Et pendant ce temps-là, Céline cherche un stage à Shanghai…
Exploiter ses salariés en omettant de leur proposer un contrat : telle pourrait être la raison du boom économique chinois. Un rapport officiel, publié jeudi 29 décembre, révèle en effet que l’immense majorité des plus de deux millions d’entreprises privées chinoises exploitent leurs salariés, condamnés à travailler sans contrat.
“Les droits légaux des employés sont fréquemment violés dans plus de 80 % des entreprises privées” [...]. L’immobilier, l’industrie légère – notamment l’habillement – et la restauration sont en tête des entreprises qui usent et abusent de procédés illégaux.
En outre, selon le rapport, dans les 20 % d’entreprises qui respectent la loi, la plupart des contrats sont de moins d’un an. “Les employeurs refusent de signer des contrats de longue durée pour éviter les obligations légales” [...] “Certains contrats établissent même que la responsabilité de l’employeur ne peut être engagée en cas de maladie ou même de mort de ses employés, même si cela se passe sur le lieu de travail” [...]
ABSENCE DE PROTECTION
[...] Le droit de grève a même été retiré de la Constitution en 1982 au motif que le système politique avait “éradiqué les problèmes entre le prolétariat et les propriétaires d’entreprises”.
Dans un rapport publié au début du mois, la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) a accusé le Parti communiste chinois au pouvoir de s’être converti en un “capitalisme casino”, marqué par l’enrichissement d’une minorité grâce à l’exploitation d’une masse d’ouvriers, issus des campagnes, mal payés et sans aucun droit. [...] Selon l’internationale syndicale, les ouvriers ne disposent guère de moyens pour faire respecter leurs droits, d’autant plus que le syndicat officiel, le seul autorisé, prend systématiquement fait et cause pour les patrons.
Généralement, les critiques concernant le coût social du boom économique de la Chine proviennent d’organismes indépendants basés à l’étranger[...]. Mais le rapport publié jeudi 29 décembre a, lui, été réalisé à la demande des députés chinois pour faire le point sur le respect de la loi du travail, adoptée en 1995. Peut-être le signe d’un changement pour les salariés chinois.
avec AFP
Le Monde.fr - 29/12/2005
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