A Davos, la Chine impose ses performances

29 janvier 2005

La Chine, acteur désormais incontournable de la croissance mondiale, a fait valoir lors du Forum économique mondial à Davos les performances exceptionnelles de son économie et imposé qu’on respecte sa souveraineté monétaire.

La Chine rouge menaçante et fermée a fait place, selon le vice-Premier ministre chinois Huang Ju, à “une Chine plus ouverte et plus prospère qui ne servira pas seulement ses 1,3 milliard d’habitants”, mais le monde entier. A présent, la Chine est à même de “participer à la coopération économique”. Elle “ne peut se développer dans l’isolement et le monde ne peut se développer sans le développement de la Chine”, a-t-il insisté.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : avec une croissance annuelle de plus de 9,4% en moyenne entre 1997 et 2003, la Chine, qui représentait 1% de l’économie mondiale en 1976, en pèse désormais quelque 4% et devrait quadrupler son poids d’ici 2020.

La Chine a créé “une nouvelle forme de capitalisme” et “cette génération de dirigeants est si intelligente, si capable”, s’est enthousiasmé le patron de Microsoft, Bill Gates. “Rien ne devrait stopper ce géant”, a renchéri Takatoshi Ito, économiste de l’université de Tokyo. Car l’économie bouillonnante aux faibles coûts de production, semblable au Japon des années 1960, est en train de muter. Désormais, les entrepreneurs chinois veulent “créer des marques de valeur”, reconnaissent “l’importance de la commercialisation, des ressources humaines et de la culture”, selon le pdg du cabinet de conseil Deloitte, William Parrett.

A l’image du groupe chinois Lenovo, qui a racheté les activités pc de l’américain IBM, la Chine est désormais sans complexes, au point d’exiger le respect des plus grandes puissances de la planète. A l’approche de la réunion des ministres des Finances du Groupe des Sept (G7) pays les plus industrialisés (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni), en fin de semaine prochaine à Londres, la Chine entend faire respecter sa souveraineté monétaire.

Depuis plus d’un an, les économies occidentales dénoncent le régime du taux de change de la devise chinoise, le yuan ou renminbi, qui depuis 1994, est arrimé au dollar à un taux quasiment fixe d’environ 8,3 yuans pour un dollar. Ce lien permet à la Chine, en ces temps de faiblesse du billet vert, de jouer facilement de sa compétitivité commerciale. [...]

LeMonde.fr - 29/01/05 16h07
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