Lundi soir, alors que nous mangions “tranquillement” au restaurant universitaire avec de nous rendre en cours, un étudiant est venu nous demander si nous étions disponibles le mercredi suivant (aujourd’hui) pour un free talk en anglais en face-to-face avec des étudiants chinois. Comme il se trouve que nous n’avons pas cours du mercredi, nous avons bonne-poirement répondu que nous étions libres, et qu’éventuellement nous accepterions d’y participer.
Il n’en a pas fallu davantage à l’étudiant en question pour nous soutirer nos numéros de portable, et nous rappeler dans la soirée pour nous confirmer le lieu et l’heure.
Entre temps nous avons eu le temps de nous inquiéter sur le niveau d’anglais de nos futurs interlocuteurs, tant il nous était plus facile de communiquer avec cet étudiant en chinois qu’en anglais. OK, je sais bien, je suis française et mon anglais n’est sûrement pas parfais, mais il suffit de venir ici pour se sentir rassuré (quoique pas toujours) sur son niveau d’anglais.
Bref, jusqu’à ce midi, nous nous attendions à nous retrouver en face à face, avec 1 ou 2 chinois chacune, voire à rencontrer d’autres élèves étrangers enrôlés plus ou moins de force dans l’entreprise. Mais ce fut loin d’être le cas.
14 heures, moment auquel le cours devait commencer, et visiblement l’organisation laissait à désirer. Pas de salle de disponible, et nous sommes rejointes au fur et à mesure non pas par quelques chinois et étrangers, mais par une classe entière de chinois. Mais je suis pas là pour donner un cours d’anglais moi !
Bientôt nous sommes reconnues par la prof, “Hey I know you, I’ve seen you playing on the basketball court, you’re quite famous among us!”. Okaaay…
Finalement, nous comprenons très vite. Nous sommes là en guest star, pour parler de tout et n’importe quoi en anglais avec la classe de Free Talk dont c’était visiblement la première session. Petite introduction, séance questions-réponses, nous voici à conter nos expériences de la Chine et de la France à une classe entière prête à boire nos paroles.

Pour un face-to-face, c’était plutôt un face-to-facessssssss !
A tel point que la salle de cours finalement disponible était trop juste pour contenir tous les élèves. Nous avons fini avec la moitié du groupe dans une autre salle, pour une bonne heure de discussion, où il nous a fallu trouver des sujets capables de susciter l’intérêt de notre auditoire, quand ce n’est pas l’auditoire lui-même qui trouvait l’inspiration, comme par exemple de nous demander de chanter une chanson française (3 fois) ou notre avis sur les garçons chinois (2 fois)…
Ces quelques questions pièges mises à part, nous avons aussi pu parler de sujets un tant soit peu intéressants, comme de savoir ce que nous pensions des candidatures infructueuses de Paris aux JO, de Yao Ming et de son homologue franchisseur de haies dont ils aiment bien se targuer devant les français depuis les derniers JO, mais aussi de notre expérience en Chine, des régions de France, de l’apprentissage des langues étrangères, ou encore de la perception de la Chine par les Français.
Nous avons été accueillies très chaleureusement, certains étudiants sont mêmes venus me dire en particulier combien ils étaient fébriles car c’était pour eux la première occasion de parler avec un étranger.

Bien sûr ils ont admiré notre pratique de l’anglais ;), nous ont vanté les mérites de notre pays si romantique et nous ont naturellement dit combien nous étions belles, ce à quoi, après les remerciements gênés, j’ai voulu répondre (dans ma grande humilité) qu’ils nous voyaient ainsi parce que nous étions différentes.
C’est peut-être une caractéristique des gens ici. Ce qui est différent ne les effraie pas mais les attire.