Face à face franco-chinois

28 septembre 2005

Lundi soir, alors que nous mangions “tranquillement” au restaurant universitaire avec de nous rendre en cours, un étudiant est venu nous demander si nous étions disponibles le mercredi suivant (aujourd’hui) pour un free talk en anglais en face-to-face avec des étudiants chinois. Comme il se trouve que nous n’avons pas cours du mercredi, nous avons bonne-poirement répondu que nous étions libres, et qu’éventuellement nous accepterions d’y participer.

Il n’en a pas fallu davantage à l’étudiant en question pour nous soutirer nos numéros de portable, et nous rappeler dans la soirée pour nous confirmer le lieu et l’heure.
Entre temps nous avons eu le temps de nous inquiéter sur le niveau d’anglais de nos futurs interlocuteurs, tant il nous était plus facile de communiquer avec cet étudiant en chinois qu’en anglais. OK, je sais bien, je suis française et mon anglais n’est sûrement pas parfais, mais il suffit de venir ici pour se sentir rassuré (quoique pas toujours) sur son niveau d’anglais.

Bref, jusqu’à ce midi, nous nous attendions à nous retrouver en face à face, avec 1 ou 2 chinois chacune, voire à rencontrer d’autres élèves étrangers enrôlés plus ou moins de force dans l’entreprise. Mais ce fut loin d’être le cas.

14 heures, moment auquel le cours devait commencer, et visiblement l’organisation laissait à désirer. Pas de salle de disponible, et nous sommes rejointes au fur et à mesure non pas par quelques chinois et étrangers, mais par une classe entière de chinois. Mais je suis pas là pour donner un cours d’anglais moi !
Bientôt nous sommes reconnues par la prof, “Hey I know you, I’ve seen you playing on the basketball court, you’re quite famous among us!”. Okaaay…

Finalement, nous comprenons très vite. Nous sommes là en guest star, pour parler de tout et n’importe quoi en anglais avec la classe de Free Talk dont c’était visiblement la première session. Petite introduction, séance questions-réponses, nous voici à conter nos expériences de la Chine et de la France à une classe entière prête à boire nos paroles.

Pour un face-to-face, c’était plutôt un face-to-facessssssss !
A tel point que la salle de cours finalement disponible était trop juste pour contenir tous les élèves. Nous avons fini avec la moitié du groupe dans une autre salle, pour une bonne heure de discussion, où il nous a fallu trouver des sujets capables de susciter l’intérêt de notre auditoire, quand ce n’est pas l’auditoire lui-même qui trouvait l’inspiration, comme par exemple de  nous demander de chanter une chanson française (3 fois) ou notre avis sur les garçons chinois (2 fois)…

Ces quelques questions pièges mises à part, nous avons aussi pu parler de sujets un tant soit peu intéressants, comme de savoir ce que nous pensions des candidatures infructueuses de Paris aux JO, de Yao Ming et de son homologue franchisseur de haies dont ils aiment bien se targuer devant les français depuis les derniers JO, mais aussi de notre expérience en Chine, des régions de France, de l’apprentissage des langues étrangères, ou encore de la perception de la Chine par les Français.

Nous avons été accueillies très chaleureusement, certains étudiants sont mêmes venus me dire en particulier combien ils étaient fébriles car c’était pour eux la première occasion de parler avec un étranger.

Bien sûr ils ont admiré notre pratique de l’anglais ;), nous ont vanté les mérites de notre pays si romantique et nous ont naturellement dit combien nous étions belles, ce à quoi, après les remerciements gênés, j’ai voulu répondre (dans ma grande humilité) qu’ils nous voyaient ainsi parce que nous étions différentes.

C’est peut-être une caractéristique des gens ici. Ce qui est différent ne les effraie pas mais les attire.

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12 commentaires pour “Face à face franco-chinois”

  1. Commentaire par Adeline au Québec :

    ‘Ce qui est différent ne les effraie pas mais les attire’

    Quelle merveilleuse phrase ! :)
    Pour faire un parallèle, Jean Charest, (le premier ministre du Québec) est allé en grande pompe avec une délégation assez imposante de recteurs d’université (entre autres) faire de la promotion en Chine pour attirer les étudiants francophones. Il faut savoir qu’avec la faible natalité québecoise dans quelques années les bancs de l’université seront vides.
    Mais bref revenons à mon sujet ;) et à une étudiante chinoise francophone qui lui demandait quels arguments il avancerait pour répondre à des étudiants qui hésiteraient entre la France et le Québec pour poursuivre leurs études, Jean Charest répond que le Québec permet une expérience en Amérique du Nord (là je suis ok) et que c’est aussi un pays de liberté (depuis quand la France est-elle un pays sans liberté ? mais bref je m’égare ! lol ! ;)

    Merci pour ce billet passionant. :)

  2. Commentaire par Denis LAGARDE :

    Wouaouuu : quelle expérience enrichissante. Mais comment avez-vous répondu aux questions pièges?
    J’aime beaucoup la phrase de fermeture de cet article.

  3. Commentaire par Julien :

    D’accord avec Denis. On sent un vrai moment d’émotion et de partage dans ton billet…

  4. Commentaire par Audrey :

    Certes Yao Ming champion olympique parce que Ladji s’est mangé une haie. Mais le petiot s’est rattrapé en étant champion du monde à Helsinki devant le champion olympique et le quadruple champion du monde sortant ;-) Enfin… eux, ils ont les jeux en 2008… passe de bonnes vacances miss !

  5. Commentaire par Céline :

    Quoi ? Audrey, tu ne sais pas que Yao Ming c’est actuellement le plus grand basketteur, le premier chinois en NBA, pivot de Houston. Pas d’excuse en plus, j’en ai déjà parlé (http://celine-en-chine.over-blog.com/article-314187.html )
    Le nom de celui qui nous avait sifflé la médaille d’or aux JO 2004 sur le 110m haies c’est Liu Xiang, une vraie star dans son pays maintenant. Et ne t’inquiète pas, je n’ai pas manqué de leur rappeler que maintenant le champion du monde en titre, c’est un français !

  6. Commentaire par benoit :

    Merci de nous faire partager ce petit moment de partage. Tu es une star là-bas maintenant :) Par contre j’aurais bien voulu savoir quelle chanson tu as chanté en français… :)

    Benoit

  7. Commentaire par Céline :

    Et bien j’ai réussi à éviter de me lancer dans une carrière de chanteuse francophone en Chine ;)
    Nous leur avons par contre donné notre avis sur le fait que la chanson “Hélène, je m’appelle Hélène” soit ici un tube quand chez nous c’est un nanar complet. Marieke a même fredonné :)
    Par contre, au cas où nous aurions à revenir, ils nous ont suggéré de préparer les chansons françaises de Céline Dion, bah voyons…

  8. Commentaire par joan :

    Hello,
    par simple curiosité, que vous ont dit les chinois sur les JO 2008 ainsi que sur nos candidatures malheureuses…
    Merci

  9. Commentaire par Céline :

    Les étudiants chinois ne nous ont rien dit sur le sujet, la question venait d’eux, à savoir : “Pensez-vous que Paris redéposera sa candidature pour les JO 2016 ?” Ce à quoi nous avons répondu “non, selon toute vraissemblance”, avançant des arguments de coup du projet et d’un possible découragement au vu de l’échec du dernier projet pourtant de qualité exceptionnelle.
    La discussion s’est arrêtée avec notre réponse.

  10. Commentaire par Didier :

    Joli piège : dommage pour des francophones de devoir donner un coup de main au British Council… ;-)
    À part ça, y-a-t’il des chinois qui apprennent le français tout de même ?
    Et l’esperanto ?
    Bon courage pour votre année d’études chinoise !

  11. Commentaire par Eric :

    C’est par hasard que que je suis tombé sur ton site. J’étais étudiant à l’Université Technologique de Shanghai en 1995 et j’y retourne pour la première fois début novembre dans le cadre d’une mission professionnelle. En parcourant ton site plein de vieux souvenirs sont remontés. Merci

  12. Commentaire par belstaff jackets ireland :

    mid-flight has been compared to “shooting a bullet off course with another bullet”. Each time Israel intercepts a Hamas missile they lose 50,000 dollars.

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