Sur le Huangpu, du Bund au Yangzi : le port de Shanghai
Aujourd’hui petit retour en arrière sur une visite que j’ai effectuée en juin dernier : le port de Shanghai.
Et qui dit port, dit bateau. Alors hop, rien de tel qu’une petite croisière de 3 heures (il y en a d’1 heure, mais quand on aime…) sur le fleuve Huangpu 黄浦江, entre le Bund où j’ai acheté mon billet dans l’un des nombreux guichets de la jetée (70 kuais à l’époque, visiblement 90 maintenant…), et l’embouchure du fleuve Changjiang 长江 (=fleuve long) encore appelé le Yangzi.
L’idée m’avait été soufflée par les parents de Marieke lors de leur venue à Shanghai, et aujourd’hui à mon tour je recommanderais cette croisière très intéressante, considérée comme un passage obligé d’ailleurs par certains guides pour mieux comprendre Shanghai.
Car c’est sur son port que Shanghai a bâti son essor économique dès la seconde moitié du 19e siècle. On en prendra pour preuve les immeubles de la façade du Bund, d’une architecture moins chinoise que néoclassique-années 30 à la new-yorkaise.
Shanghai 上海 (=sur la mer), un nom qui prédestinait la cité à utiliser la mer comme vecteur de son développement commercial du temps des concessions. Mais aujourd’hui encore le port de Shanghai est un moteur économique. Il n’y pas si longtemps passé 2e port mondial devant celui de Rotterdam, de beaux jours lui sont encore promis avec les projets dont il fait l’objet (lire ici pour en savoir plus)
Enfin allons voir de plus près de quoi il retourne ! Tout d’abord, la croisière permet d’obtenir un point de vue très différent sur les hautes tours de Pudong, qui semblent encore plus imposantes vue d’en bas…

Mais finalement, les buildings rutilants au soleil… rien de très neuf sous le ciel de Shanghai.
Le plus intéressant, vient après.
C’est parti ! Mettons le cap sur le Yangzi. 1h30 en gros pour se rendre à l’embouchure, demi-tour et retour d’1h30 dans l’autre sens sur le même trajet. Comme ça on pourra regarder ce qui se passe de chaque côté du Huangpu et ne rien manquer
Le bateau propose une salle intérieure dans laquelle on peut rester assis et voir ce qui se passe à travers les vitres. Mais pour mieux profiter du spectacle, rien ne vaut de sortir sur le pont.
Bon, avec mon billet 2ème classe je ne peux pas monter au pont supérieur, mais qu’importe. Les bateaux, je les verrai aussi bien d’en bas, le vent dans les cheveux tout ça tout ça, avec l’écume des vagues qui se fracassent sur la coque du bateau…
Allez finie la partie romancée. C’est maintenant que je vais découvrir une vie insoupçonnée de Shanghai !
Premier monument de taille qu’on peut repérer de loin et dont, là aussi, on obtient une vue tout à fait différente : le pont Yangpu 杨浦大桥.
Ou comment se sentir tout petit petit…
A l’image finalement de la taille du port.
A l’intersection virtuelle d’axes de communications vitaux de Shanghai, l’un reliant le nouveau quartier d’affaires de Pudong, symbole de la modernité de la ville, à la ville historique; l’autre reliant Shanghai aux autres ports du monde, ouverture précoce de Shanghai à l’Occident.
Impressionnant !
Mais surtout des tas et des tas de bateaux. De toutes formes, de toutes dimensions.
Le trafic est incessant, ici transport de troncs d’arbres, de minerai, là réparation ou construction de quelque cargot. Partout quelque chose se passe, et file devant nos yeux.



Etonnant !
De part et d’autre du fleuve, une drôle de faune s’anime. Elles n’évoluent pas au fil de l’eau, mais forment une population active au bord du fleuve. Je veux parler des grues qui s’affairent auprès des navires et de leur chargement. Elles hérissent le paysage de leurs lignes élancées, des grues rouges, bleues à perte de vue, comme des oiseaux le bec en l’air ou prêts à becqueter quelque chose un peu plus bas.


Heureusement on arrive parfois à surprendre une de ces mille petites âmes qui animent réellement ce ballet de géants. Il faut dire qu’il faut bien quelqu’un pour le monter l’échafaudage de bambou pour supporter le bateau !
1h30 de passée, et à peine eu le temps de s’ennuyer ! Nous voilà déjà à l’embouchure du Yangzi. Rien de vraiment exceptionnel, et non pas de panneau clignotant multicolore “Ici l’embouchure du Yangzi !!!” pour une photo touristique. Juste l’eau l’eau et encore l’eau à perte de vue.

Remarquez, l’arrivée à l’embouchure se devine assez facilement.
Plus on approche du point de demi-tour, plus la concentration de navires de la marine chinoise s’accroît. Il faut dire que le lieu est suffisamment stratégique pour qu’on se soucie de sa sécurité…

D’ailleurs j’ai cru lire qu’il est en fait interdit de prendre ces navires-là en photos.
Bah, moi yen’a laowai, moi yen’ a pas savoir, hein :]
Ils sont mignons tout plein ces bateaux blancs avec des canons et des gens en uniformes dessus…
Et c’est reparti dans l’autre sens.
Au passage on notera qu’aux environs de l’embouchure, c’est encore un peu la campagne… Plus pour longtemps.
Enfin c’est l’occasion de rencontrer d’autres navigateurs du fleuve, une famille chinoise par exemple pour un petit coucou aux touristes

Enorme !
Ca c’est pour le nombre de containers qui sont chargés, déchargés des bateaux, prêts à être transférés sur les plateformes où les attendent camions ou wagons de marchandises qui les achemineront on ne sait où.
Et il y en a comme ça sur toute la rive ouest du Huangpu entre l’embouchure et quelques kilomètres avant le Bund…

Retour au point de départ.
De nouveau on retrouve ces tours familières, qui finalement viennent faire front au Bund. Révolu le temps des concessions certes. Aujourd’hui avec Pudong, Shanghai mise sur la finance et les services, et Lujiazui est sa tête de proue. Entre ces deux emblèmes de Shanghai, un siècle de temps, et le Huangpu et son port, comme éléments fondateurs, et, pour quelques temps encore (à quand Shanghai 1er port mondial ?), comme éléments moteurs. Cette croisière permet de se figurer cette facette de Shanghai qu’on a souvent tendance à oublier derrière les reflets que la Perle de l’Orient renvoie. Mais son coeur bat, et fort !
Tags: Huangpu, port, Shanghai, transports, Yangtsé, Yangzi
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Cet article a été publié par Céline le Mardi 8 novembre 2005 à 00:00 et est classé dans Shanghai. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.













9 mai 2005 à 20:49
J’ai fait cette balade (photos ici il n’y a pas longtemps aussi et on pouvait aller sur le toit du bateau sans problème, la seule différence c’est qu’on n’avait pas droit à la chaise, à la bouteille d’eau et au bout de verre. Mais vu le vent, être à l’intérieur, ça n’était pas plus mal finalement.
8 novembre 2005 à 20:50
Toi…si tu continues à photographier des bateaux de formes bizarres et de couleurs ternes, il va falloir bientôt t’apporter des oranges.
Les militaires sont parfois très susceptibles. Ou est-ce de la timidité. En tout cas, ils ont des armes alors, forcément ils ont raison.
Merci de nous avoir montré ces images, mais fais gaffe quand même.
10 novembre 2005 à 20:48
Merci pour ce reportage et ses photos : un port me fascine toujours. Celui-là, Shanghaï, est celui où mon père a embarqué en 1920 sur le Porthos, navire français emmenant des travailleurs et étudiants chinois pour compenser les pertes de la guerre 1914-18 et pour promouvoir l’image intellectuelle de la France dans le lointain Orient. Maintenant, ce sont les français et françaises qui vont faire des études en Chine, et Shanghaï est devenu gigantesque et moderne. Si mon père était encore là, qu’aurait-il reconnu dans votre reportage : les immeubles anciens, la multitude d’embarcations diverses dont celle de la famille sur l’eau
Comme les autres, je vous dit : attention au secret défense !