Archive pour la catégorie ‘Etudiante à Shanghai’

10 mois déjà…

Dimanche 3 juillet 2005

J’écris ce soir cet article, mais j’aurais dû le faire il y a 2 jours, parce que le 1er juillet dernier ça faisait exactement 10 mois que je débarquais à Shanghai !

En vacances depuis lundi, ces derniers jours j’ai accueilli Cécile et Sophie, 2 amies venues en touristes à Shanghai, j’ai passé des soirées entre amis eux aussi expatriés à Shanghai, et on se remet à penser et à raconter ce par quoi nous sommes passés depuis que nous sommes arrivés ici.
Et là on réalise, “Putain, ça fait 10 mois déjà !”. Désolée pour la familiarité, mais c’est comme ça que ça sort :] On n’a pas vu le temps passé, alors, parce qu’on n’a pas oublié, on se refait le film, mois après mois…

Ca sert à ça aussi le blog, à pouvoir se remémorer tout ce par quoi on est passé…

Septembre

Arrivée à Shanghai et installation, on découvre un nouveau pays, une nouvelle ville, un nouveau rythme de vie.

Fin septembre même, j’assiste pour la première fois à un GP de F1 (pour lequel j’avais prévu le tabouret), qui plus est, le tout premier de Shanghai !

Octobre

Avec le 1er octobre fête nationale chinoise, la première Golden Week. Impossible de partir à Pékin, du coup nous voilà sur Hangzhou pour notre première sortie en dehors de Shanghai !
Le 11, pour le lancement de l’année de la France en Chine, j’assiste au discours de M. Chirac à l’université de Tongji.
Fin octobre, nous quittons notre chambre universitaire pour un appart en coloc en face du campus, à nous la liberté !

Novembre

Juste après les exams de mi-semestre, voyage organisé par l'université à Suzhou et Wuxi.

Mon premier anniversaire sans le fêter avec ma famille, mais pas de prob quand les amis expats sont là !

Et fin novembre, tadaaa ! Un heureux événement : la naissance de Céline-en-Chine ;]

Décembre

On ne pense presque plus qu’à une chose : comment passer Noël ?

Noël dans les rues, dans les maisons, entre amis du monde entier, chez soi, et par courrier.

Janvier

Qu’est-ce qu’il a fait froid cet hiver ! L’hiver le plus rigoureux de ces 10 dernières années, à tel point que nous avons eu de la neige ! et plusieurs fois !

Mi-janvier, fin du premier semestre et des exams qui vont avec, et le début d’une longue période de 5 semaines de congés.

Fin janvier, parce que c’est plus possible de pratiquer le playground pour le basket, je me mets au taekwondo !

Février

Toujours les congés, j’en profite pour expérimenter le coiffeur chinois, oui il était temps…

Et ma cousine Sandrine qui débarque ! L’occasion de visiter et revisiter Shanghai, avant de mettre le cap sur Pékin pour 10 jours, le tout dans l’ambiance du Nouvel An Chinois et de la Fête des Lanternes

Puis une journée express à Suzhou, faut bien en profiter de ces congés d’hiver !

Mars

Il ne fait guère plus chaud, alors on fait se qu’on peut pour se réchauffer ;]

Et il a bien fallu se faire une raison et reprendre le chemin des cours. Grosse pression alors pour le HSK de la mi-mai !

Le mois de mars sera assez morne, si ce n’est une journée de la femme particulièrement marquée, et une rencontre mémorable avec Carlton mon pote à wam ;)

Avril

Le printemps de retour ! La Chine qui fleurit, on reprend le sport en extérieur, mais aussi en intérieur : ayé, je suis ceinture jaune !

Contexte politique un peu tendu avec les soulèvements anti-japonais, et puis M. Raffarin passera nous faire le bonjour…

Et pendant ce temps là, on continue de pougner pour le HSK

Mai

Un mois qui débutera avec la consécration d'un basketteur outre-atlantique comme travailleur modèle de l’année.

De pougnage en bûchage forcené, mi-mai : le HSK est passé !!

On continue les cours certes, mais c’est aussi le moment de prendre un peu de bon temps, comme une bonne glace bien méritée après un match de ping-pong acharné ;)

Juin

Toujours des cours de chinois, mais c’est bien cool, et on aborde des sujets de plus en plus intéressants.

C’est enfin l’occasion de s’évader dans et de Shanghai, déjà un week-end à Wuzhen et Xitang, mais aussi des pérégrinations dans la ville et à escalader les montagnes (que je raconterai très vite c’est promis :] )

Lundi dernier, j’apprends enfin le résultat tant attendu : j’obtiens un niveau 5 au HSK ! le 6 manqué de très peu mais je suis ravie :]
Je peux donc servir de guide à loisir pour mes amis dans Shanghai !

Juillet vient de commencer, et je profite à fond de ces jours qui me restent à passer à Shanghai avant le retour en France jeudi prochain pour l’été !

Ce n’est pas parce que je ne serai plus en Chine que je ne continuerai pas le blog, au contraire, je pourrai rattraper le retard comme ça :) Et repartir à jour pour la rentrée, back in Shanghai en septembre prochain avec un tout autre challenge : suivre mes cours de spécialité en Chinois… Mais chut ! pour le moment, je savoure mes vacances, ravie de ce que j’ai accompli jusqu’ici.

2004-2005, in Shanghai :

Oui… mais non

Lundi 30 mai 2005

Quand on vit de manière prolongée à l’étranger, pas toujours évident de suivre l’actualité de son pays. Pourtant il est des sujets qu’il est difficile de manquer, mieux vaut même s’y intéresser de près : le dernier en date, tout le monde l’aura compris, concerne le référendum qui vient de se solder sur un NON retentissant.

C’est par la petite fenêtre de mon ordinateur que j’ai pu suivre autant que possible le débat qui animait la France ces derniers temps autour du référendum concernant la ratification de la Constitution Européenne. Comptant que la Chine compte 6 heures de décalage avec Paris, je n’ai naturellement pas attendu les premières estimations (4h du mat chez moi quand même…), et ce matin, peut-être encore plus vite que d’habitude je me suis préciptée sur mon ordi à mon réveil (comment ça un peu geekette sur les bords ?). La journée commença mal…

Loin de vouloir me lancer dans un débat politique qui ne changerait rien, le fait de vivre à l’étranger au milieu d’une population très éloignée de l’Europe pas seulement géographiquement, nous fait réaliser la nécessité de l’existence d’une “force européenne” cohérente, qui aurait pu naître de cette Constitution Européenne.
Déjà pour nous ressortissants de l’Europe, ce n’est pas toujours chose aisée que de faire le clair entre l’espace Shengen, la Zone Euro, l’Europe des 15 qui passe à 25 et bientôt combien ? Alors pour des Chinois…
Nombre de sujets d’envergure internationale émergent aujourd’hui, au sujet desquels la Chine exprime sa voix face aux Etats-Unis, mais peine à entendre celle d’une Europe indécise, qui pourrait pourtant avoir quelque chose d’intéressant à ajouter. Quels rôles peuvent bien jouer seules la France et sa culture, l’Allemagne et ses voitures, tel ou tel autre pays isolé dans ces luttes de géants ?

Ce sont ces questions qui nous font regretter l’issue du référendum d’hier, l’idée que le débat se plaçait au-delà des guéguerres politiques internes à la France, ou des implications socio-économiques engendrées. Certes tout n’est pas fini, une nouvelle Constitution pourra être proposée, mais dans combien de temps ? Impression qu’on vient de manquer le coche, c’est maintenant que les choses bougent, y contribuerons-nous significativement ?

Je me permettais de parler au nom des expatriés en Chine. Force est de constatée que selon qu’on se trouvait en France ou pas, l’opinion était différente. De ce que j’ai pu lire sur le blog de Pierre Haski, en Chine, le OUI l’a emporté à 90% ! Je vous laisse lire sur son billet le détail des résultats et son avis sur la question.

Bien sûr nous en avions discuté auparavant avec nos amis Allemands. Quand nous leur parlions de la fervente opposition menée en France, ils étaient des plus étonnés. Dans leur pays la ratification sera votée par leurs représentants et non par référendum, a priori aucun doute sur l’issue favorable qui devrait en découler. Intéressant de voir les différentes attitudes dans nos 2 pays bâtisseurs de l’Europe.

Ci-dessus une photo que j’avais prise lors du discours de M. Raffarin (alors) Premier Ministre lors de sa venue à Shanghai en avril dernier. L’on y voyait le drapeau français disposé tout près du drapeau européen, beaucoup de choses auront vraissemblablement changé lors de la prochaine intervention française en Chine…

Repas de fin d’année

Vendredi 27 mai 2005

Hier midi, notre prof Bai a invité toute notre classe de chinois (6 élèves) au restaurant. Une façon bien sympathique de passer un cours de chinois :]

Il nous l’avait annoncé avant le HSK, et il a parfaitement tenu sa parole !
Pour nous récompenser de tous nos efforts dépenser à apprendre le chinois notamment ces derniers mois, l’un de nos professeurs de chinois, prof Bai, a invité toute notre classe au restaurant ! N’étant pas du quartier, et nos autres camarades mangeant rarement à l’extérieur du campus, il s’en est remis à Marieke et moi pour le choix du restaurant.
Il voulait un endroit propre où l’on mange de la bonne cuisine ? Nul besoin d’hésiter plus longtemps, nous lui avons proposé le meilleur resto du coin (visiblement les boui-boui n’allaient pas convenir :] ), le restaurant “Rouge et Noir” comme nous l’appelons entre nous, et ça l’a fait :)

Bien sûr notre tablée était un peu particulière, chinois, boliviens, nords-coréens et françaises, autant vous dire que nos voisins nous dévisageaient, mais on finit par avoir l’habitude.

Mais nous avons fait un vrai repas à la chinoise, une tablée de 7 personnes, avec ce qu’il faut de plats au milieu où chacun peu se servir comme il veut, plusieurs bouteilles de Tsingtao demandées par prof Bai qui nous a appris toutes les façons de trinquer, sans oublier le thé nouveau, pour éviter que les esprits ne s’échauffe de trop…

Ce déjeuner était vraiment sympathique. Un vrai repas de fin d’année plein de bonne humeur et dans une ambiance détendue où l’on peut apprécier les beaux jours annonceurs de proches vacances. Nos appareils photos seront mis à rude épreuve, le repas sera mitraillé de long en large, pas question d’oublier ces supers moments. Avec Marieke on se met même à faire les kékos en  prenant la pose à la chinoise, en brandissant nos doigts en V… ambiance débridée !
L’occasion aussi de découvrir de nouveaux plats chinois et à défaut de retenir leur nom à tous, de les prendre en photo pour les prochaines fois ;] Nous avons même fait découvrir à notre prof notre plat préféré, des champignons sautés qu’il a trouvés absolument fameux.

Sur le coup on n’y pense pas, mais en y réfléchissant après, on se rend compte qu’on est en train de plaisanter et de faire des blagues à 2 balles en chinois. Et on réalise pourquoi notre professeur se dit si fier de sa classe. Nous n’avons pas encore eu nos résultats de HSK, mais pour lui peu importe, d’après lui ce que nous avons accompli est déjà impressionnant.

Le temps d’immortaliser le moment avec l’inévitable photo de groupe, notre prof court s’acheter un paquet de cigarettes, faut qu’il en profite, parce que sa femme ne le laisse pas fumer :), et nous aurons beau lui dire que nous sommes repus, il tient à poursuivre dans une maison de thé. Petit grignotage accompagnant le thé Longjin cueilli du mois dernier. Avec nos camarades de classe nous profitons de l’inattention de prof Bai pour organiser un pique-nique la semaine prochaine pour le remercier, lui ainsi que notre autre professeur de chinois.

Mais déjà le revoilà, et arrive le moment de se séparer, il trouvera quand même le temps de nous rappeler que l’année n’est pas finie, des petits exams nous attendent encore pour dans quelques semaines, alors c’est pas le moment de faire les fainéants… Ah prof Bai, on ne le changera pas :]

ENCORE MERCI PROF BAI !

Au service de leur pays

Mercredi 25 mai 2005

Après notre petite semaine de repos post-HSK dûment méritée, nous avons repris le chemin des cours de chinois. Fini de bourriner comme des malades sur les règles de grammaires, les tournures d’écritures et les usages des mots, maintenant nos cours sont davantage axés sur la pratique de la langue orale et sa compréhension et sur la composition. Ainsi mardi dernier pour nos retrouvailles avec prof Bai, le plan du cours était le suivant : nous devions tous préparer pendant quelques minutes de quoi parler devant nos camarades de classe de l’égalité des statuts hommes-femmes dans nos pays d’origine respectifs.

Première réaction à chaud : arf, c’est bateau comme sujet. Naturellement, parler en cours des statuts hommes-femmes dans la société avec des personnes de la même société que vous ne présente pas forcément quelque chose de passionnant. Pour trouver le sujet, notre prof d’ailleurs n’a eu qu’à ouvrir le bouquin de cours pour se débarrasser du problème du sujet. Mais là où ça devient intéressant, c’est que toute jeune Française que vous êtes, vous vous trouvez à en parler avec un jeune Bolivien, 2 jeunes Nords-Coréens et 1 moins jeune, et votre prof Chinois.
Bien sûr de nombreux sujets abordés, j’aurai l’occasion d’y revenir dans d’autres billets, pour aujourd’hui je voulais m’attacher en particulier à l’un deux : le service militaire.

Nous nous sommes en effet posé la question de savoir si dans chacun de nos pays les femmes pouvaient entrer dans l’armée et y occuper des postes de haut niveau au même titre que les hommes. Ce à quoi la réponse était quasiment la même pour tous, à savoir que les femmes pouvaient entrer dans l’armée mais qu’elles étaient beaucoup moins nombreuses que les hommes, et qu’on pouvait trouver des femmes gradées… enfin en théorie du moins.
Mais sont-elles concernées par le service militaire obligatoire ? Là, nous avons laissé nos camarades Nord-Coréens pantois en leur annonçant qu’en France, il n’y avait plus de service militaire obligatoire du tout (on a zappé l’histoire des Journées Citoyennes, je rappelle que nous parlions de tout ça en chinois…), et que c’est une armée professionnelle. Forcément, chez eux la norme serait de 3 ans obligatoires. Puis comme la conversation était tout à fait informelle, c’est notre professeur qui nous a un peu parlé du service militaire en Chine.

Inscription sur le grand parvis de mon université SJTU - campus de Minhang, juste devant le drapeau rouge aux 5 étoiles. “Wo de cuguo” qui signifie littéralement “Ma patrie”, a été traduit en anglais par “We love China”…

Il nous apprendra alors que la conscription pour le service militaire reposait à la fois sur le volontariat et sur un système de réserve. Mais ce qui nous a beaucoup étonnées, c’est le fait que l’Armée de Libération Populaire (l’armée de la RPC) doive refuser beaucoup de volontaires en trop grand nombre !
Il faut dire que, toujours d’après notre prof Bai, enrôlé dans l’ALP, un soldat pourrait toucher en moyenne un salaire de 1000 RMB ce qui est bien plus que ne peuvent espérer les jeunes des campagnes par exemple. Sans compter qu’en quittant l’ALP avant l’âge de la retraite, celle-ci vous trouvera un emploi à rémunération équivalente.

Que faut-il de plus pour expliquer un tel élan à vouloir défendre son pays ? A moins que ce ne soit une attitude naturellement patriotique de la population chinoise, justifiant ainsi la présence dans la Constitution du pays :

“It is a sacred duty of every citizen of the People’s Republic of China to defend his or her motherland and resist invasion. It is an honoured obligation of the citizens of the People’s Republic of China to perform military service and to join the militia forces.”

source : China: CONCODOC 1998 Report

Il faut dire que nous nous étions déjà poser des questions sur le service militaire en Chine quand, à notre arrivée pour la rentrée de septembre dernier, nous voyions nombre de jeunes étudiants en treillis sur le campus. Une étudiante nous avait alors appris qu’il s’agissait d’étudiants qui revenaient de “l’entraînement militaire obligatoire” qui précède la rentrée, mais nous n’en savions pas plus.
Jusqu’à ce que je découvre récemment grâce à un article sur le blog de Sélim, professeur à Nankin, qu’il s’agirait d’ “une mesure gouvernementale établie par Pékin en septembre 1989 pour instaurer le dialogue et l’intercompréhension entre l’armée et les étudiants.” Voilà qui expliquerait donc les rangs ordonnés que vous pourrez y voir en photo.
Cela dit, avec la conversation que nous avons eu avec notre prof Bai, j’ai poussé la curiosité. Et oui septembre 1989, tout le monde a compris, c’est précisément la rentrée universitaire qui a suivi les événements de l’été à Tian’anmen.

En fait il s’avère qu’en septembre 1989, tous les première année des Universités de Pékin et de Fudan à Shanghai ont du subir un entraînement militaire d’un an, au titre d’une rééducation politique après les manifestations pour la démocratie de l’été précédent.
En 1990, cette mesure a été étendue à la plupart des autres universités. Alors, cet entraînement militaire était obligatoire pour ceux voulant entrer dans les meilleures formations universitaires, et l’on va même jusqu’à penser que ceux qui le refusaient étaient renvoyés de leur université. Cette mesure a d’ailleurs été largement critiquée par ces mêmes universités, certains étudiants préférant apparemment intégrer des établissements de niveau de formation inférieur à leur capacités, là où il ne seront pas contraints à subir l’entraînement militaire.
En conséquence, depuis 1993, la durée de cet entraînement obligatoire a été ramenée de 1 an à 1 mois.

source : China: CONCODOC 1998 Report

Sujet qui fut donc plus riche que ce qu’il pouvait promettre au départ. D’autres informations également sur le site de China’s Human Rights[anglais]
Il se pourrait donc que nos cours de chinois deviennent de plus en plus intéressants. Enfin bon pour demain je dois me préparer à parler de comment j’envisage mon avenir professionnel, dur dur de se projeter dans un futur poste dans un secteur technique qu’on a mis en parenthèse pendant un an pour apprendre le chinois à l’autre bout du monde…

Le HSK et moi (4) We did it !

Lundi 16 mai 2005


Le jour s’est levé
Sur une étrange idée
Je crois que j’ai rêvé
Qu’le HSK était passé…

Mais non, bon sang, ce n’était pas un rêve !
C’est bien réel, le HSK, c’était hier !

Levées à 6h encore une fois un dimanche matin, pour nous rendre sur le campus de Xujiahui qui servait de centre d’examen.
Passeport et feuille de candidat pour s’identifier, 2 crayons à papiers pour la tranquillité, une gomme parce qu’on est pas parfait, la bouteille d’eau pour éviter de se déshytrater.
A 7h45 nous étions rendues en attendant de pouvoir rentrer dans les salles à 8h30, début des hostilités prévu pour 9h.

Sur place nous retrouvons nos camarades de classe et notre prof Sheng, on fait mine de se détendre, de se rassurer, sourires un peu nerveux avec ce fichu mal au bide qui ne vous quitte pas depuis ce matin, et de petits yeux vu que vous n’avez pas dormi de la nuit :)

Voilà, nous rentrons dans les labos de langue qui seront nos salles d’examen, épreuve de compréhension orale oblige. Nous constatons que toute notre classe est regroupée dans la même salle, excepté nos camarades Nord-Coréens. Au début nous pensions qu’une distinction était faite entre Asiatiques et non-Asiatiques, mais ma voisine d’examen était bien Japonaise. Alors peut-être pour une question de formalité, nos camarades Nord-Coréens apparemment n’avaient pas de véritable passeport, ou bien…

11h45. Epreuve terminée !
Avec Marieke nous avons trouvé l’épreuve plutôt difficile et auions aimé mieux faire. Mais de toute façon, maintenant c’est passé. Le temps de digérer la chose, nous nous laissons vite gagner par une sensation bien agéable après tout : Liberté :]


Voilà…. c’est fini…
On a tant ressassé les mêmes règles de grammaire
On a tellement tiré chacun sur sa volonté
Que voilà… c’est fini.

Et oui, après 8 mois et demi de chinois intensif, le 15 mai de notre HSK a bien fini par arriver. Et on a tout donné :]
Pas toujours facile de se motiver quand on est loin de la famille et de tous ces amis. Heureusement moi, j’avais ma co- avec qui on pouvait se remonter le moral, déprimer ensemble, haïr le chinois et se remotiver, pour finir dans les derniers jours par péter un boulon et se prendre des fous rires mémorables. Alors comme toi Marieke, je te dis Merci !!!

Je n’oublie pas non plus nos 2 tortionnaires, les dénommés Prof Sheng et Prof Bai :

Ah ça, ils nous ont boosté, à coup de bouquins, de photocopies de HSK, de “Ni cuo le” (”Tu t’es trompé”), “Nimen yinggai nuli xuexi” (”Vous devez travailler dur”) mais aussi en nous affirmant que nous en avions les capacités, et plus récemment que nous étions “Feichang xinku” (”Très travailleurs”), et que du coup nous avions mérité de nous “Xiuxi yi xiar” (”se reposer un peu”). Pour nous récompenser de tous nos efforts, ils nous ont d’ailleurs laissé quelques jours de repos post-HSK (que nous aurions pris de toute façon ;) ), ils sont gentils en fin de compte :)

Prof Bai nous a d’ailleurs dit que ce que nous avions accompli pendant ces 8 mois était l’équivalent de 3 ans d’apprentissage du chinois au rythme normal. Bon il a peut-être exagéré, mais quand on pense à la quinzaine de bouquins passée en revue…
Et puis, il aurait aussi confié à nos amis Allemands qu’il s’avouait impressionné du niveau acquis par Marieke et moi, toutes non-asiatiques que nous sommes. Quand nous avons su cela, autant vous dire que nous avons été flattées et touchées.

Nous n’aurons les résultats du HSK peut-être que dans 1 mois ou 2, mais déjà rien que pour ça, nous savons que nous n’avons pas sacrifié nos journées en vain.
D’autant plus qu’avant de reprendre les cours tranquillement, Prof Bai nous a promis de nous inviter au restaurant cette semaine :]


Enfin j’retourne à Shanghai avec toi
Toutes les nuits déconner
Et voir les DVDs en entier, ça va d’soi
Avoir la vie partagée, tailladée
Bercés par les klaxons des taxis embouteillés
Dormir toute la nuit sans stresser
Traîner vers le Bund et voir les bateaux passer
Les tours s’élever et briller
Oui, briller
Enfin, j’retourne là-bas
C’est bien fini, le H-S-K
Ca y’est l’appel de la ville bat en moi
Et je n’le manquerai pas !

Enfin nous avons retrouvé notre insouciance, notre sourire, notre envie de vivre Shanghai comme aux premiers jours !

Et nous voulions vous dire,

amis Boliviens Mayra et Rodriguo,

amis Nords-Coréens Zhang Yonghe, Zui Gongguo, et Jing Mingri,

sans oublier l’amie Zambienne Sarah et l’autre Bolivien Joaquim, tous ces compagnons de galère chinoise…

CONGRATULATIONS CLASS OF 2005

WE DID IT !

Mon campus (2) A bicyclette

Mercredi 11 mai 2005

La Chine c’est le paradis du vélo, et sur [p2p type="id" value="352" text="un campus aux dimensions pharaoniques” attributes=”target=’_self’”, mieux vaut avoir son deux-roues : ça, tous les étudiants l’ont bien compris !

Des marchands de vélos à tous les coins de rue, des vélo standards à partir de 250 yuans (25 euros), des pistes cyclables de chaque côté des rues et aussi larges que les voies pour automobiles, des chinois à vélo qui pullulent de partout… aucun doute, ici la petite reine a trouvé son royaume !

Rien d’étonnant à celà : quand on connaît la superficie d’une ville telle que Shanghai (6200 km², la moitié de l’IDF), qu’on sait que la plupart des chinois n’ont vraissemblablement pas les moyens de s’offrir une voiture (ou tout simplement n’ont pas envie de risquer leur vie… autre sujet…), et que ces mêmes chinois cherchent à tout faire le plus vite possible, alors quoi de plus naturel de voir déambuler tous ces vélos dans le centre ville comme en périphérie.

Aussi, à notre arrivée sur le campus en septembre dernier, nous avions bien compris que pour ne pas perdre trop de temps dans les 190 ha de notre campus, nous devions nous procurer au plus vite un vélo, à Rome fait comme les Romains, n’est-ce pas ;)
Ni une ni deux, à peine 2 jours à Shanghai et nous avions chacune notre 2-roues. Sur les conseils de nos amis, nous pensions en trouver d’occasion pour ne pas trop susciter l’envie…, mais quand nous avons évoquer l’idée, on nous a gentiment ri au nez, “autant en acheter un neuf” nous a-t-on suggéré. Depuis ce jour, Marieke et moi en sommes chacune à notre 4ème vélo pour des raisons diverses de vol, qualité douteuse, etc…

Le vélo standard est en général un vélo de route, quoique les VTT ici bas ne sont pas si rares, et est équipé :

  • de l’indispensable panier pour y mettre les courses et un peu de tout,
  • du porte-bagage pour transporter ses amis parce que c’est quand même plus confortable que le garde-boue,
  • de la béquille sinon ça tient pas debout,
  • de l’antivol type mâchoire sur la roue arrière, que si tu le mets pas et que tu pars 5 minutes, y’a plus de vélo du tout
  • de l’antivol supplémentaire, à mettre en sus du premier dès que le vélo sort d’un endroit sûr (campus, résidence), facilement escamotable, il ne sert à rien du tout, si ce n’est à décourager les filous
  • de la sonnette, que les chinois utilisent sans modération, en chinois “dring dring” ça signifie “attention, j’arrive barrez-vous !”

Pour les marques, les téméraires trouveront des Giant (et prendront un 3ème antivol), les autres trouveront l’immanquable Forever, dont on aimerait justement qu’il dure forever - je sais je l’ai déjà faite, mais elle est trop bonne ;)

Voilà donc ce que quasi tous les étudiants utilisent quotidiennement pour se déplacer dans le campus (sauf les sud-coréens qui eux s’offrent un scooter, ouh les fainéants :) ). Et mine de rien, dans un campus comme SJTU, il y en a beaucoup des étudiants, et ça fait beaucoup de vélos !

Allez je vous emmène faire un tour sur le porte-bagage de mon dernier Forever en date, restez bien accrochés, ça se bouscule dans les allées de mon campus !

Premier passage obligé pour faire un tour à vélo dans le campus : passer l’entrée principale.

Depuis février dernier, des gardiens sont postés de chaque côté de l’entrée et contrôlent scrupuleusement toute personne qui entre ou sort du campus. On comprendra donc qu’ils fassent stopper les véhicules à moteur, mais figurez-vous qu’ils prennent aussi un malin plaisir à faire descendre chaque cycliste juste pour le moment où celu-ci doit franchir la ligne d’entrée/sortie.

Autrement dit, on descend 5 mètres avant la ligne et on remonte 5 mètres après, le jeu consistant à savoir profiter de l’inattention momentanée des gardiens assoupis sous leur parasol pour filer sans demander son reste, et en évitant de se poser des questions sur l’utilité d’une telle mesure…

Pas de chance, il nous a vus… Vous êtes bien réinstallés ? Bon alors on continue :)

Dans le campus, il y a vraiment des vélos partout ! Des vélos qui roulent bien sûr dans les allées, mais aussi des vélos parqués deci delà près de tous les lieux de vie de l’université. Ci-contre l’un des nombreux parcs à vélo des résidences étudiantes…

Et quand tout ça se retrouve dans les allées aux heures de pointe, mieux vaut être cramponné et garder son sang froid ! Ca tombe bien, vous êtes en sécurité, je suis une pro du slalom d’urgence :)

Il faut dire qu’ici il y a de quoi pratiquer… les règles de circulation sont quasi-inexistantes et les chinoises surtout sont de vrais dangers publics…
Dites-moi si vous repérez une chinoise sur un vélo : en cas de panique, tout ce qu’on peut en attendre c’est… qu’elle panique… elle va foncer droit dans l’obstacle = moi, sans freiner (bon faut dire que son vélo n’a plus de frein…) ni même dévier (c’est trop lui en demander).

Ouf c’était moins une, mais on a réussi à éviter le pire, merci de l’alerte ;)

Nous voilà donc au bâtiment de cours qui nous concerne, il nous a fallu 10 minutes pour y arriver, sachant qu’on est parti d’en face de l’entrée…

Là, attention. Si vous voulez éviter de vous faire appeler Liu (oui bon Léon ça n’existe pas en chinois) par l’agent de service dédié au parking à vélos, vous avez intérêt à bien le ranger comme il faut, bien aligné surtout, et pas question de créer de nouvelle rangée tant que la première n’est pas complétée…

Antivol mâchoire bouclé ? Ok, je vous laisse un peu j’ai cours là, allez faire un tour, le campus est grand :)

Voici ce que vous pourrez voir justement en faisant un tour dans le campus.
Une station service vélos :)

L’indispensable tuyau de gonflage naturellement, mais également un véritable atelier en plein air pour réparer tous les bobos que votre cher bicyclette peut attraper. Pas cher et pratique, il y en a plusieurs comme ça dans le campus à débusqer, de quoi s’occuper pendant que je suis en cours ;)

Fini les cours, je vous retrouve, et mon vélo avec vous :)

Oui enfin… il faut quand même que je trouve où ils ont encore bien pu déplacer mon vélo… avec leur satanée manie de toujours vouloir tout aligner, ils les déplacent et on les retouvent plus…

Ah enfin ! le voilà…  en sandwich entre une sorte de croisement de vélo et de scooter (probablement un de ces nouveaux vélos à moteur) et un VTT.

Oui, en sandwich, c’est le mot.

Mon vélo est tellement serré à l’avant et à l’arrière que je ne peux même plus y accéder ! Et toute la rangée est comme ça !

Encore heureux que le mien est au bout de la rangée, aux grands mots les grands remèdes : on va soulever le vélo d’à côté pour prendre le mien ! Vous m’aidez ? ;)

Voilà on est repartis ! Vous avez pu avoir un aperçu de la vie de vélo sur le campus de SJTU. Remarquez qu’en période de cours comme aujourd’hui, les vélos ont l’occasion de bouger un peu, de se faire déplacer, de rouler, se faire coucounner. Mais quand c’est les vacances ou le week-end, tous les étudiants quittent le campus pour rejoindre leur famille, et laissent leur vélo tout près de l’entrée du campus, ce sont alors des centaines de vélos qui s’entassent, bien alignés forcément, inanimés, en attente du retour de leur propriétaire…

Yess ! On l’a eu cette fois, le gardien ne nous a pas vu venir tout occupé qu’il était avec le car qui arrive. On vient de lui filer sous le nez !
J’espère que le porte-bagage n’était pas trop désagréable. Enfin bon, je vous ai déjà épargné de porter l’ombrelle au-dessus de ma tête pour me protéger du soleil comme font les chinoises. A Rome comme les Romains, mais pas pour tout quand même, le soleil c’est quand même bien agréable, comme ça en s’en allant de bon matin, en s’en allant sur les chemins, à bicyclèèèèèèèteuh  ;)

Le HSK et moi (3) même le dimanche matin…

Dimanche 8 mai 2005

Aujourd’hui nous sommes le 8 mai 2005, le dimanche 8 mai 2005…

Alors qu’en France on célèbre le 60ème anniversaire de la fin de la Seconde Guerre Mondiale, beaucoup là-bas doivent se plaindre des aléas du calendrier de cette année, 1er mai un dimanche, donc logiquement 8 mai aussi un dimanche, la loi des séries ou la loi de Murphy ont encore frappé :)
Cette année les petits français ne sont pas gâtés par les jours de congés…

Plaignez-vous… En ce 8 mai 2005 qui à double raison devrait être un jour férié, moi ce matin j’ai repris le chemin des cours ! Et oui, on rattrape les congés de la Golden Week passée (1er au 7 mai), ici le 8 mai c’est un jour comme les autres, donc on a cours comme un jour normal de la semaine, à 8h00…
Alors j’étais super contente de retrouver le tableau prof Sheng, la prof que plus elle a de place sur son tableau, plus elle le barbouille dans tous les sens en nous tournant le dos, rien que pour nous perdre… j’en suis sûre :]

(et encore là elle s’est retenue, et elle a pas utilisé la craie violette)

Non, en fait prof Sheng, elle est bien gentille. Tout ce qu’elle veut au fond c’est nous faire comprendre tout ce qu’on a encore à (re-)voir, avant le HSK… J -7… je pleure…