Le Xiangyang Market, look-a-look

14 octobre 2005

Passage obligé de quiconque fait une halte à Shanghai : le Shanghai Xiangyang Clothing Gifts Market, plus communément appelé le Fake Market.
J’y étais allée une première fois avec Cécile et Sophie lors de leur venue à Shanghai afin de leur montrer un des hauts lieux de la vie shanghaïenne mais sans avoir rien besoin d’acheter. Cette fois j’y suis retournée en compagnie de Marieke et Emilio avec un objectif bien précis : acheter une paire de chaussures et des DVD.

Pourquoi est-il si connu le Xiangyang Market ?

Tout simplement, comme son autre nom l’indique, parce qu’on y trouve à peu près tout ce qu’on veut en contrefaçon de vêtements, chaussures, et autres objets habituellement de valeurs. Car qui dit “fake” dit “pas cher du tout” et potentiellement “bonnes affaires” pourvu qu’on s’assure d’un minimum de qualité et qu’on sache négocier fermement.
Voilà pourquoi le Fake Market est très fréquenté par les touristes mais aussi les résidents comme moi qui ne manqueraient pas une occasion de ramener chez eux de quoi avoir un peu d’allure en se vantant du prix auquel la merveille aura pu être acquise ;)

Alors allons-y !

Le Xiangyang Market se situe exactement au carrefour de Huaihai Zhong Lu 淮海中路 et de Xiangyang Nan Lu 襄阳南路. Le plus pratique pour s’y rendre c’est de prendre le métro jusqu’à la station Shanxi Nan Lu sur la ligne 1, et ensuite… de suivre le flot de passants qui se veut de plus en plus compact au fur et à mesure qu’on s’approche du marché.
Il possède plusieurs entrées sur les différentes rues, mais vous n’aurez aucun mal à trouver l’une ou l’autre. Tout d’abord pour vous rassurer sur votre direction, dites-vous que ce n’est pas normal si vous n’avez pas rencontré au moins 5 à 10 chinois avec un petit panneau plastifié ou une valisette remplie de montres qui vous harcèlent de “DVD, DVD”, “Watch, bagz ? Bagz, watch ?” et autre “Come on, look-a-look !” sur les 100 mètres en sortant de la station.

La technique qui tue pour s’en débarrasser : lâcher un bon “Bu yao.” (J’en veux pas), s’il s’accroche “Dou bu yao” (Je veux rien de tout ce que tu pourrais avoir), et si vraiment il s’accroche, là faut voir, vous montrez les dents ?
A noter que certains comme mon voisin Pascal se font proposer “Sex ?”, et lui a trouvé le moyen de lui couper la chique avec “What ?! With you ??!!” laché tout fort, paraît que le gars ne savait plus où se mettre :)


Voilà, c’est bon, vous avez trouvé l’entrée.

Marché du Faux de Xiangyang - Entrée

Non vous ne rêvez pas, c’est de notoriété publique que le marché est une mine de contrefaçons en tous genres. L’une des entrées propose même une liste des marques interdites de vente parmis lesquelles une certaine “Louis Vuitton”. Effectivement ces marques sont relativement absentes du marché, mais pour les autres, la voie est libre !
Et ce n’est pas cette modeste bannière bleue clamant la lutte ferme et résolue contre les produits de contrefaçon qui les arrêtera, vaste blague…


Allée du fake marketNous voici dans les allées du marché.

Prise de la température : l’atmosphère est assez prenante, et le souffle du flux incessant de badauds mêlé aux harceleurs qui sont encore plus nombreux ici vous prend littéralement à la gorge.

Le marché est assez grand, constitué d’une multitude d’allées plus ou moins larges, mais de manière complètement désorganisée. Les vendeurs de vêtements de sport s’intercalent entre ceux de chaussures, de jeux vidéo, de maroquinerie locale ou de bagagerie douteuse sans oublier les pachemines, les sous-vêtements, j’en passe et des meilleurs…

On ne peut pas vraiment dire qu’il soit plaisant de s’y balader. On se marche toujours plus ou moins dessus, mieux vaut garder un oeil sur son sac, et on se fait alpaguer à tout bout de champs, mais il faut au moins le voir une fois pour le croire.

D’ailleurs, tout comme la contrefaçon n’est pas une spécialité shanghaïenne mais bien chinoise en général, d’autres villes présentent de tels endroits. Certains seraient plus respirables comme la Rue de la Soie de Pékin, récemment détruite et rassemblée en un centre commercial près du lieu initial, mais aussi à Suzhou, dont on m’a dernièrement confié qu’il était mieux que celui de Shanghai. A vérifier donc ;)

Enfin moi je suis à Shanghai, et je suis là pour faire mes petites courses.
1ère mission, m’acheter une paire de Puma marron et bleues si possible.

J’avais en effet pu repérer ça lors de mon précédent passage : le Fake Market est l’endroit rêvé pour quiconque voudrait s’acheter une paire de Puma dans la couleur de son choix.
Le temps de faire un petit repérage de la dizaine de petites boutiques qui en vendent pour me décider sur l’une, finalement semblable à toutes les autres.


Briefing sur les méthodes de négociations.

D’après Emilio, une paire de “fake Puma” c’est négociable à 60 yuans.

Calculatrice pour négocier au fake marketS’il y a bien une chose pour laquelle il faut être psychologiquement préparé au Fake Market, c’est le bargainage, une insitution ici plus qu’ailleurs, à en croire les calculatrices qui pendent systématiquement sur les cintres des vêtements en vente.

En général, on commence par demander le prix, et là, le vendeur sort une énormité, parfois même supérieure au prix de vente en Europe de l’original.
Exemple, le gars me propose 280 yuans la paire de Puma.

Là, prendre l’air offensé, voire commencer à tenter une sortie de la boutique. Bam ! Le vendeur dégaine la calto. A vous de taper votre prix.
Et là, surtout si vous êtes occidental, n’hésitez pas à descendre au moins au 1/3 du prix. Les Chinois se font un malin plaisir à surtaxer les Occidentaux en leur proposant de base un prix supérieur au prix qu’ils proposeraient aux Chinois. Dans tous les cas, ne pas payer plus de la moitié du premier prix annoncé.

Après, c’est le charme, le génie, la réplique en chinois qui fait mouche, la tchatche, les sentiments, qui feront le reste sur la calculatrice qui finira par sceller l’accord mutuel des 2 parties.

Parfois il peut être judicieux en cas de désaccord persistant de prendre ses clics et ses clacs et de faire mine de partir, mais franchement, sur plusieurs mètres. Et là, Ô joie, on finit par entendre au loin un “Ok, Ok !” suivi d’un “Ni tai lihai” (Tu es trop dur (en affaires) ) ou “Ni hen congming” (Tu es très rusé).
Bref on est complimenté en faisant une bonne affaire, que demander de plus ?!

Du coup, en voulant expérimenter la méthode “pifa” enseignée au marché aux tissus de Dongjiadu Lu, qui consiste à “Plus t’en prends, moins c’est cher”, je me suis retrouvée avec 2 paires de Puma pour 130 yuans (soit 13 euros) au lieu de 560, pas mal ! (Arh, zut j’avais promis au vendeur de ne pas répéter le prix qu’il m’avait fait… oups…)
Bon en fait, y’avait aussi une autre raison pour que j’en prenne 2. D’abord la confiance modérée dans la qualité qui fait qu’avec 2, j’éviterai de me retrouver pieds nus cet hiver. Mais surtout que des Puma marron et bleues, ça ne doit pas exister, en tout cas ils n’en n’avaient nul part. Ca devait être des Adidas que j’avais vues, mais point de Adidas au Fake Market, rhô la déception :(
Alors, et c’est là toute la magie du Fake Market, j’en ai pris une paire de marron et une paire de bleues ! Comme ça, si vraiment je veux porter du marron et du bleu à mes petits pieds, il me reste toujours la solution suivante ;)

Mes Puma marrons ET bleues

1ère mission accomplie !


2ème mission maintenant, faire le plein de DVD !

Boîtes pleines de DVD Pour cette mission-ci, Marieke et moi nous en sommes complètement remises à Emilio qui connaissait une très bonne adresse à l’intérieur de Fake Market.

Pas question de suivre les racoleurs, nous cherchons une petite boutique banalisée de vêtements classiques où Emilio se fait immédiatement reconnaître et sauter de dessus par la gérante. Il n’était venu qu’une fois guidé lui aussi par un ami, mais il faut croire qu’elle avait bonne mémoire !

Peut-être un jour, je perpétuerai moi aussi la tradition des étrangers bien renseignés qui savent où trouver des DVD étrangers à 5 yuans, à sélectionner parmi un ensemble de 6 grosses boîtes à chaussures (rien que pour les plus récents) posées tour à tour sur les genoux, assis à la sauvette sur un mini tabouret pendant que l’autre vendeuse fait le guet, avec un ami devenu lui aussi en manque de ces morceaux de nos cultures si précieux…

Il faut dire qu’au rythme où les 'DVD places' sont fermées, il risque d’y avoir de plus en plus d’âmes en peine à secourir. Amusant malgré tout que ce soit finalement dans le sacro-saint lieu du piratage qu’on trouve encore ces copies frauduleuses alors qu’elles sont vraisemblablement devenues la cible du gouvernement ces derniers temps.


Peut-être pas pour longtemps d’ailleurs.
Une fois que j’étais invitée à manger (encore merci Nicolas !) au Café Montmartre situé sur la rue Xiangyang, qui donne justement sur le marché, je me rappelle avoir entendu la rumeur selon laquelle le Fake Market serait prochainement fermé.
Info ou intox ? Je n’en sais pas plus.

Café Montmartre - Carte

En tout cas le restaurant était sympa, c’était mon premier resto français à Shanghai. Pratique aussi pour se poser après avoir affronté les allées du Fake Market, dont on ressort généralement complètement vidé. A vivre certes, mais pas tous les jours !

Tags: , , , ,

Sur le même sujet...

7 commentaires pour “Le Xiangyang Market, look-a-look”

  1. Commentaire par elise :

    bravo pour le blog!
    et merci pour l’info, je desesperais savoir le prix qu’il fallait payer pour une paire de pumas!!!!
    Je peux donc retourner marchander au marche l’esprit tranquille!!!
    elise

  2. Commentaire par Louis Nicolas :

    Disons que tu t’es pas fait “avoir”, mais j’ai eu moi mes puma à 60 kuais, et j’en ai pas pris 2 ;-) . Par contre j’ai du négocier 20 bonnes minutes qd même. A pékin, en effet le “marché de la soie” est totalement neuf, un truc énorme de 5 étages, où l’on trouve QUE de fakes. Même les vendeuses me l’ont dit :-). Par contre, si t’arrives à tenir l’hiver avec tes Pumas, bravo, car ca fait à peine 1 mois que je les ai, et j’ai déjà un bon trou sur le devant. (et je ne traine pas des pieds !) sitôt qu’il pleut, je fait mouillette rapidement :)

    Pourtant j’étais aussi content que toi lorsque je les avais acheté … une paire de Puma à 6€ ! le rêve qui s’écroule peu à peu.
    J’ai des potes qui ont acheter de nike “requins” qui se décolle au bout de 3 jours …. allez savoir pourquoi :)

  3. Commentaire par Mike :

    La technique du “Booyah” (bu yao) marche assez bien effectivement. Ca fait parti des premiers mots que j’ai appris en arrivant en chine.
    Ici a Guangzhou j’ai aussi droit, en plus des “DiViDi, ViCiDi, Watchi ?”, a “computer ?”, “massage ?”..
    Ca surprend un peu au depart “hein quoi, elle a dit massage sex ???”

  4. Commentaire par Pixel :

    Salut,
    Parfois il s’avére que le faux est plus résistant que le produit copié.

  5. Commentaire par Marc :

    Une belle copie pourqoui pas mais de bonne qualité j’en suis moins certain. Mais c’est pour bientot. Puisque les chinois veulent aussi des produits de luxe puisque leur pouvoir d’achats augemente.

  6. Commentaire par Lilia :

    Bravo pour le blog et merci pour c information bien détailler je c où aller mintenen merci becoup

  7. Commentaire par Le Marché de la Chaussure Haut de Gamme en Chine :

    [...] de la multitude des fabricants locaux représentent le troisième segment du marché, à savoir le marché bas de gamme.Dans la catégorie des accessoires, la croissance du marché de la chaussure haut de gamme est [...]

Laisser un commentaire