l’espace. Une polémique avait en effet éclaté à l’automne 2003, après la première mission spatiale chinoise, quand le cosmonaute Yang Liwei, une fois redescendu sur Terre, avait énoncé cette frustrante affirmation au regard de l’orgueil national. “Vue de l’espace, la Terre est belle, avait-il dit, mais je n’ai pas vu notre Grande Muraille.”

Le seul produit du génie humain discernable depuis l’au-delà de l’atmosphère étant censé être ­ - avec les polders des Pays-Bas - ­ la Grande Muraille, l’affaire avait provoqué une douloureuse controverse, notamment à propos du contenu des manuels scolaires… Fallait-il corriger les livres utilisés dans les écoles primaires, selon lesquels la visibilité de cet ouvrage d’art était un fait, non un mythe ?

C’est un autre Chinois, en l’occurrence un Sino-Américain, qui vient de contribuer à battre en brèche la déclaration de son collègue Yang : le cosmonaute Leroy Chiao, qui termine une mission de six mois dans la station orbitale russo-américaine, a fait parvenir des photos identifiées par la NASA comme la “première véritable vue depuis l’espace de la Grande Muraille”.

Certes, Leroy a concédé qu’il n’était pas lui-même tout à fait certain, qu’il avait pu “confondre, à l’œil nu, la Muraille et des routes” . Mais un spécialiste chinois de l’Académie des sciences, le professeur Wei Chengjie, a confirmé que l’infime trait déroulant son serpent de pierre est bel et bien”la” Muraille, construite sur des milliers de kilomètres pour protéger l’empire du Milieu contre les invasions barbares.

“Voici pour la bonne nouvelle” , écrit le quotidien China Daily, en ajoutant avec humour : “Mais il y a un bémol. D’autres constructions sont également visibles, telles que les pyramides d’Egypte, des aéroports, et même le troisième périphérique routier de Pékin.”

Leroy Chiao a tenté de trouver une explication scientifique au fait que l’on puisse ou non déceler la fameuse Muraille. La révolution d’une station orbitale autour de la terre est de 90 minutes, et elle survole notre planète à une altitude de 360 kilomètres et à une vitesse de 8 kilomètres par seconde, l’orbite étant chaque fois différente. “La possibilité, dit-il, de voir la Muraille est peut-être d’une fois en quelques jours.”[...]

Bruno Philip

LeMonde.fr - 04/05/05
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La Grande Muraille de Chine - site de Badaling - février 2005

La Grande Muraille de Chine - Badaling

Lundi 14 février 2005

Un 14 février, certes entre cousines… mais dans un lieu magique.

Qui peut se targuer d’avoir passer sa St-Valentin sur la Grande Muraille de Chine ?!

La Grande Muraille de Chine, c’est le passage obligé de quiconque vient faire un peu de tourisme à Pékin. Celle que l’on appelle aussi le “dragon de dix mille lis” est en fait un ensemble de “Grandes Murailles”, fortifications parallèles construites en différents endroits au cours des siècles, s’étendant sur les montagnes sur 6700 km d’ouest en est (plus long que le rayon de la Terre, ou encore 1/20 de sa circonférence !)

Ainsi, quand vous êtes à Pékin, plusieurs sites de la Grande Muraille peuvent être visités.

Le plus connu est le site de Badaling. Situé à 70 km au nord-ouest de la capitale, c’est le site le mieux restauré qui offre probablement les plus beaux paysages, et c’est donc aussi le site le plus fréquenté…

On vous parlera aussi des sites de Mutianyu et Simatai (respectivement à 90 km et 110 km de Pékin, au nord-est) qui eux présenteront l’avantage d’être moins touristiques.

Avant d’arriver à Pékin, je connaissais l’existence de ces 2 derniers sites et aurais plutôt penché pour ceux-ci, n’appréciant guère les hordes de touristes quand il s’agit d’admirer les fabuleux paysages qu’on nous promet.

Ceci étant dit, au vu des distances, nous avons voulu faire au mieux en réservant un tour organisé par le biais de notre hôtel. Et là, le service de réservation (une jeune chinoise en tout et pour tout…) nous dira que ces 2 sites sont assez dangereux en hiver, et que Badaling est plus approprié. N’étant pas particulièrement équipées comme des trappistes, Sandrine et moi avons donc opté pour le site de Badaling.

Au programme donc, visite du site de Badaling avec accès en téléphérique et guide anglais, déjeuner et visite du tombeau des Ming dans l’après-midi : ça s’annonçait bien, d’autant que nous avions choisi notre jour en ayant jeté un coup d’oeil à la météo, il devrait faire beau.

Sauf que bien sûr tout ne s’est pas passé comme prévu.

Dans la série de nos galères, juste le jour où nous devions nous lever un peu plus tôt, bah j’ai pas géré avec mon portable/réveil. Du coup réveil et préparation en quatrième vitesse… pour rien puisqu’au final nous avons dû attendre près de 2 heures à l’entrée de l’hôtel : nous étions les 2 seules de l’hôtel à avoir réservé l’excursion, et la jeune chinoise du service de réservation nous avait… oubliées.

Nous l’avons donc attendue, sans omettre d’exprimer notre mécontentement… Lorsqu’elle arriva, elle commença par nous rembourser nos 360 yuans, puis nous conduisit vers un car de l’autre côté de la rue où on nous fit payer pour le même tour que celui que nous avions réservé. (50 yuans par personne, pour le transport)

Nous patientons sans vraiment comprendre le comment du pourquoi, quand un 2ème car, plus confortable, arrive. On nous fait alors descendre et monter dans ce nouveau car, chic ! d’autres “occidentaux”, y’aura donc sûrement le guide en anglais !

Et bien non ! La guide ne nous parlera qu’en chinois. Après un long trajet en car, nous arrivons enfin sur le site de Badaling (35 yuans par personne), là on nous laisse 1h10 pour nous dégourdir les jambes, voilà ce qui nous attend !

Déjà niveau météo, nous ne sommes pas gâtées, un voile de brume se profile déjà, les photos type carte postale, ce ne sera pas pour cette fois :(

Mais bon, comme dit l’adage, “Celui qui n’a pas gravi la Grande Muraille n’est pas un brave”, alors c’est parti pour l’ascension ! Ah oui j’avais oublié de précisé, non seulement nous n’avons pas de guide en anglais, mais pas de téléphérique non plus, ce sera justement l’occasion de faire preuve de notre bravoure ;)

Et nous avons été bien braves !

Pour pouvoir prendre ces quelques clichés de la Grande Muraille, il nous aura fallu gravir plusieurs centaines de marches et passer par 4 ou 5 des milliers de tours de guet qui jalonnent la muraille, et grâce auxquelles, par un système de signaux de feux, les informations pouvaient circuler très rapidement du temps des invasions barbares.

En fait, haute d’environ 8 mètres et large de 6 mètres, la Grande Muraille jouait plutôt un rôle dissuasif, sans jamais pouvoir empêcher d’invasion. Un peu notre Ligne Maginot puissance 10 quoi…

On dit encore de la Grande Muraille que c’est le seul ouvrage humain visible depuis la Lune.

Et mes joues rougies par l’escalade, on les voit depuis la Lune ? ;)

Bref l’effort fut à la hauteur de nos espérances, et même si le soleil n’était pas de la partie, le jeu en valait la chandelle, pour vous en convaincre, retrouver les photos que je n’ai pas pu insérer dans l’album Views of Beijing, vous aussi vous en aurez peut-être le souffle coupé !

En fait si j’en avais eu le temps, j’aurais bien poussé plus loin la petite balade sur les marches inégales de la Grande Muraille, mais il nous fallait vite repartir, car le bus nous attendait pour la poursuite du périple.

Prochaine étape : pause déjeuner dans ce qui est peut-être l’unique site de restauration à proximité. Une bonne soupe de nouilles fera l’affaire pour nous caler et nous remettre de nos émotions du matin.

Car la journée n’est pas finie. Voilà maintenant que nous nous dirigeons vers le Tombeau des Ming.

Avec Sandrine nous attendions beaucoup de cette visite également, mais nous avons été déçues.

En fait le Tombeau des Ming regroupe un ensemble de sites, et est-ce le fait de notre programme ou bien les sites sont-ils tous aussi peu intéressants, le site que nous avons visité nous a certes permis de découvrir l’imposante statue d’un empereur Ming, mais en fait de tombeau on ne voit rien de particulier, en tout cas ce fut notre ressenti sur le site de Changling.

Pire, on nous arrête ensuite sur un autre site, et on nous conduit directement dans une sorte de petit musée où on commence à vous décrire l’ensemble du tombeau autour d’une jolie maquette, avant de vous faire faire le tour d’une galerie de sculpture en jade qui finit sur un atelier de fabrication (bon encore ça c’est intéressant). Mais bien sûr, pas fous les chinois, juste après on vous incite à dépenser votre argent pour acheter du jade, pierre très chère car très dure à travailler soit dit en passant…

Nous n’aurons donc pas vu “la voie des esprits” bordée d’animaux aux symboliques évocatrices. Ce sera peut-être pour une autre fois, car il est déjà temps de rentrer, et on doit avouer qu’une fois de plus une bonne nuit de sommeil sera la bienvenue, après un bon repas bien sûr car, quoi de mieux après l’escalade de la Grande Muraille de Chine que de déguster le vrai l’unique le sublime Canard Laqué de Pékin ? A découvrir très prochainement dans l’article dédié à nos expériences culinaires ;)

Le Temple du Ciel

Samedi 12 février 2005

Samedi 12 février, après le jeu de piste de la veille pour rejoindre le Palais d’Eté, aujourd’hui nous avons mis le cap sur un site beaucoup plus près du centre mais pas vraiment moins grand, le Temple du Ciel nous accueille…

La veille, nous avions en effet pu éprouver le système de bus de Pékin (je vous en reparlerai…) à travers toute la ville, du sud au nord, pour rejoindre un Palais d’Eté qui se mérite, du coup, ce jour-ci, nous avons pensé que nous avions le droit de tester un autre moyen de transport : le taxi ;)
Hop, en moins de temps qu’il en faut pour le dire (10 minutes quand même), nous voici rendues au Temple du Ciel (Tiantan) qui se trouve juste au sud de la gare de Pékin, enfin bien sûr ceci ramené aux mesures de la capitale :)

Le Temple du Ciel regroupe en fait un gigantesque parc (le double de la surface de la Cité Interdite) et l’ensemble des monuments. Ainsi, comme pour beaucoup des sites à visiter, il faudra prendre le THROUGH TICKET, comprendre celui qui donne accès à l’ensemble du site.

A peine arrivées, nous cherchons et trouvons la fameuse rotonde que nous avions repérée sur nos guides, il fallait absolument que nous aussi, nous puissions faire de magnifiques cartes postales… Mais à peine arrivées, déçues nous sommes… Car en approchant du monument, nous découvrons, effarées !, que celui-ci est en rénovation, et couvert d’échaffaudages qui le défigurent ! Adieu cartes postales…
Nous contournons malgré tout, et là nous découvrons que les Chinois ont aussi bien compris les règles du tourisme : un bon tiers de la surface du monument est complètement dégagé, nous voilà rassurées, et en train de mitrailler :)

Car s’eût vraiment été dommage de ne pas ramener de magnifique photos de cette salle si particulière, d’abord par sa forme circulaire “modèle d’équilibre et d’harmonie” d’après notre Routard, et surtout avec cette triple toiture bleue, qui change radicalement des toits jaunes rencontrés habituellement sur les autres monuments de Pékin.

Poursuite de la viste avec la “Voûte Céleste Impériale”. Ici ce qui est intéressant, ce ne sont pas vraiment les salles à visiter, mais plutôt les secrets que renferme l’enceinte.
De part et d’autre de l’enclos, 2 salles symétriques diamétralement opposées, et il paraîtrait que si 2 personnes se placent derrière chacune des salles et que l’une parle à voix normale, l’autre entendra distinctement. Nous on a pas essayé, trop de touristes s’y évertuaient déjà, et en criant ;)
Autre astuce : les échos multiples des 3 grandes dalles  rectangulaires formant l’axe de l’enclos. Quand on frappe dans ses mains sur l’une on obtient un écho simple, double sur la suivante, triple sur la dernière… trop fort, surtout de voir tout ces gens à genou, l’oreille sur les dalles pour vérifier le truc :)

Car en fait, tout le Temple du Ciel est construit autour de symboliques.
La première d’entre elle se vérifie dans la géométrie du temple. Le parc présente une base carrée à l’image de la Terre, et les monuments, en haut, sont dès lors à l’image du Ciel : rond, comme on se l’imaginait à l’époque (1420).
Autre grande symbolique, celle du chiffre 9, symbole de longévité par homophonie. Le parc fait 270 ha (9×30), les marches menant au salles sont toujours au nombre de 9. 1420, année de la construction du palais est également la 18ème (9×2) du règne de l’empereur alors à la tête de l’Empire. On retrouve enfin la forme la plus poussée de cette symbolique à l’autel du Ciel.

L’autel du Ciel, grand cérémonial circulaire, est en effet entouré de 360 (9×40) balustres de marbre et son sol est formé de 81 dalles (en 9 anneaux de 9 dalles chacun) de marbre… et devinez quoi, le cérémonial qu’on y prononçait était composé de… 9 phrases :)

Après une telle activité cérébrale pour vérifier les légendes mathématiques qui régissent les sites historiques chinois, rien ne vaut une petite… un grande… une très grande balade dans le parc du Temple du Ciel, avec à la clef, petite photo souvenir avec un chinois inconnu qui demandera expressément à ce que je soit sur sa photo, bah si on peut faire plaisir :)

Le Palais d’été

Vendredi 11 février 2005

Après la visite de la Cité Interdite de la veille, on reste dans le gigantisme en ce 11 février bien frais que nous consacrons entièrement à la visite du Palais d’été, version hivernale !

Après notre première journée bien remplie, pour le 2ème jour de visite le réveil fut difficile. Au programme de la journée : visite du Palais d’été. La première épreuve sera de s’y rendre.
Car le Palais d’été se trouve à 20 km au nord-ouest de Pékin. Pour nous, pas question de prendre le taxi, en vraies routardes que nous sommes, nous partons avec notre Guide du Routard (et quelques gâteaux) dans le sac pour y lire et suivre les indications nécessaire à notre trajet. Pas de problème pour le métro, nous sortons en effet à la station de Xizhimen, la station la plus Nord-Ouest de Pékin, et nous espérons y trouver une station pour le bus n°335 pour nous rendre directement au Palais d’été. Sauf que, à la sortie du métro, aucune indication pour une quelconque ligne de bus 335… Nous mettrons ça sur le dos de l’ancienneté relative (2002) du guide, et puis nous sommes toutes contentes de trouver une indication pour la ligne 332 qui était également annoncée par le guide mais en partance du zoo qui n’est pas vraiment dans le coin. Bon peut importe, nous nous mettons en quête de la fameuse station.
Et la quête fut longue. Premières tentatives de repérage une fois sorties du métro, aucune station de bus en vue, en nous renseignant auprès des passants nous finissons par en trouver mais évidemment aucune pour le 332, et bien sûr aucun plan de bus exploitable dans le coin. A l’intuition puis au hasard nous errons quelques temps avant de tomber sur une nouvelle séries de stations de bus. Enfin, désemparées, je finis par expliquer notre cas à une dame à l’une des stations, je veux aller au palais d’été… Et là d’autres chinoises qui m’écoutaient me disent que je peux prendre le 105 pour aller jusqu’au zoo et de là attraper un 332. Bon bah en route pour le zoo.
Arrivées au zoo, REBELOTE… Et il est où le 332 ??? parmis les nombreuses stations à l’entrée du zoo, aucune ne fait mention de la ligne 332. Alors, toujours aussi désespérée, je ressors mon chinois pour demander à un groupe de policiers ou de gardiens, bref des messieurs en uniforme dirons-nous, OU QU’ELLE EST LA STATION DU 332 ?? On m’explique alors qu’il nous faut traverser le grand boulevard et que là je la trouverai. Et oui, nous l’avons trouvée, mais bon, encore nous as-t-il fallu nous apercevoir qu’il y avait une gare routière de ce côté (car bien sûr la station de bus habituelle ne voyait pas passer de 332 non plus) et là rechercher le 332. Enfin nous y sommes installées. C’est qu’il se mérite le Palais d’Eté…

Quand nous finissons par y arriver, (autrement dit à l’autre bout de la ligne de bus 332), c’est déjà la mi-journée. Heureusement que nous avions prévu de quoi grignoter, car la journée va être longue :)
Ainsi, c’est avec nos billets en poche et un paquet de chips sous le bras que nous franchissons l’entrée, et nous sommes loin d’être les seules…

En effet le Palais d’été, classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco, voit défiler chaque année plus de 6 millions de visiteurs. Et si le Routard vous propose 3 heures de visite, dites-vous que vous n’aurez pas le temps de tout voir, ou alors au pas de course.

290 hectares, 3000 édifices, et 420 000 arbres, sans oublier la plus longue galerie couverte du monde (728 mètres) le tout entretenu par 1700 employés, ça peut prendre un peu de temps pour en faire le tour !

Le Palais d’Eté, comme il servait de résidence à l’impératrice Cixi, présente évidemment son lot de palais, mais chacun comprendra très vite qu’il s’agissait surtout d’un lieu d’agrément, aussi malgré le froid, nous l’avons découvert uniquement en extérieur.

Nos premiers pas nous mèneront vers ces enfilades de petites cours bien connues, ces édifices qui n’abritent en fait que les commerces touristiques. On reconnaît également les passages aux formes géométriques entre les différentes parties des jardins où Sandrine imitera l’homme de De Vinci… Sandrine…

Puis soudain, l’illumination, quand, alors que nous étions probablement en train de prendre des photos “artistiques” dirons-nous, nous apercevons par l’une des ouvertures des gens qui marchent sur l’eau… gelée du lac, un lac immense qui s’étend à perte de vue et qui nous éblouit.

Nous allons marcher un long moment pour contourner le lac et arriver au point où nous pourrons nous aussi nous essayer à la marche sur la glace du lac Kunming (officiellement interdite mais visiblement tolérée), youhou, attention ça glisse !

D’ici nous prenons alors la pleine mesure des dimensions des lieux… c’est clair on ne pourra pas en faire le tour aujourd’hui.

Après avoir essuyé nos semelles sur la glace, nous nous éloignons toujours plus de l’entrée en contournant le lac, pour nous rapprocher de l’île du Sud reliée à la terre ferme par le pont aux 17 arches. Nous voilà au beau milieu des 220 hectares du lac, et il nous reste encore tellement de choses à voir de l’autre côté ! Vite nous devons retourner sur nos pas pour découvrir ce que nous avions d’abord délaissé, et que nous avons maintenant pu voir de loin depuis cette île.

Nous faisons donc le chemin en sens inverse, et nous prolongeons ainsi notre route en longeant le fameuse galerie couverte, pour arriver devant un palais que nous espérions pouvoir visiter mais qui s’avère être fermé. Tout au moins cette station nous aura permis de reprendre quelques forces, on peut y trouver de quoi grignoter et se ravigoter après les longues marches autour du lac, surtout quand le soleil déjà bien pâle commence à décliner. Autant vous dire qu’à ce stade de la visite nous étions vraiment fatiguée, mais Sandrine et la pause grignotage auront suffi à me remotiver pour poursuivre la visite toujours en longeant le lac…

pour découvrir le célèbre bateau de marbre. Un des caprices de l’impératrice Cixi, il s’agissait d’un salon de thé immobile bien sûr, suffisamment curieux pour valoir le coup d’oeil ;)

Notez déjà que de ce côté du site, les touristes sont moins nombreux à s’aventurer. Manque de temps ou d’énergie pour ceux qui ont rebrousser chemin trop tôt, le palais d’été retrouve ici son calme et sa magie quand le crépuscule s’annonce. Depuis le bateau de marbre nous avons poursuivi notre tour, qui s’est transformé en ascencion. D’édifice en édifice, on se retrouve seul à poser devant les murs rouges, à admirer le détail des toits ciselés, et à profiter du panorama au coucher du soleil… respirez…

Puis c’est la descente… On a l’impression de quitter le ciel et sa sérénité…
Pour retrouner au monde des humains… avec son lot de problèmes dans les transports en commun. Vous ne serez en effet sûrement pas étonnés si je vous dis que pour notre retour, nous avions pris un bus 332 qui en réalité n’en était pas un… et qu’il m’a fallu, une fois le problème identifié, improviser un chemin de retour en bus vers le centre de Pékin dans le froid et la fatigue. La nuit de sommeil qui s’ensuivit fut la bienvenue !

11 février :  Pour le Palais d’été, dites 332.

La Cité Interdite

Jeudi 10 février 2005

Suite logique dans notre première journée marathon à Pékin, après la Place Tian’anmen, la Cité Interdite !

La Cité Interdite était le lieu de résidence des empereurs chinois (ainsi que de ses concubines et enfants, et des impératrices douairières), on y traitait les affaires de la Cour, célébrait les grandes cérémonies : elle constitutait ainsi le centre du pouvoir politique, et même le centre du monde d’après la philosophie chinoise…

Avant de vous en montrer davantage, quelques chiffres histoire de planter le décor. La Cité Interdite, c’est :

  • 14 années de construction, de 1407 à 1420
  • 200 000 ouvriers
  • 960 m de longueur
  • 750 m de largeur
  • 12 millions de briques pour le pavage
  • 9 000 salles
  • jusqu’à 20 000 eunuques (le personnel) du temps des Ming

Voici donc où je vous avais laissé depuis la Place Tian’anmen. Il s’agit de l’entrée sud de la Cité Interdite, clairement identifiable grâce au portrait de Mao qu’on repère aisément de loin…

On distingue ici les 5 entrées qui mènent vers la cité mais je ne saurais pas vous dire ce qu’il y a derrière car, avec Sandrine, nous sommes passées par une sorte de parc à droite de cette entrée, “le parc de la culture du peuple” ou quelque chose du genre…

Toujours est-il que, que l’on emprunte cette entrée (très très fréquentée…) ou les chemins de traverse par le parc à côté, on finit par se retrouver à la véritable entrée de la Cité Interdite, qui se trouve être la Porte du Midi, Wumen.

Là, il faut savoir s’y retrouver parmi les différentes files d’attente :

  • La première à emprunter, c’est celle pour acheter son ticket, compter 40 yuans par personne.
  • Puis deuxième file d’attente, l’audio-guide : avec Sandrine, on se dit qu’il y a sûrement des tas de choses intéressantes à savoir sur les lieux, alors nous versons les 40 yuans de location (auxquels s’ajoutent une caution). A noter qu’en bonnes touristes, nous nous sommes d’abord adressées au guichet d’audio-guide, mais qu’il était en fait plus rapide de s’adresser directement aux gens près de la grande table en bois décrépite où on vous colle directement l’audio-guide sur les oreilles avec la gentille dame de la boiboite qui commence déjà à papoter alors que vous êtes gentiment poussé vers la troisième file d’attente…
  • … celle qui permet finalement de rentrer, une fois, bien sûr, qu’on aura pris le soin de déchirer la partie droite de votre ticket.

Enfin ça y est, nous y sommes. Il doit être environ 10h et on ne peut que constater qu’il y a foule. Nous allons donc devoir affronter des foules de chinois et autres touristes venus du monde entier pour approcher les différents palais que nous allons découvrir.

Passée la porte de l’Harmonie Suprême, nous voici donc devant le palais du même nom. On se rend déjà compte de l’immensité et de la rigoureuse symétrie des lieux.

Avec le Palais de l’Harmonie Suprême (Taihe dian), nous découvrons les éléments qui seront caractéristiques et récurrents pour les palais de la Cité Interdite. Partout ces même murs rouges, ces mêmes toits aux tuiles jaunes, cette inscription dorée sur fond blond indiquant le nom du palais, et cette foule de touristes qui s’agglutine aux entrées du palais pour tenter d’apercevoir, voire de prendre en photo pour les plus téméraires, l’intérieur des palais dans lesquels il est impossible de pénétrer.

Illustration de la cohue aux abords des palais…

Ici, il me semble que c’était le pire, devant la palais de la Tranquilité Terrestre, où l’on trouve la chambre à coucher de l’impératrice sous les Ming, qui sera par la suite la chambre nuptiale des empereurs.

Nous avons alors renoncé à nous approcher. Par contre, en contournant le palais par la droite, nous avons suivi la coutume qui recommande de toucher (à pleines mains attention :] ) la statue de bronze (?) qui visiblement doit porter chance (en amour ?) à en croire par le nombre de chinois qui caressaient la statue.

Mais il suffit de se laisser porter par le mouvement des visiteurs et la musique traditionnelle qu’on peut entendre par endroits pour toucher du doigt l’âme de la Cité Interdite. Non non, ce n’est pas un CD que vous entendez, mais bien ce vieux joueur de violon chinois qui joue dans son coin.

Si les portes qui séparent les cours et palais sont malheureusement souvent envahies par “les marchands du temple” (qui vous proposent par exemple de poser en tenue d’apparat…), nous nous sommes laissées séduire par les enfilades d’enceintes rouges, et les petites cours desquelles on aperçoit les toits jaunes d’or qui se découpent dans le ciel bleu de Pékin.

De très belles perspectives sur les toits des temples…

… mais aussi des oeuvres colossales, dont la fameuse dalle Ming en marbre sculptée de neuf dragons avec une perle dans la bouche, ondoyants entre nuages, vagues et précipices.

Ne serait-ce que pour l’anecdote, pour déplacer les 17 m et 25 tonnes de cette sculpture qui attirent aujourd’hui de nombreux regards, il fallut 28 jours et une astuce ingénieuse : la dalle fut transportée sur une piste de glace, jalonnée de centaines de puits creusés pour arroser la piste et la rendre glissante avec le gel, malin ;]

Sans oublier les jardins impériaux, là où nous avons fait notre pause casse-croûte, ou plutôt nouilles instantanées ;]

L’occasion de découvrir de drôles de pavillons trônant au-dessus de pierres aux formes étranges…

Encore un détour par les salles qui abritent divers objets de la vie de l’empereur Puyi, empereur chinois du 20ème siècle très ouvert à la culture occidentale, ce seront les seules salles dans lesquelles nous aurons pu pénétrer.

Et nous franchissons la sortie nord de la Cité Interdite, dont nous comprenons clairement maintenant l’autre appellation de Cité Pourpre. Mais la visite n’en est pas pour autant finie…

Pour clore la visite de la Cité Interdite en beauté, je vous recommande (quand le ciel est dégagé) de traverser la rue et de prendre votre ticket pour la parc Jingshan (”colline de charbon”) juste en face. Le parc présente peu d’intérêt en lui-même, sauf pour les courageux qui monteront tout en haut et pourront admirer une dernière fois la Cité Interdite, version panoramique…

La Place Tian’anmen

Jeudi 10 février 2005

C’est le coeur de Pékin, chargé d’événements historiques, et pour nous, ce fut le premier site que nous avons découvert.

Bienvenue sur la plus grande place du monde, la Place Tian’anmen.

A notre arrivée à Pékin, il nous a d’abord fallu trouvé notre hôtel. Ca devait être facile, l’adresse indiquait qu’il se situait dans la rue juste devant la gare. Bon il nous aura fallu arpenter la rue sur plusieurs centaines de mètres et revenir sur nos pas pour nous apercevoir qu’il se trouvait non seulement sur cette rue, mais en plus face à la gare… Premier repérage certes peu efficace mais réussi :)
Plus de détails dans l’article sur l’hôtel à paraître ;)

S’en est suivi la recherche vaine du CITS indiqué sur le Routard 2002-2003. Indication douteuse du Routard ou changement à l’image des bouleversements des métropoles chinoises, nous avons quelque peu lutté pour tomber sur une agence chinoise avec pour tout personnel une stagiaire peu au fait… Nous en repartons bredouille, et décidons dans la foulée de nous débrouiller par nous-même avec nos guides certes un peu anciens, surtout quand on sait qu’en Chine tout change très vite, mais bien pratiques tout de même.

Notre première destination sera la très célèbre Place Tian’anmen (Porte de la Paix Céleste), située à la porte sud de la Cité Interdite.
Si la place Tian’anmen est célèbre, c’est peut-être à cause de ses dimensions (la plus grande du monde) mais probablement davantage à cause des évènements historiques dont elle a été le théâtre : Octobre 1949, Mao Zedong y proclame la République Populaire de Chine, et tristement plus proche de nous; 4 juin 1989, répression dans le sang (entre 1000 et 3000 morts) des étudiants qui occupaient la place depuis avril pour réclamer la démocratie et la fin de la corruption…

Aujourd’hui si la place est occupée, ce n’est plus que par un marchand ambulant de snacks et les touristes qui se prennent en photos devant les monuments qui entourent la place.

En arrivant, nous avons d’abord remarqué le musée de la Révolution, où nous avons reçu et décliné notre première invitation à une “exposition d’étudiant en beaux arts”. C’est aussi à l’entrée de ce musée qu’on peut lire le décompte du temps restant avant le début des Jeux Olympiques de Pékin 2008. Message porteur d’espoir ou énième moyen de refouler le passé ?

Ayant traversé la large avenue Qianmen, nous nous retrouvons sur la place.
Face au musée se trouve le Palais de l’Assemblée du Peuple, où l’histoire politique se poursuit puisqu’il abrite l’assemblée législative, et devant lequel Sandrine a pris la pause ;)

On apercevra également le Monument aux Héros du Peuple, un grand obélisque où l’on lira que les “Héros sont Immortels” (Mao Zedong), et derrière le mausolée du président Mao, emblème encore vivace (queue interminable pour les visites que nous n’aurons bizarrement pas le courage d’affronter) de la Chine communiste des années Mao dans un pays tourné aujourd’hui vers le capitalisme.

Mais les regards se tournent peut-être davantage de l’autre côté de la place. En effet en face se trouve l’entrée de la Cité Interdite. Derrière 5 petits ponts de pierre, un énorme portrait de Mao semble attirer les appareils photos. De part et d’autre du portrait, j’arrive à relire les 2 inscriptions traduites dans notre guide “Longue vie à la République Populaire de Chine” et “Longue vie à l’union entre les peuples du monde”. Nous ne dérogeons pas à la règle.

Nous aussi nous nous prenons en photo avec le camarade Mao, ça n’a d’ailleurs pas été sans mal… si si regardez bien en tout petit entre Sandrine et moi :)

Voilà nous avons donc marché dans ce lieu d’histoire, quelques minutes dans le soleil frais de Pékin pour prendre conscience de ce qui fut et de ce qui sera peut-être, avant de mettre le cap sur notre prochain lieu de découverte : La Cité Interdite.