Des Chinois en orbite

12 octobre 2005

Quand les Chinois s’envolent, l’encre coule…

La Chine a envoyé avec succès
deux hommes dans l’espace

C’est un succès total (…), le monde entier a pu voir le succès du vol habité Shenzhou VI“, a déclaré le premier ministre chinois Wen Jiabao, mercredi, quelques minutes après que son pays eut envoyé et mis en orbite avec succès deux hommes dans l’espace, deux ans seulement après avoir réussi son premier vol spatial habité. Le décollage de la fusée Longue Marche 2F, retransmis en direct à la télévision nationale, a eu lieu à 9 heures (3 heures à Paris), de la base spatiale de Jiuquan, en Mongolie intérieure, à quelque 1 000 kilomètres à l’ouest de Pékin. C’est de cette base que Wen Jiabao a prononcé son discours, retransmis en direct à la télévision nationale, où il estime que “la réussite de ce vol habité entre à jamais dans l’histoire glorieuse du peuple chinois”.


CINQ JOURS DE MISSION

taikonautes avant l'embarquement
(c) Le Monde.fr
[...] Fei Junlong, 40 ans, et Nie Haisheng, 41 ans, ont pris place dans le Shenzou VI à 6 h 40, après avoir été salués par le premier ministre et d’autres hauts responsables du Parti communiste. “Vous allez une nouvelle fois démontrer que le peuple chinois a la volonté, la confiance et la capacité pour progresser sans cesse vers les sommets de la science“, a déclaré le chef du gouvernement. Le président Hu Jintao a, lui, assisté au lancement au centre de contrôle installé à Pékin.

[La] mission doit durer cinq jours, qui leur permettront de mener des expériences scientifiques en apesanteur.

Ce lancement survient presque deux ans jour pour jour après le succès du premier vol spatial habité chinois. En envoyant dans l’espace le colonel Yang Liwei, le 15 octobre 2003, la Chine était ainsi devenue le troisième pays à réaliser un tel vol, 42 ans après l’URSS et les Etats-Unis.

La mission Shenzhou VI confirme les grandes ambitions chinoises de conquête de l’espace. Unamines, les experts occidentaux soulignent que le programme chinois est en phase d’accélération, même s’il ne comporte aucune réelle innovation technique. La prochaine étape, avec Shenzhou VII, probablement en 2007, devrait inclure des sorties dans l’espace. L’objectif à moyen terme de la Chine est de disposer d’une station spatiale avec d’importantes retombées civiles et militaires, puis, à l’horizon 2017, d’envoyer un véhicule d’exploration sur la Lune pour y récupérer des échantillons lunaires.

Le Monde.fr - 12/10/05
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La Chine va lancer deux hommes dans l’espace

[...]

Si la Chine espère des retombées scientifiques de son programme spatial, ses ambitions dépassent largement celles que lui vaudront ces prouesses techniques.
Parvenir à envoyer des hommes dans l’espace démontre la force économique et le niveau de la recherche scientifique d’une nation“, vient de déclarer Wang Yongzhi, le responsable du programme des vols habités.
Mais, il a ajouté, modestement, comme pour tempérer les craintes que pourraient faire naître chez certains la réussite de son pays dans un domaine qui est aussi celui des technologies militaires : “La Chine ne sera jamais une grande puissance. Mais parce qu’elle est le plus grand pays en voie de développement de la planète et fort de son milliard trois cents millions d’habitants, elle se doit de contribuer à l’évolution de la recherche spatiale.

L’agence de presse Chine Nouvelle a annoncé que le lancement de Shenzhou VI [...] sera diffusé -c’est une première-­ en direct à la télévision, à la radio et sur les sites Internet. Les 54 heures de la mission devraient être couvertes par les médias d’Etat. Prudents, ces derniers ont anticipé une possible catastrophe en préparant des documentaires sur les échecs essuyés par les autres pays

Bien que la Chine soit devenue la troisième nation, après la défunte URSS et les Etats-Unis, à relever le défi des vols habités, elle n’a pas fait de cette activité une priorité. La rapidité du décollage économique et l’émergence incontestable d’une classe moyenne ne sauraient faire oublier la persistance de la pauvreté, la montée des périls sociaux et l’écart croissant entre classes sociales aux destins pour le moins divergeants. Le coût du programme spatial chinois,­ qui est en principe un secret d’Etat, reste donc modeste. Selon Brian Harvey, expert cité par l’Agence France Presse (AFP), il n’excéderait pas les 6 milliards de dollars, soit un sixième des dépenses de la NASA.

C’est avec ces moyens limités que la Chine s’est engagée très tôt dans la conquête spatiale. Elle a lancé son premier satellite en avril 1970 et en a mis 74 autres en orbite depuis. Et si la révolution culturelle a décimé une génération de brillants scientifiques, cela ne l’empêche pas aujourd’hui d’être un acteur sérieux dans ce domaine et une puissance scientifique et technologique en devenir.

Depuis une quinzaine d’années, Pékin a en effet accru ses budgets de recherche. Le gouvernement a dépensé plus de 18 milliards d’euros en 2004 dans ce domaine, soit une hausse de 19,7 % par rapport à 2003. C’est la somme la plus élevée jamais consacrée à ce domaine par le gouvernement chinois, soit 1,35 % du PNB. Autre signe : plus de 55 millions de personnes travaillaient en 2004 dans les entreprises technologiques.

Un engagement que le lancement de Shenzhou VI devrait parfaire, d’autant que l’événement coïncide avec la fin du plénum annuel du comité central du Parti communiste chinois (PCC). Une façon de conclure en beauté, si cette deuxième mission habitée réussit, une réunion destinée à avaliser un nouveau plan quinquennal qui mettra l’accent sur la continuité du développement économique. Le nouvel envol du divin vaisseau, motif de fierté nationale, s’en veut l’incarnation.

Bruno Philip

Le Monde.fr - 11/10/05
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Avec Shenzhou VI,
la Chine confirme son envie de station spatiale

[...]
Pour la prochaine étape, avec Shenzhou VII, il y a aura des sorties dans l’espace, a indiqué dimanche Wang Yonzhi.

C’est très, très typique du programme spatial chinois“, indique Brian Harvey, un spécialiste du programme spatial chinois. “A chaque fois, ils progressent beaucoup, ils répètent rarement les missions“, observe-t-il.

Pour le spécialiste français Philippe Coué, si les Chinois sont encore en retard par rapport aux Etats-Unis ou aux Russes, “c’est un retard très relatif“.



Au bout du compte, ce qu’ils visent c’est une station spatiale chinoise vers 2008“, au moment même où Pékin accueillera les Jeux olympiques, souligne M. Harvey.
Si les opérations se passent bien, il y aura en 2007 un arrimage de deux vaisseaux, puis fin 2008 ou en 2009 une station spatiale“, précise M. Coué.
Puis, à l’horizon 2017, les Chinois souhaitent envoyer un véhicule d’exploration sur la lune pour récupérer des échantillons lunaires.

Les Chinois ont réellement l’intention de s’installer dans la Lune. Ils sont persuadés que la domination de l’Occident s’est faite avec les grandes explorations à partir de la Renaissance, au moment où eux-mêmes abandonnaient ces grandes explorations“, raconte Philippe Coué.

L’aventure spatiale constitue pour la Chine une sorte de revanche historique qui accompagne le développement économique actuel“, dit-il.
En 2000, trois ans avant le premier vol habité, Pékin avait publié un livre blanc sur sa politique spatiale pour le XXIe siècle, rappelant que l’Empire du milieu avait été le premier pays à inventer une fusée, “embryon de la fusée moderne”.
Dans ce document, le gouvernement chinois plaçait l’exploration et l’utilisation de l’espace au rang de priorité nationale pour moderniser le pays.

A l’époque, se souvient Karl Bergkuist, chargé des relations avec la Chine à l’Agence spatiale européenne (Esa), beaucoup de monde à l’étranger avait fait part de son scepticisme. “Pourtant, maintenant on s’aperçoit qu’une grande partie a été réalisée“, dit-il.

Yahoo! Actualités - 12/10/05
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Et pendant ce temps là, dans la région du Gansu…

Les paysans chinois indifférents à la conquête de l’espace

JIUQUAN, Chine (AP) - A l’heure où la Chine lançait son deuxième vol spatial habité mercredi, dans le désert de Gobi, Ju Guixia vaquait à ses occupations dans ses champs de coton, à 80km de là, indifférente à un événement tellement étranger à ses préoccupations quotidiennes.

“Je ne connais rien à ces choses”, reconnaissait-elle humblement en s’affairant à couper du coton par un froid glacial. Le décollage de la fusée? “Je ne suis pas au courant.”

[...] Alors que l’heure du décollage approchait, les paysans étaient occupés à nourrir les moutons, ramasser le foin ou promener les ânes, bref à tenter de survivre sur la terre aride du désert de Gobi. Aucune foule de spectateurs n’était massée devant la base, placée sous haute surveillance et située au bout d’une longue route.

Entre le succès technologique spatial de la Chine et le quotidien des paysans dans des régions comme celle du Gansu, qui abrite le Centre de lancement de satellites de Jiuquan, le contraste est saisissant.

Yahoo! Actualités - 12/10/05
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2 commentaires pour “Des Chinois en orbite”

  1. Commentaire par dalle aurélien :

    Super ton article sur shengshou VII c ‘intéressant de voir le décalage entre les monde qui cohabite en chine.Merci d’écrire des articles sur touts les sujet de plus en plus interessant. Ton blmogs donne envie de partir.

  2. Commentaire par dalle aurélien :

    je suis en Maîtrise Je fais un mémoire sur la part des investisseurs français dà Shanghai je cherche des infos peu tu m’orienter vers des sites où j puisse trouvé plus d’infos ou des infos originales. Merci Continue ton blog est génial

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