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Heureusement les amis sont là…

Lundi 2 mai 2005

Pas le temps aujourd’hui d’écrire un roman, alors juste un petit message :)

Hier c’était le 1er mai, journée internationalement reconnue comme la Fête du Travail, pas de bol pour la plupart, ça tombait un dimanche cette année…
Mais n’y a-t-il qu’en France que chaque 1er mai on s’offre traditionnellement un brin de muguet ?

En tout cas en Chine, ou du moins près de chez moi, il n’y avait pas de petit marchand de muguet au carrefour à interpeller les passants pour leur proposer le bouquet fraîchement cueilli la veille :(

Mais heureusement, dans la vie, il y a  les amis :)
Après avoir habilement fait comprendre qu’en Chine on ne trouve pas de muguet pour le 1er mai, ma boîte mail n’a pas tardé à recevoir son petit brin de muguet, petite consolation kiféchonokeur… Merci Seb !

Alors si vous non plus vous n’avez pas eu de brin de muguet hier, je veux bien partager le mien.

Il sent bon, hein ;)

La Fête des Lanternes

Lundi 14 mars 2005

Le dernier jour de la quinzaine de la Fête du Printemps, la Chine brille pour la Fête des Lanternes.

Ainsi le 23 février dernier, c’était la Fête des Lanternes.

Mais déjà quelques jours avant ça, la vieille ville de Shanghai avait été recouverte de mille et une lanternes, et, dès la tombée de la nuit, des tableaux de lumières pouvaient vous surprendre aux coins de ses petites rues piétonnes.

Un véritable enchantement…
Sauf pour une des installations lumineuses : une projection 3D animée d’un grand bonhomme qui braillait en boucle un truc incompréhensible…

Mais pourquoi cette Fête des Lanternes ?
D’après mes recherches, il s’agirait d’une coutume imposée par un empereur de la dynastie des Han (aux environs de -200 av JC) qui, ayant appris que les moines bouddhistes allumait traditionnellement des lampes pour saluer les génies le 15ème jour de chaque 1er mois lunaire, ordonna d’allumer le même jour des lanternes dans le palais impérial et les temple en signe de respect aux génies.
Voilà pour la petite histoire.

(c) S. Monthéard

Qu’en est-il aujourd’hui ? Une amie chinoise m’avait dit que je ne devais surtout pas manquer cette soirée dans les rues de Shanghai car je pourrai y voir les enfants trainer derrière des lanternes roulantes.
Nous avions donc monté une fine équipée, et voulant éviter la foule annoncée dans le jardin Yu de la vieille ville qui était spécialement décoré pour la cause, nous avons pensé aller sur les bords du Bund là où la grande jetée ne manquerait pas de voir pulluler les fameuses lanternes roulantes… manqué :(

Par contre, nous avons eu droit à un magnifique feu d’artifice tiré depuis les bateaux qui flottaient sur le Huangpu, et nous nous en sommes bien contentés.

Nous n’aurons même pas vu de vendeur des fameux “tangyuan”, ces boules de riz glutineux dont nos camarades de classe Nord-Coréens nous avaient vanté les mérites dans la matinée.

Bah nous ferons mieux l’an prochain :)

Le nouvel an chinois… en Chine

Samedi 12 mars 2005

Tout comme Noël dans nos terres occidentales, la Fête du Printemps (connue sous nos latitudes comme le nouvel an chinois) est la fête la plus importante de l’année.

Avant d’arriver à Shanghai, j’ai vécu 2 ans à Paris dans le 13ème arrondissement, à 500m du quartier chinois. J’avais alors pu découvrir les célèbres défilés et danses de dragons comme on les connaît de par le monde à l’occasion du nouvel an chinois.

Mais une Fête du Printemps en Chine n’a rien à voir avec ce qu’on peut en voir dans les Chinatown des métropoles. Ici j’ai pu sentir une réelle ferveur autour de l’événement, peut-être tout simplement parce que cette fois-ci j’étais au coeur des festivités, et non pas à côté.

La Fête du Printemps dure 15 jours, du 09 février au 23 février pour cette année (oui je sais il est temps de l’écrire cet article :] ), et déjà bien avant février on pouvait ressentir l’importance de la fête en préparation.

Impossible de se frayer un chemin dans les allées d’Auchan, les portes de mes voisins et des magasins se parent des traditionnelles devises  de bons voeux calligraphiées sur papier rouge, ou encore d’un losange rouge et doré avec en son centre le caractère “fu” synonyme de bonheur et d’abondance : j’ai d’ailleurs remarqué que très souvent le caractère était placé à l’envers, et, parce que quand même les chinois savent écrire à l’endroit, je me demandais quelle en était la raison… j’ai donc cherché un peu et appris que cela sert à matérialiser l’arrivée de la bonne fortune (homonymie entre “renversé” et “arrivé” !)

caractère fu à l'envers

Autre signe avant-coureur de l’approche imminente de nouvel an, les rues de Minhang sont désertes, Dongchuan lu, d’habitude si chargée de vie, est une rue fantôme où les restaurants ferment les uns après les autres, la seule activité remarquable étant les gros travaux entrepris ici et là pour ouvrir une nouvelle boulangerie “Christine” ou simplement rafraîchir le restaurant.

En effet l’ensemble de la population de Minhang semblait s’être donné rendez-vous au guichet de Humin lu pour y acheter des billets de train. Car c’est impératif, la veille du nouvel an, les chinois doivent se retrouver en famille autour d’un repas gargantuesque jusqu’au bout de la nuit. Il leur faut donc traverser le pays et cette période est ainsi synonyme de trafic intense qui m’a valu de patienter quelques heures quand j’ai voulu, juste à ce moment là préparer mon voyage à Pékin.


Réveillon du Nouvel an à Shanghai

Juste avant le début de la Fête du Printemps, j’étais encore à Shanghai, et avec Sandrine nous avons pu décrouvrir quelques unes des coutumes du nouvel an.

Le 7, nous sommes allées visiter le temple de Longhua (article à paraître… un jour…) et sur le chemin, nous avons activement participer à une coutume chinoise du nouvel an : lancer nos voeux pour la nouvelle année dans un “arbre à voeux du nouvel an” (nom de ma composition), et surtout faire en sorte qu’ils y restent accrocher :] car dans le cas contraire, vos voeux ne se réalisent pas !

Nous avons donc acheté un “lot voeux du nouvel an à accrocher dans l’arbre” (bis) pour 15 yuans, qui comportait 4 morceaux de “tissus à voeux du nouvel an” (ter) joliement peints et ornés de différents petits objets et une pochette rouge et dorée, dans laquelle nous devions mettre les “tissus à voeux du nouvel an” avant de la lancer dans l’arbre.

Auparavant Sandrine et moi nous sommes appliquées à écrire nos voeux sur 2 des morceaux (nous avons secrètement gardé les 2 autres en souvenirs ;) ), immersion  totale dans la culture chinoise oblige, j’y ai écrit en chinois.

Le centre ville aussi avait revêtu ses habits de lumière. Lors d’une balade sur la rue Nanjing Lu, nous avons pu soupeser les énormes décorations rouges qu’on s’apprêtait à accrocher tout au long de la rue.

Un passage par le quartier de Xujiahui : impossible d’oublier qu’on s’apprête à quitter l’année du singe pour passer dans l’année du coq tant le volatile est décliné sous toutes les formes dans ce quartier commerçant.

Partout ces gros ballons rouges aussi qui flottent dans le ciel, et nos oreilles non pas non plus été épargnées par le bruit incessant des pétards.

Je croyais savoir que ceux-ci avaient été interdits à Shanghai, tout comme les feux d’artifice, jugés trop dangereux. Peut-être l’interdiction ne concernait-elle que le centre ville, a-t-elle été levée, ou bien peut-on l’enfreindre sans trop de complications… ?  Toujours est-il que nous avons bien vu les pétards et feux d’artifice, en particulier le 8, soirée du réveillon ou il veut mieux ne pas trop compter dormir tôt : vos voisins se rappelleront à votre bon souvenir… :]

Le réveillon du nouvel an chinois est censé se passer autour d’un bon repas en famille ? Et bien c’est ce que j’ai fait, j’ai passé la soirée avec Sandrine ;) et nous avons pu les voir ces fameux feux d’artifice qui réveillaient tout Minhang à la nuit tombée.

Festivités à Pékin

(c) S.Monthéard

Nous y étions enfin dans l’année du coq. Et le lendemain, nous mettions le cap sur Pékin en espérant y voir d’autres coutumes pour les prochains jours de festivités.

Et nous avons été déçues dans l’ensemble. Pas de danse de dragons à l’horizon durant tout notre périple. En fait j’ai appris depuis que ces danses avaient lieu sur quelques jours particuliers de la quinzaine, et peut-être se déroulent-elles davantages dans les quartiers plus qu’aux abords des lieux touristiques.

Nous ne serons pas tout à fait bredouilles, à l’arrivée au Parc de Beihai, nous avons pu voir un groupe de danseurs accompagnés de tambours, toujours aussi coloré.

Par contre, à Pékin nous avons découvert un autre événement lié au festivités du nouvel an : le premier dimanche qui a suivi le nouvel an, nous étions au beau milieu d’une véritable fête foraine dans un des temples de la ville.

Alors que nous cherchions en fait le Temple des Lamas, nous avons été attirées par l’animation qui régnait près d’un lieu aux allures de temple.

Nous avions déjà remarqué les personnes déambulant dans la rue arborant fièrement des sortes de poupées-épouvantails ou encore d’autres parures étranges, et ceux-ci étaient encore plus nombreux.

Passée l’entrée, c’était une foule dense qui s’agitait de toute part. On entendait des chants de type karaoké venir de derrières les murailles et guidées par eux nous sommes tombées sur une véritable fête foraine, avec jeux et gros lots (des peluches plus énormes les unes que les autres) à la clé.

Puis nous avons continué notre petit tour, plus ou moins aux aléas des mouvements de foule, pour y trouver des allées de stands proposant les jouets kitchs qu’on pourrait trouver chez nous dans les tombolas de quartier, et à 12h oblige, une nuée noire attroupée devant les stands de nourriture bruyants, fumants et odorants.

C’était pas les danses de dragon, mais c’était décoiffant et épuisant ;)

Nous ne verrons rien de plus à Pékin, pour retrouver l’ambiance des fêtes il nous faudra attendre de revenir à Shanghai, fin prête pour le dernier jour de la Fête du Printemps : la Fête des Lanternes !

What a wonderful women’s day

Mardi 8 mars 2005

Aujourd’hui 8 mars 2005, c’est la 95ème journée internationale de la femme, et qui dit internationale dit en Chine aussi…

La Fête de la Femme est une des fêtes internationales célébrées en Chine comme ailleurs dans le monde. En tant que représentante de la gent féminine, j’ai donc pu expérimenter ce jour particulier.

En fait pour moi, tout a commencé non pas le 8 mais le 7 mars, avec une invitation à un concert au Shanghai Concert Hall je vous prie, à l’occasion justement de la journée de la femme…

Cette invitation, je n’étais pas la seule à en bénéficier. Marieke, moi et tout un mini-bus de jeunes (et moins jeunes) femmes étudiant ou enseignant à SJTU avons été conviées à ce concert.

Nous voilà donc rendues hier soir sur People Square, nous… et un certain nombre d’officiels, chinois et non-chinois.

Nous avons droit à notre programme en chinois et en anglais, annonçant 2 parties pour ce soir : la première consacrée à la culture chinoise entre Opéra de Pékin, quintet d’instruments à cordes traditionnels comme le violon chinois et le pipa, et chansons plus “folk” ; la seconde sous le signe de la culture occidentale avec un florilège de morceaux classiques de Puccini, Strauss et autres Verdi sans oublier les petits français Bizet pour Carmen et Massenet pour Manon.

Si la salle de concert nous a quelque peu déçues par le kitch, si habituel dans les rues, inattendu ici (ce sont bien des colombes qu’on distingue au fond, de part et d’autre de l’énorme disque jaune marqué d’inscriptions rouges annonçant l’événement…), nous avons été bluffées par les soprano chinoises faisant résonner la salle de leurs voix prenantes et graves sur des paroles en allemand.

2 heures de concert classique, voilà qui place la journée qui va suivre sous de bons augures…

Ce matin 8 mars, en fait la journée commence mal. Mon vélo, pour lequel je me demandais encore comment il arrivait à rouler tellement il couinait de partout, est à plat alors que je l’ai gonflé cette semaine… Bon bah allons en cours à pied… 20 minutes et personne pour me prendre sur son porte-bagage plus tard, j’arrive enfin en retard au 5ème étage de bâtiment de l’autre côté de l’université, le prof en est déjà au 16ème mot de la dictée (qui en comptera plus de 50), ça commence bien…

Marieke et moi sommes les 2 seules filles du cours, et pas un seul de nos 4 camarades de cours ne pensera à nous faire même une blague vaseuse pour la journée de la femme, seul notre professeur en dira 2 mots : seules les femmes, celles qui sont mariées d’après lui, reçoivent un petit cadeau, bon bah alors pour nous c’est mort…

Après-midi. Afin de profiter un peu du soleil et de se vider l’esprit, direction le terrain de basket. Avec Marieke nous sommes toujours les 2 seules filles sur les terrains tous combles d’au moins 10 chinois, sauf le nôtre où nous resterons à 2 sur un demi-terrain, à croire qu’il ne fallait pas trop nous approcher aujourd’hui.

La journée de la femme… Vaste blague, oui !

Voilà quelle était l’humeur en revenant du terrain de basket, avec pour seule perspective quelques heures pour plancher sur mes cours de chinois.
Mais là, je commence par regarder mes mails et je découvre, ô surprise, un message envoyé par M. Carlton J. Smith en personne, celui-là même que je présentais dans l’article sur son groupe et lui (voir ici) :
Si je retourne le voir au House of Blues and Jazz avant son départ (ce que je compte bien faire et vous allez comprendre pourquoi) j’aurais droit à un calin et un bisou ! ;)

Rien de tel pour redonner le sourire et la patate !
Du coup, j’ai décidé qu’aujourd’hui serait le bon jour pour apporter de grands changements dans ma vie de femme : je vais m’acheter un nouveau vélo :)

Voilà, un nouveau vélo, le 4ème en 6 mois, le 3ème que j’achète neuf !!
Avec ce 3ème vélo neuf, la 3ème visite au marchand de vélos en face de l’université, la 3ème négociation du prix du vélo, l’achat du 3ème panier à vélo, de la 3ème machoire, mais pas du 4ème antivol fluo, ça je peux le récupérer sur l’autre…
Ce qui est bien au moins avec ces visites régulières chez le marchand de vélos, c’est que je peux constater mes progrès en chinois, j’arrive à détailler de mieux en mieux ce que je veux, et je tape la discute avec un Sud-Coréen venu ici faire réparer les amortisseurs de son “Giant” quand moi je repars avec mon “Forever” probablement récupéré je ne sais où qui me coûtera 260 yuans.

Ironie du sort, jusqu’à présent tous mes “Forever” n’ont justement pas durer très longtemps… Un vélo ça ne coûte pas cher à l’achat, mais quand il faut le changer tous les 2 mois, on aimerait bien que le “Forever” passe au moins l’année sans se faire voler sur le parking d’Auchan ou en bas de chez soi… On ne se demande plus comment tourne l’économie chinoise :)

Ainsi maintenant, en tant que femme en ce jour qui m’est consacré, j’ai à nouveau un vélo digne de ce nom, j’ai le droit au confort pour me rendre dans ma salle de classe… Et pour finir la journée comme il se doit, petit resto pour ce soir : nous en avons essayé un nouveau (que de changements !), super bon d’ailleurs, et à l’occasion de cette journée si particulière, on nous offrira… un verre de naicha = thé au lait, que je ne pourrai pas boire moi qui ait horreur du lait, youhou !

Vous l’aurez tous compris, “What a wonderful women’s day” c’est pour le calin à venir ;]